Essai / 2015 / L'exploration de l'être

La Vie et l’Existant ne semblent, en réalité, qu’un gigantesque jeu — violent et merveilleux — et une permanente célébration… A hauteur d’Homme, peut-être pourrions-nous penser que nous nous apprenons les uns les autres (et, bien souvent, à notre insu) à mieux les regarder et à mieux les vivre. A mieux les comprendre et à mieux les aimer… mais sur le plan de la Conscience, tout ce « cirque » — aimable ou corrosif — semble (presque) sans importance… Est-ce qui est… et ce qui est n’altère jamais Le Regard…

_

Nous avons été contraints (pour des raisons d'ordre technique) de diviser la version numérique de cet ouvrage en dix parties.

Sommaire

 

 

Chapitre introductif : PENSEES INTUITIVES

 

Réflexions sur la conscience et l’énergie

N’y aurait-il qu’un seul homme au monde ? Et un environnement — projeté par lui — qui ne serait que son propre univers ? Ainsi pourrait être formulée la question sur le plan mental. Et comment pourrait se traduire cette interrogation depuis l’espace impersonnel ? N’y aurait-il donc qu’une Conscience ? Et une énergie brute qui lui serait associée, manifestation de sa propre puissance créatrice ? Une question alors se pose : y a-t-il une possibilité de rendre cette énergie brute consciente (consciente d’elle-même et de sa source) ? Et par quel procédé ou processus ? En ce qui concerne la Vie terrestre, l’Homme serait-il la clé (ou l’une des clés) de cette perméabilité entre la Conscience et l’énergie ? En dépit de son ignorance et de sa lenteur compréhensive, l’humanité semble dépositaire de cette potentialité. En effet, globalement, au fil de l’évolution temporelle et historique, la Conscience semble de plus en plus manifeste en chaque représentant de l’espèce humaine.

 

La clé réelle de cette porosité entre Conscience et énergie serait-elle alors principalement liée au cerveau, organe, chez l’Homme, a priori doté de capacités et d’un potentiel supérieurs à ceux des autres espèces terrestres ? Au vu des différences fondamentales entre l’Homme et les autres espèces vivants sur Terre, il semblerait, en effet, que l’encéphale soit la clé principale de l’interface entre la Conscience et l’énergie. Un outil nécessaire mais insuffisant. Une sorte de camp de base pour atteindre une porte d’accès…

 

Afin que l’énergie devienne plus consciente, l’individu doté d’un cerveau doit voir toutes les dimensions de son être (mental, corps et existence) imprégnées par une compréhension progressive de sa nature profonde (la Conscience) car seule cette imprégnation profonde a un impact réel sur la transformation de l’individu. Ce point souligne la dimension essentielle de la quête spirituelle qui amène à une exploration de notre identité (de ce que nous sommes) avec le franchissement des différentes étapes de la connaissance de soi jusqu’à la pleine réalisation.

 

Cette compréhension progressive permet à chaque individu (chaque individu étant évidemment une forme d’énergie) de construire et de vivre un univers (un univers phénoménal) aux caractéristiques de plus en plus proches de celles de la Conscience (jusqu’à devenir identiques). Caractéristiques que l’on pourrait synthétiser en trois mots : Amour, Paix et Intelligence.

 

On pourrait penser un peu hâtivement que l’éducation et les apprentissages de base tels qu’ils sont mis en œuvre dans les sociétés humaines — enseignements, conventions sociales et bienséance — permettraient de vivre dans un monde d’Amour, de Paix et d’Intelligence. Évidemment, il n’en est rien. La compréhension du monde, la connaissance de soi et le respect d’Autrui ne sont qu’apparents et superficiels. Le savoir accessible à la grande majorité de l’humanité est actuellement inapte à percer les mystères de la Vie et de la Conscience et à apporter une réponse satisfaisante à la question de notre origine et de notre identité réelle. Et les règles sociales régissant le vivre ensemble ne sont respectées le plus souvent que par un sens éthique très faible, engendré, pour l’essentiel, par la crainte de l’exclusion ou de la stigmatisation que provoquerait leur non-respect.

 

En conclusion, il semblerait que seule l’imprégnation profonde de la compréhension à toutes les dimensions de l’être d’un individu, rendue possible par l’existence de son cerveau (outil nécessaire mais non-suffisant) permette une entrée puis une installation progressive de la Conscience dans l’énergie jusqu’à une parfaite adéquation : l’énergie consciente, reflet parfait de la Conscience sans objet (dans la mesure des caractéristiques de l’énergie). Bref, en un mot, une complète et parfaite similitude des caractéristiques de la Conscience et de l’énergie. A ce stade, on pourrait imaginer que la forme énergétique parvenue à sa pleine réalisation se dissolve et disparaisse entièrement dans la Conscience. Mais ne nous égarons pas en de trop lointaines et invérifiables conjectures…

 

En replaçant cette réflexion dans le cadre de l’évolution du Vivant — et de la Vie — elle-même création supposée de la Conscience, voilà qui met en évidence un phénomène absolument remarquable : l’extraordinaire puissance créatrice de la Conscience capable, à partir du vide, de faire émerger le manifesté en combinant quelques atomes de carbone, d’hydrogène, d’oxygène et d’azote — base de l’organique — qui, au fil de la temporalité historique (appréhendée sur le plan mental et de façon conceptuelle) parviennent à se complexifier et à se sophistiquer au point de créer le cerveau humain*en mesure, lui-même, de créer... et de se développer au point d’apprendre à actualiser le potentiel qu’il recèle (et/ou peut-être – qui sait ? – à créer lui-même ce potentiel) pour retrouver la source de son émergence (la Conscience) et faire advenir ses caractéristiques (l’Amour, la Paix et l’Intelligence) sur les plans organique et terrestre comme l’atteste, de façon évidente et souvent très laborieuse, l’évolution des sociétés humaines.

* Notons qu’initialement (et encore très communément répandu aujourd’hui), le cerveau – cet outil puissant – n’est utilisé que pour faire survivre l’organisme dans lequel il est placé (l’Homme dans ce cas précis) à seules fins de perdurer et de se développer (obéissant ainsi à l’une des règles fondamentales du Vivant et de la Vie(1))...

(1) L’Homme n’est en grande partie (et encore de nos jours, en ce début d’ère anthropocène) qu’une énergie brute. Une énergie imprégnée d’un degré ou niveau de Conscience très réduit.

 

Enfin, pour clore ce début de réflexion, il semble peu saugrenu d’imaginer qu’il existe d’autres manifestations intelligentes de la Conscience sur d’autres plans et dans d’autres univers. Autres que celui de « l’organique » qui n’est sans doute qu’une possibilité d’existence et de manifestation pour l’énergie (parmi une infinité). Reste alors une question : l’énergie a-t-elle été créée par la Conscience ? Ou son existence est (de toute éternité) consubstantielle à la Conscience ? Vaste question…

 

Cette pensée (aux allures de vrai poncif...) apparaît, en réalité, comme totalement triviale . Et se voit évidemment corroborée par quantité de conclusions révélées par l’étude de thématiques mille fois explorées et ressassées au cours de l’histoire humaine : nature versus culture, le rôle prépondérant du cerveau dans l’évolution humaine, la place essentielle de l’Homme sur Terre, l’importance de la spiritualité dans l’avènement d’une existence terrestre pacifique et harmonieuse. Bref, rien de bien nouveau sous le soleil

 

 

Réflexions sur la conscience et l’énergie (suite)

La nature fondamentale de l’énergie (qui concerne l’ensemble des manifestations et des phénomènes) semble se caractériser par trois éléments essentiels : le mouvementLe changement qui s’explique, en partie, parce que les formes prises par l’énergie sont très largement soumises à leur contexte environnemental (ce qui est particulièrement vrai pour « l’organique » très répandu sur Terre). Mouvement et changement qui sous-entendent l’existence du temps. Et enfin, le troisième élément : la finitude de ses manifestations (même si celles-ci semblent se recombiner indéfiniment).

 

La nature fondamentale de la Conscience (Présence, espace impersonnel) semble, quant à elle, se caractériser par trois éléments contraires : la permanence (l’éternité) et l’immobilité, vécue dans le seul présent. Et donc l’absence de temporalité. Et l’infini (existence non délimitée et non localisée).

 

Petit aparté sur les caractéristiques et modes de fonctionnement du mental : à l’instar de toutes les manifestations, le mental (ou du moins le cerveau) que l’on peut considérer comme l’un des plus éminents et sophistiqués représentants de l’énergie de la Vie terrestre (car plus ou moins imprégné de Conscience(1)) est soumis et appelé au mouvement (mouvement que l’on pourrait qualifier de physique(2) et mouvement que l'on pourrait qualifier de temporel(3)). Mouvements physiques qui expliqueraient son incapacité à l’immobilité (à habiter l’instant et le présent) et sa grande mobilité (son besoin incessant de saisir les pensées, les émotions et les ressentis corporels qui sont, eux-mêmes, des phénomènes ou des manifestations en mouvement) et mouvement temporel qui expliquerait son inlassable nécessité à se projeter dans le temps (dans le passé avec les souvenirs et dans le futur avec les anticipations projectives).

(1) Voir le fragment concernant la perméabilité entre énergie et Conscience.

(2) Même si ce terme semble peu approprié pour désigner les mouvements d’une entité très globalement immatérielle (en dehors, évidemment, de son support organique qu'est le cerveau)...

(3) Qui sous-entend l’évolution et le devenir avec ses inexorables cycles...

 

Il est intéressant de noter que toutes les manifestations (dont le mental – ou du moins le cerveau – fait partie) semblent porter en elles la nécessité (le besoin ontologique et fondamental) de retrouver les trois caractéristiques de la Conscience : en premier lieu, la permanence (c’est-à-dire une forme d’éternité). Chaque forme d’énergie aspire ou éprouve le besoin, la nécessité ou le désir, au cours de son évolution temporelle (à laquelle toutes les manifestations d’énergie sont soumises) de se rapprocher — autant que sa nature et ses caractéristiques le permettent — de l’éternité. En effet, n’aspirent-elles pas toutes à se préserver le plus longtemps possible (chaque chose cherchant à persévérer dans son être pour reprendre le conatus de Spinoza) et à demeurer vivantes ou existantes autant qu’elles en sont capables ?

 

Ainsi, l’aspiration à l’immortalité des manifestations (des formes d’énergie) semble montrer qu’elles tentent de trouver une voie qui leur permette d’atteindre l’éternité (caractéristique de la Conscience) en intégrant leur nature assujettie au mouvement, à la temporalité et à la finitude. Un peu comme si l’immortalité devenait le synonyme de l’éternité quand celle-ci était soumise à la dimension temporelle…

 

En deuxième lieu, l’infini. Outre le besoin d’être ou de vivre le plus longtemps possible, chaque manifestation ne cherche-t-elle pas à s’étendre et à se développer toujours davantage (selon ses caractéristiques, ses possibilités et sa potentialité) afin d’approcher (autant que possible) l’infini ? Il semble évident qu’une très large part des formes vivantes ou existantes œuvrent inlassablement, au cours de leur existence, à leur expansion… (expansion tendant, évidemment, vers l’infini).

 

Enfin, en troisième lieu, l’immobilité. Cette dernière caractéristique ne semble concerner que les formes d’énergie les plus sophistiquées. Celles qui semblent peu ou prou imprégnées de Conscience telles que le mental (ou du moins le cerveau) qui nous intéresse ici au premier chef. Ainsi, le mental ne serait-il pas à la recherche d’un équilibre (ou d’un état d’équilibre) parfait auquel rien ne pourrait être ôté ou ajouté, d’une stabilité permanente, une sorte d’ataraxie ou de bonheur continu, proche parent de l’immobilité ? 

 

Afin d’essayer de brosser un tableau à peu près exhaustif des liens entre l’énergie et la Conscience (dans les limites de ma compréhension actuelle) et d’essayer d’aborder de façon plus complète les liens entre l’une des formes les plus sophistiquées de l’énergie qu’est le mental (ou du moins le cerveau) et sa source qu’est la Conscience, il conviendrait à présent d’ajouter aux trois caractéristiques essentielles que nous venons d’évoquer (qui sont, pour rappel, la permanencel’immobilité et l’infini) celles que nous avons déjà évoquées à maintes reprises dans nos fragments : la Paix, l’Amour, la Plénitude-Complétude, la Joie et l’Intelligence. Essayons succinctement de les reprendre une à une et de comprendre* si chacune de ces caractéristiques représente une véritable aspiration pour l’esprit humain. 

* Comprendre globalement (et sans doute assez superficiellement)...

 

A ce stade de la réflexion, peut-être serait-il judicieux d’opérer une dichotomie entre les esprits (les mentals) imprégnés plus fortement de la Conscience et les esprits encore très largement soumis aux seuls besoins de préservation et d’expansion (qui semblent encore représenter l’essentiel de l’humanité au 21ème siècle). Mais (en y réfléchissant un peu...), il semble inutile de réaliser cette typologie* et de développer cette partie car il apparaît avec clarté et évidence que la plupart des esprits humains cherchent, dans tous les actes et les projets qu’ils entreprennent, la tranquillité (un état mental, qui est le reflet de la Paix), l’affection et l’amour (avec un petit « a »), à être altruiste, généreux ou à venir en aide à Autrui(qui sont des reflets de l’Amour – avec un grand « A »), le bonheur et le plaisir (reflets de la Joie), un sentiment d’unité et d’osmose avec eux-mêmes et le monde (qui sont des reflets de la Plénitude-Complétude) et qu’un certain nombre d’entre eux cherche, à travers le savoir, à comprendre le monde et ce qu’ils sont (le reflet de l’Intelligence). Il semble donc évident que le mental humain (ou du moins le cerveau – pris toujours ici comme forme ou manifestation sophistiquée de l’énergie sur le plan de la Vie terrestre) est indéniablement à la recherche des caractéristiques de la Conscience précitées.

* Succincte et basique...

 

Petite note supplémentaire. La Conscience possède sans doute d’autres caractéristiques (que nous n’avons pas pris la peine ici d’évoquer). Il en est une qui n’est peut-être pas fondamentale pour l’Homme mais qu’il l’est sans aucun doute sur le plan de la Conscience : la pureté. Autrement dit, l’impossibilité pour la Conscience d’être entachée, abîmée ou salie par l’énergie, ses manifestations et leurs mouvements.

 

Ainsi, pour nous restreindre au champ de l’existence humaine, rien de ce que pourraient faire les Hommes ne saurait atteindre et toucher Ce qui perçoit, c’est-à-dire la Conscience. Elle restera, de toute éternité, immaculée. Et j’ai le sentiment que certains esprits humains cherchent cette pureté de façon maladroite dans leur existence, en particulier, à travers le besoin de propreté – voie très commune et répandue – (nettoyage de la maisonnée, de l’intérieur... ce qui peut prêter à sourire...).

 

Une autre caractéristique me vient également à l’esprit : la nudité. L’être – la Conscience – est d’une certaine manière, ce qu’il reste lorsque tout a disparu. Et il me semble que la recherche de simplicité et de dépouillement (et plus largement le besoin de désencombrement) de certains esprits humains est révélatrice d’une volonté de nudité, d’atteindre sur le plan énergétique et phénoménal cette caractéristique de la Conscience.

 

Quoi qu’il en soit, il semblerait que les formes d’énergie sophistiquées ne puissent réellement et totalement accéder à ces caractéristiques de la Conscience dans une sempiternelle fuite en avant car leur existence-même s’inscrit dans un monde fini et cyclique* et que leurs caractéristiques sont subordonnées, de façon ontologique, à des principes limitants et restrictifs, ce qui rend impossible l’accès à un univers non fini. Ainsi, pour illustrer brièvement et simplement notre argumentation, prenons l’exemple de l’immortalité : même si l’Homme parvient à repousser indéfiniment la mort de son entité corporelle, il ne parviendra jamais à atteindre l’éternité. Même s’il parvient à vivre des centaines de millions d’années, le corps est par nature soumis à la finitude car il s’inscrit, de par ses caractéristiques, sur un plan fini. Et il en est de même pour toutes les autres caractéristiques…

* Même en retenant l’hypothèse d’une évolution éternelle de l’énergie — qui serait sans commencement ni fin — hypothèse qui s’appuierait sur l’axiome de consubstantialité de l’énergie et de la Conscience...

 

Conclusion. Au lieu de se jeter dans cette insatisfaisante fuite en avant et cette impossible quête, il serait sans doute plus judicieux pour les manifestations énergétiques dotées ou imprégnées de Conscience d’inverser leur trajectoire pour remonter à leur source jusqu’à une sorte de saut dans un autre plan (saut dans l’espace d’arrière-plan) et pouvoir ainsi « habiter » la Conscience – Ce qui perçoit – le regard éternel, immobile, permanent et infini et accessoirement empli ou baigné de Paix, d’Amour, de Joie, d’Intelligence et de parfaite Plénitude-Complétude tout en laissant évoluer leurs mouvements et leurs élans naturels (les aspirations et besoins d’actualisation que nous avons précédemment évoqués) sur le plan fini où elles se manifestent. C’est d’ailleurs ce à quoi elles œuvrent (sciemment ou non) en suivant le processus selon lequel elles semblent avoir été « programmées »…

 

En fait, il semblerait que la Conscience ait créé le monde manifesté (et ses formes) en inscrivant ses propres caractéristiques dans leur potentiel et que tous leurs mouvements naturels d’actualisation permettent d’approcher de plus en plus sans jamais pouvoir les atteindre sur le plan où elles se déroulent. Comme si la Conscience avait créé une sorte de jeu infini portant en lui les caractéristiques mêmes de son impossible achèvement…

 

Pour résumer cette laborieuse réflexion (sur cette passionnante et inépuisable thématique), il semblerait que l’énergie, ses manifestations et leurs mouvements appartiennent à un plan (ou à un univers) fini et soumis à la temporalité alors que la Conscience appartient à un plan infini et atemporel. Il n’y a donc aucune possibilité pour l’énergie de retrouver (sur le plan où elle se manifeste) les caractéristiques (parfaitement identiques) de la Conscience qui sont, pour mémoire, la permanencel’immobilitél’infini et accessoirement l’Amour, la Paix, la Joie, la Plénitude-Complétude et l’Intelligence. Sur le plan où elle se déroule, l’énergie, à travers ses formes et leurs mouvements, n’a d’autres possibilités que de tendre indéfiniment vers ces caractéristiques sans jamais pouvoir les atteindre. Le seul accès possible réside pour elle dans le saut que ses manifestations peuvent réaliser vers le plan de la Conscience, donc sur un plan en amont d’elles-mêmes (l’arrière-plan). Du moins pour l’heure… on pourrait envisager que l’énergie et ses manifestations parviennent, un jour, au fil de leur évolution (dans cette fameuse fuite en avant dont nous avons parlé) à réaliser cet incroyable (et tout de même assez peu probable) saut du plan fini et temporel à un plan infini et atemporel… bien que peu réaliste, on ne peut exclure cette hypothèse… 

 

Commentaires sur les fragments précédents. Cette réflexion comporte de nombreuses lacunes, fautes, approximations, maladresses et lourdeurs stylistiques, longueurs et redondances. Elle n’est qu’une ébauche (comme on peut le constater) et ne constitue qu’une première épreuve (pas ou très peu corrigée) qui mériterait évidemment quelques développements et éclaircissements*.

* Et je ne sais encore si je prendrais le temps et la peine d’y apporter les corrections et les ajouts nécessaires. Elle me rappelle simplement l’époque où j’adressais certaines de mes réflexions à l’état brut (comme celle-ci) à M. et à G. (aujourd’hui disparus) qu’ils prenaient aussitôt soin d’éclairer à la lumière de leur grille de lecture personnelle. L’essentiel du temps, nos discussions viraient au débat d’idées stérile mais parfois certains éléments alimentaient la compréhension et la perspective de chacun… comme un modeste (très modeste il va sans dire) Think tank informel dédié humblement à la Connaissance…

 

 

Réflexions sur la conscience et l’énergie (suite) 

A partir des réflexions que nous avons développées dans les paragraphes précédents, essayons-nous à un bref et inoffensif exercice d’anticipation. Et tentons de voir ce que pourrait être la Vie terrestre à l'avenir...

 

En premier lieu, à court et moyen terme. Lorsque l’humanité prendra conscience de l’absurdité de son idéologie (hyper) productiviste et (hyper) consumériste (réactive à l’économie de pénurie qu’elle a toujours connue), lorsqu’elle prendra conscience de l’ignominie du système organisationnel omnipotent et esclavagiste qu’elle a conçu, qui écrase et exploite la Vie, le Vivant et la Terre, les Hommes, les animaux et l’environnement, une nouvelle ère pourra débuter… il y a de fortes chances que l’humanité se réorganise alors en petites communautés (à taille humaine) démocratiques et quasi-autonomes qui pourront être fédérées et entretenir entre elles une solide coopération. Abolition des frontières, abolitions des nations. Beaucoup de paramètres entrent en jeu dans l’évolution de l’humanité et de la Vie sur Terre. Et je n’ai pas la prétention (loin s’en faut) de tous les repérer. Ceci n’est qu’une très courte et vague esquisse. Mais il est un paramètre qui s’avère absolument incontournable (que j’aborderai succinctement) : la dimension essentielle de la quête spirituelle pour opérer le saut de l’Homme vers l’espace d’arrière-plan — la Conscience — et faire advenir, en chaque Homme, une véritable révolution perceptive nécessaire à l’intégration dans son esprit de toutes les caractéristiques de la Conscience (que nous avons abondamment évoquées).

 

Sans ce passage d’une grande part de l’humanité vers le plan de la Conscience, il sera impossible de faire advenir, à échelle collective, une société humaine terrestre (spatiale et/ou extra-terrestre s’il prenait à l’Homme le besoin de coloniser d’autres territoires…) qui ressemblerait à terme au monde des dieux (tel que le conçoit, par exemple, le bouddhisme tibétain) : une société de Paix, d’Amour et d’Intelligence où chacun serait amené à poursuivre son exploration de l’être, à participer selon ses aspirations à la communauté à seule fin de mener une vie heureuse, harmonieuse et épanouie (à titre individuel comme à titre collectif), où la violence disparaîtrait, où la police et l’armée n’auraient plus aucune utilité.

 

A terme, l’humanité pourrait se voir investie d’une activité éducative auprès des animaux et des autres créatures qui peuplent la Terre essayant de les inviter à ces caractéristiques de Paix, d’Amour et d’Intelligence, créant peut-être, grâce à la technologie et à la génétique, une alimentation qui ne détruirait aucune vie, changeant le code génétique des carnivores pour qu’ils deviennent végétariens ou créant des corps sans besoin alimentaire ou même éradiquant la sphère organique (dont elle a, tout au long de l’histoire, essayé d’atténuer ou d’éliminer les désagréments)…

 

Envisager les modalités pratiques d’une telle société n’a pas beaucoup de sens. Mais sans ce passage collectif à une authentique spiritualité, il y a de fortes chances que l’humanité et la Vie terrestre plongent dans une longue et mortifère errance et/ou dans un indescriptible chaos en créant un monde toujours plus dur et violent, un monde où les conflits et les guerres seront généralisés, un monde de contrôle et de surveillance à l’échelle planétaire. Un monde d’apocalypse et de terreur…

 

Petit aparté sur l’hyper technologie, l’avènement des mondes virtuels et le transhumanisme. Le progrès technique est en marche. Et il ne semble pouvoir s’enrayer. Les apports et les bénéfices qu’il offre en termes de rapidité de communication, de mises en réseaux simultanées et de confort (voire de bien-être) sont tels que l’Homme ne semble pouvoir s’en passer.

 

Certaines dérives et certains écueils ne pourront sans doute pas être évités : le sacre des gadgets (en tous genres), l’incessante fuite dans le divertissement et l’hyper distraction… et des dangers plus grands encore tels que la montée en puissance des machines qui pourrait engendrer la mise sous tutelle de l’Homme et du Vivant ou l’égarement dans des mondes virtuels de plus en plus sophistiqués et envahissants reléguant la sphère organique à un simple support… et j’en passe.

 

Néanmoins, il semble possible que l’humanité s’engage dans une utilisation intelligente (et éclairée) du progrès technologique en généralisant la robotisation de l’industrie vouée à la fabrication des objets nécessaires, dégageant totalement l’Homme des tâches éreintantes et pénibles (comme cela s’est déjà réalisé au 20ème siècle dans certains secteurs économiques) pour le libérer complètement et lui permettre de se consacrer entièrement à son épanouissement et à son (indéniable) besoin spirituel.

 

Le progrès et le transhumanisme pourraient permettre une qualité de vie accrue et devenir des outils prodigieux dans le développement de l’Intelligence. Mais tout cela n’est rien… Et le monde évoluera selon le processus qui est inscrit en lui… et inutile de jouer les Cassandres ou les visionnaires optimistes… arrivera ce qui arrivera. Ces pauvres élucubrations* n’ont en soi aucun intérêt...

* Un simple jeu intellectuel sans portée ni conséquence auquel je rechigne (je sens ma pensée paresseuse et peu encline à cerner cette trop vaste et ambitieuse thématique). Et je n’ai, d’ailleurs, aucun goût pour évoquer ce qui sera... Ces derniers paragraphes ont été ébauchés à la hâte et indéniablement bâclés… Leur écriture éloigne de l’être. Et de ce qui est… qui demeurent, au-delà de ma curiosité insatiable, mes seules véritables préoccupations… 

 

Mais achevons tout de même cette bancale réflexion par les mots suivants : au vu de la différence de plans (assez probante) entre la Conscience et l’énergie peut se poser la question de l’existence d’autres plans. Selon la perception humaine, la Conscience semble à l’arrière-plan alors que « l’organique » (la matière) et le « psychique » (les représentations composées d’images et/ou d’idées – qui sont des manifestations énergétiques perceptibles par le cerveau humain) semblent appartenir à l’avant-plan. Nous avons déjà évoqué l’existence probable d’autres plans (de l’avant-plan) inaccessibles à la perception et l’entendement humains. Mais nous pouvons aussi imaginer que la Conscience perçue par les humains (certains humains) comme l’arrière-plan n’est qu’un plan au-delà duquel pourrai(en)t exister un (ou d’) autre(s) plan(s)… nous entrons là dans une perspective quasiment inconcevable pour notre intellect (en tout cas pour le mien)… il est donc plus sage de clore (provisoirement) notre réflexion sur cette passionnante et quasi impénétrable thématique… 

 

  

Réflexions sur la conscience et l’énergie – suite et fin (provisoire)

Notes supplémentaires. Bien qu’aujourd’hui, l’existence humaine soit éminemment organique, grossière, très peu consciente, emprunte de douleurs, de souffrances, de violence et d’une longue série d’aspects peu enviables, si l’on interrogeait l’humanité, une immense majorité des êtres humains (en dépit de leurs conditions de vie effroyables) la considérerait globalement comme le must sur Terre comparée à d’autres formes d’existence, en particulier aux conditions de vie animales (même s’il existe, en vérité, très peu de différences entre la vie des Hommes et celle des animaux). Il serait sans doute plus juste de supposer que la vie humaine est loin d’être une sinécure et encore moins une panacée (même en ce début de 21ème siècle), qu’elle ne l’a jamais été en dépit de la potentialité (souvent non actualisée) dont l’Homme semble dépositaire et de l’évolution humaine (assez remarquable à certains égards) depuis sa sortie des cavernes.

 

Parmi la très probable multiplicité des formes que peut revêtir l’énergie et la (toute aussi probable) multiplicité des plans et des univers existants, le monde humain (au regard de ses caractéristiques) ne doit pas être l’un des plus attrayants. Il existe sûrement des plans et des univers où la vie est plus douce et plus propice au bien-être et à l’épanouissement, des plans et des univers où règnent une Paix, un Amour et une Intelligence (très proches des caractéristiques de la Conscience), des plans et des univers au sein desquels l’actualisation de la compréhension de la nature fondamentale des formes que revêt l’énergie (dans son complet achèvement) permet aisément de retrouver les caractéristiques de la Conscience (dont nous avons déjà tant parlées) et de les faire advenir avec facilité sur le plan ou dans l’univers que ces formes occupent.

 

Dans le prolongement des fragments précédents, nous pouvons imaginer à terme (dans des dizaines, centaines ou milliers d’années [les paris sont ouverts !]) si l’Homme actualise son potentiel de compréhension sans s’égarer dans les écueils qui jalonneront son évolution, le plan humain et l’existence humaine occuperont une place plus prometteuse et plus séduisante parmi l’ensemble des plans et univers existants (plans et univers dans lesquels l’énergie se manifeste). Une sorte de progression dans la « hiérarchie existante » des bons plans (si j’ose dire !).

 

Cette supposition sous-entend évidemment que tous ces plans et univers ne sont pas fixes et que leur évolution dépend, outre des formes qui les composent, du potentiel dont elles disposent (potentiel sans doute « programmé »  par la Conscience) mais aussi des interactions qu’elles parviennent à créer entre elles et, bien sûr, de leur propre potentiel créatif (engendré, en grande partie, par les éléments précités) qui pourraient leur permettre de créer et de donner naissance, elles-mêmes, à d’autres plans (ainsi, la création des mondes virtuels actuellement en plein essor dans le monde humain en est un parfait exemple). Et bien que nous soyons à l’aube de la virtualité, les mondes (virtuels) créés dans certains jeux vidéo, avec l’existence d’avatars, pourraient inaugurer une longue série d’univers virtuels de plus en plus imaginatifs et de plus en plus sophistiqués tantôt de plus en plus proches du monde humain et tantôt de plus en plus éloignés… l’avenir le dira…

 

Si ces éléments s’avéraient exacts (et bien d’autres encore que nous ignorons), il ne serait pas insensé de penser que cet incroyable et indescriptible agencement évolutif créé par la Conscience et l’énergie forme un écheveau en mouvement d’une inimaginable complexité au potentiel créatif ahurissant (une complexité et un potentiel créatif absolument dingues en vérité !) qui confine — si j’ose dire tant c’est vaste ! — ce duo extraordinaire au génie absolu (ou plus exactement au génie de l’Absolu)… à moins (comme nous l’avons déjà évoqué dans le paragraphe précédent) que la Conscience ne soit, elle-même, qu’une forme que pourrait prendre… et évidemment on ne saurait répondre… (et bien malin celui qui pourrait s’aventurer à avancer une réponse*)… mais au vu de l’énormité et de l’étendue du cadre de pensée que nous effleurons, il serait plus sage d’en rester là… cette perspective est bien trop vaste pour notre minuscule cerveau…     

* A ce sujet, on pourrait tout de même suggérer en guise de brève extension (un brin fantasmagorique) que dans une perspective quelque peu anthropomorphique (et c’est peu dire), on pourrait imaginer que la Conscience appartienne à une sorte d’entité et serait à ce géant gigantesque ce que le mental est à l’Homme (comme l’énergie serait à cet inimaginable colosse ce que « l’organique » est à l’être humain). En déroulant cette hypothèse, il serait alors loisible de penser qu’il pourrait exister un grand nombre de géants gigantesques, peut-être eux-mêmes créés par une entité plus vaste, elle-même créée par… et indéfiniment jusqu’à retrouver la source originelle de toutes les créations et manifestations… Vaste programme ! L’Homme — comme création et manifestation intermédiaire — n’est assurément pas, dans sa modeste exploration, au bout de ses surprises… Mais qu’il parvienne à imaginer ce genre de perspective dénote indéniablement qu’il porte en lui une étincelle d’Intelligence…

 

  

Réflexions sur la conscience et l’énergie – synthèse

Essayons de résumer en quelques lignes cette réflexion. Que notre raisonnement s’appuie sur la consubstantialité de l’énergie et de la Conscience ou de l’énergie comme création (ex nihilo) de la Conscience importe peu. Il semblerait que la Conscience (au vu de ses caractéristiques) appartienne à un plan infini et atemporel. Quant à l’énergie, on peut penser qu’elle a le loisir de pouvoir se manifester sur une infinité de plans... A la façon dont l’énergie s'est déployée dans l’Univers et, de façon plus restrictive, sur la Terre (manifestations dont l’être humain a conscience), il semblerait que l’énergie soit soumise à un espace-temps (extrêmement vaste mais limité), autrement dit à un univers fini et assujetti à la temporalité.

 

Or, il semblerait qu’au fil de l’évolution temporelle, les formes d’énergie les plus sophistiquées aspirent à « retrouver » les caractéristiques de la Conscience mais comme elles se situent dans un espace soumis au temps et à la finitude, elles ne peuvent que tendre indéfiniment vers ces caractéristiques sans jamais pouvoir les atteindre. A moins qu’elles ne parviennent un jour, au fil de leur évolution et de leur sophistication, à créer les conditions nécessaires pour réaliser un saut d’un espace fini et temporel vers un espace infini et atemporel, elles n’ont pour l’heure d’autre option que d’effectuer un « saut en arrière » pour retrouver le plan de la Conscience. On pourrait également supposer que les formes d’énergie les plus abouties (sur le plan psycho-organique) dont les caractéristiques sont les plus proches de celles de la Conscience finissent par se dissoudre et réintégrer entièrement le plan de la Conscience.

 

Il apparaît également avec clarté que les formes d’énergie les plus évoluées parviennent (sans doute à partir de la potentialité insufflée par la Conscience, la créativité engendrée par leurs interactions et leurs toujours plus grandes capacités) à créer d’autres plans au sein même du plan où elles se manifestent comme l’illustre, par exemple, la création du plan conceptuel humain (composé d’idées et de représentations) créé à partir du plan psychique, lui-même, créé (ou accessible) à partir du cerveau, issu du plan organique.

 

Nous ne pouvons également omettre la possibilité que la Conscience ne soit, elle-même, qu’une forme de quelque chose d’inconnu à l’entendement humain et/ou un plan au-delà duquel existerai(en)t un (ou d’) autre(s) plan(s)…

 

Demeure néanmoins l’épineuse question (actuellement insoluble au vu de ma compréhension) des plans qui ne pourraient être que des projections sans réalité (et accessoirement leur organisation et les liens qui les unissent), thématiques que nous aborderons dans nos prochains fragments…

 

Ces pensées — pour peu qu’elles puissent paraître originales ou inattendues — ont simplement traversé mon esprit. Et la très laborieuse élaboration de cette réflexion — exposée dans plusieurs fragments de ce carnet (et réunis ici) — n’est qu’une maladroite tentative* d’en dérouler le fil.

* Cette réflexion révèle bien davantage que la largesse du « champ de pensée » qu’elle sous-entend, les limites de mon intellect à cerner ces éléments avec clarté... l’étroitesse et la pauvreté de mon esprit à les retranscrire avec aisance pour leur donner leur pleine ampleur…

  

 

Réflexions sur la conscience et l’énergie – développements et extensions

 

— Les plans, leur nature, leurs liens et leur organisation —

Qu’en est-il des plans ? Sont-ils réels ? Ou projectifs ? Sont-ils à la fois réels (consistance et solidité de leur existence) et projectifs (représentations créées par le cerveau) ? Essayons de jeter les idées telles qu’elles nous viennent (nous tenterons de les structurer ultérieurement).

 

En premier lieu, il nous apparaît évident que sans le cerveau*, il nous serait sans doute impossible d’avoir conscience de ces différents plans (et accessoirement de parvenir à « habiter », de façon consciente, l’espace d’arrière-plan – la Conscience). Comme il semble tout aussi évident que le cerveau nous donne à voir et à appréhender ces plans en fonction de sa structure, de sa complexité et en lien avec nos capacités sensorielles et la taille de l’organisme dans lequel il est placé. Ainsi, il ne fait aucun doute qu’une drosophile, une souris, un loup, un éléphant et un Homme ne « voient » pas et n’appréhendent pas ce que l’on appelle le monde de la même façon. Ils n’en ont pas la même perception. Ou, autrement dit, ils en ont une représentation différente.  

* Peut-on imaginer ce que serait la perception sans cerveau ? Je crains que non… le cerveau serait-il alors à la fois un obstacle à « habiter », de façon consciente, l’espace impersonnel de la Conscience (par sa farouche propension à la représentation et à la conceptualisation) et un instrument nécessaire pour ressentir et comprendre que nous sommes, a priori, cet espace de perception d’arrière-plan et que tout ce qui est perçu l’est depuis cet espace de Conscience ? 

 

Intéressons-nous d'abord à ce nous avons coutume d’appeler le plan réel (le monde tel qu’il nous apparaît). A certains égards, la réalité du monde (le plan réel) ne fait aucun doute : au-delà de la représentation que nous en avons, nous sentons bien qu’il y a quelque chose (de solide et de consistant*) plutôt que rien (un vide inconsistant n’induisant aucune sensation) mais sa réalité nous reste inconnue car il semblerait que nous ne pouvons avoir accès qu’à sa représentation. Représentation intimement liée au cerveau (sa structure, sa complexité etc etc).

* Quel Homme pourrait dénier la solidité du sol ressenti sous ses pieds ?

 

Lorsque l'on « habite » l’espace de la Conscience, on ne voit – me semble-t-il* – que des mouvements d’énergie entre des formes énergétiques provisoirement et grossièrement cristallisées (les formes en apparence séparées que le mental perçoit habituellement). Formes (provisoirement combinées en « structures ») non fixes qui entretiennent des échanges permanents avec toutes les autres structures et qui composent un tout indissociable. Bref, un monde d’incessants mouvements énergétiques*... Lorsque l'on n’habite que l’espace mental (humain), on ne perçoit que des formes organiques (les êtres vivants) et inertes (les minéraux) qui semblent séparées et qui semblent interagir ou échanger parfois entre elles.

* Dans mon exploration de l’arrière-plan (l’espace de la Conscience), j’ai ressenti qu’il n’y avait que Conscience – Ce qui perçoit – et d’innombrables mouvements d’énergie qui se cristallisent provisoirement en formes, formes qui ne cessent de se transformer et d’échanger entre elles. Peut-être n’ai-je pas suffisamment approfondi et stabilisé cette percée dans l’arrière-plan pour que cette perception soit plus prégnante et plus présente dans ma perception et mon vécu quotidiens ? 

 

On peut également constater que la « coloration » du mental a une réelle incidence sur notre perception du monde (ce que l’on a coutume d’appeler « le réel »). Ainsi, un être humain dont le mental a une inclination à la noirceur et au pessimisme et qui a tendance à voir la face sombre des choses, appréhendera le monde comme un univers dangereux, terrifiant et mortifère contrairement à un être humain dont le mental est sensible à la beauté et enclin à l’optimisme qui l’appréhendera comme un univers magnifique, source de réjouissances.

 

Au terme de ce bien maigre développement, pourrait-on seulement affirmer (en guise d’indigente conclusion) que le monde (le plan « réel ») semble bel et bien exister mais que les sens et le cerveau nous en interdisent l’accès direct et qu’ils ne peuvent nous en offrir qu’une représentation qui diffère selon leur structure et leurs capacités ? A moins que son accès direct (pour les êtres vivants et donc pour les êtres humains qui nous intéressent, ici, au premier chef) se situe justement sur le plan sensoriel (ressentir le monde plutôt que de le penser) comme pourrait l’attester, par exemple, le caractère essentiel de la sensorialité — en particulier tactile (importance donnée aux ressentis corporels et énergétiques) — dans toute démarche spirituelle authentique...

 

Autre point sur le caractère réel ou projectif (illusoire) du monde. Bien que ce dernier semble manifester des signes tangibles d’existence et un caractère apparemment réel (du moins solide), il est possible que la puissance d’illusion du mental, notre attachement à ses projections et plus globalement le formatage de l’esprit humain nous incitent irrévocablement à prendre des vessies pour des lanternes... Tant qu’existe un corps-mental, il semble que l’Homme ne puisse réellement trancher sur la réalité ou l’irréalité du monde. Comme si du point de vue humain, cette thématique demeurait absolument indécidable

 

Enfin, n’excluons pas la possibilité que le monde ne soit ni totalement réel ni totalement illusoire (mais une sorte de mix entre les deux), une sorte d’univers mi réel mi illusoire comme peuvent parfois nous apparaître certains rêves…

 

Essayons à présent de centrer notre réflexion sur les différents plans* (perceptibles par le cerveau humain). Qu’en est-il de leur agencement et de leur organisation ? Et qu’en est-il des liens et rapports qu’ils entretiennent ? Existent-ils des règles générales (et des règles spécifiques) qui régissent leurs relations ?

* Le plan organique (le monde de la matière) à l’origine du plan cérébral – ou psychique – (le monde de l’esprit), lui-même à l’origine de plusieurs plans : le plan conceptuel (le monde des idées), le plan émotionnel (le monde des émotions et des sentiments), le plan des représentations (le monde des images), le plan du rêve (le monde onirique), les plans astral et chamanique (perçus par une infime minorité des Hommes).

 

Une fois encore, laissons venir les idées sans vouloir les structurer en un système complet et cohérent. Il semblerait que seul le plan organique soit régi (principalement régi) par la sensation (grâce à un réseau de cellules innervées) même si la perception de la sensation n’est a priori possible que grâce à l’existence du cerveau, donc à l’existence du plan cérébral (ou psychique).

 

Grâce à la perception de la sensation, le cerveau emmagasine dans « la mémoire » une palette de sensations, les catégorise (par sa capacité de discrimination) en les « jugeant » neutres, plaisantes ou déplaisantes afin d’établir des liens entre les situations et les sensations. Le cerveau, par sa capacité d’abstraction et de conceptualisation, peut dès lors cartographier ce qu’il sent (le monde sensitif) pour permettre à l’organisme dans lequel il est placé de s'y déplacer de façon appropriée (en évitant les sensations désavantageuses et déplaisantes et en essayant — autant que possible — de retrouver les sensations bénéfiques et agréables) et d'y prélever ce dont il a besoin.

 

Cette capacité de mémorisation et cette prédisposition à cartographier le sensitif sont sans doute à l’origine de la conceptualisation que le cerveau ne cessera, au fil de son évolution, de développer et dont il ne cessera de se servir pour permettre à l’organisme dans lequel il est placé (l’Homme ici en l’occurrence) de s’orienter avantageusement dans le monde organique sensitif et d’y survivre.

 

Le développement de cette capacité de conceptualisation permettra à la représentation du monde sensible de devenir de plus en plus fine et détaillée, de plus en plus complexe et de plus en plus vaste (à mesure de l'exploration du monde sensitif). Elle sera à l’origine du langage, de l’abstraction, des mathématiques etc etc jusqu’à atteindre une sorte de point de bascule où la représentation (de plus en plus sophistiquée) prendra plus ou moins totalement le pas sur la sensation (qui restera néanmoins active et déterminante dans certains cas – l’eau bouillante d’une casserole qui brûle la peau par exemple) mais occultée l’essentiel du temps (comme l’illustre la fameuse formule « vivre dans sa tête »). 

 

Il semble très difficile (intuitivement) de donner une représentation de l’organisation de ces plans (et de leur agencement). Mais sans aller plus en avant dans la réflexion (qui ne m’apparaît pas, au fond, si fondamentale ni réellement intéressante, ce qui altère substantiellement mon ardeur et mon envie de l’approfondir...), j’ai l’intuition que toutes les manifestations (quel que soit leur plan) sont des formes énergétiques qui ont besoin de certaines propriétés et caractéristiques, d’un support et d’un environnement particulier (contexte, environnement, plan) pour s’exprimer. Nous pourrions en rester là (et conclure un peu hâtivement que toute manifestation est énergie) mais nous tâcherons (autant que possible) de poursuivre notre réflexion afin de vérifier si la conclusion à laquelle nous parvenons par le raisonnement corrobore pleinement cette intuition.

 

A ce stade de notre (poussive et paresseuse) analyse, il serait sans doute judicieux (et plus simple) d’établir une sorte d’organigramme réunissant tous les plans connus et perceptibles par l’Homme (car bien évidemment, notre réflexion se limite – comme nous l’avons déjà dit – à l’étude des plans accessibles à l’entendement humain) et d’établir, une à une, toutes les relations qu’ils entretiennent entre eux. Mais avant de s’y pencher, essayons de jeter sur le papier les liens qui nous viennent spontanément à l’esprit.

 

Le lien le plus significatif semble être le suivant : le cerveau et le plan psychique semblent être au cœur de l’ensemble de l’édifice. Sans cerveau, pas de perceptions, pas de représentations, pas de concepts, pas d’idées, pas d’émotions etc etc. Comme si le cerveau et le psychisme constituaient le point central et névralgique (si j’ose dire) de tous les plans, de la reconnaissance de l’existence (à l’amont d’eux-mêmes) du plan organique, du plan énergétique et de l’espace de la Conscience) et de la création et de la reconnaissance (à leur aval) de tous les autres plans existants…

 

Autre lien déterminant : le plan créateur d’un autre plan semble être le support nécessaire à son existence. Ainsi, par exemple, prenons le plan du rêve. Les rêves sont un plan créé par le mental. Sans mental, pas de rêve. Et le mental est, lui-même, un plan créé par le cerveau. Sans cerveau, pas de mental. Quant au cerveau, il émane, bien sûr, du plan organique. Sans « l’organique », pas de cerveau. En reprenant cette courte « chaîne », cela reviendrait à dire : pas « d’organique », pas de cerveau ; pas de cerveau, pas de mental ; pas de mental, pas de rêves. L’existence des rêves est donc conditionnée par l’existence du mental, lui-même conditionné par l’existence du cerveau, lui-même conditionné par l’existence de « l’organique », lui-même conditionné par l’existence de l’énergie (et de la Conscience). Formeraient-ils alors une sorte de série de poupées russes ou seraient-ils imbriqués et interpénétrés de façon plus complexe ?

 

Le troisième point qui me vient à l’esprit est le suivant : les plans ne semblent faire sens et ne sont perceptibles et reconnus que par ceux (les organismes) qui en connaissent l’accès, l’alphabet, les codes et les règles. Ainsi, pour un chat, un livre (qui appartient au plan conceptuel des idées) n’est sans doute qu’un rectangle de matière (plan organique). Le monde des idées qui lui est proposé par le livre lui est, a priori, totalement inaccessible. Comme peut être impénétrable le monde  mathématique ou l’univers informatique pour des personnes qui en ignorent le langage…

 

Quatrième point : l’immersion complète ou l’absorption totale dans un plan incite à croire à sa réalité (à la solidité et à la consistance de son existence) comme s’il convenait d’habiter (au moins) le plan n-1 (le plan qui est à la fois le support et le créateur du plan concerné) pour comprendre sa nature projective (ou illusoire) et ne pas en être totalement le jouet ou le prisonnier... A ce titre, le rêve est un bon exemple. Ainsi, lorsque nous rêvons et que nous n’avons pas conscience de rêver, le rêve semble réel. Mais si nous avons conscience de rêver, alors nous comprenons son caractère non réel. Dans le prolongement de cette idée, il semblerait qu’il faille (encore et toujours) revenir à l’impérieuse nécessité d’effectuer le trajet vers l’amont jusqu’à la source originelle* de cette série de plans dont la Conscience et l’énergie apparaissent (toujours) à la fois comme les clés, les instigateurs et les libérateurs...  

* Objet essentiel de la quête spirituelle…

 

Il semble également évident qu’il existe une porosité entre les plans et une sorte d’interpénétration. Ils ont les uns sur les autres des impacts et des influences (parfois réciproques). Ainsi, les rêves et les cauchemars (le plan onirique) ont des répercussions sur le psychisme (le plan psychique) et le cerveau (le plan organique) et nos humeurs (le plan émotionnel) et sur la façon dont on va débuter notre journée (le plan dit « réel » ou physique). Autre exemple, celui de la publicité (le plan des images) qui influence le psychisme (le plan psychique) qui, à son tour, influence nos achats (les plans organique et « réel » physique). Il en est de même pour la Conscience (le plan de la Conscience) qui, lorsqu’elle est « habitée », a de profondes incidences sur les plans organiques et psychiques (joie, tranquillité du corps et du psychisme etc etc).

 

Venons-en à l’élaboration de notre organigramme, censé exposer l’ensemble des liens entre les différents plans et leur ordonnancement (cette thématique sera, en fait, l’objet de la réflexion détaillée*, exposée dans le second livre de cet ouvrage : la Conscience et l’Existant – Une perspective).  

* On peut même dire qu’elle a germé et vu le jour au cours du déroulement de cette réflexion intuitive…

 

En définitive... il est possible que ces différents plans ne doivent pas être ainsi artificiellement séparés (comme nous incite à le faire le mental) et qu’ils apparaissent, en vérité, selon certaines conditions qu’il est inutile d’appréhender et de définir sur le plan intellectuel. Comme si tout ce qui se déroulait au sein de ces plans n’était, en réalité, que des manifestations et des mouvements d’énergie qui auraient pris des propriétés et des caractéristiques (une sorte de déguisement nécessaire) pour apparaître et s’exprimer… ce qui reviendrait à penser que quels que soient les plans et quelles que soient les manifestations qui s’y déroulent, tout ce qui y apparaît* est une forme prise par l’énergie (ou autrement dit, que la nature fondamentale de toute chose matérielle ou immatérielle est l’énergie) et que tout ce qui est perçu l’est par la Conscience – Ce qui perçoit – (ou autrement dit, que la nature fondamentale de la perception est la Conscience). Comme si, en définitive, tout pouvait se réduire et se résumer à deux éléments : l’énergie pour définir tout ce qui apparaît et se manifeste et la Conscience pour définir tout Ce qui perçoit…

* Matière, êtres, idées, pensées, émotions, rêves, mondes et univers divers, plans (bref l'ensemble des phénomènes) ne seraient qu’énergie...

 

Nous ne pouvons, ici, nous empêcher d’ajouter (comme nous l'ont permis de le ressentir – très superficiellement sans doute – nos trop éphémères expérimentations de l’Unité) que tout ce qui est perçu est totalement indissociable de Ce qui perçoit. Et la boucle est bouclée (CQFD) : on en revient à la consubstantialité de la Conscience et de l’énergie qui était le principal paradigme de notre (très intuitive) réflexion. En un mot, quel que soit le plan que nous percevons, quel que soit le plan où nous nous situons (le plan d’où « nous voyons les choses »), tout — tout ce qui perçoit et tout ce qui apparaît et se manifeste — n’est que Conscience et Energie (absolument indissociables).

 

 

Réflexions sur la conscience et l’énergie – développements et extensions

 

— La mort, « l’âme » et la « part consciente » qui transmigre —

Cette réflexion sur les liens entre l’énergie et la Conscience n’a pas abordé l’existence éventuelle de l’âme (en termes chrétiens) ou la question de la réincarnation — transmigration (en termes bouddhistes). Il convient donc de s’y pencher brièvement. Qu’est-ce qui semble « passer » (à défaut de trouver un terme plus approprié) de vie en vie ? Qu’est-ce qui semble transmigrer d’existence en existence* ?

* Si tant est que ce mécanisme soit à l’œuvre…

 

Avant d’aborder cette thématique, précisons (en matière de Vie terrestre) que le souffle (et la respiration) semble(nt) l’apanage des formes d’énergies terrestres les plus évoluées, dotées d’un cerveau qui, par son intermédiaire, peuvent avoir accès à la perception et donc, plus ou moins, à la conscience de soi (en tant que forme) et à la conscience du monde. Soulignons que la conscience de soi se cantonne (dans l’immense majorité des cas chez les créatures terrestres) à une identification au corps (et au « corps-mental » chez l’Homme) et au sentiment d’exister comme entité séparée (du reste du monde). Cette conscience de soi donne l’impression à la dite forme (selon sa perception et son degré de compréhension) d’avoir des caractéristiques personnelles, d’expérimenter des situations et de vivre des évènements dans un monde (ou un univers) donné.

 

Avant de développer notre réflexion, il conviendrait également de dire quelques mots sur ce qui nous laisse supposer « qu’ une part de l’esprit conscient » est amenée à vivre sous différentes formes (et donc à vivre plusieurs existences). Pour ne pas alourdir notre propos, nous limiterons notre réflexion à l’existence humaine.

 

En premier lieu, il semblerait que « la part consciente » présente en chaque individu ne parvienne à comprendre facilement et à intégrer dans « son vécu » sa nature plus profonde qu’est la Conscience. Or, comme ce processus de compréhension, chez les humains, est peu ou prou engagé, il n’est pas idiot de penser qu’il nécessite un temps beaucoup plus long (qu'une seule existence) pour qu’il puisse être achevé (ce qui sous-entendrait, au vu de la lenteur de ce processus, l’existence d’un grand nombre de vies). En outre, comme il semblerait que toutes les manifestations cherchent, à leur insu, à retrouver les caractéristiques de la Conscience (que nous avons abondamment évoquées dans les premiers paragraphes de cette réflexion), il ne semble pas stupide de penser que dès qu’existe un accès (en tant que forme) à une « part consciente », celle-ci s’engage dans le processus de compréhension de sa nature profonde (ce qui nécessiterait pour parvenir à l’achèvement de cette compréhension, comme le sous-entendait le point précédent, un grand nombre d’existences).

 

Autre élément. Bien que nous pensons que le libre arbitre (et la liberté) sur le plan phénoménal* est à peu près nul (les êtres étant soumis à un grand nombre de conditionnements et de forces en présence qui orientent très substantiellement leurs aspirations, leurs élans, leurs désirs et leurs actes), on ne peut dénier que ces actes ont des conséquences sur l’existence, le corps (la part organique) et la « part consciente (ou psychique) » des autres êtres. Et il ne semble pas farfelu de penser que les conséquences de ces actes (qui, entre parenthèses, induisent de multiples réactions (réactions-réponses) — je te mets une claque, je reçois une claque) ne sont pas toujours comprises (loin s’en faut) par leurs auteurs. Il semblerait que l’une des plus sûres façons de comprendre les conséquences de nos actes soit de les vivre de l’intérieur en les expérimentant non comme celui qui en est à l’origine mais comme celui qui les subit. Ainsi, par exemple, pour évoquer une thématique qui m’est chère, un chasseur qui n’a pas conscience de tenir à l’égard de la Vie une attitude inappropriée (et c’est le moins que l’on puisse dire...) devra sans doute passer de l’autre côté du fusil (en une autre vie en général) pour que sa compréhension (la compréhension de la « part consciente » qui est en lui) s’actualise sur ce point. Et il en est sans doute ainsi pour tous nos actes…

* Les plans essentiellement physique et psycho-organique.

 

Ces deux points nous semblent suffisants pour étayer l’hypothèse de la multiplicité des existences. Il en existe sûrement d’autres que nous ne prendrons pas la peine d’évoquer ici. En dépit de l’incontestable probabilité de la pluralité des existences, nous ne pouvons néanmoins exclure l’hypothèse d’unicité de l’existence (hypothèse peu satisfaisante dans la perspective que nous avons développée ici) dans laquelle chaque « part consciente » se manifesterait au cours de « son intégration » à une forme d’énergie (en mesure de « l’accueillir ») et réintégrerait, à la disparition de la dite forme, l’espace de Conscience.   

 

Venons-en aux faits : la mort. La mort n’est sans doute qu’une dissolution complète de la structure formelle prise provisoirement par l’énergie et sa réintégration dans le flux d’énergie pure (« pure » au sens de non combinée en forme) ou sa recombinaison (éparpillée et multiple) avec d’autres formes.

 

Quant à la « part consciente » intégrée à cette structure formelle provisoire (et, en général, identifiée à elle), elle subit, au cours du passage de la mort, une sorte de black-out (un oubli quasi complet de l’univers quitté et des apprentissages nécessaires qui lui sont associés) pour réintégrer (quelques temps plus tard) une autre structure formelle provisoire guidée par ses attirances, ses aspirations, ses élans singuliers, les mouvements en présence, son degré de compréhension de sa nature profonde (la Conscience) et les « expériences » qui lui sont nécessaires pour l’actualiser tout en conservant « le niveau » de compréhension acquis. Un peu comme si « les parts conscientes » étaient soumises à une sorte de continuum discontinu (autrement dit, à une continuité entrecoupée d’intégrations successives dans des structures formelles différentes et variées), ce qui sous-entend que leur « niveau » de compréhension évolue de façon linéaire (ne pouvant jamais régresser et se rapprochant toujours davantage de la Conscience et de ses caractéristiques) tout en pouvant s’intégrer à des formes très variées et au sein d’univers très nombreux, obligées d’apprendre (à chaque nouvelle intégration) les règles, les codes et les lois qui régissent l’univers en question.

 

Malgré l’attrait de ce principe de continuité, nous ne pouvons occulter l’hypothèse d’absence de continuum pour la « part consciente » (hypothèse néanmoins peu convaincante dans la perspective que nous exposons ici). Il serait donc possible, dans ce cas, que « la part consciente » se voit intégrée dans une forme et projetée dans un univers de façon aléatoire ou selon une logique impénétrable par l’esprit humain.

 

En matière de réintégration des « parts conscientes » dans des formes structurelles provisoires, deux hypothèses peuvent être retenues.

 

Soit nous pouvons imaginer que les « parts conscientes » sont attirées (selon les éléments précités) par une palette déjà existante de formes énergétiques comme peut l’être, par exemple (dans cette illustration triviale), un individu désireux d’acheter une voiture qui optera selon ses goûts, ses aspirations etc etc pour un véhicule parmi une palette certes variée mais limitée de véhicules existants.

 

Soit le pouvoir de l’esprit est si puissant qu’il est capable de créer et de faire advenir des formes totalement originales et singulières, parfaitement adaptées aux « besoins » des « parts conscientes » dans l’actualisation de leur compréhension de leur nature profonde (la Conscience).

 

Notons ici (en aparté) que ce ne sont (sans doute) pas les conditions et les situations qui créent la nature des choses. Mais la nature des choses qui crée les conditions et les situations propices à leur développement, à leur actualisation et à leur plein épanouissement (hypothèse valable tant pour l’intégration de la « part consciente » dans une forme, sa « projection » dans un univers donné que dans l’avènement des situations et des évènements qu’elle sera amenée à expérimenter au cours de son existence « de forme »). Refermons l'aparté.

 

Cette possibilité correspondrait, dans notre exemple trivial (de bagnoles), à la possibilité pour un individu de composer sa voiture de façon totalement originale en la créant de toute pièce, prenant un châssis de telle marque et pouvant le transformer, y ajoutant la carrosserie d’une autre marque et pouvant la modifier, choisissant un moteur d’une autre marque encore et pouvant y apporter des modifications de puissance etc etc. sans compter, évidemment, qu’un mix des deux options soit possible…

 

Rien ne peut être exclu… mais disons qu’il n’est pas insensé de penser que la nature protéiforme de l’énergie, son immense potentialité à s’inscrire dans une infinité de plans et sa capacité à s’exprimer et se matérialiser permettent à toutes les « parts conscientes » à travers leur perception (et leur identification à la forme intégrée) de vivre « leur karma » (comme le diraient les bouddhistes et les hindouistes) ou de façon moins religieusement teintée, de vivre exactement ce dont elles ont besoin pour s’éveiller à leur véritable nature (qui, rappelons-le, une fois de plus, semble être la Conscience)...

 

Enfin, ajoutons que notre façon d’appréhender les formes (et donc La forme) et notre attitude à leur égard (en tant que forme et « part consciente ») n’ont, dans l’Absolu, aucune incidence sur l’énergie (inépuisable) et la Conscience (inaltérable, éternelle et sans commencement ni fin). Même en cas de destruction, de maltraitance, de malveillance, de rudesse ou de négligence... En outre, il semblerait que « les parts conscientes » – et les formes dans lesquelles elles seraient intégrées – ne « vivent » et n'expérimentent (en dépit de leur impression et de leur sentiment(1)absolument rien en tant que formes individuelles (ni les situations, ni les expériences, ni les évènements, ni le plaisir, ni le « bonheur », ni la douleur, ni la souffrance etc etc) puisque la perception pourrait être, en réalité,  simplement « vécue » par la Conscience(2) (et depuis l'espace de Conscience) et les ressentis simplement « éprouvés » par elle(2)...

(1) Et même si la propension à l’identification à la forme intégrée par la « part consciente » est très forte...

(2) C'est à dire par Ce que nous sommes « réellement » et profondément – (non en tant qu'entité séparée mais en tant qu'espace perceptif à la fois non identifié à la forme et indissociable de tous les phénomènes, y compris, bien entendu, de toutes les formes énergétiques existantes...)...

 

… ce qui pourrait laisser penser, au regard de l’incroyable et infinie diversité des formes, des situations, des expériences et des ressentis existants (rien que sur le plan de la Vie terrestre) que la Conscience prend, si l’on peut dire, un certain plaisir* à ces « petits jeux » combinatoires et énergétiques et, peut-être même, « s’en amuse » avec malice et (une bonne dose d') espièglerie… 

* Voire même un (très) malin plaisir...