Poésie / 2009 / Hors catégorie

 

 

Infini

 

Pays sans frontière

Où s’éteint la pensée

 

Présence lointaine

A l’horizon immédiat

Où règne la conscience

Sans voile

 

 

 

 

Jonction

 

L’instant éternel

Où se brise l’écho

 

La faille du temps

Où s’enfonce

L’appel incessant des songes

 

L’espace

Où bruissent les vents

Où s’évanouissent les formes

Où se tisse le silence

La présence exulte

Horlogerie

 

Orfèvres du temps

Aux instants comptés

A la gloire venue

Eblouissant le regard

De leurs tourments sans prise

Où la joie s’élance

 

Orfèvres des heures

Se faufilant sans bruit

La semelle plantée

A la frontière

Des pas effleurant

Les surfaces accumulées

Qui gisent au fond des heures

Aux confins

De l’appui sans socle

Posé à l’horizon

 

Orfèvres des intervalles

Au creux de l’inspir qui s’essouffle

Et de l’expir naissant

Posant le regard momentané

Sur la surface profonde

Où s’étend l’éternité

 

Orfèvres des failles

Où s’enlise le commun

Dans l’anfractuosité où pénètre

Le temps

Ils marchent funambules

A la surface du néant

 

Fils de joie

A la constance immuable

Sur le fil d’équilibre avancent

Toujours agiles dans le vent

Immobiles au seuil permanent de

L’imminence

 

 

 

 

Cadre

 

Ecrin des tornades

A la course furtive

 

Surface des formes passagères

 

Rencontres des astres

Au tracé mouvant

 

Vaste interstice de l’intervalle

Où se tisse la toile illusoire

 

 

 

 

Révélation

 

Visage vertical

En attente du ciel

 

Regard décharné

Au bol tendu

 

Présence oublieuse

Des bruits déclinants

 

Silence ouvert

Au mélange des confins

 

Appellent l’ample étendue

Lentement se révèle

L’horizon sans limite

 

 

 

 

Réunification

 

Dans la confusion des frontières

S’assemblent paresseusement

Les parcelles

Les fragments illusoires

 

Dans l’union des espaces

Resplendit l’Être insécable

Aux multiples visages

 

 

 

 

L'ascèse du vide

 

Infime espace de l’être

Au cœur magnanime

Au corps desserré

A l’esprit apaisé d’exigence

A la présence sans visée

Soutenue à l’ouverture

Au regard déchargé

 

Retrouve sa substance

Happé sans force

Dans le vide salvateur

Voit se lever les seuils

Advenir la réconciliation

 
 

 

 

Jeu

 

Légère caresse de l’âme

Aux jours éphémères

 

Fraîche gorgée

A la coupe éternelle

 

La présence nue enlacée

Derrière la transparence

Le vide

 
 

 

 

Périssables

 

Mots

Sons illusoires

Bruits silencieux

Ombres dans l’espace

Au sens dépourvu

 

Traces

Fumées

Souillures qui s’estompent

Dans l’espace inaltéré

 
 

 

 

Derrière

 

Au loin

Derrière les voiles diaphanes

Les sombres arc-en-ciel

Sous la brume des jours

 

L’aveuglante pâleur des larmes

Emportées par le vent

 

La coulée pourpre des êtres

Qui palpite sous la peau

 

Les masses grises

Enveloppées par la nuit

 

L’éclat ténébreux des songes

Dispersés dans l’espace

 

Le reflet bleu des heures

Sur le tertre isolé

 

Dans le regard vide

Se découvrent les nuances

S’évanouissent

Les couleurs tenaces

 

Au fond du cadre

Derrière l’ombre confuse

Se dévoile la lumière