Journal poétique / 2014 / L'exploration de l'être 

Etre poète, c’est balbutier le monde. Et un monde inconnu. C’est tenter de dire dans une langue inexistante un pays que l’on ne connaît pas. C’est être muet face au commun. Face aux yeux et aux oreilles qui ne savent voir et entendre. Qui ne savent deviner les murmures et les continents sous la langue et les paysages. Etre poète, c’est ne pouvoir dire. C’est habiter un pays infréquenté que l’on ne parvient à décrire. A expliquer. C’est une impossibilité — une incapacité — à habiter le monde des hommes. C’est être blessé à chaque instant par leur grossièreté, leur prétention et leur ignorance. Etre poète, c’est être en chemin entre l’humanité et le ciel souverain. C’est être exilé de tous les royaumes. C’est une errance perpétuelle. C’est habiter une profondeur — une blessure — secrète que l’écriture tente de rendre lumineuse. Douce et lumineuse malgré l’inexistence du poète. Sa terreur et sa souffrance. Etre poète, c’est perdre toujours. Sur tous les terrains. Sur celui des hommes et celui qui est exploré, défriché, toujours mal connu. Etre poète, c’est un aveu d’échec et d’impuissance. C’est quelques pas sans gloire vers un pays inaccessible. C’est un besoin d’abandon auquel on ne parvient pas… 

 

 

Le vent noir des malheurs tourne au-dessus de nos têtes. La lumière blafarde des jours nous enterre. Et l’or des visages apaise nos cris.

 

 

Longtemps la boue s’est hasardée sous mes pas. Et est montée la semence. Statufiée. Gangue de terre. Protégeant du vent et des horizons. Planté dans un décor de pierres, j’attends la pluie. La dissolution. Le grand remède à la pétrification.

 

 

Dans le creux de ma main meurt la colombe. La paix que l’on avait confiée à mes doigts malhabiles. Trop grossiers pour la laisser s’épanouir au soleil. Et s’ouvrir au ciel. Je l’ai écrasée de trop de volonté. Etouffée dans ma poigne trop ferme.

 

 

L’aube s’est jetée en silence à mes côtés. Et je n’ai su la reconnaître. J’avais espéré un silence nu. Une paix sans chair. Des âmes sans silhouettes. Je n’ai su voir dans l’apparition le reflet de moi-même. Mais des songes et des étrangers barbares qui m’emmenaient au loin. Dans leur royaume de hache et d’opium où je n’ai jamais su vivre — où je ne saurais jamais vivre. Aucun nuage ne m’a porté au-delà des crêtes. Par-delà les rives. Et j’oscille aujourd’hui entre les royaumes des morts et des vivants. Loin de l’aire des sages que mon cœur a tant cherchée.

 

 

Il n’y a rien à attendre de la terre. Rien à espérer du ciel. Il y a à se dévêtir jusqu’à la nudité du pas. La transparence du geste. L’effacement des horizons. Et leur renaissance originelle. Jusqu’au triomphe silencieux de l’invisible.

 

 

Comme si les semences de l’âme s’asséchaient à force de désespérance… Etranger au monde des hommes et exilé du royaume céleste. Trop mûr pour l’un et pas assez pour l’autre. Condamné au pas fébrile et à l’errance alors qu’il faudrait se jeter sans crainte ni espérance dans les paumes de l’Absolu.

 

 

La terre se métamorphose tantôt en chair. Tantôt en tombe. Et mon âme peine à s’élever. A goûter le ciel nu. Ses reflets et ses replis innocents que je juge encore trop ombrageux pour m’y glisser sans crainte. Terrorisé déjà par les blessures chimériques qu’ils infligeront à mon âme maladive et fragile. Comme si l’horizon bordé de songes me contraignait à l’immobilité. M’enlisant jusqu’au front dans un vide imparable et terrifiant. Triomphal.

 

 

La maléfique maladresse de mes pas…

 

 

Rien ne pourrait me satisfaire. Excepté l’Absolu. Le monde relatif est à mes yeux un piètre réconfort à la misère de vivre. Je ne peux m’en contenter. Mais je ne parviens encore à le vivre depuis le plan de l’Absolu.

 

 

Instants brefs de la rencontre où l’on ne décide d’aucun passage. Passerelles surplombant les tunnels. Inaccessibles. Saccage des territoires. Défaite des horizons. En un seul point minuscule, concentré, surgissent les rêves. Et chutent les chimères en cascades véhémentes. Et se défont les idées. Et tombe la tête blessée, déjà bancale de tant de souvenirs. Et s’étiole le regard perdu au dehors et blessé au-dedans. Et la bouche se mue en horizon muet. Et les jambes prennent la fuite à travers les chemins déserts. Et les mains se heurtent aux parois invisibles du réel. Et les paumes saignent. Et les pieds ensanglantés foulent les aspérités des sentiers, cherchant refuge dans les anfractuosités de la roche. Et l’âme se disloque sous la butée des charges. Des silhouettes d’un monde trop occupé à s’extraire des rencontres, à s’abstraire dans d’insipides délices qu’il prend pour des extases. Et le cœur étouffe d’inamour et d’incompréhension. Et l’on meurt d’asphyxie et de terreur aux portes de l’abandon. Les yeux sauvages n’auront réussi à nous apprivoiser. L’âme barbare à peine éraflée par les jours poreux. Nous n’aurons survécu au désastre. Trop frileux pour se dévêtir et sauter sans crainte dans l’abîme vertigineux qui entoure la chair. Condamnés aux tâches rébarbatives, à la hache dévastatrice et aux hécatombes.  

 

 

L’ombre du feu me consume. Un silence de lune à la porte. Et les cendres de l’horizon. Et la braise rougeoyante du cœur. Je me réfugie en surplomb. Témoin immobile et impuissant de la dévastation qui ravage les paysages. Fumée intérieure. Brouillard du dehors. Je ne suis plus qu’un œil fatigué de voir. Un bandeau noir obstrue ma vue. Et les chemins des hauteurs ne sont que sensations. Matière et sens livrés à leurs fonctions organiques. Trivialité du corps. Esprit clos. Macération des idées. Pensées muettes. Et l’odieuse obligation de vivre bâillonnée. Voué à l’incertitude terrifiante du prochain pas.  

 

 

Le soleil épineux écorche la chair du monde. Les abris de pierres sont dérisoires. Les grottes, les trous dans la terre deviennent refuges provisoires pour le peuple nomade. Et l’on s’enfonce au-dedans pour échapper au gouffre qui guette partout. Et l’on escalade des montagnes de cendres, guidés par l’unique mât résistant — l’axe impassible qui attend notre ascension immobile et dont les yeux sages et azuréens disent qu’il ouvre sur le ciel guérisseur et sans limite.

 

 

Et derrière le masque impassible des hommes, j’entends les cris faméliques. Le flétrissement de la chair. Le resserrement du cœur et de la peau. La grande misère du monde est là. Recouverte. Dévastée par le craquellement des vernis de surface. Plaies béantes et à vif d’où suintent le sang et les larmes. Fluides premiers des hommes. Substances originelles de la matière que le grand vide lumineux et éclairant enveloppe et compose en leur prêtant vie quelques instants.  Nul — pas même le regard impérissable  — n’échappe à la fugace existence de la matière. Et à son éternel renouvellement. 

 

 

Une ombre parfumée a surgi à ma fenêtre. Je lui dois la clémence du jour.

 

 

Dans quel songe s’est égaré le ciel pour faire naître la tempête ? Et si l’orage et les éclairs n’étaient que dans les yeux, laissant l’innocente et éternelle candeur céleste accueillir toutes les chimères — toutes nos constructions de pacotille ?      

 

 

De l’autre côté de la terre, ils ont bâti des tours. D’immenses gratte-ciels. Et dans mon cœur, un édifice infranchissable attend les coups de masse du monde. A ma fenêtre, je vois déjà une armée de bulldozers avides de gravats et de déchets. Et je songe à l’autre côté de la terre que le désert recouvrira bientôt. A la destruction partout en marche qui balaiera toutes nos constructions — tous nos édifices — le fragile foisonnement du vivant qui emplit notre néant.

 

 

Le souffle obséquieux du monde et ses relents de violence contenue. Comme inhibé dans sa puissance par la présence de l’Autre, grand catalyseur du reflet de soi-même qui nous est renvoyé…

 

 

Les pierres du vent ne sont pas aussi dures que les roches de la terre. Sœurs jumelles pourtant. Clones identiques vues de deux ailleurs, pour l’instant inconciliables. Tant que le corps persiste. Tant que le cerveau se jette sur toutes choses. Superposables pourtant — je le sens — unifiables par un regard ajusté aux deux perspectives. Par un regard accueillant et pur. Soucieux de tous les plans.

 

 

Une âme ankylosée. Et fragmentée. Le soleil ne se lèvera plus. Il ne pourra désormais plus réchauffer mon âme frigorifiée. Gelée par tant de vents dévastateurs. De terres inhospitalières. Ô mon âme larmoyante, quand sècheras-tu au bonheur d’exister, aux délices du vivant ? Pourquoi m’as-tu abandonné ? T’ai-je laissé trop seule ? T’ai-je trop longtemps livrée aux griffes du monde ? Aux dents des loups ? Ô mon âme, réponds-moi ! Reviens vers moi ! Reviens m’habiter pour te goûter et poursuivre la route jonchée d’ossements et d’étoiles ! Allons de notre pas joyeux vers le ciel qui attend notre venue !

 

 

Je reste en amont de moi-même alors qu’il faudrait embrasser toutes les vallées. Partir du plus bas. Et laisser l’azur se superposer à tous les pas — à tous les surgissements.

 

 

Nature et connaissance. Intuitions réflexives, perception et sensorialité, voilà les trois mamelles dont mon âme se nourrit chaque jour. Là, assis au sein de la nature, l’œil posé sur les collines alentour et le ciel nuageux ou ensoleillé, je me sustente d’être, de voir l’esprit et le corps se laisser aller à leur penchant naturel. Mon petit carnet m’accompagne et devient le libre réceptacle de ce qui me traverse, transposé en notes, réflexions, fragments ou aphorismes.

 

 

La lumière creuse en nous ce puit sans fond…

 

 

Il se peut qu’en mes profondeurs, je m’éloigne des hommes. Mais mon être périphérique est de cette humanité faible et fragile. La moins encline à batailler pour construire et exercer sa place dans le monde humain et la nature. Porteuse, malgré elle, de prédispositions peu propices à la grossièreté, à la brutalité, aux simulacres, à la comédie, à la superficialité et à l’instrumentalisation. Quelque chose en moi me porte naturellement vers la gravité, la profondeur et l’innocence. Comme voué, à mon insu, aux souterrains et aux chemins des hauteurs, aux sentes qui fréquentent ou mènent — je ne sais guère — à la vérité, à l’Amour et à l’Intelligence. A la compréhension et à la pleine vivance de la mystérieuse énigme de l’existence.

 

 

Il y aura toujours des choses devant nos yeux. Ou au-dedans du regard. Mille choses égales. Mille choses banales. Le monde ne pourra se taire. Il continuera. Et un autre après celui-ci. Et indéfiniment renaîtront les choses. Et le regard sera de plus en plus proche. Et de plus en plus lointain. Il survivra à tous les mondes qu’il a créés et qui sont devant lui. Il ne s’éteindra jamais car il n’est jamais né. Et en lui naîtront et périront tous les mondes et toutes les choses. C’est éminemment triste et joyeux. Et c’est ainsi. Ni le monde ni le regard n’y peuvent rien. Et le monde moins encore que le regard qui (sans doute) par ennui et échapper à sa solitude désemparée les a fait naître.  

 

 

Le monde tourne. Et l’on n’est responsable de rien. On croit simplement l’être. Les choses suivent leurs cours. Et nous n’y pouvons absolument rien. Les choses se transforment selon leur potentialité et leur contexte. Quant au reste… il n’y a qu’à voir. Et rien d’autre. Si, voir et aimer. Etre le témoin accueillant de tout ce qui se présente. De tout ce qui a lieu…

 

 

L’horreur des saisons qui me tiennent en laisse. Ecrasent ma tête sous leurs bottes grossières. Et c’est pourtant avec les bourgeons, les fleurs, les feuilles mortes et les pierres que se manifeste l’Absolu. Pour l’Homme, l’Absolu n’est accessible que par et dans les détails — qui n’en sont pas. Pour vivre l’Absolu en ce monde — qui n’est fait que de détails qui n’en sont pas — il faut habiter les saisons pleinement. Inconditionnellement. Sans aucune échappatoire.

 

 

Etre poète, c’est balbutier le monde. Et un monde inconnu. C’est tenter de dire dans une langue inexistante un pays que l’on ne connaît pas. C’est être muet face au commun. Face aux yeux et aux oreilles qui ne savent voir et entendre. Qui ne savent deviner les murmures et les continents sous la langue et les paysages. Etre poète, c’est ne pouvoir dire. C’est habiter un pays infréquenté que l’on ne parvient à décrire. A expliquer. C’est une impossibilité — une incapacité — à habiter le monde des hommes. C’est être blessé à chaque instant par leur grossièreté, leur prétention et leur ignorance. Etre poète, c’est être en chemin entre l’humanité et le ciel souverain. C’est être exilé de tous les royaumes. C’est une errance perpétuelle. C’est habiter une profondeur — une blessure — secrète que l’écriture tente de rendre lumineuse. Douce et lumineuse malgré l’inexistence du poète. Sa terreur et sa souffrance. Etre poète, c’est perdre toujours. Sur tous les terrains. Sur celui des hommes et celui qui est exploré, défriché, toujours mal connu. Etre poète, c’est un aveu d’échec et d’impuissance. C’est quelques pas sans gloire vers un pays inaccessible. C’est un besoin d’abandon auquel on ne parvient pas…

 

 

Sous les yeux se cachent une chair et des continents que l’âme explore. Elle y cherche la matrice. La source de toutes existences.

 

 

L’ombre s’étire sous la cuirasse. Résiste. Refuse de capituler. Ô mon âme, dis-lui de s’abandonner…

 

 

La plupart (sinon l’immense majorité) des Hommes se fréquente pour fuir leur face-à-face. Echapper à leur propre rencontre en essayant — consciemment ou inconsciemment — de recouvrir ou d’oublier leur inconfort (métaphysique et/ou existentiel). Quant à moi, je n’apprécie et ne peux fréquenter que les êtres qui aspirent et cherchent avec ardeur à se rencontrer et invitent l’Autre à le faire. D’où le nombre extrêmement restreint d’amis rencontrés au cours de mon existence.

 

 

Chez les Hommes, il y a des fêtes hideuses où l’on rit — se force à rire — pour oublier les larmes que l’on n’ose pas laisser couler. Des larmes vraies pourtant qui les rapprocheraient d’eux-mêmes. Mais ces larmes seraient si douloureuses… sans compter l’aveu honteux de ne pas être heureux. Un sacrilège dans le monde des Hommes où les faux-semblants occupent toute la place. Rions donc ! Et oublions les larmes ! Oublions la tristesse ! Efforçons-nous à la gaieté ! Et tâchons de ne point trop gâcher la fête !

 

 

Je vois du dedans ce qui n’apparaît pas au dehors. Et mon âme, emportée dans quelque intériorité, s’égare dans des univers que l’on ne connaît pas. Je ne sais s’ils sont vrais ou fallacieux. Tout cela m’apparaît comme une histoire de profondeur et de perception…

 

 

Trop occupés à nous protéger, nous en oublions la sensibilité du cœur. Claquemurés dans nos zones de confort, nous refusons les vibrations des émotions fondamentales qui ouvrent le cœur à la souffrance du monde et à ses divines merveilles.

 

 

Il faut avoir longtemps fréquenté la solitude pour s’apercevoir qu’il n’y a personne. Que notre figure humaine n’est qu’une image. Nous ne sommes pas ces créatures. Nous sommes un regard. Nous ne sommes pas que ces créatures. Nous sommes conscience perceptive.

 

 

Eclopé, je m’abîme dans le silence

Parmi les brins d’herbe et les étoiles

Je me penche par-dessus le gouffre

Et me voilà sombrant en dessous du monde

Plus haut que les yeux scrutant l’azur.

Mes pas touchent-ils toujours terre ?

Et mes yeux en surplomb dénichent la mascarade

Le grand cirque de ses habitants apeurés et gesticulants

Dont les pas fébriles piétinent le sol

En quête d’un soleil réconfortant.

Et qu’il éclaire importe peu

Pourvu qu’il réchauffe l’âme esseulée

Presque moribonde

Se sentir vivant que diable !

Même mal même un peu

Vaut mieux que le néant

Et la solitude pourtant guette partout

Au-dehors comme au-dedans

Et par veulerie et paresse l’on s’abandonne

Aux jeux stériles et frivoles

Plutôt que de s’enfoncer dans la zone d’inconfort et de gravité.

Trop immatures encore pour la douloureuse et salvatrice traversée.

Et se laisser éteindre et étreindre, suffocants,

Par la main invisible qui nous a conduits jusqu’ici.

Souvent malmenés — du moins le croit-on —

Jusqu’au tombeau sans voir

Son invitation inlassable à nous ouvrir

A la réalité lumineuse de l’espace.

A l’Absolu éternel.

 

 

A l’écart des Hommes, assis sur les collines, je vis la gloire du rien. La célébration du vide.

Sans conteste, je suis. Nu. Sans rempart ni construction.

 

 

Etre regard qui perçoit ce qui est.

 

 

L’aube sans nom attend tes yeux. Le désengorgement de la tête, du cœur et du corps, tremplin à la nudité sans pareille pour que le vide s’habille de plénitude.

 

 

Dans le silence et la solitude. Face à mes livres, je me tiens dans l’impossibilité d’écrire. J’attends la vague qui m’anéantira. Et me laissera hors de moi-même. Au plus proche de ce que je suis. L’écriture viendra après. Elle est accessoire. Toute mon âme cherche à être. Dépouillée de tout artifice, de toute prétention, de toute mémoire, de toute construction. Etre dans sa plus grande nudité.

 

 

Etre le réceptacle ouvert à ce qui surgit…

 

 

Mes réflexions et ma poésie ne parlent pas au peuple. Elles ne pourront jamais lui parler. Elles sont destinées aux solitaires penchés sur eux-mêmes. Dans leur chambre close. Face à eux-mêmes. Avides et soucieux d’eux-mêmes. De faire naître l’ultime rencontre. Je ne parle qu’à ceux-là. A quelques-uns de ceux-là. Tant pis pour les autres. Et tant pis pour moi. Mon œuvre — je le sais — trouvera son public dans les âmes solitaires. Les âmes graves et en retrait du monde. Les âmes faméliques. Les âmes éprises d’Absolu que les jeux et le pain ne peuvent contenter.

 

 

Le regard est l’épris du ciel. La main, elle, appartient à la terre. Quant à l’âme, elle les relie.

 

 

L’âme, entité reliante (immatérielle)  et principe unificateur entre l’attention et l’action (le geste et le pas) ou le mouvement (émotions, pensées et tous les déplacements dans le monde objectal matériel et immatériel …), entre la conscience et les phénomènes, entre l’arrière-plan et l’avant-plan, entre Dieu et ses créatures, entre le ciel et la terre…

 

 

Toute construction est une solidification des certitudes. Toute solidification des certitudes est un éloignement de l’être. De ce qui est. Il convient de rester sans appui. Et se défaire même de cette idée. Est ce qui est. Simplement. Voilà la seule réalité. Le reste n’est que fantaisie et sur-ajout…