Essai / 2015 / L'exploration de l'être

La Vie et l’Existant ne semblent, en réalité, qu’un gigantesque jeu — violent et merveilleux — et une permanente célébration… A hauteur d’Homme, peut-être pourrions-nous penser que nous nous apprenons les uns les autres (et, bien souvent, à notre insu) à mieux les regarder et à mieux les vivre. A mieux les comprendre et à mieux les aimer… mais sur le plan de la Conscience, tout ce « cirque » — aimable ou corrosif — semble (presque) sans importance… Est-ce qui est… et ce qui est n’altère jamais Le Regard…

 

Nous avons été contraints (pour des raisons d'ordre technique) de diviser la version numérique de cet ouvrage en dix parties.

Sommaire

Chapitre introductif

Chapitres 1 à 5

Chapitre 6 (début)

Chapitre 6 (suite)

 

 

LES REPRESENTATIONS ET LES CREATIONS HUMAINES : LE PLAN REPRESENTATIF INTELLECTUEL (les représentations imagées et conceptuelles)

 

Toutes les thématiques abordées dans cette rubrique correspondent aux principales représentations et créations humaines de l’Existant et de l’existence. On pourrait, en effet, définir le plan représentatif intellectuel comme l’ensemble des représentations de l’Existant (ce qui existe) et de l’existence. Soulignons, ici, qu’il s’est complexifié et étoffé au fil de la sophistication de la cognition (accession à l’abstraction et à l’organisation des idées). Et s’est construit essentiellement à partir des images et du langage. Le plan représentatif intellectuel est à l’origine de quatre plans majeurs :

 

- le plan artistique(1) ;

- le plan imaginaire ;

- les savoirs(2) (représentations et connaissances de l’Existant) ;

- et la connaissance(2) (représentations et connaissances de l’existence).

(1) Domaine que nous avons abordé dans les besoins expressifs.

(2) Domaines que nous avons abordés dans les besoins de compréhension.

 

Ces plans ont été, en grande partie, étudiés dans les paragraphes consacrés aux besoins de compréhension et aux besoins expressifs (et si nécessaire, nous vous invitons à vous y reporter), nous tâcherons simplement ici d’exposer quelques généralités...

 

Voir ANNEXE 4 (le plan représentatif intellectuel)

 

 

Le plan artistique

Le plan artistique est un plan expressif lié (en général) au plan émotionnel et/ou au plan imaginaire qui a recours aux images et/ou au langage pour représenter, de façon subjective, une idée (ou des idées) de l’Existant (du monde) et/ou de l’existence. Il regroupe l’ensemble des arts et des œuvres d’art. On y trouve toutes les créations en littérature (romans, nouvelles, poésie…), en arts graphiques (dessins, BD, peintures, gravures, univers virtuels des jeux vidéo…), en sculpture, musique, danse, théâtre, cinéma, photographie…

 

 

Le plan imaginaire

Le plan imaginaire est essentiellement composé du plan onirique (les rêves nocturnes) et du plan imaginatif (les « rêveries » diurnes). Cette seconde sous-catégorie regroupe des notions aussi différentes que l’inconscient collectif, l’imagination, les représentations et les projections mentales* (idées, pensées, concepts, souvenirs, anticipations projectives…).

* Non exprimées ou avant qu’elles ne s’expriment… ou dit, de façon plus triviale (et imagée), lorsqu’elles « se trouvent » encore « dans la tête »…

 

Le plan imaginaire semble intimement lié aux représentations mentales individuelles de l’Existant, aux circonstances existentielles individuelles, aux caractéristiques personnelles du fonctionnement psychique et aux représentations mentales collectives (plus ou moins variables selon les époques et les sociétés). Nous n’avons pas jugé nécessaire, dans cette rubrique, d’en retracer l’évolution historique… il nous paraît simplement essentiel, ici, de souligner que les contenus imaginaires (des individus et des sociétés) tendent progressivement à se matérialiser au fil des progrès et des avancées techniques et scientifiques (à ce titre, les jeux, les livres, les armes à feu, l’aviation, l’électricité et la conquête spatiale sont, parmi des milliers d’autres exemples, tout à fait illustratifs de cette « matérialisation » de l’imaginaire…).

 

 

Les savoirs

Les savoirs sont les représentations et les connaissances de l’Existant. Bien qu’il existe de très nombreux domaines où l’ignorance est flagrante et incontestable, ils n’ont cessé (et ne cesseront), au fil de l’histoire de l’humanité, de se développer. Ils sont essentiellement composés des savoirs pratiques (savoir-faire manuels et empiriques dans de nombreuses activités agricoles et artisanales par exemple) et des savoirs conceptuels qui regroupent les savoirs conceptuels appliqués (mécanique, électronique, robotique…), les savoirs conceptuels théoriques (connaissances des différents plans : astronomie, astrophysique, physique, chimie, géologie, paléontologie, biologie végétale, animale et humaine, médecine, sciences humaines – archéologie, sociologie, ethnologie, histoire, géographie, politique, économie, psychologie…) et les savoirs conceptuels abstraits avec les langages abstraits purs (essentiellement les mathématiques et l’informatique théorique) et les langages conceptuels purs (essentiellement la philosophie mais aussi la philologie, la linguistique ou l’épistémologie).

 

 

La connaissance

La connaissance pourrait être définie comme les représentations et les connaissances de l’existence. Elle regroupe essentiellement les connaissances idéologiques (les religions, les croyances et la cosmogonie), les connaissances « neutres(1) » (la métaphysique et la philosophie) et les connaissances subjectives(2) avec « vécu et ressentis » (la compréhension subjective et « personnelle » de l’existence).

(1) Orientées malgré tout par la pensée et les représentations des philosophes et les valeurs et les normes de la société et de l'époque...

(2) Aujourd'hui, ces connaissances subjectives se « réalisent » avec « l'appui » de divers domaines (différentes « techniques » de « développement personnel » et ce que d'aucuns qualifient – sans doute à tort – de « spiritualité*»)...

* De nos jours, le terme de « spiritualité » semble largement dévoyé... beaucoup en usent comme d'un « mot valise » assez flou – et souvent même assez « creux » – qui amalgame diverses techniques et méthodes qui ne relèvent aucunement, à nos yeux, de la spiritualité « authentique » mais d'une pseudo spiritualité à caractère égotico-psychique... (nous aborderons la spiritualité et le cheminement spirituel dans la rubrique suivante).

 

Notons que seule la connaissance sensible* (avec une compréhension intégrée au « vécu ») joue un rôle déterminant dans la transformation de l’individu et permet un « réel » engagement dans un cheminement intérieur et/ou spirituel.

* Qu’elle soit idéologique, religieuse, philosophique ou subjective (voir le plan spirituel)...

 

Les autres types de connaissance* n’affectent (bien souvent) que le plan intellectuel et/ou émotionnel. Ils peuvent influer sur les comportements de façon superficielle. Mais n’intègrent pas suffisamment les profondeurs de l’être pour initier une véritable transformation et un réel cheminement intérieurs.

* Par exemple les savoirs, les connaissances intellectuelles et/ou ce que l'on nomme « la culture générale »...

 

 

Notes sur la quête existentielle

La quête existentielle pourrait être définie comme une tentative de donner « du sens » à « son existence ». Elle trouve (le plus souvent) son origine dans un sentiment global d’insatisfaction à l’égard de la vie phénoménale... En général, les individus se questionnent, s’interrogent et cherchent des réponses sur le plan existentiel (en « changeant » de vie, de travail, de lieu de résidence, de croyances, d’idéologie, de partenaire…). Mais parfois* « ces changements » se révèlent insuffisants… les individus sont alors (plus ou moins) prêts (et disposés) à amorcer un cheminement spirituel…

* Lorsque les êtres sont suffisamment « mûrs » pour comprendre que le monde phénoménal (en général) et la satisfaction de leurs besoins et désirs (en particulier) ne seront jamais en mesure d’offrir une réponse appropriée et durable(1) à leur sentiment d’insatisfaction (ou à leur sentiment d’incomplétude)…

(1) Tant que les individus pensent, imaginent, croient ou ont l’espoir qu’un « changement existentiel » (une situation, une rencontre, un être, un contenu « de vie » etc etc) pourrait « régler » ou résoudre leur insatisfaction, ils s’y « accrocheront » et essaieront sans relâche de le faire advenir dans leur existence…

 

 

 

LA CONNAISSANCE DE SOI (COMPREHENSION SENSIBLE) : LE PLAN SPIRITUEL

Toutes les thématiques* abordées dans cette rubrique correspondent à la compréhension sensible (connaissance intégrée à la sensibilité et « au vécu ») des êtres humains pour répondre à leurs interrogations sur l’existence et trouver une issue « véritable » à leur sentiment (quasi permanent) d’insatisfaction et d’incomplétude...

* Nous les avons déjà en partie abordées dans le paragraphe consacré aux besoins de compréhension (et nous vous invitons à vous y reporter).

 

 

Le plan spirituel

Le plan spirituel* est un plan perceptif et « compréhensif sensible » particulier qui ne peut être classé dans les représentations intellectuelles (bien qu’elles en soient très souvent à l’origine). Il est perceptif et « compréhensif » car il est lié à la perception et à la compréhension mais également « sensible » car cette perception et cette compréhension (pour devenir « vivantes ») doivent être intégrées à l’être et faire ainsi partie intégrante de l’individu, avec de plus ou moins substantielles répercussions sur sa « vie intérieure », sa « façon de voir », son vécu, ses orientations et ses comportements (contrairement aux savoirs et aux connaissances (non sensibles) qui sont, en général, « déconnectés » du « vécu » et de l’existence des individus…). Nous pourrions donc, de façon éminemment simpliste, définir la spiritualité comme la perception et la compréhension sensible de l’Existant et de l’existence (la connaissance de soi).

* Domaine que nous avons abordé dans les besoins compréhension (et plus particulièrement de connaissance).

 

 

Le cheminement spirituel

 

Les différentes étapes du cheminement spirituel

Le cheminement spirituel comporte (en général) plusieurs étapes* :

* Les étapes et les catégories présentées ici sont éminemment didactiques. Elles permettent simplement d'appréhender le « parcours spirituel » et de comprendre sa logique. Il semblerait, en vérité, qu'il n'existe aucun « être éveillé » mais seulement une Présence (impersonnelle) et une « activité éveillée » à laquelle les êtres, qui « habitent » plus largement l'espace de Conscience, participent... et qu'ils contribuent à faire rayonner (n'ayez crainte, nous y reviendrons...)...

 

Première étape : l’avant-chemin

Les individus « se tournent » vers l’intériorité lorsque l’existence (l’existence phénoménale) a porté « ses fruits infructueux »… lorsque leur « quête existentielle » s’est révélée « inefficace »… et incapable de « résoudre » leur insatisfaction… lorsque les individus comprennent qu’en dépit de tout ce qu’ils ont créé, appris, vécu et obtenu, leurs conditions d’existence ne pourront pas leur offrir la paix, la joie et le sentiment de plénitude et de complétude qu’ils n’ont cessé de chercher (inconsciemment) à travers tous les actes de leur vie. L’insatisfaction et le sentiment d’incomplétude sont souvent les conditions nécessaires pour entreprendre les premiers pas sur le chemin intérieur

 

La Vie (comme on le dit un peu trivialement) peut alors totalement perdre « son sens » et enjoindre aux individus d'en trouver un plus vrai et plus profond… Au cours de cette période, l’amélioration des conditions d’existence et les actions « compensatoires » habituelles s’avèrent (en général) inaptes à sortir les individus de ce qu’ils considèrent comme une « impasse ». Ils peuvent alors perdre goût à toute action et à tout projet... Leurs représentations de l’existence (croyances, espoirs, idées) peuvent vaciller, s’étioler ou exploser. Animés d’un désir « au-delà de tous les désirs », ils sont (très souvent) enclins à s’interroger sur ce qu’est (« réellement ») la Vie et sur ce qu’ils sont profondément… et à investiguer au-delà de leurs idées (« ordinaires » et coutumières) sur le monde et sur eux-mêmes.

 

 

Deuxième étape : les pas sur le chemin spirituel « personnel »

A ce stade, les individus peuvent opérer plusieurs choix selon leur « maturité », leur sensibilité et leurs prédispositions. Ils peuvent se tourner vers la philosophie, les religions, le « développement personnel », la spiritualité « laïque »… et se mettre (éventuellement) à réaliser des exercices et des rituels, à observer des « pratiques comportementales », à suivre des instructions… Tel est le lot habituel des individus qui, très majoritairement, suivent une voie « spirituelle » progressive.

 

Profitons de cette rubrique pour souligner l’une des différences majeures entre les religions(1) et les voies spirituelles progressives(1) et les voies spirituelles directes. Dans les premières (et en particulier au sein des religions), on assiste, en général, à un étouffement et à une volonté de transformation des élans psychiques et organiques naturels pour les faire « coïncider » avec les idéaux de l’esprit et l’idéologie(2) avec (dans l’immense majorité des cas) un décalage important entre les comportements apparents et la vie intérieure. Il semblerait que « cet écart » constitue un obstacle plus ou moins rédhibitoire à l’intégration (naturelle) à l’Être des préceptes véhiculés par la tradition religieuse ou spirituelle et ne permette pas (le plus souvent) la moindre « avancée », à moins d’un progressif, rare et assez mystérieux processus qui offre à l’individu la possibilité d’une « réconciliation totale » entre l’ensemble de ses pans psychiques (tous les aspects de sa personnalité) et son « aspiration » spirituelle. Dans les voies spirituelles directes, en revanche, il n’y a aucune différence entre la vie intérieure et les comportements « extérieurs ». Les élans psychiques et organiques naturels sont utilisés, accueillis et acceptés (pleinement). Et ils se transforment naturellement et progressivement lorsque survient une perception non psychique authentique, autrement dit lorsque la perception depuis l’espace de Conscience devient « réelle(3) »

(1) Il semblerait que l'essentiel des voies spirituelles progressives s'inscrive dans une perspective et/ou une tradition religieuse (seul un très faible nombre de ces approches est qualifié de et/ou est considéré comme « laïques » ou non religieuses...). Notons également, ici, qu'un cheminement spirituel « progressif » peut être considéré, à bien des égards, comme une sorte « d'application personnelle » des dogmes et des « enseignements » d'une tradition (très souvent) religieuse et comme une « pratique et un cheminement individuels » en son sein...

(2) Les dogmes de la tradition religieuse ou spirituelle « choisie »...

(3) Avec en début de phase, d’inévitables aller-retour entre l’espace psychique « individuel » et l’espace impersonnel avant une forme de « stabilisation » au sein de l’espace de Conscience.

 

Au cours de cette étape, notons également qu’il existe de nombreux écueils que les individus (en général) ne peuvent éviter : la consommation et le nomadisme spirituels, le syncrétisme ou l’appropriation égotique des caractéristiques impersonnelles au cours d’éventuelles et brèves « percées » dans l’impersonnalité…

 

Au cours de cette phase, plusieurs cas de figure peuvent se présenter :

 

1. les individus « s’acharnent » à pratiquer et aspirent à « progresser » sur la voie religieuse ou spirituelle (progressive) qu’ils ont « choisie » en se persuadant qu’ils vont, tôt ou tard, bénéficier « des fruits » de leurs efforts. Parmi eux, l’immense majorité « s’enlisera » dans cette impasse… D’autres (plus « mûrs » sur le plan de la compréhension et plus enclins à s’abandonner…) parviendront à intégrer à « leur être », de façon plus ou moins profonde, les préceptes qu’ils se sont efforcés de suivre (souvent pendant de longues années)…

 

2. les individus comprennent qu’ils ne parviendront pas à changer et à transformer « quoi que ce soit » en poursuivant leurs efforts sur « cette voie »… Peut s’ensuivre alors un passage âpre, difficile et plus ou moins long (selon le degré « d’encombrement psychique(1)) où l’individu est confronté au désespoir, au vide, à l’incompréhension totale (voire, parfois, à un très fort sentiment de déréliction) qui semble correspondre à un processus de désencombrement psychique(2) nécessaire pour accéder au ressenti de l’Être et à la perception non psychique.

(1) Le psychisme est « encombré » de désirs, d’idées, de représentations, de croyances et d’espoirs qui obstruent l’espace perceptif au point de rendre impossible le ressenti de la dimension impersonnelle de la perception.

(2) Au cours de ce passage (souvent vécu comme douloureux et éprouvant), l’individu voit ses représentations du monde, de la vie et de lui-même se désagréger… tout ce qu’il croyait être, tout ce qu’il pensait de lui-même et du monde, toutes ses idées, ses croyances et ses espoirs « se déchirent » et ne peuvent plus constituer des repères sur lesquels s’appuyer (voilà, sans doute, la raison principale pour laquelle ce « rite de passage » est vécu comme douloureux et éprouvant)… l’individu est confronté au vide… et s’il se laisse « mener », il ne reste plus rien… pas la moindre certitude à laquelle se « raccrocher »… l’identité alors vacille…

 

Après cette plus ou moins longue période de doutes, de peurs, de souffrance, d’incompréhension (quasi-totale), de fébrilité et de très forte impuissance, certains (ceux, en particulier, qui sont animés d’un farouche besoin de compréhension) finiront par « capituler » et s’abandonner à « ce qui est » en se laissant « conduire » par les forces en présence… qui achèveront d’anéantir leur « identité » et leur volonté…

 

Au cœur de cette capitulation et de cet abandon général (si l’individu est assez « mûr » pour l’expérimenter) peut alors advenir l’Impensable : lorsque les éléments psychiques les plus grossiers (désirs, représentations, idées, croyances et espoirs) ont été « anéantis » et/ou ne constituent plus un appui suffisant (auquel « se raccrocher »), l’ouverture à la Conscience devient alors possible. L’espace de Conscience impersonnel peut être « appréhendé » et « habité »… le vide insupportable et « le néant » (perçus par le psychisme) se transmutent alors, par une mystérieuse alchimie, en plénitude. L’individu « n’existe plus », les formes « n’existent plus », le monde « n’existe plus », la souffrance « n’existe plus », ils sont vus pour ce qu’ils sont... illusions et moteurs vers l’Eveil (la pleine réalisation de soi). Tout n’est (ou ne semble être) que Conscience impersonnelle au sein de laquelle tout apparaît, se meut et disparaît (tout... y compris le personnage auquel le psychisme s’était toujours identifié). Les individus « découvrent » (au sens littéral) un espace d’Amour impersonnel qui aime tout*. Ainsi semble être la façon dont l’Amour se manifeste « à ses débuts »… Amour qui ouvre alors à la possibilité de nouer des relations non motivées par l’intérêt personnel…

* La moindre forme, la moindre manifestation et le moindre phénomène… y compris, bien sûr, le personnage auquel ils se sont toujours identifiés ainsi que les situations et les circonstances qui peuvent leur être dommageables ou préjudiciables…

 

Merveilleuse période de béatitude, de joie, de paix, de silence et d’amour… instants de grâce et de lévitation où l’individu est Présence silencieuse et impersonnelle, éminemment sensible et bienveillante à l’égard de toutes les formes et de toutes les manifestations, et pleinement présent à chaque instant (avec l’abolition du temps psychologique et la disparition (souvent provisoire) des projections psychiques temporelles (rêveries dans le passé et l’avenir)…

 

 

Troisième étape : la Conscience mineure

En premier lieu, notons que cette appellation de Conscience mineure ne doit pas laisser penser qu’il existe plusieurs consciences. Du point de vue humain, il semblerait qu’il n’y ait qu’une Conscience (impersonnelle et perçue comme « originelle ») qui peut (simplement) être « habitée » de plusieurs façons* (nous aborderons cette thématique, de façon détaillée, dans les paragraphes consacrés à la perception).

 

Ici, le terme « mineure » signifie simplement qu’à ce stade de compréhension, la Conscience ne peut être « habitée » que de façon partielle (essentiellement au regard des encombrements psychiques et des résidus égotiques encore relativement grossiers).

* De façon synthétique, il semblerait qu’il existe essentiellement six façons « d’habiter » l’espace de Conscience pour les êtres humains :

- INEXISTANTE ou QUASI INEXISTANTE (TOTALE IGNORANCE – QUASI « PURE » INCONSCIENCE) avec omnipotence du psychisme et totale identification à la forme (au corps) ;

- TRES RESTREINTE et RESTREINTE (que l’on pourrait qualifier de quasi-totale IGNORANCE) avec très forte prédominance du psychisme et identification quasi-totale à la forme (au corps) ;

- PARTIELLE (que l’on pourrait qualifier de CONSCIENCE MINEURE) avec identification partielle à la fois au psychisme et à la forme et ouverture partielle à la Conscience ;

- LARGE (que l’on pourrait qualifier de CONSCIENCE MAJEURE) avec résidus subtils d’identification au psychisme et à la forme et ouverture large à la Conscience ;

- TOTALE sans aucun résidu d’identification au psychisme et à la forme – sans doute extrêmement rare (voire quasi impossible) pour un être humain vivant.

 

Le début de cette étape semble constituer, en réalité, les « réels premiers pas » sur le chemin spirituel. Notons aussi qu’il existe (de façon rarissime) des cas « d’éveil spontané » qui permet à certains individus « d’habiter » l’espace de Conscience impersonnelle de façon soudaine* (et souvent impromptue) sans y avoir été préparés n’y avoir suivi un cheminement intérieur.

* Nous pouvons tout de même supposer que la « maturité intérieure » de ces individus pourrait être la résultante d’un cheminement antérieur (processus actualisé au cours de vie(s) antérieure(s))... mais nous ne prendrons pas la peine de développer ce point pour ne pas offrir le bâton à ceux qui s’empresseraient de le saisir en nous frappant du sceau d’un quelconque ésotérisme idéologique (auquel nous nous sommes toujours refusés…).

 

Cette période de « béatitude » (la première phase de la troisième étape décrite dans le paragraphe précédent) est provisoire… Et sa durée est variable : de quelques heures à quelques mois (parfois — et plus rarement — quelques années). L’individu est amené, tôt ou tard, à retrouver « son espace psychique habituel ». S’en suit une longue période d’oscillation (la deuxième phase de la troisième étape) entre les deux espaces (l’espace psychique et l’espace de Conscience) où l’individu est invité (avec plus ou moins d’âpreté…) à se laisser désencombrer davantage et à laisser l’unification entre les plans psychique et impersonnel se réaliser à son propre rythme. Comme il est invité à laisser sa dimension relative (les caractéristiques de son psychisme, « sa personnalité », sa sensibilité, ses prédispositions naturelles, son existence « personnelle » d’individu) suivre ses mouvements naturels et s’unir naturellement à l’Absolu* sans qu’intervienne la moindre volition. Laisser faire, laisser faire et encore et toujours laisser faire ce qui surgit et advient…

* Dans nos précédents ouvrages, nous avons longuement abordé les caractéristiques de cette étape (celle où semble se situer aujourd’hui l’auteur de ces lignes). Pour de plus amples informations, nous vous invitons à en consulter quelques-uns…

 

Pour résumer cette période, nous pourrions dire que l’individu découvre l’Absolu puis le quitte pour être « ramené » à sa condition d’individu (avec souvent un — inévitable — sentiment de régression). Mais, en dépit des apparences, la compréhension et la perception de l’existence et de l’Existant, les ressentis et la sensibilité s’élargissent, s’approfondissent et s’affinent. Et l’intégration à l’Être (bien qu’elle conserve ses mystères et son étrange et imperceptible alchimie) semble plus profonde et plus puissante…

 

Notons également qu’à ce stade, les différences entre la vie intérieure et les comportements « extérieurs » s’amenuisent considérablement. Les élans psychiques et organiques naturels sont utilisés et se transforment naturellement… en dépit des inévitables allers-retours entre l’espace psychique individuel et l’espace impersonnel… et avant une « réelle stabilisation » du regard dans l’espace de Conscience.

 

Au cours de cette phase, les désirs et les besoins organiques de l’individu ont tendance à se réorganiser, libérant ainsi les énergies qui, elles aussi, tendent à se réorganiser pour « être utilisées » naturellement sur le plan spirituel. L’individu qui a perçu, vécu et « habité » temporairement l’impersonnalité, la Joie, le Silence, la Paix, l’Amour et la Plénitude-Complétude entretient naturellement un autre rapport à soi, aux autres et au monde. Son existence se simplifie considérablement et devient éminemment fonctionnelle (adaptée aux situations, aux circonstances et aux évènements). Les désirs perdent leur force. Les attentes disparaissent de façon substantielle. Les idées, les croyances, les espoirs, les peurs et les représentations mentales s’amenuisent considérablement. Et sont laissés, eux aussi, à leurs mouvements naturels*. L’emprise égotique et les saisies psychiques connaissent un net recul… Elles peuvent encore se manifester de temps à autre mais la capacité de distanciation et de lâcher prise s’est développée et « renforcée ». L’individu laisse (globalement) le corps et le psychisme à leurs mouvements spontanés et naturels. L’individu s’alimente, s’habille, se loge, vit et agit au quotidien sans contrainte volitive et de façon simple. Les relations aux autres et au monde perdent leur caractère délétère et instrumentalisant.

* Des éléments égotiques (désirs, peurs etc) peuvent encore se manifester mais ils ne sont plus alimentés (l’analogie avec la bicyclette peut être ici judicieuse : lorsque l’on ne pédale plus, le vélo peut encore continuer sa course pendant quelques temps mais tôt ou tard, il finit par s’arrêter…)

 

L’individu ne cherche plus à obtenir quoi que ce soit… la quête fébrile d’amour, de succès, de reconnaissance, de bien-être et de confort est stoppée (ou du moins, comme nous le disions, n’est plus alimentée). Les besoins de saisie et d’accaparement et les comportements égotiques, narcissiques et stratégiques d’instrumentalisation, de maîtrise et de domination ne sont globalement plus actifs. L’individu est beaucoup moins enclin à fuir (il sait qu’il n’y a nul lieu où se réfugier…). Le processus de désidentification au corps et à l’individualité est « en marche »… La perception, plus ou moins, directe et profonde « du réel » l’invite naturellement à délaisser la pensée, les questionnements (avec l’extinction des questions et des interrogations existentielles et métaphysiques), l’intellect et les distractions. En un mot, l’individu ressent et est bien davantage qu’il n’est enclin à penser et à faire pour obtenir ce qu’il croit lui manquer car il sait qu’il ne manque jamais rien…

 

Notons enfin que la tradition du bouddhisme theravada* nous semble pertinente à ce sujet dans sa description des quatre grandes phases du cheminement spirituel vers l’Eveil. Elle distingue ainsi quatre étapes :

* Précisons immédiatement que nous n’appartenons à aucune tradition, à aucune mouvance ni à aucun courant de pensée (quels qu’ils soient…)

 

- première étape : entrer dans le courant ;

- deuxième étape : revenir encore ;

- troisième étape : le non-retour ;

- quatrième étape : le grand Eveil.

 

La première étape (entrer dans le courant(1)) et la deuxième étape (revenir encore(2)) semblent coïncider avec la Conscience que nous avons décidé de qualifier de mineure.

(1) L’entrée dans le courant de l’impersonnalité…

(2) Revenir à l’espace de Conscience impersonnelle et à l’espace psychique et ne cesser d’osciller entre les deux — selon le degré de maturité spirituelle, le degré d’intégration à l’Être, l’épaisseur des « résidus égotiques » et le « degré d’encombrement psychique »…

 

 

Quelques mots sur le voyage astral :

Ce que l’on a coutume d’appeler le voyage astral semble correspondre à un processus de désidentification provisoire de l’esprit avec le corps qui lui donne la sensation (ou le sentiment) de « voyager hors » du corps…

 

 

Quelques mots sur le chamanisme :

Le chamanisme est très ancien… Il existe, en effet, depuis des millénaires sur de nombreux territoires terrestres. Le chamane est un sorcier qui occupe une fonction sociale et culturelle (que nous n’aborderons pas ici) mais il détient également des « pouvoirs »… Le chamanisme est un univers relativement mystérieux et méconnu qui utilise différents instruments (le rêve, les psychotropes naturels, la transe…) pour parvenir à différentes modifications de conscience et de perception de l’Existant et de l’existence (par, entre autres, des modifications du « point d’assemblage »). Il est évident que le chamanisme est une voie spirituelle singulière* dont nous ne pouvons faire l’impasse mais que notre méconnaissance ne permet de développer…

* A cet égard, il est notable de souligner que le chamanisme opère, à l’instar de nombreuses autres traditions spirituelles, une distinction entre le monde des phénomènes et « de la matière » (qu’il nomme « le tonal ») et l’Être, le monde invisible et immatériel — le monde nouménal autrement appelé le Soi, le Divin, la nature de l'Esprit, la Conscience, la Présence etc etc — (qu’il nomme « le nagual »)…

 

 

Quatrième étape : la Conscience majeure*

Ici, le terme « majeure » signifie que la Conscience est « habitée » de façon large et substantielle (en dépit de quelques résidus égotiques plus ou moins subtils liés à l’entité psychocorporelle et à la puissance identificatoire du psychisme humain).

* Malgré l’expérimentation de très brèves et (sans doute) très superficielles « percées » dans l’Unité (sentiment d’Amour et d’indissociabilité entre Ce qui perçoit – la Conscience – et tous les mouvements, manifestations ou surgissements – les phénomènes – en son sein), cette avant dernière étape (avant la Conscience totale, pleine et entière) nous reste globalement inconnue. Et nous ne pourrons en dire que « le peu » que nous en savons (sans l’avoir véritablement et pleinement vécu)…

 

La troisième étape (le non-retour(1)) et la quatrième étape du bouddhisme theravada (le grand Eveil(2)) semblent coïncider avec la Conscience que nous avons décidé de qualifier de majeure.

(1) L’entrée « définitive » dans l’impersonnalité sans retour dans l’espace psychique.

(2) Qui pourrait correspondre au fait « d’habiter » la Conscience de façon pleine, entière et complète.

 

Il semblerait que cette étape ne soit franchie aujourd’hui (et n’ait été franchie au cours de l’histoire de l’humanité) que par de rares êtres humains, ceux dont la légitimité « d’êtres éveillés » ou quasi éveillés et/ou de grands maîtres spirituels ne peut être remise en cause…

 

Cette phase se caractérise sans doute par un approfondissement et une stabilité quasi continue de l’Être et de la Présence silencieuse. Le processus de désidentification tendrait à s’approfondir en dépit de la persistance de quelques résidus égotiques et identificatoires subtils et la trace d’ombres d’ignorance ténues. L’accès à l’Être-connaissance (intelligence consciente) en mesure de tout (ou quasiment tout) percevoir et comprendre directement est rendu possible… et le sentiment d’Unité (Amour absolu) devient quasi permanent…

 

 

Cinquième étape : la Pleine Conscience

Cette ultime étape semble, de nos jours (et depuis que l’Homme existe), extrêmement rare (voire rarissime). Sans doute ne se réalise-t-elle qu’à la mort physique (la mort du corps) des très grands maîtres spirituels… On peut supposer qu’elle se caractérise par l’Être Présence Amour et Intelligence sensible permanent sans aucun résidu égotique et identificatoire.

 

 

Bref aperçu historique

L’évolution historique du domaine spirituel a déjà été, en partie, abordée dans les paragraphes consacrés à la connaissance (voir les besoins de compréhension).

 

Rappelons simplement, ici, que la spiritualité (quelles que soient les époques et les sociétés) n'a toujours, plus ou moins, concerné qu'une infime minorité d’individus. Et bien que certaines sociétés ou civilisations se soient collectivement inscrites dans une perspective religieuse et/ou spirituelle et qu’ont toujours, plus ou moins, existé dans le monde des communautés religieuses (les chamanes et les sorciers, les églises, les clergés et leurs fidèles, les ordres religieux, les moines, les moniales et divers ordres laïcs), peu d’individus, en définitive, semblent être parvenus à une compréhension qui dépasse la simple croyance ou la simple démarche intellectuelle. Peu d’êtres humains (des cas exceptionnels ou une faible minorité) se sont réellement et profondément interrogés (autant que leurs facultés et leurs dispositions leur permettaient) sur l’existence, la nature de l’esprit ou de la Conscience, sur les mécanismes à l’œuvre dans le fonctionnement psychique, sur l’origine et la nature des pensées, des émotions, des peurs et sur leur « véritable » identité…

 

Et aujourd’hui encore très peu s’interrogent… même si l’on assiste, de nos jours, à un léger frémissement des esprits (de certains esprits) face à l’absurdité apparente du monde, aux disparités toujours plus vives entre les individus, à l’absence de perspectives des sociétés modernes et à la puissante fuite en avant qu’on leur propose un peu partout… ce frémissement des esprits invite certains individus (sans doute de plus en plus d’individus) à s’interroger… et à essayer de trouver du sens… Processus qui inaugure, en général (comme nous l’avons évoqué), l’entrée dans un authentique cheminement intérieur et spirituel…

 

Il est très difficile d’apprécier l’évolution qualitative et quantitative de la spiritualité et de la connaissance de soi au fil des siècles. Nous nous y essaierons néanmoins en retenant quelques indicateurs principaux (dont la valeur et la justesse pourraient être discutées…) que nous remplirons « à la louche » :

 

- la compréhension générale de l’individu représentatif(1) ;

- la perception (psychique et/ou consciente) de l’individu représentatif(1) ;

- la sensibilité émotionnelle (spirituelle) de l’individu représentatif(1) ;

- la proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel « élémentaire(2) »;

- la proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel « avancé(3) » ;

- la proportion d’individus « pleinement réalisés(4) ».

(1) Représentatif de la société et de l’époque.

(2) Engagés dans la première ou la deuxième étape du cheminement spirituel.

(3) Engagés dans la troisième ou la quatrième étape du cheminement spirituel.

(4) « Parvenus » à la cinquième (et ultime) étape du cheminement spirituel.

 

 

Premières sociétés humaines

Il est probable que la spiritualité était inexistante. Le psychisme et la cognition étaient vraisemblablement trop rudimentaires pour pouvoir s’interroger et l’essentiel des préoccupations consistait (sans doute) à survivre…

 

La compréhension générale : quasi nulle

La perception : excessivement élémentaire, apparente et superficielle

La sensibilité émotionnelle : quasi nulle

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel élémentaire : nulle

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel avancé : nulle

La proportion d’individus « pleinement réalisés » : nulle

 

 

NOTE SUR LES SOCIETES HUMAINES ET LA SPIRITUALITE : dans les sociétés primitives, les sociétés d’avant-hier et d’hier, les sociétés d’aujourd’hui et les sociétés de demain, la compréhension, la perception et la sensibilité émotionnelle étaient, sont et seront assez similaires*…

* Nous avons déjà en partie abordé ces thématiques dans les paragraphes consacrés aux besoins de compréhension (et, en particulier, à la connaissance). Nous vous invitons à vous y reporter…

 

Soulignons simplement, ici, que la compréhension générale de l’individu représentatif des sociétés primitives, des sociétés d’avant-hier et d’hier, des sociétés d’aujourd’hui et des sociétés de demain, sa perception (psychique et/ou consciente) et sa sensibilité émotionnelle étaient, sont et seront sans doute éminemment mineures, grossières, élémentaires et superficielles.

 

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel (élémentaire ou avancé) était, est et sera rarissime, exceptionnelle ou très minoritaire. Comme (a fortiori) l’était, l’est et le sera, sans doute plus encore, la part des individus « pleinement réalisés ».

 

Sociétés primitives

La compréhension générale : infime

La perception : élémentaire, apparente et superficielle

La sensibilité émotionnelle : éminemment élémentaire et superficielle

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel élémentaire : rarissime

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel avancé : rarissime

La proportion d’individus « pleinement réalisés » : cas isolés exceptionnels

 

Sociétés d’avant-hier (jusqu’au 18èmesiècle)

La compréhension générale : excessivement mineure

La perception : apparente et superficielle

La sensibilité émotionnelle : excessivement grossière et superficielle

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel élémentaire : rarissime

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel avancé : rarissime

La proportion d’individus « pleinement réalisés » : cas isolés exceptionnels

 

Sociétés d’hier (jusqu’au 20ème siècle)

La compréhension générale : éminemment mineure

La perception : apparente et superficielle

La sensibilité émotionnelle : éminemment grossière et superficielle

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel élémentaire : infime

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel avancé : infime

La proportion d’individus « pleinement réalisés » : cas isolés exceptionnels

 

Sociétés d’aujourd’hui

La compréhension générale : très mineure

La perception : apparente et superficielle

La sensibilité émotionnelle : très grossière et superficielle

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel élémentaire : fortement minoritaire

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel avancé : ultra minoritaire

La proportion d’individus « pleinement réalisés » : cas isolés exceptionnels

 

 

Trend historique (subjectif* à grandes enjambées)

Bien qu’il conviendrait de faire une distinction entre les différents types de sociétés au fil de l’histoire humaine (toutes les sociétés n’ont pas connu une telle évolution), nous pouvons dire que la spiritualité a globalement évolué ainsi.

* Voir le trend historique de la rubrique « alimentation ».

 

Offre – structures

Autrefois, le sorcier ou le chamane « offrait » son savoir, ses connaissances et « son pouvoir » à ceux qui venaient le visiter pour « guérir », « aller mieux » et/ou faire fuir les « mauvais esprits ». Dans de nombreuses régions du monde, ils continuent d’exercer leur aptitude à communiquer avec « les esprits et les forces invisibles » en intercédant auprès des Hommes et de jouer un rôle social prépondérant.

 

Dans d’autres contrées, les « Eglises » (religions polythéistes et monothéistes) prirent le relais, s’organisèrent, de façon plus ou moins hiérarchique, et insufflèrent leur idéologie aux individus soucieux d’être guidés par un ou des Dieu(x), certes invisible(s), mais qui leur dicterai(en)t ses/leurs préceptes et lois à travers la « bonne parole » des hommes de Dieu pour soumettre leurs comportements aux « règles divines » afin d’accéder au Paradis qu’on leur promettait (et qu’on leur promet encore) s’ils se soumettaient sans résistance aux « injonctions célestes » et acceptaient leur sort et leur vie terrestre misérable (et si possible) sans commettre de « pêchés »... Ainsi fonctionnèrent et prospérèrent, pendant une très longue période de l’histoire humaine, les Eglises et les religions (de toutes sortes) qui faisaient autorité en matière de « spiritualité ».

 

Après des cargaisons de couleuvres avalées et face à des promesses toujours invérifiables (malgré l’essor des savoirs), face aux écueils, aux excès et à l’austérité des Eglises (de plus en plus en décalage avec les « progrès » et les modes de vie de l’existence séculière…), avec la montée en puissance de la science et les sirènes du progrès, les Hommes se sont progressivement détournés des religions pour embrasser le culte de l’athéisme et de agnosticisme ou s’adonner à une pratique religieuse très distante et peu assidue, reléguant les « choses du Ciel » à une affaire personnelle (assez vague et assez floue en général) et (le plus souvent) à de simples rites culturels et/ou communautaires.

 

Et aujourd’hui, malgré la résistance ou l’expansion de certaines chapelles, on assiste à un assez net recul de la pensée et de la pratique religieuses traditionnelles au profit d’un développement de structures et d’organismes « spirituels » plus ou moins syncrétiques, plus ou moins traditionnels, plus ou moins sectaires et plus ou moins religieux ou laïcs, souvent mâtinés de « développement personnel* », qui proposent un large éventail de pratiques, de croyances et d’idéologies qui semble répondre au maigre sursaut « de conscience » d’un certain nombre d’individus, moins soucieux d’accéder à un Paradis lointain qu’à un mieux-être ici et maintenant (en cette vie et, si possible, tout de suite et pour « leur pomme » si j’ose dire avec ce petit « clin d’œil édénique »…).

* Si en vogue de nos jours…

 

Demande – individus

Les individus ont toujours très largement favorisé la satisfaction de leurs besoins organiques, matériels et psychiques élémentaires. Et, au fil de l’histoire humaine, peu semblent s’être réellement interrogés (comme nous l’avons évoqué à plusieurs reprises) sur la nature de l’existence et leur identité « véritable ». Toutes les interrogations « métaphysiques » ne semblaient pouvoir obtenir de réponses et l’immense majorité se contentait de celles qu’on leur livrait, réponses idéologiques s’appuyant, très substantiellement, sur les croyances et la cosmogonie « offertes » par les religieux et les hommes d’église (toutes chapelles confondues). Et la question était réglée… On croyait ou ne croyait pas… et pendant longtemps, on a beaucoup cru en « forçant » ou se forçant à croire pour ne pas attirer les foudres de ou des Dieu(x) et/ou passer pour un mécréant aux yeux de la communauté et/ou des fidèles…

 

Et encore de nos jours, on croit ou l’on ne croit pas… les individus sont, en vérité, très peu sortis des simples croyances… sans compter les collusions écœurantes et outrancières entre les Eglises et le pouvoir « terrestre » (les « puissants » du monde), les uns et les autres se partageant les richesses, se légitimant réciproquement en s’octroyant « indulgences » et faveurs et en manigançant moult tractations simoniaques (fort peu « catholiques » si j’ose dire…) pour assurer une certaine forme de « paix sociale » et garantir leur pérennité…

 

A force de promesses, d’ignorance et de doutes et au fil du progrès technique et matériel et de la montée galopante de l’individualisme, une idéologie a fini par mettre d’accord les Hommes : comme ils estimaient ne pouvoir répondre à leurs velléités interrogatives et métaphysiques, le « salut » — et la seule réponse valide — devint « la jouissance terrestre ». Et beaucoup s’autorisèrent à se consacrer quasi exclusivement à satisfaire (avec toujours plus d’avidité) leurs désirs et à « profiter de la vie » en s’octroyant de menus (et toujours plus nombreux) plaisirs, censés leur permettre d’accéder au bonheur (terrestre évidemment) et/ou les consoler de leur existence souvent (très souvent) misérable et indigente… l’argent alors devint le seigneur tout puissant… alléluia ! Et la science et ses progrès (de façon réactive aux croyances moyenâgeuses qui avaient ligoté bon nombre de désirs pendant fort longtemps) achevèrent de conforter la foi de l’Homme dans le matérialisme, seule issue, à ses yeux, pour sortir des ténèbres

 

Et aujourd’hui encore, l’essentiel des Hommes continue d’idolâtrer ce Dieu impuissant, insensé et creux qu’est l’argent… Et pour « égayer » leur morosité congénitale (et, sans doute, atavique) et tenter de trouver un sens ou de donner un peu de consistance à leur existence dans l'absurdité ambiante, certains se rendent dans des Eglises, qui ont flairé le « bon filon » en recrutant leurs fidèles à coups de marketing et de propagande commerciale enthousiaste (et prometteuse), pour communier « dans la joie » avec leur prochain en continuant néanmoins, à la sortie de la grand-messe tapageuse et faussement extatique — à la sortie de leur transe hystérique et collective — de ne rester fidèles qu’à eux-mêmes et à l’amour qu’ils se portent… en évitant, évidemment, de se poser quelques questions (fâcheuses) sur la validité de leur foi et l’authenticité de leur « élan transcendant »…

 

Ce genre de comportement est (comme diraient nos contemporains) dans « l’air du temps » et ceux qui ne fréquentent pas ces nouvelles chapelles se ruent sur d’autres, nouvelles sectes « new Age », anciennes traditions spirituelles revisitées et remises au « goût du jour », nouveaux gourous, supermarchés spirituels, salles et groupes de méditation etc etc, tous, plus ou moins avides de salut et de bien-être, consommateurs invétérés de réponses et de disciplines « prêtes à l’emploi » et « clé en main » s’imaginant que quelques séances rondement menées (et, en général, tarifées) leur permettront d’accéder à une félicité « personnelle » inaltérable et sans faille…

 

Eh oui ! Ainsi est l’esprit humain… Et peu d’Hommes sont, aujourd’hui encore, réellement prêts et suffisamment « mûrs » pour franchir « le passage » incontournable qui ouvre sur un cheminement spirituel authentique en se démunissant préalablement de tout ce qu’ils croient être… étape, semble-t-il, inévitable (et bien souvent douloureuse*…)…

* Comme nous le disions…

 

Notons néanmoins que l’époque contemporaine (qui apparaît de plus en plus « absurde » à un certain nombre de nos « chers » contemporains) voit aussi fleurir un peu partout dans le monde (en particulier dans les « pays riches » — les autres sont encore trop occupés à « rattraper » leur « retard économique et matériel »), des bataillons plus ou moins massifs d’individus qui « franchissent le pas » et s’engagent dans une interrogation profonde et/ou dans un réel et incontestable cheminement intérieur.

 

 

Eléments pour une analyse évolutive*

* Voir les éléments pour une analyse évolutive de la rubrique « alimentation ».

 

Objectifs généraux

Assurer la compréhension des individus quant à leur identité « véritable » et sur ce qu’est l’existence (et l’Existant)…

 

Les paramètres pris en considération de nos jours (début du 21ème siècle)

- la perte de sens, la pressurisation, le désarroi et le mal-être (croissants) des individus

- les disparités de plus en plus vives entre les Hommes en matière de richesse et de qualité de vie

- la pollution et les risques de diminution substantielle de la qualité de vie

- l’absence de perspectives actuelles des sociétés et « l’absurdité » apparente du modèle sociétal dominant

- la « dureté » et l’inconsistance du monde contemporain, englué dans le consumérisme outrancier et les plaisirs « compensatoires »

 

Evolutions actuelles

- efflorescence de structures spirituelles plus ou moins mâtinées de « développement personnel »

- émergence d’instructeurs spirituels légitimes (et authentiques)

 

Evolutions possibles et directions probables

- le besoin de compréhension (de l’existence) pourrait devenir de plus en plus prégnant (les individus seront, sans doute, de plus en plus nombreux à s’interroger et à chercher un sens plus profond à l’existence…)

- les démarches spirituelles pourraient connaître une très large et progressive expansion

- des mouvements spirituels collectifs seront sans doute amenés à s’organiser et à « offrir » un accompagnement à tous les individus désireux de cheminer « authentiquement »…

- la spiritualité pourrait devenir « un domaine » essentiel dans la vie des individus et dans certaines communautés et sociétés (et pourrait être « enseignée » – si tant est que l’on puisse enseigner quoi que ce soit en la matière…)

- le nombre d'individus engagés dans un cheminement spirituel pourrait « exploser »

 

Evolutions à très long terme

- la spiritualité (et la connaissance de soi) seront sans doute « naturelles » et deviendront des domaines absolument clés et essentiels (étant donné leurs conséquences sur la façon d’entrer en relation avec l’ensemble de l’Existant)

- les êtres engagés dans un cheminement spirituel approfondi et les êtres « pleinement réalisés » seront sans doute « la norme ».

 

Objectif idéal (implicite)

Etre Conscience Pleine et entière…

 

 

Perspectives*

* Voir les perspectives de la rubrique « alimentation ».

 

Sociétés de demain

La compréhension générale : mineure

La perception : émergence d’une perception un peu plus fine, large et profonde qui donnera accès à ce qui restait encore invisible, lointain et profond

La sensibilité émotionnelle : grossière et superficielle

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel élémentaire : minoritaire

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel avancé : ultra minoritaire

La proportion d’individus « pleinement réalisés » : cas isolés exceptionnels

 

Sociétés d’après demain

La compréhension générale : très partielle

La perception : développement d’une perception encore plus fine, large et profonde qui donnera accès à des manifestations encore plus invisibles, lointaines et profondes

La sensibilité émotionnelle : grossière et superficielle

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel élémentaire : minoritaire

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel avancé : ultra minoritaire

La proportion d’individus « pleinement réalisés » : cas isolés exceptionnels

 

Sociétés à moyen terme

La compréhension générale : partielle, puis moyenne

La perception : développement d’une perception toujours plus fine, large et profonde qui donnera accès à des manifestations encore plus invisibles, lointaines et profondes. Puis, émergence d’une perception très fine, très large et très profonde

La sensibilité émotionnelle : émergence, puis développement, d’une sensibilité plus affinée et plus profonde.

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel élémentaire : faible, puis moyenne

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel avancé : fortement minoritaire, puis faible

La proportion d’individus « pleinement réalisés » : ultra minorité, puis minorité

 

Sociétés à long terme

La compréhension générale : étendue, puis très étendue, puis complète

La perception : développement et généralisation d’une perception quasi-totale. Puis perception consciente « pure » totale

La sensibilité émotionnelle : émergence, puis développement, puis généralisation d’une sensibilité très fine et très profonde. Puis sensibilité « pure » totale

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel élémentaire : élevée, puis l’ensemble des individus

La proportion d’individus engagés dans un cheminement spirituel avancé : moyenne, puis élevée, puis la quasi-totalité des individus

La proportion d’individus « pleinement réalisés » : majorité, puis quasi-totalité, puis totalité des individus

 

 

Avant d’aborder la façon dont les Hommes ont organisé en système (à travers la société humaine) l’ensemble de leurs créations et de leurs réalisations (leurs actions, leurs fabrications, leurs représentations et leur compréhension de l’Existant et de l’existence), soulignons, ici, que toutes — absolument toutes — les activités humaines (personnelles et professionnelles, individuelles et collectives) s’inscrivent dans l’un des domaines précités (que nous rappelons pour mémoire) : alimentation, santé, hygiène (beauté et bien-être), vêtement, logement, tâches et confort domestiques, énergie, transports, défense et protection organique et matérielle, reproduction, défense et protection psychique, relations, sexualité et affection, communication, information, distraction, expression, art, imagination, savoirs, connaissance, travail, argent, administration et spiritualité.

 

 

 

LE SYSTEME – LA SOCIETE HUMAINE

 

Toutes les thématiques abordées dans cette rubrique ont trait à l’incontournable nécessité des Hommes à se regrouper et à s’organiser pour vivre ensemble. Certaines ont déjà été partiellement étudiées dans les paragraphes consacrés au travail, à l’argent et à l’administration (et nous vous invitons à vous y reporter).

 

Avant de développer ces thématiques, essayons de donner une définition (très simple) de la société humaine : peut-être pourrait-on la définir, de façon élémentaire, comme un regroupement organisé d’individus sur un territoire délimité.

 

 

Bref aperçu historique

Avant la sophistication cérébrale et psychique des premiers représentants de l’espèce humaine (dont l’émergence reste très difficile à dater avec précision…), les hominidés et les premiers Hommes étaient (sans doute) des animaux comme les autres. Et à l’instar des autres espèces, il est probable que les êtres humains s’organisaient à la façon des grands mammifères et/ou des animaux les plus « sophistiqués ».

 

De nature chétive, de faible constitution, vulnérable et sans aucune aptitude physique, athlétique ou prédatoriale particulière, l’Homme a été (en partie, peut-être, par compensation*… qui sait ?) doté d’un outil au potentiel jusque-là inégalé : le cerveau dont il n’a cessé de développer les capacités afin de survivre dans un milieu hostile et dangereux et de répondre (de façon toujours plus efficace et performante) aux besoins de l’espèce.

* Et/ou pour l’inciter à développer son potentiel et ses capacités cérébrales…

 

Poussés (en grande partie) par leurs besoins relationnels et reproductifs et leur besoin de sécurité (organique et psychique), les Hommes se sont regroupés pour vivre ensemble. Les premières sociétés devaient sûrement se composer de quelques familles. Et les rapports intra-communautaires et extra-communautaires devaient sans doute être habités par l’instinct de survie (luttes et ententes) et essentiellement gouvernés par la force et la violence.

 

A l’instar de toutes les formes existantes, les sociétés humaines se sont naturellement élargies et ont vu croître le nombre de leurs membres. Les individus ont été naturellement encouragés à mettre en commun leurs capacités, leurs compétences, leurs expériences et leurs savoirs… Le système s’est peu à peu complexifié (avec, par exemple, la division des tâches et du travail). Et les besoins se sont multipliés, rendant presque impossible la non intégration des individus au groupe*. Le regroupement s’est alors transformé en système — une structure organisationnelle et activictoriale — de plus en plus complexe en charge d’intégrer tous les savoirs (les représentations de l’Existant), toutes les réponses (le plan réalisationnel actif), toutes les expériences et toutes les découvertes pour les généraliser et les organiser à l’échelle collective. Au fil de l’accroissement du nombre d’individus, la société humaine s’est donc trouvée confrontée à des contraintes spécifiques d’organisation et de gestion des individus en matière de relations et d’échanges (essentiellement concernant le « vivre ensemble » et concernant les conditions d’existence : sécurité, puis plus tardivement, hygiène, santé publique et pollution).

* Au fil de la complexification sociétale, il a été, en effet, de plus en plus difficile aux individus de subvenir de façon autonome à l’ensemble de leurs besoins…

 

Nous pouvons aisément imaginer que les premières « sociétés humaines », composées de quelques familles et poussées par un besoin de sécurité, ont progressivement étendu leur territoire et rassemblé des communautés plus ou moins distantes formant (de facto) une zone plus étendue. Chaque société devait ainsi regrouper différentes communautés et entretenir des rapports plus ou moins harmonieux ou plus ou moins conflictuels avec « l’extérieur ».

 

Notons que cette distinction entre la communauté-société d’appartenance et « le reste du monde » constitue, en réalité, la reproduction collective des comportements psychiques individuels qui invitent à la favorisation de l’intérêt de la société et de ses membres et à l’accaparement des terres et des ressources naturelles, sources inévitables et permanentes de conflits…

 

D’autres éléments fédérateurs (qui lient l’individu à la société) existent. Outre le sentiment d’appartenance communautaire, les plus évidents sont la peur de l’individu d’être exclu par sa communauté et son besoin de sentiment d’utilité, inclinations que les sociétés ont toujours (plus ou moins) « utilisées » pour assurer leur fonctionnement et assurer un « vivre ensemble » à peu près satisfaisant (ou du moins acceptable).

 

 

Les fondamentaux de la société humaine

La société humaine assure l’organisation et la généralisation des réponses aux besoins (et aux désirs) ressentis par ses membres. Elle met donc en place un système de production et organise les échanges et la « redistribution » sur le territoire qu’elle occupe. Au vu des caractéristiques humaines (liées à la nature du psychisme), tout regroupement, toute communauté et toute société est également contraint d’établir une forme d’autorité, d’encadrer les relations inter individuelles et de « veiller » aux différents mouvements et implantations sur son territoire. Ainsi, toute société humaine se voit « obligée » d’établir un système de gouvernance, d’assurer la sécurité au sein de la communauté et vis-à-vis de l’extérieur (naissance des fonctions régaliennes) afin d’instaurer un sentiment minimal « d’unité » et de cohésion.

 

Ainsi va naître une organisation sociétale élémentaire avec ses différents systèmes, instances et structures :

 

- un système de gouvernance, avec des instances et des structures d’autorité décisionnelle, qui prend les décisions engageant l’ensemble de la société, met en œuvre les décisions et organise leur mise en place, décide des lois et des règles, de l’organisation générale et du fonctionnement des différents « systèmes sociétaux ». Cette « organisation politique », sans doute plus ou moins spontanée et anarchique à ses débuts, au vu des problématiques engendrées par tout regroupement, s’est vue contrainte de se structurer et d’adopter, selon la volonté et les prédispositions du (ou des) leader(s) « naturel(s) » et/ou des membres de la communauté, un fonctionnement de nature soit démocratique, soit tyrannique, soit autocratique ou théocratique… ;

 

- un système de protection et de maintien de l’ordre intracommunautaire (plus ou moins fort et coercitif) ;

 

- un système de défense et de protection contre « l’extérieur » (plus ou moins fort et agressif) avec, éventuellement, un sous-système (et des instances) chargé(es) des relations avec l’extérieur* ;

* Toutes les sociétés humaines (comme nous l’avons déjà évoqué) se sont implantées à un niveau local. Elles entretenaient donc (et entretiennent encore) avec les autres sociétés des relations (le plus souvent) conflictuelles et, au mieux, des rapports de compétition et de concurrence en matière d’appropriation des territoires, des sols et des ressources naturelles (reflets collectifs des caractéristiques psychiques individuelles).

 

- un système d’organisation des échanges, de la production et de la distribution entre les individus (qui s’inscrit, selon les prédispositions des individus, plus ou moins dans une perspective communautaire et solidaire ou individualiste). Notons, en aparté, que l’autosuffisance et le troc des premières sociétés ont progressivement cédé la place, grâce à la création de la monnaie (unité de compte qui donne une valeur nominale aux objets et facilite ainsi les échanges), à un système d’échanges élargi (prémices des échanges économiques et commerciaux). A ce titre, la monnaie – puis l’argent – sont très vite devenus (comme nous l’avons déjà évoqué) le synonyme de satisfaction des besoins et des désirs au point d’occuper assez rapidement une place centrale dans la société et l’existence humaines ;

 

- éventuellement un système de prise en charge des individus inaptes et/ou « vulnérables », incapables, temporairement ou définitivement, de participer au fonctionnement du système (de nature plus ou moins minimaliste ou solidaire) ;

 

- éventuellement un système pour stocker et transmettre les savoirs.

 

 

Quatre grands types d’organisations

De façon synthétique, nous pourrions dire que toute société humaine est contrainte de mettre en place quatre grands types d’organisations :

 

- une organisation politique et un mode de gouvernance ;

 

- une organisation policière et judiciaire ;

 

- une organisation de la défense territoriale et des relations extérieures (avec « le reste du monde ») ;

 

- une organisation économique.

 

Il ne nous appartient pas, ici, de réaliser une étude détaillée de chaque type d’organisation(1) mais il semble important d’avoir en tête leur classification (classification ultra simple, voire simpliste). Ainsi, de façon un peu schématique, nous pourrions dire qu’il existe (au moins) cinq grands types d’organisation politique (et de mode de gouvernance) : anarchique, autocratique – « éclairée » ou tyrannique, dictatoriale, théocratique et démocratique — directe ou représentative (avec élections des représentants du peuple), qu’il existe deux grands types d’organisation policière et judiciaire : les sociétés de droit — avec ou sans corruption — et les sociétés de non droit, qu’il existe deux grandes catégories (ultra simplistes) d’orientation en matière de relations avec l’extérieur : les sociétés de nature plutôt autarcique et les sociétés de nature plutôt ouverte – adeptes de la (plus ou moins) libre circulation des biens (commerce), des capitaux (finance) et des personnes (migration) que l’on pourrait également (et éventuellement) décliner selon trois grands types relationnels (neutre, agressif et pacifique) et qu’il existe enfin (au moins) quatre grands types d’organisation économique : l’économie « communautaire(2) » avec la mise en commun et le partage de l’essentiel de la production (au sens large), l’économie de marché libérale (le capitalisme), l’économie collectiviste (adepte de la collectivisation des moyens de production) et l’économie « mixte » (une forme de mix d’économie de marché libérale et d’interventions et de régulations étatiques dans certains secteurs économiques (essentiellement en matière de santé, d’éducation, de logement, d’énergie et de transports).

(1) Il est néanmoins frappant de constater la similitude (quasi parfaite) entre ces différents modes d’organisation sociétale et la façon dont chaque individu se comporte avec son entourage (avec ses congénères et, plus généralement, les relations qu’il entretient avec l’Existant). Mais cette ressemblance, en vérité, n’a rien de surprenant dans la mesure où toute société est le reflet plus ou moins exact de l’ensemble de ses membres… Ainsi, il est des individus (et des sociétés) tyranniques, despotes plus ou moins « éclairés » et d’autres ouverts au dialogue et à la concertation comme il existe des individus (et des sociétés) relativement transparents, francs et honnêtes et d’autres relativement hypocrites et manipulateurs. Comme il est des êtres (et des sociétés) « durs », sévères, inflexibles et intransigeants et d’autres plutôt libéraux, voire laxistes comme il est des êtres (et des sociétés) repliés sur eux-mêmes et d’autres « sociables ». Et comme il est enfin des Hommes (et des sociétés) individualistes (égotiques, voire égoïstes) et d’autres plus enclins au partage…

(2) Modèle économique viable (et souvent effectif) dans les communautés rassemblant un nombre d’individus relativement peu élevé et qui pourrait, à bien des égards, être catégorisé dans les économies collectivistes...

 

 

Quelques généralités sur la société humaine

 

Trois éléments fondamentaux

Il convient en premier lieu de souligner, dans cette rubrique, trois éléments (évidents mais) absolument déterminants :

 

Premier élément : l’Homme est la première forme terrestre à pouvoir « façonner sa destinée* » tant sur le plan individuel que sur le plan collectif… En effet, pour la première fois depuis la création de la matière terrestre, une forme (l’Homme) a la possibilité d’agir et d’avoir un impact sur son évolution en fonction des orientations choisies*.

* Cette « destinée » et ces orientations semblent néanmoins plus ou moins déterminées (voire « programmées ») par l’évolution des formes (en particulier, chez l’Homme, à travers le psychisme, son fonctionnement et son potentiel)…

 

Deuxième élément : la société humaine est le premier système « artificiel » (non naturel) doté d’un « pouvoir créatif(1) ». En effet, pour la première fois depuis l’émergence de la matière terrestre (et, peut-être même, de la matière en général), une forme (l’Homme) est en mesure de créer un système qui régit l’organisation, les échanges et l’existence des individus, un système qui est également capable de transformer l’Existant(2) de façon conséquente (transformation des formes et des systèmes mis en place de « façon naturelle(3) » qui régissent leurs interactions et leur évolution) et un système enfin capable de créer des formes et des systèmes totalement nouveaux(4) qui « chamboulent » les écosystèmes — au sens strict et au sens large. Notons enfin que les sociétés humaines non seulement transforment l’Existant – les formes, les plans et les systèmes qui les régissent – mais leur imposent également leurs lois et leurs règles et les soumettent à « leurs désirs », provoquant ainsi de substantielles conséquences sur leur existence.

(1) Notons, ici, que cet élément a été déterminant dans la construction de cette analyse. La structure de cette étude peut, à première vue, paraître « bancale » ou très inégale au regard du peu d’éléments fournis dans les premiers chapitres consacrés à la Vie terrestre avant l’émergence de l’Homme (peu — voire très peu —développés) et la somme d’informations (voire la foule de détails) livrées dans les chapitres consacrés à l’Homme et à ses « réalisations » mais il nous a semblé juste et légitime, dans notre perspective, de privilégier l’Homme (non par anthropocentrisme) mais parce qu’il semble constituer une forme absolument centrale dans l’évolution de l’histoire terrestre et le devenir de l’Existant…

(2) Essentiellement les « assemblages » plus ou moins complexes de formes naturelles (la plupart des outils et des objets humains au fil de l’histoire et jusqu’à un passé récent…)

(3) Par les lois physiques (pour la matière) et les lois biologiques (pour le « Vivant »).

(4) Essentiellement les formes synthétiques et les systèmes d’intelligence (les intelligences artificielles entre autres exemples…)

 

Troisième élément : la société humaine est également le premier système capable de prendre en compte les « aspirations » des formes. En effet, pour la première fois dans l’histoire du monde, un système est en mesure de prendre en considération, sur le plan collectif, le confort, la satisfaction et le bien-être des formes(1). En premier lieu (il est vrai), le confort et le bien-être des formes humaines (induits, en grande partie, par l’anthropocentrisme(2)) mais également le confort et le bien-être de formes non humaines… comme l’illustrent les valeurs d’égalité et de respect instaurées dans certaines sociétés (avec la prise en considération — et la prise en charge — des individus les plus vulnérables ou le droit des minorités) et leur élargissement progressif à d’autres formes (avec le droit des animaux et le respect de l’environnement par exemple).

(1) Grâce à un degré de compréhension de l’Existant et de l’existence de moins en moins élémentaire et au développement progressif de la pré-conscience (vers la Conscience).

(2) Extension de l’égocentrisme…

 

Ces éléments sont loin d’être anodins… ils constituent même un évènement (absolument) déterminant… et peuvent être considérés (à bien des égards) comme les signes annonciateurs d’une formidable révolution dans l’histoire terrestre…

 

 

Quelques informations générales

Notons, en premier lieu, que l’organisation et l’évolution d’une société peuvent différer selon les besoins, les types de réponses et les orientations qu’elle privilégie. Néanmoins, au regard de l’universalité des besoins humains (et des réponses à ces besoins), toutes les sociétés tendent plus ou moins à se ressembler…

 

Notons également que la société humaine (que l’on pourrait définir comme une structure organisationnelle et activitoriale) fonctionne (en général) selon une logique propre (en grande partie) induite par son mode d’organisation. Elle a ainsi tendance à devenir, au fil de sa complexification, une entité à part entière qui crée, elle-même, des besoins et des fonctions pour assurer son fonctionnement (et son évolution). Ainsi, elle se transforme et devient (très souvent) de plus en plus vaste (voire, parfois même, tentaculaire et omnipotente) avec des conséquences de plus en plus nombreuses et substantielles sur l’ensemble des plans et des formes existantes (Hommes, animaux, végétaux, environnement…). A ce titre, la société peut connaître, par exemple, de nombreuses extensions et ramifications et être « contrainte » de créer des sphères et des systèmes destinés à gérer des liens et des rapports qui n’existaient pas à ses origines : relations avec des instances et des organismes supranationaux ou entre des individus et des institutions étatiques par exemple*...

* La liste est longue et les domaines très variés, nous ne nous étendrons donc pas…

 

Notons également que tout société crée (à son insu) une sorte de « force d’inertie(1) » (et en devient, par la suite, tributaire)… inertie qui s’accroît à mesure de sa complexification et de son expansion (avec l’intégration d’un nombre toujours plus élevé d’individus) et qui peut la rendre (assez vite) « monstrueuse » avec sa propension (naturelle) à investir (voire à envahir) tous les domaines et toutes les sphères de la vie, toujours plus « avide et exigeante » à l’égard des individus qu’elle soumet à ses lois, règles et codes à seules fins parfois de perdurer et de se développer… Ainsi, au lieu de « servir » ses membres — ce pour quoi elle a été originellement créée — il arrive qu’elle les « asservisse » et les « instrumentalise » avec une force et une violence à peine voilées, créant ainsi des mouvements alternatifs de résistance (composés essentiellement d’individus qui refusent l’omnipotence collective et/ou étatique) ou d'individus et de communautés qui aspirent à vivre hors du système (les « off the grid » d’aujourd’hui — les « hors réseaux(2) »).

(1) En partie liée à la relative fixité des représentations mentales individuelles et à la fois inhérente à tout regroupement (ou collectif) d’individus…

(2) Individus et/ou communautés qui vivent en autarcie sans avoir recours aux réseaux électrique, gazeux ou hydrique...

 

Comme nous l’avons déjà évoqué, la société humaine génère des lois, des règles et des codes dans tous les domaines. Et les individus créent, dans le cadre édicté par ce système, des usages et des manières d’être (codes relationnels implicites) tels que, par exemple, des formules d’approche, des façons de se saluer, de communiquer, de se comporter, de nouer des liens…

 

La société (qui doit, ne l’oublions pas, son origine au psychisme) se construit à partir des désirs et des représentations mentales. Et les règles, lois, codes et conventions qu’elle met en œuvre dans tous les domaines sont les reflets de ces représentations mentales* (c’est-à-dire une représentation et une interprétation du « réel ») qui font partout autorité et prennent très souvent le pas sur « le réel » (en « évinçant », en quelque sorte, les « lois naturelles » qui deviennent alors secondaires...).

* Noyau central du psychisme. Les lois, les règles et les conventions légales et informelles sont, en effet, le reflet des représentations mentales les plus répandues chez les individus.

 

Notons enfin qu’au vu du fonctionnement psychique (et de la relative diversité du psychisme), les contenus et les évolutions de la société humaine (mais également tous les domaines investis sur le plan représentatif intellectuel et le plan réalisationnel actif) s’orientent selon trois grands types de mouvements* qui leur impulsent des directions différentes :

* Mouvements principaux que nous avons abordés dans les paragraphes consacrés aux grands types psychiques.

 

- le mouvement majoritaire (suivi par l’immense majorité des individus) qui donne la direction principale et forme (en général) le modèle sociétal majoritaire ;

 

- des mouvements de résistance de type conservateur (qui refusent globalement le changement, l’ouverture et la prise de risque…) ;

 

- et des mouvements alternatifs soit de type « marginal décalé(1) », soit de type progressiste et/ou visionnaire(2) dont les orientations (lorsqu’elles s’avèrent justes et s’inscrivent dans le « cours naturel des choses et de l’évolution »…) finissent (assez souvent) par être suivies par le mouvement majoritaire.

(1) Décalé par rapport à « la norme »…

(2) Souvent « en avance » sur leur époque…

 

 

Synthèse de la société humaine

En dépit de sa complexité, nous pourrions résumer la société humaine ainsi :

 

- la société est le reflet collectif et organisé du psychisme (essentiellement des besoins, des désirs et des représentations mentales des individus) ;

 

- elle a en charge d’organiser les réponses (du plan réalisationnel actif) et les représentations de l’Existant — et éventuellement de l’existence (du plan représentatif intellectuel) en système généralisé et transmissible ;

 

- et elle a enfin en charge d’organiser et de gérer les difficultés et les problèmes engendrés par le regroupement des individus (et sa croissance incessante), essentiellement en matière de relations interindividuelles (et, éventuellement, en matière de relations avec les autres formes) et en matière de répercussions du surnombre sur les autres plans (destructions, dégradations, pollutions…) et leurs conséquences sur l’existence humaine afin de créer « un vivre ensemble » aussi harmonieux que possible.

 

 

L’organisation sociétale générale

Toutes les thématiques abordées dans cette rubrique correspondent aux actions et réalisations humaines collectives nécessaires pour organiser la société sur le plan politique (organisation de la gouvernance et des interventions publiques), sur le plan de l’ordre et de la sécurité intérieure (organisation policière et judiciaire), sur le plan économique (organisation de la production, du travail, de la monnaie, des échanges économiques et de la consommation des individus) et sur le plan des relations extérieures (organisation de l’armée et des instances de relations avec le « reste du monde ») ainsi que leurs conséquences sur l’organisation des territoires.

 

Il semble assez difficile (et périlleux) d’apprécier la nature qualitative d’une société, d’un Etat et des interventions publiques. Nous pourrions néanmoins nous y essayer soit en étudiant la nature de leurs quatre grands systèmes organisationnels (politique, judiciaire, économique et relations avec l’extérieur), soit en les évaluant en fonction de quelques indicateurs principaux (dont la valeur et la justesse pourraient être discutées…) et qu’il serait (éventuellement) possible de remplir « à la louche » :

 

- le type d’organisation politique (et de mode de gouvernance) – démocratique, dictatoriale, autocratique, théocratique…) ;

 

- le « degré démocratique » (essentiellement élections libres et multipartites des représentants du peuple, séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, liberté de la presse, respect des droits de l’Homme…) ;

 

- l’organisation judiciaire, son indépendance à l’égard du pouvoir politique et le degré de droit et de « liberté individuelle » qualitative et quantitative octroyé aux individus ;

 

- le degré de corruption publique (administrations et fonctionnaires) ;

 

- le degré de violence et de répressions policières ;

 

- le degré de sécurité entre les individus « instauré » par la puissance publique ;

 

- le degré de liberté d’expression et de liberté de la presse (considérée — comme nous l’avons déjà dit – comme le quatrième pouvoir mais qui est, en réalité, un « contre-pouvoir » chargé d’informer (avec un plus ou moins grand souci d’objectivité) les populations sur (entre autres domaines) le fonctionnement sociétal et politique) ;

 

- le degré d’intervention étatique dans « la sphère individuelle » (nombre de domaines « régulés » et/ou « encadrés » par la puissance publique, nombre de lois et de règlements par domaine ou secteur) ;

 

- le degré « d’assistance » qualitatif et quantitatif de la puissance publique à l’égard des individus inaptes provisoirement et/ou définitivement à participer au fonctionnement de la société ;

 

- le degré d’équité et d’égalité de traitement de la puissance publique à l’égard des individus (essentiellement en matière de droit et de justice mais également en matière d’administration et de service public) ;

 

- le degré d’accompagnement étatique dans « l’épanouissement personnel » des individus ;

 

- le degré d’intervention étatique en matière de correction des disparités concernant les besoins élémentaires (essentiellement le revenu, l’alimentation, la santé, le logement et l’éducation) ;

 

- les niveaux de vie et « d'instruction » de la population ;

 

- le degré de « bonheur » ressenti par les individus ;

 

- le degré « d’ouverture » de la société au reste du monde ;

 

- la nature des relations extérieures de la société ;

 

- le degré de sensibilité « réelle » de la société (et des individus) à l’égard des animaux ;

 

- le degré « d’intérêt actif » de la société (et de ses membres) porté à l’environnement (au sens large).

 

- etc etc.

 

Ces paramètres pourraient laisser croire à la favorisation, plus ou moins explicite, d’une idéologie mais ils semblent, en réalité, correspondre à la fois aux désirs et aux aspirations de tous les individus et à ce qui apparaît comme l’évolution « naturelle » de toute société et de toute collectivité…

 

Notons également que certains paramètres cités ci-dessus et certains domaines d’intervention étatique semblent particulièrement antinomiques et sont (et seront plus encore à l’avenir) amenés à se confronter (voire même à se heurter) en atteignant une sorte de « seuil infranchissable » au-delà duquel la société sera contrainte de choisir (ou de privilégier) une orientation au détriment d’une autre et/ou d'opérer une transformation radicale de son organisation... La sécurité des citoyens et les libertés « individuelles » sont, à ce titre, un merveilleux exemple. Un Etat (et l’histoire l’a montré) peut à la fois assurer la sécurité des individus et respecter (plus ou moins) leur liberté individuelle en ménageant « la chèvre et le chou » mais tant que les individus manifesteront des comportements délétères à l’égard de leurs congénères et des autres formes de l’Existant, la sécurité de chacun nécessitera le contrôle et la surveillance de tous et la protection et la surveillance des domaines « publics » et collectifs, empiétant ainsi largement sur la sphère individuelle. A un certain stade (à l’approche du « seuil infranchissable* » que nous évoquions), si les individus aspirent à davantage de sécurité, il conviendra qu’ils acceptent « plus de règles et de surveillance » (et donc, de voir rognée une partie de leur liberté). Et si les individus aspirent à davantage de liberté, ils devront se résoudre à une diminution du nombre de règles et à une baisse de la surveillance (et donc, à moins de sécurité)...

* Si les comportements humains n’évoluent pas...

 

Notons, à ce titre, que l’Etat (en particulier dans les sociétés démocratiques) est contraint à une permanente recherche d’équilibre (équilibre précaire et fragile) entre le « vivre ensemble » (acceptable par le plus grand nombre) et la liberté et « l’épanouissement » personnels de chaque citoyen… vaste et complexe débat éthique et philosophique très fréquemment évoqué aujourd’hui en matière de laïcité, d’euthanasie, de procréation, de liberté d’expression, de circulation, d’implantation, de droit tabagique etc etc (les domaines ne manquent pas !) avec une règle quelque peu basique mais néanmoins indispensable tant que le comportement des individus sera animé par le besoin d’accaparement, la favorisation personnelle et l’irrespect (ou le respect apparent et superficiel) : la liberté des individus s’arrête où commence celle des autres(1)… Règle tacite (et formule, semble-t-il, attribuée à Stuart Mill), qui, de façon quasi systématique (à défaut d’être gravée dans « le cœur des Hommes ») a besoin d’être gravée dans le marbre constitutionnel qui fait office de « Tables de la Loi » républicaine et démocratique, avec les excès que nous connaissons aujourd’hui (et sans compter les écueils des sociétés d’autrefois) en matière de recherche (disons-le, naturelle et légitime, mais complètement saugrenue et absurde(2)) de risque « zéro »... Ainsi, à force de vouloir protéger les individus (d’eux-mêmes et des autres), l’Etat s’immisce parfois, de façon outrancière, dans la sphère personnelle(3).

(1) Et son corollaire d’éthique populaire et/ou religieuse (autrement appelé éthique de la réciprocité) : ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’ils te fassent

(2) Au regard des comportements humains contemporains (entre autres éléments)…

(3) La cigarette est, à ce titre, un très bon exemple. Plébiscitée autrefois, icône hier de la nonchalance, de la virilité ou de la modernité, l’Etat a longtemps fermé les yeux devant « l’écran de fumée tabagique » (poussant parfois le zèle à créer des entreprises publiques pour produire du tabac et des cigarettes) puis, au regard des risques sanitaires (et des coûts induits par les pathologies dont elle semble être la cause, essentiellement différents types de cancer des voies respiratoires), on l’a bannie à grands renforts de propagande anti-tabac, on a multiplié de façon drastique le prix des paquets, on l’a interdit ici et là… bref, on a désincité fortement son usage à coups de forceps et de burin dans les crânes (à coups de lobbying et avec une certaine hypocrisie — pourquoi, en effet, interdire la cigarette et autoriser l’alcool, responsable, semble-t-il, de « victimes » bien plus nombreuses ? Sans compter les double (triple, quadruple… ?) discours… aucun Etat, en effet, n’admettrait officiellement que le tabac, à certains égards, est « une aubaine » qui permet de réduire les dépenses d’assurance vieillesse avec le nombre de personnes qui décèdent d’un cancer… machiavélisme et propagande… quand vous nous tenez…)… bref… exit donc la cigarette…

 

L’autre (et, sans doute, principal) critère de choix étatique et la raison (le plus souvent) invoquée pour légitimer ses interventions sont l’aspect pécuniaire. Puisque l’Etat (donc les contribuables) finance (de moins en moins, il est vrai…) et supporte les coûts engendrés par certains comportements, il s’octroie — de façon légitime ou non — le droit, outre de donner son opinion, d’orienter substantiellement les dits comportements à coup d’incitation, de réglementation et d’interdiction etc etc. Phénomènes qui rognent toujours davantage la « liberté » des individus qui se voient (parfois) déposséder des libertés les plus élémentaires et qui ne peuvent (presque) plus faire le moindre geste sans un certificat, une attestation officielle ou une autorisation administrative…

 

Notons que l’organisation judiciaire (et son impartialité), le droit et la justice révèlent, à bien des égards, la façon dont les sociétés considèrent leurs membres. Et ils demeurent toujours aujourd’hui les éléments centraux de toute communauté tant leurs répercussions sont nombreuses et profondes sur les individus (et l’ensemble des sphères de l’existence). Ainsi, la part de liberté qu’une collectivité octroie à ses citoyens comme le sort qu’elle réserve aux individus arrêtés et/ou jugés coupables d’infractions(1) par son système policier et judiciaire et/ou à ses membres jugés « dangereux(2) » pour la collectivité, mais également la diversité (plus ou moins grande) de son arsenal de sanctions pénales et les conditions d’incarcération(3) des individus (qu’elle est amenée à condamner) constituent sa « carte d’identité » et dévoilent, outre l’un de ses plus importants rouages, la nature profonde et fondamentale de son fonctionnement et (très souvent) son « idéologie philosophique » en matière d’humanité…

(1) Crimes et délits.

(2) Parfois « inaptes » à intégrer « le vivre ensemble »… iréinsérables diraient certains…

(3) Et toujours de nos jours, la peine de mort dans de nombreuses contrées du monde…

 

 

Aparté sur les « instruments » individuels et collectifs de la « cohésion sociale »

 

Faisons, ici, un bref (mais, sans doute, instructif) aparté sur les moyens principaux que les sociétés et les Hommes disposent, ont mis et continuent de mettre en œuvre pour essayer (tant bien que mal) de créer un « vivre ensemble » (à peu près) acceptable :

 

- des mesures coercitives(1) (imposer par la force et la domination avec des sanctions en cas de transgression) ;

 

- le dialogue et l’entente (avec, a priori, des compromis et/ou des négociations) possibles dans les petits groupes et avec des individus dotés d’une cognition suffisante et/ou d’un « bagage éducatif » minimal… et au sein de structures de nature plutôt démocratique ;

 

- des mesures réglementaires(1) (« le bâton » — lois et règles qui interdisent ou restreignent l’expression ou la manifestation de certains comportements) ;

 

- des mesures incitatives(1) (« la carotte » qui invite fortement à se plier à certains comportements jugés moins préjudiciables ou délétères, en particulier, l’incitation financière à laquelle les Hommes sont « si sensibles »…) ;

(1) Ces mesures sont superficielles, elles inhibent simplement ou modifient de façon apparente les comportements initiaux et naturels.

 

- l’éducation par « la raison(2) » (l’apprentissage, plus ou moins « éclairé », des règles, de leurs fondements et de leur « bien-fondé »)… ;

(2) Voie médiane qui atteint rapidement ses limites : les individus, en effet, ont beau savoir et comprendre (intellectuellement) la « nocivité » de certains comportements, ils peuvent néanmoins s’y livrer (ou s’y soumettre) : violence, agression etc etc.

 

Lorsque ces orientations sont insuffisantes à l’intégration (certes superficielle) mais effective de certains comportements et qu’ils continuent à se manifester — de façon violente et irrespectueuse (selon les valeurs et les normes en vigueur dans la communauté ou la société), les individus et la collectivité ont recours à :

 

- l’exclusion temporaire (la prison par exemple) ou définitive (la relégation ou la mort) ;

 

Et il ne saurait tarder (avec la persistance manifeste du caractère conflictuel (voire violent) et fort préjudiciable des comportements humains) qu’une septième orientation apparaisse(3) (lorsque les orientations précédentes sont sans effet ou impossibles à mettre en œuvre) :

 

- la transformation des comportements par la génétique, le « synthétique » et la chimie.

(3) Cette orientation est déjà parfois utilisée aujourd’hui (avec la chimie) dans certaines régions du monde pour certains types de délinquant sexuel.

 

Il existe enfin une huitième orientation (peu « utilisée » jusqu’à présent mais qui le sera sûrement, très substantiellement, avec l’avènement progressif de la Conscience* chez les humains, trans-humains et/ou post-humains) :

 

- l’intégration profonde de la compréhension (de la « nature véritable » des êtres et des formes) à l’Être (avec souvent un cheminement et une pratique spirituels), mesure essentielle qui nécessite néanmoins des conditions « exigeantes » : un besoin substantiel de compréhension, des capacités cognitives suffisantes pour comprendre et intégrer profondément cette compréhension et une sensibilité profonde qui puisse amener à l’Amour et au sentiment d’Unité… ;

* Cette thématique sera amplement abordée dans les paragraphes consacrés aux sociétés de moyen et long termes.

 

Fin de l’aparté. Revenons à nos moutons* (de Panurge) publics…

* Cette formulation sous-entend que tous les citoyens appartiennent au troupeau… Est-ce exact ? Non ! Fort heureusement, subsistent toujours, ici et là, quelques brebis « égarées » et quelques brebis « galeuses » qui ne « bêlent » pas de concert avec le gros du cheptel…

 

 

Extension de l’aparté

Il convient, semble-t-il, de souligner (et d’insister encore et toujours sur) cet aspect des comportements humains... En effet, tant que les Hommes seront gouvernés par le psychisme et manifesteront des comportements égotiques, agressifs ou « instrumentalisants » (nous avons déjà très largement abordé cette thématique)… tant que l’espace de Conscience ne sera pas davantage et plus largement « habité »… tant que les Hommes n’auront pas profondément intégré une compréhension sensible et vivante de Ce qu’ils sont et de ce qu’est l’Existant… tant qu’un sentiment d’Amour et un degré de sensibilité minimal ne seront pas intérieurement « assimilés » pour « graver dans les cœurs » une loi d’Amour et de bienveillance naturels, le droit et le système judiciaire (impartial) demeureront les meilleures garants (malgré leurs imperfections, leurs faiblesses et leurs dysfonctionnements) pour assurer aux individus et à la société le meilleur « vivre ensemble » possible…

 

 

Extension de l’extension…

… et ceux qui prétendraient que les sociétés autocratiques éclairées(1) ou que les sociétés théocratiques « libérales(2) », qui pourraient imposer leurs « directives » et leurs orientations de façon verticale(3), seraient des systèmes d’organisation collective plus appropriés qui assureraient une forme d’harmonie collective et offriraient aux individus un « escalier » vers le Ciel ou vers plus « d’intelligence » oublient que la compréhension et la spiritualité ne peuvent être imposées (du « haut » ni de « l’extérieur ») et qu’elles doivent suivre, sur le plan individuel comme sur le plan collectif, un processus naturel et (en général) une lente maturation… processus naturel et maturation qui semblent, chez les êtres humains, devoir se réaliser en plusieurs étapes… Et la première consiste (en général) à essayer d’être « libre » sur le plan phénoménal et à essayer de satisfaire tous ses désirs, étape incontournable pour comprendre que cette orientation est inapte à « faire vivre » la Paix, la Joie, l’Amour et la Plénitude…

(1) Gouvernées par quelques philosophes et/ou quelques scientifiques...

(2) Gouvernées par quelques « sages » patentés...

(3) Du « haut » (représenté par quelques élites et « têtes bien pensantes ») vers « le bas » (le peuple)...

 

Cette étape franchie, vient le temps où l’on se tourne naturellement vers l’intériorité et les choses de l’esprit… Si l’on contraint les individus à « se pencher » directement (et trop précocement) sur ces deux aspects fondamentaux (l’intériorité et l’esprit), subsisteront, en eux, une aspiration latente (enfouie, inhibée ou « ligotée ») éminemment puissante (car non réalisée) à voir leurs désirs « se réaliser » sur les plans matériel et mondain… bref, des rêves et des désirs qui, tôt ou tard, rejailliront pour s’exprimer et essayer de se matérialiser*…

* A ce titre, l’Inde semble une parfaite illustration. En effet, elle qui s’est très tôt, et très massivement, inscrite dans une forme de religiosité et/ou de spiritualité n’a pu, au fil des siècles, résister aux sirènes du progrès, du confort et du matérialisme et a vu sa population abandonner — progressivement et en grande partie — sa « dimension spirituelle » (en particulier avec l’explosion des classes moyennes urbaines)…

 

Il semble donc plus sage, sur le plan collectif comme sur le plan individuel, de laisser le processus se réaliser naturellement et à son rythme… et en la matière (que l’on n’y souscrive ou non), l’organisation sociétale démocratique (comme, à bien des égards, le modèle capitaliste, productiviste, consumériste et individualiste actuel) semble constituer une étape nécessaire et incontournable dans l’évolution de l’humanité et la lente maturation « naturelle » de son développement (vers une Conscience « plus large »)… – fin de l'extension.

 

 

En matière d’organisation économique, il est très difficile d’apprécier la justesse, la pertinence et l’efficience d’un système par rapport à un autre. Il semble évident (comme nous l’avons dit à plusieurs reprises) que le libéralisme économique semble le reflet le plus fidèle du psychisme. Cette constatation ne constitue pas (pour autant) un argument suffisant pour lui octroyer le rang de modèle de référence (même s’il semble devenir prédominant à l’échelle planétaire) dans la mesure où le capitalisme semble inapte à éradiquer les disparités en matière de richesse. Au contraire, il semble plutôt les exacerber…

 

Certes, il enjoint à chaque individu de donner « le meilleur de lui-même(1) » pour répondre de façon toujours plus « satisfaisante » à ses besoins et à ses désirs et d’aucuns évoquent « la main invisible(2) » comme le garant d’une prospérité individuelle et collective mais les faits l’attestent avec force, l’organisation économique libérale, si elle n’est pas canalisée, régulée, encadrée et « corrigée » par l’Etat, conduit à créer une « jungle » économique et sociale sauvage et violente qui plonge les individus dans une perpétuelle atmosphère de conflit, d’oppression et de menace (où les « plus forts » et les « plus puissants » écrasent et anéantissent les « plus faibles » et les « plus démunis ») et qui constitue l’exact reflet, dans la sphère économique, de ce qu’est la chaîne alimentaire sur le plan organique… médiocre et dérisoire progrès (nous y reviendrons…).

(1) En réalité, les individus semblent davantage « se battre » que donner « le meilleur d’eux-mêmes »…

(2) « La main invisible » est une expression d’Adam Smith qui évoque l'idée suivante : les actions guidées par l'intérêt personnel de chacun contribuent à la richesse et au bien-être de tous.

 

Quant aux relations extérieures, leur nature révèle, à bien des égards, la façon dont une société considère l’Autre et « l’Etranger »… Guerres, conquêtes, appropriations territoriales, assujettissements des peuples « dominés », accueil des migrants… Le contexte international, au fil de l’histoire, a connu de considérables et très nombreux changements et les sociétés et leur diplomatie se sont (en général) montrées prudentes, nouant des alliances au gré des vents tournants et dominants… tentant bien souvent de ménager, elles aussi, « la chèvre et le chou » en multipliant (là aussi) les double, triple, quadruple discours pour faire « bonne figure » et essayer de progresser dans la hiérarchie mondiale, toujours en vigueur aujourd’hui, où la puissance militaire et économique d’une société demeure un atout majeur pour s’octroyer une voix prépondérante, un « droit de regard » et (souvent même) un « droit d’ingérence » (quasi indiscuté) dans l’organisation et la marche du monde…

 

 

L’organisation politique et judiciaire (modes de gouvernance, interventions étatiques et fonctions régaliennes « intérieures »)

 

Généralités

Comme nous l’avons évoqué, le système de gouvernance et ses structures d’autorité décisionnelle prennent les décisions qui engagent l’ensemble de la société. Ils les mettent en œuvre et organisent leur réalisation. Ils décident des lois et des règles qui régissent l’organisation générale de la société et mettent en place un système judiciaire (au sens large) chargé de les appliquer.

 

 

Bref aperçu historique

 

Premières sociétés humaines

Organisation politique (et mode de gouvernance) : « autorité naturelle » d’un et/ou de plusieurs individu(s) institué(s) « chef(s) » de clan(s) ;

Organisation judiciaire (et policière) : « règles » et sanctions laissées à « l’appréciation » et à « la clairvoyance » du ou des chef(s) de clan(s) et/ou à la « vindicte populaire ».

 

Sociétés primitives

Organisation politique (et mode de gouvernance) : « autorité naturelle » d’un et/ou de plusieurs individu(s) institué(s) « chef(s) » de clan(s) autoproclamé(s) ou institué(s) par la communauté ;

Organisation judiciaire (et policière) : « règles » et sanctions laissées à « l’appréciation » et à « la clairvoyance » du ou des chef(s) de clan(s) et/ou à la « vindicte populaire » ou instaurées par un « conseil communautaire » (plus ou moins démocratique ou autocratique).

 

Sociétés d’avant-hier (jusqu’au 18ème siècle)

Organisation politique (et mode de gouvernance) : autorité d’un et/ou de plusieurs individu(s) institué(s) selon les cas « seigneur(s) » ou « homme(s) d ‘Etat » autoproclamé(s) avec (bien souvent) une appropriation du pouvoir par la force (armée) et une collusion entre le pouvoir et le clergé (les représentants religieux) pour asseoir la « puissance divine » sur le plan terrestre ou institué(s) par le peuple* ;

Organisation judiciaire (et policière) : « règles » et sanctions, de nature plus ou moins violente, laissées à « l’appréciation » et à « la clairvoyance » du « seigneur » ou de « l’homme de loi » qui avait (le plus souvent) « toute autorité » pour juger les Hommes (représentant du pouvoir politique ou très lié à lui) et/ou à la « vindicte populaire ».

* Avec quelques cas rarissimes de régime de nature démocratique (nous pensons, en particulier(1), aux périodes dites de la « la Grèce » et de « la Rome » antiques)…

(1) Mais il existe sûrement d'autres exemples…

 

Sociétés d’hier (jusqu’au 20ème siècle)

Organisation politique (et mode de gouvernance) : séparation progressive du pouvoir exécutif (qui gouverne, décide et impulse les orientations), du pouvoir législatif (qui vote les lois) et du pouvoir judiciaire (qui fait appliquer les lois). Et généralisation des élections des représentants du peuple et du multipartisme (de la « mascarade propagandiste » dans les pays autocratiques ou despotiques aux élections démocratiques dans les sociétés démocratiques selon différents, et plus ou moins appropriés, modes de scrutin) ;

Organisation judiciaire (et policière) : création et généralisation de différents codes (civil, pénal, administratif etc) pour instituer une généralisation du droit dans tous les secteurs et domaines de la société. Avec une – plus ou moins grande – indépendance des forces de l’ordre (police), du système judiciaire et des juges à l’égard du pouvoir exécutif et la généralisation des droits de la défense (pour les individus arrêtés et jugés qui peuvent être « défendus » par un avocat). Sophistication et complexification du système judiciaire (forces de police spécialisées, magistrats, juges d’instruction, parquet, tribunaux, diversification des peines et émergence d’une forme de « clémence pénale* »…).

* « Clémence » (relative) au regard du caractère (bien souvent) inique et expéditif des sanctions passées…

 

Sociétés d’aujourd’hui

Organisation politique (et mode de gouvernance) : le modèle démocratique tend à devenir le modèle dominant. Et montre simultanément ses écueils, ses dérives et ses dysfonctionnements (entre autres, la grossièreté des règles de représentativité, les « carrières politiques », les promesses électorales non tenues, « l’appropriation du pouvoir » par un grand nombre d’hommes politiques, les collusions et autres « magouilles » avec le monde économique, le désintérêt du peuple à la fois lassé et outré par les « affaires » ou la non viabilité des orientations instaurées par le pouvoir en place et leur « peu d’effets » sur la vie quotidienne des citoyens, la vision « court-termiste » et électoraliste des politiciens etc etc)

Organisation judiciaire (et policière) : inflation galopante des lois, des décrets et des arrêtés de toutes sortes pour « protéger » les citoyens (en leur imposant, en même temps, une foultitude d’obligations en tous genres…) et une forme de judiciarisation de la société (les individus intentent des procès pour un « oui » et pour un « non »…). Les sanctions pénales montrent également leurs limites et leur incapacité à maintenir « un vivre ensemble » harmonieux.

 

 

Trend historique (subjectif* à grandes enjambées)

Bien qu’il conviendrait de faire une distinction entre les différents types de sociétés au fil de l’histoire humaine (toutes les sociétés n’ont pas connu une telle évolution), nous pouvons dire que l’organisation politique et judiciaire a globalement évolué ainsi.

* Voir le trend historique de la rubrique « alimentation ».

 

Dispositif – structures

Comme nous l’avons déjà écrit à plusieurs reprises, tout regroupement d’individus nécessite une organisation générale, une ou des instance(s) de gouvernance et des systèmes organisationnels pour rendre « le vivre ensemble » viable et opérationnel. Le dessein initial de toute communauté était (sans doute) de « mieux vivre », mieux vivre ensemble plutôt que vivre de façon isolée et/ou en autarcie (avec ses lourdes charges de « travail » pour « s’assurer le gîte et le couvert » et son lot de peurs liées à l’isolement…).

 

Notons néanmoins qu’à toutes les époques, certains individus ont toujours aspiré à échapper au système communautaire ou sociétal et à toute affiliation et/ou à toute subordination à la collectivité. Ces individus ont toujours représenté une ultra minorité… Et l’essentiel des Hommes a toujours été enclin à vivre « en société » (ou de façon regroupée) en bénéficiant du « confort » et de la (relative) sécurité offerts par le regroupement…

 

Mais il est peu dire que ces très nombreuses agglomérations d’individus (au sens littéral*) qui ont peu à peu transformé les communautés en bourgades, puis en villes, puis en zones urbaines, puis parfois en gigantesques mégalopoles n’ont pas été sans créer de nombreuses et profondes difficultés dans la très grande majorité des domaines de l’existence (sinon dans tous), obligeant les autorités de gouvernance à instituer quantité de règles et de lois pour assurer un « vivre ensemble » plus ou moins acceptable (et accepté par le plus grand nombre).

* Sens littéral qui a, sans doute, préfiguré son sens abstrait ou élargi (par procédé vaguement métonymique)…

 

Notons aussi que pendant une très longue période, le « pouvoir en place » et les autorités de gouvernance (plus ou moins autoproclamées(1), plus ou moins légitimes) ont souvent manifesté des comportements de domination(1) (et, parfois même, de « pure » exploitation(2))... Au fil des siècles, cette domination écrasante et cet accaparement du pouvoir ont soulevé parmi les peuples un désir puissant de libération et une profonde aspiration à la liberté qui les ont poussés à détruire et à balayer, avec plus ou moins de violence (et parfois à coups de révolutions sanglantes), les assises de ce pouvoir, souvent, inique et outrancier (qui appuyait habituellement sa légitimité par la force et/ou en se « présentant » comme l’émissaire terrestre de « l’ordre divin »…) pour tenter de construire ensemble un « destin collectif » dont ils seraient les initiateurs, les fondateurs, les bénéficiaires et les gestionnaires… en dépit de ces « nobles » aspirations, les difficultés dans tous les domaines sont très vite réapparues (en vérité, elles n’ont pas disparu… on les avait simplement « oubliées »…) car les caractéristiques psychiques des individus et les comportements d’appropriation et de favorisation de l’intérêt personnel n’avaient pas bougé d’un iota… et l’avènement démocratique (sans doute, pour l’heure, le moins pire des systèmes d’organisation des communautés humaines) n’a pas failli à la règle.

(1) Oligarchies et dictatures militaires entre autres exemples…

(2) Les esclaves et leur(s) « propriétaire(s) », les serfs et leur(s) seigneur(s) et d’autres aménités du même tonneau…

 

Notons que d’autres sociétés ont opté pour une organisation sociétale collectiviste en imposant un égalitarisme* qui n’a pas tardé (après quelques longues décennies) à montrer ses limites avec son lot d’excès, d’exactions, d’arrestations arbitraires et de purges sanglantes et meurtrières en appuyant son illégitime légitimité sur le peuple…

* Belle idée qui s’est heurtée, assez rapidement, aux limites imposées par les caractéristiques psychiques des individus, toujours enclins à la favorisation de l’intérêt personnel et toujours prompts à instrumentaliser « les autres » pour parvenir à leurs fins…

 

Quant aux autres sociétés, et de façon quasi généralisée, au fil des années et des siècles, les Etats se sont vus contraints d’investir, d’une façon toujours plus active et « autoritaire », tous les pans de l’existence humaine et de développer (avec l’incroyable complexification de la société et la croissance numéraire de ses membres) une fonction publique de plus en plus massive et tentaculaire... avec pour conséquences une forme de « rétrécissement » des libertés « individuelles » et le développement, de plus en plus manifeste, des « obligations » exigées à l’égard de tout citoyen… Ainsi a été (souvent) plus ou moins perdu ou « noyé » dans le fonctionnement étatique et les « obligations » imposées aux individus le dessein initial de toute société : le bien-être collectif et individuel… A ce propos, les Etats et les sociétés d’aujourd’hui, de demain et d’après-demain seront inévitablement confrontés à la question épineuse et brûlante de leur rôle, de leurs fonctions et des perspectives qu’ils offrent aux populations qu’ils sont censés gouverner et encadrer...

 

Répétons-le une nouvelle fois : tant que le psychisme demeurera un élément prépondérant chez les Hommes, les Etats et les sociétés devront prendre en considération et gérer (sans pouvoir offrir de solutions idoines) la très forte dimension conflictuelle des relations… ainsi, avec les assez extraordinaires progrès technologiques qui offrent à chacun (plus ou moins) la possibilité d’accroître, dans certains domaines, son espace de liberté (en particulier, aujourd’hui, en matière de communication et d’expression et demain, dans beaucoup d’autres domaines…), les risques d’atteinte à la liberté d’Autrui, les violences et les dérives de toutes sortes connaissent (et connaîtront) une incroyable envolée que les Etats sont (et seront) impuissants à contrôler et à régenter. Cette tendance (si les Hommes demeurent identiques à eux-mêmes…) pourrait être le socle d’une évolution sociétale désastreuse (pour les êtres humains et leurs descendants) et précipiter le monde vers des sociétés et des organisations sociétales hyper coercitives et hyper surveillées, foyers extrêmement propices à l’avènement d’un monde chaotique (nous aborderons cette thématique dans l’un des paragraphes consacré aux perspectives à venir).

 

Notons enfin (comme nous l’avons déjà évoqué) que l’organisation démocratique semble (en faisant fi de toute idéologie et en dépit, ici et là, de pugnaces contestations…) un modèle de gouvernance souhaité par le plus grand nombre. Elle semble, en effet, constituer le reflet le plus proche du psychisme (en particulier des désirs et des aspirations à la liberté) et a connu et connaît toujours, à travers le monde, un assez franc succès auprès d’un très grand nombre de peuples et d’individus… Et bien qu’elle demeure fort imparfaite (au vu de son obligation à gérer et à encadrer une population de plus en plus nombreuse et à « museler » en partie les débordements liés aux comportement délétères), elle s’est progressivement étendue (avec plus ou moins de heurts et de résistances) à un très grand nombre de sociétés et de nations. Il convient enfin d’ajouter qu’elle reste très largement perfectible (en bien des points)… et l’avenir verra sans doute l’émergence, le développement et la généralisation des transformations qui offriraient à ce modèle sociétal toutes ses lettres de noblesse… (nous aborderons cette thématique dans les paragraphes consacrés aux sociétés à moyen terme).

 

Demande – individus

Quant aux individus, après avoir baissé la tête pour arracher à la terre une maigre pitance, après avoir baissé la tête devant le fouet du seigneur ou du propriétaire, après avoir baissé la tête devant le patron et le contremaître, ils ont levé les yeux un instant pour « sentir et goûter la liberté » et les ont très vite rebaissés* devant le poids toujours plus écrasant et omnipotent de l’Etat et de la puissance publique… Bref, en dépit des « belles » aspirations des premières sociétés et du vent de liberté démocratique qui a soufflé sur de nombreuses têtes, les individus en sont toujours réduits à obéir, à suivre les règles et les injonctions qu’on leur impose et à trimer, les yeux baissés ou fermés, bien heureux déjà (les malheureux !) qu’on leur donne du pain en échange de leur labeur et qu’on leur offre des jeux pour qu’ils oublient et ne se révoltent pas (pas trop) de l’infâme statut et de « l’ignoble fonction » auxquels on les assigne…

* Sans compter, bien sûr, l’asservissement à peine déguisé du monde du travail qui les a toujours plus ou moins contraints à les baisser plus encore et qui, comble de l’ironie, leur a fait croire que le travail était source de libération(1) et pouvait leur assurer, outre une forme de dignité (voire de « noblesse »), une place « de choix » dans la société… pauvres Hommes aurions-nous envie de leur murmurer ou de leur crier à l’oreille…

(1) Avec le tristement célèbre « slogan » nazi « Arbeit macht frei » à l’entrée du camp d’extermination d’Auschwitz qui peut apparaître (à bien des égards) comme un atroce et funeste clin d’œil historique…

 

Mais disons-le sans frémir… la grande aspiration à la liberté est là (toujours là)… elle couve et bout sous cette chape de plomb (et de béton), sous ces tonnes de pelures, d’idéologies et de masques et bientôt, elle demandera à voir le jour… et sa naissance sera révolutionnaire… qu’elle vire à la démesure pulsionnelle, instinctive et sanguinaire ou qu’elle se réalise dans la joie, le silence et l’amour, l’avenir le dira…

 

 

Eléments pour une analyse évolutive*

* Voir les éléments pour une analyse évolutive de la rubrique « alimentation ».

 

Objectifs généraux

Assurer l’organisation du territoire et des relations humaines la plus efficiente possible pour permettre un « vivre ensemble » harmonieux et « l’épanouissement » personnel de chaque individu.

 

Les paramètres pris en considération de nos jours (début du 21ème siècle)

- la « tyrannie » des règles budgétaires pour les Etats, instaurée par le système financier institutionnel – banques centrales, organismes internationaux, FMI (% de la dette publique/PIB)

- la récurrence des crises économiques et financières

- le recul de l’Etat Providence (en matière d’assurances sociales – santé, vieillesse, maternité, chômage essentiellement – substitution progressive du système de répartition avec mutualisation des risques au profit d’un système de capitalisation où chacun cotise individuellement pour ses « propres » risques)

- la tendance à la généralisation de la « social-démocratie » dans les pays dits « développés »

- le taux élevé des prélèvements fiscaux (impôts) et des contributions sociales (cotisations) qui génère « la grogne » d’un bon nombre de citoyens toujours moins enclins à contribuer aux finances publiques et à participer au fonctionnement de la collectivité, jugé (à bien des égards) comme « vol ou spoliation institutionnalisé(e) »…

- la judiciarisation du monde (les individus et les « victimes » demandent réparation à l’Etat – ou aux représentants politiques – pour tout et n’importe quoi… une chute, par exemple, sur un trottoir mal pavé… qu’ils estiment relever de la responsabilité des élus…)

- la montée de la violence réelle ou ressentie dans les zones urbaines et le sentiment d’insécurité croissant (les Hommes aspirent de plus en plus à vivre dans un monde « sans risque »…)

- la « montée en flèche » de l’irrespect, des incivilités et des comportements « individualistes » où chacun fait « ce qu’il veut », exacerbée par les « nouvelles technologies » qui élargissent assez largement les champs d’action des atteintes à la personne…

- le regroupement de certaines nations qui aspirent à se constituer en vastes territoires

- la montée en puissance des organismes supra nationaux et de leurs pouvoirs sur les nations

 

Evolutions actuelles

- désengagement progressif de l’Etat dans ses fonctions de redistribution et de « réparation » financières (le Welfare state est remplacé progressivement par le Workfare…)

- les secteurs relevant plus ou moins traditionnellement du domaine public sont investis par le marché libéral (éducation, enseignement universitaire, santé, transports publics etc etc)

- forte expansion et généralisation de la vidéo surveillance dans tous les lieux publics

- développement des structures privées pour la protection des personnes et des biens

- engorgement et dysfonctionnements des secteurs administratifs

- diminution progressive du nombre de fonctionnaires et d’agents publics

 

Evolutions possibles et directions probables

- poursuite et élargissement du désinvestissement étatique dans la plupart des secteurs

- concentration des moyens financiers sur les fonctions régaliennes pour l’Etat central

- transfert des pouvoirs vers les collectivités locales et territoriales amenées (probablement) à devenir de plus en plus autonomes en matière de décision, d’orientation et de financement

- l’Etat (central) pourrait progressivement se cantonner, outre aux grandes fonctions régaliennes, à un rôle d’organisation et d’encadrement des collectivités locales et territoriales

 

Evolutions à très long terme

- l’Etat pourrait progressivement s’éteindre avec le regroupement des nations, la disparition progressive des frontières, le développement et la généralisation de la spiritualité (et donc la baisse des comportements délétères…)

- les structures de pouvoir pourraient s’internationaliser, institutions planétaires d’encadrement de moins en moins actives et nécessaires avec le développement des territoires locaux de plus en plus autonomes, de moins en moins en compétition, de plus en plus solidaires et enclins à la coopération.

- et peut-être enfin, la suppression de tout organisme d’encadrement, de contrôle et d’organisation lorsque tous les individus seront totalement autonomes, ouverts, respectueux et capables de vivre dans une harmonie naturelle perpétuelle... et/ou lorsque chaque individu sera apte et capable de se gouverner totalement et d’entretenir des rapports révérenciels avec l’ensemble de l’Existant*…

* Cette perspective, aujourd’hui, peut laisser songeur… mais qui n’a jamais rêvé d’une telle société ? Et qui sait qu’elle n’adviendra pas un jour (lointain sûrement)…?

 

Objectif idéal (implicite)

Eradication du besoin étatique lorsque les individus s’autogouverneront de façon naturelle, juste, respectueuse et intelligente avec un sentiment d’Unité permanent à l'égard de l’Existant…

 

 

Perspectives*

* Voir les perspectives de la rubrique « alimentation ».

 

Sociétés de demain

Organisation politique (et mode de gouvernance) : le modèle démocratique pourrait se généraliser et devenir le seul modèle viable et approprié (avec, bien sûr, quelques poches de résistance). Mais sur le plan national, les dysfonctionnements démocratiques se feront sans doute toujours plus « criants ». Emergence et développement « d’une décentralisation » démocratique. Les collectivités locales pourraient commencer à devenir des « territoires centraux » où s’exerceraient des règles démocratiques plus appropriées et plus transparentes. L’Etat central pourrait exercer de plus en plus un rôle fédérateur et d’encadrement du « bon fonctionnement » démocratique au sein des collectivités locales et pourrait renforcer ses pouvoirs régaliens. Les décisions et les orientations pourraient alors émaner toujours davantage des autorités supranationales (regroupements des nations en « zones territoriales » plus larges et pouvoir accru des organismes internationaux qui « dicteraient » leurs directives)

Organisation judiciaire (et policière) : poursuite de l’envolée inflationniste des lois, des décrets et des arrêtés dans tous les domaines de l’existence et tous les secteurs de la société. Renforcement de l’arsenal policier et judiciaire. Développement d’une société d’hyper surveillance et de contrôle.

 

Sociétés d’après demain

Organisation politique (et mode de gouvernance) : sur le plan local, les collectivités pourraient s’organiser de façon toujours plus autonome et deviendraient les principaux « lieux de vie » démocratiques. Les instances internationales pourraient devenir prépondérantes en matière d’orientation politique, économique, sociale et environnementale… le modèle démocratique continuerait de s’étendre sur l’essentiel des territoires. Les regroupements des nations se poursuivraient. L’organisation politique tendrait à devenir supranationale et mondiale. Les fonctions régaliennes de l’Etat central en matière coercitive pourraient atteindre leurs limites.

Organisation judiciaire (et policière) : poursuite de l’envolée inflationniste des lois, des décrets et des arrêtés dans tous les domaines de l’existence et tous les secteurs de la société à l’échelle nationale, supranationale et mondiale. Poursuite du renforcement de l’arsenal policier et judiciaire au niveau planétaire. Développement d’un monde d’hyper surveillance et de contrôle.

 

Sociétés à moyen terme

Organisation politique (et mode de gouvernance) : sur le plan local, généralisation progressive de l’autonomie des collectivités en matière d’organisation, de fonctionnement et d’orientation. Développement d’une organisation politique supranationale et mondiale. Harmonisation progressive des règles et des lois à l’échelle planétaire. La démocratie pourrait être quasiment omniprésente. Les grands « pôles territoriaux » tendraient à coopérer et à se réunir en conservant néanmoins leurs spécificités. La notion de « village planétaire » commencerait réellement à devenir une réalité.

Organisation judiciaire (et policière) : décroissance progressive des lois (excepté celles d’encadrement et d’organisation), de l’arsenal policier et judiciaire au niveau planétaire et de l’hyper surveillance.

 

Sociétés à long terme

Organisation politique (et mode de gouvernance) : sur le plan local, l’autonomie des collectivités pourrait laisser progressivement la place à l’autonomie des individus (qui « s’auto gouverneraient » avec de plus en plus de justesse, d’intelligence et de respect) jusqu’à l’éradication complète de tout besoin d’organisation. La gouvernance et l’encadrement devenus mondiaux apparaîtraient de moins en moins nécessaires (hormis peut-être, éventuellement, en matière de relations avec les formes non terrestres) et tendraient également à disparaître. Chaque individu deviendrait à lui seul « une société » et entretiendrait avec l’ensemble de l’Existant des liens respectueux et harmonieux.

Organisation judiciaire (et policière) : déclin progressif des lois et des systèmes policiers et judiciaires jusqu’à leur totale éradication. Chaque individu aura probablement totalement « intégré » les lois « naturelles » d’Amour et de Paix…

 

 

L’organisation économique (la production, les échanges, le travail, la monnaie, la distribution et la consommation)

 

Généralités

Comme nous l’avons déjà évoqué, toute société humaine instaure un système d’organisation de la production, de la distribution, de la monnaie, du travail, de la consommation et des échanges entre les individus.

 

 

Bref aperçu historique

 

Premières sociétés humaines

Organisation de la production : chasse (pêche), cueillette, organisation élémentaire du lieu de vie

Organisation de la consommation : consommation directe des produits de la chasse (ou de la pêche) et de la cueillette

Organisation des échanges économiques : éventuels échanges interindividuels

Les modes de paiement : inexistant

Organisation du travail : division naturelle des tâches intracommunautaires (sans doute) en fonction de la force physique et des « prédispositions naturelles » des individus

 

Sociétés primitives

Organisation de la production : essentiellement agricole et communautaire. Et quelques spécialités artisanales

Organisation de la consommation : les individus consomment ce qu’ils produisent et ce que « les voisins » produisent, et (éventuellement) sorte d’épicerie, marchés locaux plus ou moins spécialisés, foires d’envergure régionale et/ou « nationale » ponctuelles

Organisation des échanges économiques : pas ou peu d’échanges, avec le troc, puis la monnaie

Les modes de paiement : troc, coquillages, graines, pierres, pièces

Organisation du travail : travaux agricoles familiaux et/ou communautaires longs, pénibles et sans rémunération (les individus travaillent, participent à la production familiale ou communautaire pour « avoir le droit » de manger)

 

Sociétés d’avant-hier (jusqu’au 18ème siècle)

Organisation de la production : quasi complète séparation entre les activités de production et le travail et la consommation. Activités essentiellement agricoles et artisanales

Organisation de la consommation : magasins de détail, marchés locaux, foires d’envergure régionale et/ou nationale ponctuelles

Organisation des échanges économiques : essentiellement échanges intracommunautaires et avec les sociétés voisines. Et « échanges » entre les pays colonisateurs (« exploiteurs ») et les pays colonisés (« exploités »)

Les modes de paiement : argent, or, pièces, billets, lettres de change

Organisation du travail : travaux agricoles. Travail artisanal et prémices des tâches industrielles pénibles et à la chaîne

 

Sociétés d’hier (jusqu’au 20ème siècle)

Organisation de la production : multiplication des intermédiaires dans le processus de production de biens (avec toujours plus de valeur ajoutée). Et développement des grandes firmes multinationales

Organisation de la consommation : multiplication des intermédiaires (centrales d’achats, grossistes, magasins de détail, supermarchés, hypermarchés, centres commerciaux, grandes enseignes et chaînes de distribution). Emergence des AMAP (raccourcissement de la chaîne de distribution pour les produits bio : du producteur au consommateur). Et émergence de la disparition progressive des petits magasins (sauf dans certains secteurs)

Organisation des échanges économiques : mondialisation des échanges

Les modes de paiement : pièces, billets, chèques, cartes de crédit, émergence des paiements immatériels

Organisation du travail : travaux agricoles de plus en plus « mécanisés ». Généralisation du travail industriel pénible et à la chaîne. Et fort développement des services (prestations) avec la création de quantité de nouveaux emplois

 

Sociétés d’aujourd’hui

Organisation de la production : développement des grands groupes industriels. Fort développement des services et des prestations en particulier avec les grands groupes commerciaux et les grandes chaînes commerciales. Et développement des autoentrepreneurs

Organisation de la consommation : développement des énormes entreprises de stockage et des entreprises de vente à distance (internet) et de vente « clé en main » (hypermarché drive par exemple). Et développement des AMAP (raccourcissement de la chaîne de distribution pour les produits bio : du producteur au consommateur)

Organisation des échanges économiques : hyper mondialisation des échanges (dans certains secteurs notamment les biens manufacturés). Et essor des (nouveaux) échanges locaux (dans les autres secteurs)

Les modes de paiement : cartes de crédit, paiements immatériels

Organisation du travail : ère du « tout travail » et du workfare, l'emploi devient la condition obligatoire pour être « intégré au système » et obtenir un revenu nécessaire à la satisfaction des besoins

 

 

Trend historique (subjectif* à grandes enjambées)

Bien qu’il conviendrait de faire une distinction entre les différents types de sociétés au fil de l’histoire humaine (toutes les sociétés n’ont pas connu une telle évolution), nous pouvons dire que l’organisation économique a globalement évolué ainsi.

* Voir le trend historique de la rubrique « alimentation ».

 

Au début de l’humanité, les tâches humaines étaient éminemment simples et élémentaires : chasser (pêcher), cueillir, manger, survivre, se défendre et se protéger. A l’instar de la vie animale, l'existence humaine était rude. Rude mais simple. Puis, les Hommes se sont organisés, les « plus forts » (les hommes en général) se sont consacrés à la chasse et à la protection de la tribu ou de la communauté et les « moins forts » (les femmes en général) au foyer et à la préparation des « repas ». Voilà exposée, en une ligne élémentaire, la première division du travail dans le monde humain (et qui a, encore aujourd’hui, de très beaux restes…).

 

Avec la sédentarisation, les tâches et les activités humaines se sont développées et complexifiées. Elles demandaient parfois un apprentissage. Et les rôles se sont naturellement « distribués » selon les aptitudes, les capacités et les « compétences » des individus. L’artisanat a été créé, les tâches domestiques se sont multipliées, les enfants avaient besoin d’être élevés… les communautés se sont élargies, les bouches à nourrir sont devenues plus nombreuses, les découvertes et les inventions allèrent bon train, les échanges et le commerce ne purent se contenter du troc (trop élémentaire), les demandes devinrent plus exigeantes et l’Homme se retrouva « obligé » d’organiser cet « incroyable chantier » pour permettre une production en mesure de subvenir aux besoins de chaque individu et faciliter les échanges… ainsi sont nées la division du travail (au sens strict) et la monnaie… La production s’est organisée, le travail aussi (chacun à son poste, chacun tenant son rôle… ceux qui cultivaient, semaient et récoltaient, ceux qui transformaient les denrées en farine et/ou en repas « prêts à être ingurgités », ceux qui fabriquaient les outils, ceux qui lavaient le linge, ceux qui gardaient les troupeaux, ceux qui élevaient les enfants etc etc.).

 

Certaines communautés décidèrent de tout (ou presque) mettre en commun et de partager « les fruits » de leurs travaux. D’autres (la plupart) estimèrent que chacun devait récolter « les fruits » de son propre travail et, grâce à la monnaie, pouvoir s’offrir ce qu’il désirait ou lui manquait… la favorisation de l’intérêt personnel et l’avidité firent le reste…

 

L’accroissement des communautés, le développement toujours plus grand de la technique et du « progrès » (matériel), les désirs toujours plus exigeants des individus en matière de confort et de satisfaction, l’émergence progressive d’une autorité de gouvernance, puis de l’Etat achevèrent d’instituer un système de plus en plus complexe pour organiser (au mieux) la production (et donc l’offre de biens et de services) destinée à répondre à une demande toujours plus forte de « vivre mieux » et de façon plus aisée et plus confortable. On a ainsi assisté à la création de pléthore de nouvelles activités et d’une kyrielle de nouveaux secteurs qui ont permis la satisfaction de besoins toujours plus nombreux. La monnaie et l’argent sont devenus les pièces maîtresses de cette organisation. Des institutions financières et des banques ont été créées pour gérer les échanges économiques et financiers. Ainsi a été créé le système bancaire et monétaire… Et peu à peu, les individus se sont retrouvés à travailler contre un salaire. Ainsi sont nés les travailleurs et les salariés… Les individus les plus fortunés, en échange du capital qu’ils investissaient dans les différentes entreprises (industrielles et/ou commerciales), étaient exempts de travailler car ils recevaient un « retour sur investissement » qui les dispensait de mettre (comble de l’horreur à leur yeux) les mains dans la poussière et le cambouis. Ainsi sont nés les dividendes et les actionnaires…

 

Au fil des découvertes et des inventions (offrant à l’existence humaine toujours plus de confort et de facilité...), la consommation est progressivement devenue l’axe et l’aspect centraux dans la vie des Hommes, s’imaginant pouvoir être heureux (enfin) et trouver « le bonheur » en accumulant les choses et les objets. Fort conscientes de cette aspiration, les entreprises sont devenues expertes en publicité et en propagande matérialiste. Elles ont alors créé quantité de besoins en innovant et en rendant ces innovations « totalement indispensables » au bonheur des individus qui (pour l’essentiel) se sont pris et au piège et au jeu… Les marchés financiers se sont ardemment complexifiés devenant des bourses, puis de purs marchés spéculatifs aux « produits financiers » calculés à partir d’algorithmes diaboliquement compliqués… Tous les secteurs économiques se sont, eux aussi, éminemment complexifiés, ils ont multiplié les intermédiaires, les créations de toutes sortes, impulsant des modes de consommation (à coups de matraquages publicitaires qui ont fleuri un peu partout et qui fleurissent, encore aujourd’hui, dans tous les espaces possibles et imaginables en envahissant la vie quotidienne des Hommes sans la moindre contestation ni le moindre haut-le-cœur*...).

* Ou presque...

 

Bref, le monde humain s’est organisé et est devenu (sur l’ensemble de la planète) un immense et « terrifiant » marché où tout s’achète, où tout se vend, où tout se monnaye et se négocie (la bouffe, l’or, les matières premières, la santé, les fringues, les appartements, les couches culottes, les machines à laver, l’eau, le pétrole, les bagnoles, la qualité de l’air, la misère, la souffrance, les sentiments, le sexe, les émotions, l’amour, les informations, l’art, les savoirs, la connaissance, l’éducation, l’intelligence, la spiritualité et même la connerie en boîte et en sachet…). Bref, un monde où tous les coups sont permis…

 

Un monde où tous les individus, toutes les entreprises, toutes les structures et toutes les organisations (quelle que soit leur nature) se livrent à une concurrence sans merci et à une guerre impitoyable sur tous les marchés formels et officiels et sur tous les marchés informels et officieux… Un monde où l’abondance des uns et le dénuement des autres (en particulier dans la satisfaction des besoins vitaux et élémentaires) ne semblent affecter et émouvoir quasiment personne (hormis quelques voix outrées, révoltées et/ou désemparées) et où l’immense majorité ne pipe le moindre mot pourvu qu’elle participe « à la fête » et accède à une part du gâteau… comme si ce fonctionnement et cette organisation collective s’étaient emparés (quasi inconsciemment) d’une idéologie qui prône que « chacun a ce qu’il mérite », reflet peut-être vrai (mais pas certain) d’une sorte d’adage « karmique », en vigueur dans certaines traditions religieuses, qui stipule que « chacun vit ce qu’il mérite » (et nous ajouterions aussitôt afin de comprendre ce qu’il a à comprendre… mais nous n’en avons aucune certitude…).

 

Comment l’Homme en est-il donc arrivé là ? La réponse est simple. L’histoire de l’humanité a été implacablement gouvernée par le psychisme (et ses caractéristiques dont nous avons abondamment parlé) et les croyances qu’il a enkystées dans l'esprit des Hommes. Cette organisation sociétale n’est donc, en réalité, que l’exact reflet collectif du psychisme humain…

 

Notons enfin que les conflits et la violence (mais également les stratégies d’entente) qui autrefois (et pendant une très longue période) concernaient essentiellement la vie organique – en « touchant » principalement les corps – ont, en partie (et en partie seulement), quitté la sphère corporelle (au regard du nombre toujours incroyablement élevé d’infractions concernant les atteintes à la personne(1)) pour envahir massivement la sphère des échanges économiques où les exactions, la férocité et la sauvagerie (à peine déguisées et à peine régulées) se sont déchaînées et ont explosé un peu partout(2)

(1) Sans compter, bien sûr, la violence exercée à l’encontre des animaux et des autres formes terrestres…

(2) Soulignons, ici, l’analogie quasi parfaite (et stupéfiante) entre la biologie (et, en particulier, la chaîne alimentaire) et l’économie (et, en particulier, le monde du travail et le « monde des affaires ») comme s’il s’était opéré, au fil de l’histoire terrestre et humaine, un lent (et inévitable) glissement de la violence d’un domaine à l’autre… En bien des points (sinon dans tous), il y a une coïncidence parfaite, mais contentons-nous d’en relever trois… En premier lieu, il existe une grande similitude entre l’opportunité des animaux en matière alimentaire et l’opportunité des êtres humains et des entreprises dans le monde « des affaires ». En deuxième lieu, il existe une grande similitude entre les niches alimentaires et les niches économiques. En effet, à l'instar des animaux, les entrepreneurs s’insèrent dans des secteurs ou des domaines que personne n’a eu jusqu’alors l’idée d’exploiter et/ou qui offrent encore la possibilité de « se faire une place » pour « vivre »… Et enfin, il existe une grande similitude des comportements (collisions et collusions — le célèbre « struggle for life » darwinien) lorsque le territoire et/ou la niche est (sont) saturé(e)(s), les uns et les autres luttent, se battent et évincent leurs concurrents pour s’accaparer le territoire et assurer leur domination… bref, en un mot : biologie et économie, mêmes combats…

 

 

Eléments pour une analyse évolutive*

* Voir les éléments pour une analyse évolutive de la rubrique « alimentation ».

 

Objectifs généraux

Assurer « la prospérité » de la société et la satisfaction de l’ensemble des besoins et des désirs de (chacun de) ses membres de façon permanente (selon les contextes économiques national et international).

 

Les paramètres pris en considération de nos jours (début du 21ème siècle)

- les « nouvelles technologies »

- la transformation des structures de production et de distribution

- les nouvelles tendances de la consommation

- la pénibilité du travail

- la prolifération des intermédiaires dans la distribution

- la tendance (dans certains secteurs) au « raccourcissement » de la chaîne de distribution

- l’obsolescence programmée

- l’explosion des déchets liés à la consommation

- les inégalités en matière de revenu et de richesse

- la « folie » et la « monstruosité » du modèle productiviste (le « tout croissance »…)

 

Evolutions actuelles

- le « Workfare »

- la prolifération des entreprises du « net » (e-commerce(1), m-commerce(2)…)

- la transformation du commerce et des échanges économiques (ubérisation(3) de l’économie, application du système « peer-to-peer(4) » aux échanges économiques, développement des services et des prestations entre particuliers via une plate-forme(5)…)

- l’hyper consommation

- l’émergence « timide » d’un « anti consumérisme »

- le « made yourself »

- le consommateur « roi »

- la flexibilisation du travail

- le développement des services multi-cartes

- l’hyper mondialisation

- la création « artificielle » de nouveaux besoins

- l’immatérialité monétaire

(1) Commerce électronique via internet.

(2) Achats par l’intermédiaire du smartphone.

(3) Néologisme* qui désigne le commerce qui met des ressources à disposition des clients et/ou qui leur fournit un (ou des) service(s) depuis leur smartphone (à tout moment et sans délai).

* Préfixe « issu » du nom de la société californienne « Uber » qui a développé et exploité des applications mobiles de mise en contact d'utilisateurs avec des conducteurs réalisant des services de transport.

(4) Que l’on pourrait définir comme une sorte de mise en réseaux de fichiers accessibles à tous les utilisateurs…

(5) Du genre « rbnb », entreprise qui a créé une plate-forme communautaire de location et de réservation de logements entre particuliers…

 

Evolutions possibles et directions probables

- l’hyper flexibilisation du travail

- le développement des services et des prestations hyper individualisés de proximité

- l’automatisation progressive de tous les secteurs industriels (biens manufacturés)

- le développement et la généralisation de « nouvelles façons » de consommer

- l’hyper financiarisation du monde

- l’essoufflement naturel du productivisme et du consumérisme au profit d’un modèle de coopération et d’entraide économiques

 

Evolutions à très long terme

- de prodigieux progrès en matière de réponses aux besoins (liés aux découvertes et inventions induites par les avancées techniques et scientifiques)

- le progressif déclin des échanges internationaux

- la réorganisation, puis la diminution progressive des échanges locaux

- le déclin, puis la disparition de la monnaie

- le déclin, puis la disparition du travail

 

Objectif idéal (implicite)

Eradication du besoin d’organisation économique, des échanges, du travail et de la monnaie lorsque les individus pourront « fabriquer par eux-mêmes » tout ce dont ils auront besoin… et seront en mesure d’accéder (progressivement) à une totale autonomie…

 

 

Perspectives*

* Voir les perspectives de la rubrique « alimentation ».

 

Sociétés de demain

Organisation de la production : généralisation des grands groupes industriels et des grands groupes prestataires de services. Et généralisation des microentreprises multi-cartes de proximité

Organisation de la consommation : généralisation des énormes chaînes de stockage et des entreprises de vente à distance et de vente « clé en main » hyper personnalisées. Développement de la vente directe pour certains secteurs (prestations de services divers, alimentaire et artisanat). Et généralisation de la disparition des petits magasins (sauf dans certains secteurs)

Organisation des échanges économiques : totale généralisation de la mondialisation des échanges (dans certains secteurs notamment les biens manufacturés). Et généralisation des (nouveaux) échanges locaux (dans les autres secteurs)

Les modes de paiement : mode de paiement immatériel (avec support)

Organisation du travail : le travail pourrait devenir « roi tyrannique ». Hyperspécialisation des tâches. Emergence d’autres modes de travail (multi-cartes, « multi-jobs », à distance ou très flexibles par exemple). Et émergence d’activités plus porteuses de sens pour l’individu et la société

 

Sociétés d’après demain

Organisation de la production : réorganisation progressive des grands groupes et des microentreprises multi-cartes. Et réorientation progressive des activités

Organisation de la consommation : quasi généralisation de la distribution des biens manufacturés à distance avec d'énormes centrales d’achats. Et généralisation des micros entreprises et des prestataires de services multi-cartes

Organisation des échanges économiques : généralisation des oligopoles au sein des grands ensembles territoriaux (pour les biens manufacturés). Et extension de la généralisation des (nouveaux) échanges locaux (dans les autres secteurs)

Les modes de paiement : immatériels (sans support)

Organisation du travail : essoufflement naturel du travail « tyrannique ». Développement d’activités professionnelles plus épanouissantes individuellement et collectivement. Et développement (possible) du Revenu Minimum d’Existence*

* Allocation versée aux individus sans condition de ressources ni obligation de travail (« système » qui reconnaît la participation de l'individu à la société, indépendamment de l'emploi)…

 

Sociétés à moyen terme

Organisation de la production :

- création et production au niveau central, constitution de grands pôles de production, de prestations et de services avec fourniture de la production, des prestations et des services à distance

- puis (lorsque le progrès le permettra), inversion du processus de centralisation avec relocalisation et décentralisation de la recherche, de la production et de la distribution (de façon de plus en plus « fine » et locale)

- création et production au niveau régional

Organisation de la consommation :

- généralisation de la distribution des biens manufacturés à distance avec des unités de distribution et de prestations élémentaires et basiques implantées localement. Et vente directe et prestataires de services au niveau local (pour certains secteurs)

- développement de la relocalisation et de la décentralisation de la distribution des biens manufacturés (niveau régional). Et distribution directe et prestataires de services au niveau local

Organisation des échanges économiques :

- progressif déclin des échanges économiques mondiaux. Et augmentation des échanges locaux

- développement et généralisation de la disparition des échanges économiques mondiaux. Et fort développement des échanges locaux

Les modes de paiement : diminution progressive des échanges monétisés jusqu’à leur quasi suppression

Organisation du travail :

- réorganisation progressive du monde du travail avec une orientation vers des secteurs et des domaines phares (recherche, fabrication industrielle, écologie, enseignement, savoirs, bien-être, spiritualité)

- généralisation du travail « tournant » selon les aspirations des individus avec diminution drastique du temps de travail journalier. Et émergence progressive d’un travail non obligatoire et non rémunéré

 

Sociétés à long terme

Organisation de la production :

- création et production au sein de la communauté locale

- puis création, production et consommation au sein du foyer

- puis création, production et consommation totalement individuelles

Organisation de la consommation :

- généralisation de la relocalisation et de la décentralisation de la distribution des biens manufacturés (niveau local). Développement de la production et de la fabrication au niveau du foyer

- puis création, production et consommation au sein du foyer

- puis création, production et consommation totalement individuelles

Organisation des échanges économiques :

- quasi disparition des échanges internationaux. Et quasi généralisation des échanges locaux

- quasi suppression des échanges économiques locaux

- suppression des échanges économiques

Les modes de paiement : suppression des échanges monétisés

Organisation du travail :

- généralisation du travail non obligatoire et non rémunéré par vocation ou aspiration temporaire. Et émergence de la disparition de la notion de travail (les individus deviennent de plus en plus capables d’assurer toutes les fonctions dans tous les domaines…)

- chaque individu œuvre à sa convenance à certains domaines de « son choix » pendant une durée choisie (elle aussi, à sa convenance). Et développement de la disparition de la notion de travail

- disparition totale de la notion de travail

 

 

Les relations avec l’extérieur

 

Généralités

Comme nous l’avons déjà évoqué, toute société humaine instaure un système de défense et de protection contre l’extérieur (plus ou moins fort et agressif) et des instances chargées des relations avec le « reste du monde ».

 

 

Bref aperçu historique

 

Premières sociétés humaines

Peu de liens avec « l’extérieur ». Echauffourées, intimidations, conflits, exterminations (sans doute), appropriations territoriales et domination des « clans » adverses.

 

Sociétés primitives

Peu de liens avec « l’extérieur ». Conflits territoriaux (sans doute) violents et/ou échanges (troc) selon le degré d’agressivité des communautés.

 

Sociétés d’avant-hier (jusqu’au 18ème siècle)

Guerres et commerce. Grandes invasions. Croisades. Colonisation. Appropriations territoriales. Exterminations. Pillage des richesses. Domination des peuples. Création des nations et des pays.

 

Sociétés d’hier (jusqu’au 20ème siècle)

Naissance et généralisation du droit international et des organisations internationales (SDN, ONU etc etc). Les frontières nationales sont « définies ». Conflits mondiaux. Fort développement du commerce international. Généralisation et mondialisation des échanges. Progressif et tardif déclin des conflits armés (malgré de plus ou moins nombreuses poches de résistance…). Très progressive paix entre les peuples et les nations.

 

Sociétés d’aujourd’hui

Mise en avant des organismes internationaux dans les relations économiques (FMI, OMC…) et diplomatiques (ONU…) entre les nations et dans l’élargissement du respect des « droits de l’Homme » (Tribunal Pénal International…). Complexification des éléments géopolitiques avec, en particulier, la multipolarisation du monde (plusieurs nations très influentes sur l’échiquier(1) international), la montée d’une nouvelle forme de terrorisme et l'essor et/ou la relative pérennisation de certains conflits régionaux (Moyen Orient par exemple) où chaque nation essaye de louvoyer en « eaux troubles » (dans les eaux troubles internationales) au gré des courants, des opportunités économiques, des discours et des changements politiques… Le monde, de plus en plus pacifié, n’en demeure pas moins un salmigondis opaque où les nations et les individus ne savent plus à quel saint se vouer, ni où poser les pieds… une girouette presque hors de contrôle où les double, triple, quadruple discours sont légions et viennent contredire les actes (et les interventions ici et là) des nations et où personne ne sait exactement qui gouverne et « possède » le pouvoir (ni comment fonctionne ce monde(2) — de plus en plus complexe)… serait-ce les Etats ? Quelques Etats (G7, G8, G20) ? Les nations les plus puissantes économiquement ? Les grandes firmes internationales ? Les bourses ? Les algorithmes financiers ? Quelques collusions entre « milliardaires » ? Les interactions entre ces différents protagonistes ? Qui peut savoir...?

(1) La notion d’échiquier rappelle, bien sûr, que le monde demeure pour la quasi-totalité des nations un terrain d’affrontement...

(2) Le monde semble, plus ou moins, aller là où les vents le portent… mais point de capitaine(s), semble-t-il, sur le paquebot… l’argent et le pouvoir comme seuls maîtres à bord !!! Gare au naufrage ! pourraient crier certains Cassandres…

 

 

Trend historique (subjectif* à grandes enjambées)

Bien qu’il conviendrait de faire une distinction entre les différents types de sociétés au fil de l’histoire humaine (toutes les sociétés n’ont pas connu une telle évolution), nous pouvons dire que les relations extérieures ont globalement évolué ainsi.

* Voir le trend historique de la rubrique « alimentation ».

 

Guerre et commerce… depuis les premiers cris de « l’Homme des cavernes » jusqu’à l’Homme d’aujourd’hui (et, sans doute, pour les Hommes et leurs descendants de demain et d’après-demain), les guerres et le commerce ont toujours fait (et feront toujours*) tourner le monde… Si l’Homme ne se consacre pas à l’un, il se consacre à l’autre… et parfois même simultanément aux deux... La guerre et le commerce semblent, en vérité, les maître-mots de toute société (et tout individu bien sûr) en matière de relations et d’échanges… A ce titre, il est frappant de constater que les relations d’une communauté ou d’une société avec ce qu’elle considère comme « le reste du monde » obéissent (très souvent) aux mêmes règles que les relations qu’un individu entretient avec « les autres »… Il ne s’agit, bien souvent, que d’un changement de plans (le plan individuel devient simplement collectif). L’Homme s’est toujours montré méfiant (et donc, souvent, agressif — agressivité engendrée par la peur) à l’égard de l’inconnu et des inconnus et a toujours considéré l’Autre comme un moyen de répondre à ses désirs et à ses besoins. Et une communauté ou une société n’échappe pas à la règle…

* Tant que les caractéristiques psychiques persisteront… et seront « à la manœuvre »…

 

Des premières échauffourées et des premiers trocs et échanges entre les membres d’une même communauté aux transactions multinationales, aux gigantesques carrefours commerciaux et aux « petits et grands » conflits mondiaux qui ont frappé toutes les époques, et en particulier le 20ème siècle, l’histoire humaine a toujours été marquée par l’appât du gain, le commerce, la violence et les guerres. Rêves de grandeur d’une civilisation, désirs de conquête et d’appropriation territoriale (matières premières et richesses souterraines), volonté de puissance et d’hégémonie, volonté de domination et d’asservissement des peuples (au nom d’une idéologie), toutes les sociétés, au cours de l’histoire, ont été amenées au négoce et à être, tour à tour (au gré des vents historiques), les « bourreaux » et les « victimes », les « va-t’en guerre » dominateurs et sans scrupule ou ont vu leur territoire et leur peuple envahis et dominés par une « puissance étrangère ». Ainsi est l’Homme et le monde qu’il fait « tourner »… Et (comme nous l’avons déjà vu) les racines des désirs et de cette « violence ontologique » résident au plus profond du psychisme humain… Et l’histoire n’est, à ce titre, qu’un éternel ressassement des « vieilles » rengaines humaines… elle se répète et se répétera indéfiniment tant que l’Homme n’aura pas déraciné cet instinct d’appropriation, de domination et de puissance*…

* Et pour y parvenir, il lui faut comprendre profondément les mécanismes à l’œuvre…

 

Soucieuses de défendre « bec et ongles » leur territoire, leurs intérêts, leurs valeurs, leur identité (et que sais-je encore…), toutes les sociétés ont développé un arsenal guerrier (militaire et commercial) de plus en plus impressionnant et de plus en plus performant… véritable « course à l’échalote » où les découvertes et les progrès firent florès à peu près partout et contribuèrent grandement à faire de « l’art de la guerre » et de « l’art du commerce » des priorités (absolues)…

 

En matière militaire, les grognements, les coups de bâton et les jets de pierre des premiers Hommes ont vite laissé place aux lances, aux arcs, aux boucliers, aux armures, aux arbalètes, aux armes à feu, aux canons, aux fusils, aux fusils mitrailleurs, aux chars d’assaut, aux bombardiers, aux avions de chasse, aux lances missiles air-air, terre-air, sol-sol…, à la bombe atomique, à la bombe à hydrogène et aux armes chimiques et bactériologiques sans compter le développement massif des nouvelles technologies guerrières (les avions « furtifs », les drones etc etc)… L’imagination humaine s’est toujours montrée très fertile lorsqu’il s’agissait d’assurer sa défense, sa protection ou sa tranquillité ou de satisfaire ses rêves et désirs de gloire et de puissance… Infanterie, cavalerie, marine de guerre, sous-marins, aviation, tous les terrains et tous les milieux furent « occupés et défendus »… Quant au négoce et au commerce, ils se sont étendus à tous les territoires (ou presque) et à tous les secteurs et domaines (jusqu’à la traite humaine* évidemment).

* Esclavage et servage (entre autres ignominies...)... et jusqu'à l'esclavagisme « moderne » et l'exploitation contemporaine de la misère « humaine » (en bien des lieux et des domaines)...

 

Mais les guerres étaient la règle et lorsqu’elles laissaient aux Hommes quelque répit… aussitôt le commerce refleurissait (ne l’empêchant pas, bien sûr, de sévir aussi en temps de guerre sans compter, évidemment, le très lucratif commerce des armes… les affaires sont les affaires, n’est-ce pas ?). Ainsi, de façon cyclique et récurrente, les populations étaient contraintes de prendre les armes et de se rendre sur les champs de bataille pour servir de « chair à canon », l’honneur (quelle horreur !) de la patrie était en jeu… et combien de massacres, d’exterminations, d’exécutions, d’exactions, de tortures et combien de malheureux ont péri, dans l’histoire de l’humanité, pour abreuver la terre de leur sang… boucherie humaine où les animaux (transformés, souvent, en instruments de guerre), n’ont pas été, eux aussi, bien sûr, épargnés…

 

Après des millions et des millions de morts à travers les siècles et deux grands conflits mondiaux qui ont fait trembler le monde au cours du 20ème siècle et après des milliards de juteuses transactions commerciales locales, régionales, nationales et internationales, les esprits (toujours plus ou moins « échauffés ») se sont néanmoins persuadés qu’il valait mieux « faire des affaires » que « faire la guerre » et se sont cantonnés à une « guerre froide*» où les armes de dissuasion et de destruction massive ont connu une apothéose paroxystique… Puis, progressivement (avec l’effondrement du bloc soviétique), on a assisté (en dépit de quelques « escarmouches » ici et là) à une détente et à une lente pacification sur une grande part des territoires terrestres. Mais la guerre a seulement changé de territoire… et on la retrouve aujourd’hui (plus vaillante que jamais — comme nous l’avons déjà souligné) sur le terrain économique… et sur tous les territoires planétaires. Et bien qu’il reste, aujourd’hui, quelques régions et zones où la guerre et l’horreur ne connaissent pas de répit, l’essentiel des nations et des sociétés se contente à présent de livrer bataille à coups de prises de marché, de taux de croissance et d’exportations en galvanisant leurs troupes, une armada d’entreprises, de firmes internationales et d’établissements financiers bien décidés à conquérir le monde avec leurs dollars et prêts à « s’entre-tuer » jusqu’au dernier…

* Bloc « de l’Ouest » avec l’OTAN contre bloc « de l’Est » (pays signataires du pacte de Varsovie).

 

Notons enfin que la très grande majorité des nations et des sociétés continue à maintenir son armée et son armement militaire. Et que le domaine de la « recherche et développement » en la matière va bon train (en dépit d’une tendance aux restrictions budgétaires). Seuls de très rares pays ont décidé (avec intelligence) de renoncer à toute armée et à tout armement…

 

Il est notable de préciser que les « paramètres » de la guerre ont, eux aussi, changé et que la probabilité d’assister à une guerre conventionnelle (guerre de « face à face » entre deux armées « traditionnelles ») s’estompe lentement. La nouvelle distribution des cartes sur le plan géopolitique (disparition d’un monde bipolaire – Est-Ouest – au profit d’un monde multipolaire – pays occidentaux et pays dit « émergents ») et l’apparition et le développement du terrorisme à l’échelle planétaire, orchestré par une poignée d’individus aux revendications politico-religieuses nébuleuses et peu convaincantes (qui voudraient nous faire croire en un affrontement « civilisationnel »…), incitent les sociétés et les Etats, outre à booster leurs services de renseignement, à maintenir une vigilance armée(1) appropriée et à continuer de montrer leurs muscles (armés) dans la cour du monde pour avoir, plus ou moins, l’illusion d’y tenir leur place et leur rang (comme l’illustre, par exemple, aujourd’hui la bien obsolète composition du conseil de sécurité de l’ONU(2)).

(1) Dispositifs plus ou moins opérationnels dans ce genre de conflits très inégal entre une armée conventionnelle et des groupes armés « invisibles » et très mobiles qui se « fondent » dans la population...

(2) Au sein duquel les membres permanents sont tous détenteurs de la bombe atomique...

 

Notons, à ce propos, qu’en dépit de l’attachement de certaines anciennes « grandes puissances » à leurs prérogatives et à leur influence dans la marche du monde (dont « l'aura » et la réputation datent des grands mouvements de colonisation) et qui sont devenues aujourd’hui des puissances moyennes (voire très moyennes), les sphères de pouvoir et d’influence vont (et elles sont déjà en train de) connaître de profonds bouleversements qui vont poser les fondements d’un nouvel ordre mondial, obligeant (comme toujours depuis le début de l’histoire terrestre) à des alliances, des ententes et des regroupements qui auront une influence décisive sur l’avenir des nations et des sociétés mais également, au regard des grands enjeux contemporains et des défis à plus ou moins court terme auxquels les Hommes devront faire face*, sur l’avenir de l’Homme et de l’humanité…

* Fuite en avant et essoufflement des modèles sociétaux et économiques, pollution massive, surpopulation…

 

 

Eléments pour une analyse évolutive*

* Voir les éléments pour une analyse évolutive de la rubrique « alimentation ».

 

Objectifs généraux

Assurer la prospérité et la sécurité de la société et de ses membres de façon permanente et de la façon la plus « habile » possible (selon les contextes et les situations économiques et géopolitiques).

 

Les paramètres pris en considération de nos jours (début du 21ème siècle)

- le développement d’un terrorisme « identitaire » religieux (pseudo-religieux)

- la mondialisation des économies et des échanges économiques et financiers

- la multipolarité du monde

- les poches de conflits armés disséminées ici et là

- les revendications d’indépendance de certaines minorités à travers le monde

- le double mouvement de régionalisation du monde et de création de grandes zones territoriales

- les flux migratoires massifs des populations vers les territoires « développés »

- le repli communautaire et (pseudo) « civilisationnel »

 

Evolutions actuelles

- la généralisation de la pacification entre les sociétés et les peuples

- le développement de la « solidarité internationale » en cas de catastrophes naturelles ou de crises sanitaires majeures

- la poursuite du « glissement de la violence » vers les domaines économiques et financiers (guerre économique totale)

- le repli identito-communautaire avec l’érection de « murs de protection » au sein des territoires nationaux (communautés « sécuritaires », lotissements sécurisés etc) et autour des grands ensembles territoriaux (par exemple, aux Etats-Unis « contre* » les migrants mexicains, en Europe « contre » les migrants d’Afrique et du Moyen Orient, en Israël « contre » les palestiniens et les pays limitrophes etc etc)

* Le terme « contre » pourrait paraître maladroit mais il est utilisé, ici, à dessein pour souligner la dimension de lutte et d’opposition…

 

Evolutions possibles et directions probables

- le remaniement des frontières avec la progressive disparition des entités nationales au profit des « grands pôles territoriaux », favorisant la libre circulation des personnes et des biens en leur sein et, peut-être, un blocus et un barrage (selon la configuration que prendra le monde) destinés à refouler toutes les migrations extraterritoriales jugées importunes au niveau local comme au niveau des « grands ensembles territoriaux ».

- la lente transformation du commerce, de la concurrence et de la guerre économique en coopération et en entraide entre les différentes zones territoriales.

- l’émergence et le développement d’une solidarité internationale dans des secteurs où la concurrence a toujours été prédominante, voire omnipotente

- la progressive prédominance des institutions et organismes internationaux dans « le vivre ensemble » mondial en matière économique (échanges entre les individus), juridique (droits des individus), sociale (bien-être des individus) et environnementale (rapports des individus à l’Existant).

 

Evolutions à très long terme

- la généralisation de la coopération, de l’entraide et de la solidarité dans tous les secteurs de la société et dans tous les domaines de l’existence

- l’harmonisation mondiale en matière de conditions d’existence et de qualité de vie (satisfaction des besoins, droits et liberté…)

- la disparition progressive des frontières, des nations et des grands ensembles territoriaux

- un espace terrestre (voire même spatial) totalement pacifié et dégagé de toute entrave à la libre circulation des personnes et des biens avec implantation libre

 

Objectif idéal (implicite)

Eradication de tous les dangers réels et potentiels sur le territoire et de toute entrave à la prospérité, au « bonheur », à la liberté et à la libre circulation des individus

 

 

Perspectives*

* Voir les perspectives de la rubrique « alimentation ».

 

Sociétés de demain

- commerce hypermondialisé avec concurrence accrue entre les nations et les regroupements nationaux (les « grands pôles géographiques ») en matière commerciale et en matière d’appropriation des territoires et des ressources naturelles

- progressive pacification et disparition des conflits armés entre les nations et les « grands pôles territoriaux » avec poches de résistance, induites par les revendications communautaires, identitaires et idéologiques

 

Sociétés d’après demain

- la mondialisation du commerce est paroxystique et montre des signes d’essoufflement (incapacité à répartir de façon appropriée et équitable les richesses – les conditions de vie, liées au modèle économique dominant capitaliste et individualiste, deviennent de plus en plus insupportables pour les individus...)

- la paix mondiale sur la totalité des territoires terrestres est à portée de main…

- émergent les premiers signes d’une volonté de faire de la Terre un espace commun harmonieux et équitable

 

Sociétés à moyen terme

- le commerce et la concurrence sont progressivement délaissés au profit d’une coopération et d’un esprit d’entraide

- la paix mondiale devient une « réalité »

- les frontières des nations et des « grands ensembles territoriaux » tendent à devenir de plus en plus poreuses et inutiles

 

Sociétés à long terme

- la planète et le territoire spatial deviennent progressivement un gigantesque espace commun de paix, d’entraide et d’harmonie

 

 

Ces quatre grandes organisations sociétales (politique, judiciaire, économique et les relations avec l’extérieur) ont de très fortes répercussions sur l’organisation territoriale des sociétés et conditionnent très largement les flux et les mouvements migratoires intra nationaux et internationaux et la circulation des populations sur l’ensemble de la surface terrestre, thématiques essentielles des sociétés humaines dont nous ne pouvons faire l’impasse…

 

 

L’organisation des territoires

 

Généralités

Nous ne pouvons manquer de débuter cette rubrique par deux (énormes et merveilleux) truismes(1). Les individus sont naturellement enclins à fuir la misère, l’oppression et la guerre... et l'immense majorité aspire à s’établir sur des terres de liberté, de paix et de prospérité. Ces (évidentes(2)) lapalissades n’ont cessé, au fil des siècles, de se vérifier par quantité de mouvements migratoires plus ou moins massifs selon les périodes historiques.

(1) Comme vous l’avez remarqué, nous adorons les poncifs…

(2) Voilà une redondance aisée, n’est-ce pas ? Oui, en effet… nous avons affaire, ici, à une très basique figure de la périssologie…

 

 

Bref aperçu historique

 

Premières sociétés humaines

Nomadisme et/ou semi nomadisme « forcé »

 

Sociétés primitives

- sédentarisation et/ou persistance du semi nomadisme avec quasi absence de flux « migratoires »

- sociétés distantes les unes des autres, vie communautaire rurale et développement progressif des bourgades

 

Sociétés d’avant-hier (jusqu’au 18ème siècle)

- grandes explorations terrestres et maritimes (découverte du monde)

- grandes migrations et colonisation(s)

- faibles mouvements migratoires intra territorial

- ruralité et croissance progressive des zones urbaines

 

Sociétés d’hier (jusqu’au 20ème siècle)

- poursuite et généralisation de la colonisation (puis déclin et disparition « officielle »…)

- flux migratoires nationaux et internationaux importants (très fort exode rural et migration conséquente des populations des pays dits « en voie de développement » et/ou des anciens territoires colonisés vers les pays dits « développés »)

- développement des grandes villes et des mégalopoles

- désertification rurale et hyper croissance des zones urbaines, émergence des grandes mégalopoles urbaines

 

Sociétés d’aujourd’hui

- flux migratoires internationaux importants malgré le « repli territorial » des « pays riches »

- réorganisation progressive des territoires nationaux : forte croissance urbaine, développement des zones péri urbaines et rurbaines, repeuplement « homéopathique » des zones rurales

- poursuite de la désertification rurale (vie campagnarde traditionnelle), de l’hyperurbanisation et du développement des grandes mégalopoles. Emergence des néo-ruraux. Développement des zones périurbaines et des rurbains

 

 

Trend historique (subjectif* à grandes enjambées)

Bien qu’il conviendrait de faire une distinction entre les différents types de sociétés au fil de l’histoire humaine (toutes les sociétés n’ont pas connu une telle évolution), nous pouvons dire que l’organisation des territoires a globalement évolué ainsi.

* Voir le trend historique de la rubrique « alimentation ».

 

Après les premiers pas (les tout premiers pas) de l’Homme sur Terre, les individus ont sans doute été amenés (si j’ose dire !) à suivre les troupeaux pour chasser. L’Homme était donc probablement, à ses origines, plus ou moins nomade (ou semi nomade). Et il ne s’est (sans doute) sédentarisé qu’au fil de « ses voyages » en découvrant une terre « d’abondance » et de « paix » en mesure de satisfaire l’essentiel de ses besoins.

 

Notons également que certaines populations se sont implantées (comme l’ont fait certaines espèces animales) en des lieux plus hostiles mais qui avaient la particularité d’être peu « exposés » à des dangers potentiels (essentiellement d’autres êtres humains chez les Hommes et l’absence ou la rareté des prédateurs chez les animaux).

 

Ainsi s’est (peut-être) réalisée l’implantation humaine sur Terre. Pendant longtemps (très longtemps), à côté des communautés nomades et semi nomades (contraintes, au gré des saisons et des aléas climatiques, de « suivre » leurs troupeaux en quête de ressources végétales), vivaient les Hommes sédentaires qui devaient probablement peu ou rarement quitter « leurs terres », contraints de rester « sur place » au vu des modes de déplacement peu adaptés aux voyages au long cours et/ou jugeant inutile de se déplacer au regard des ressources, des richesses et/ou des possibilités environnantes...

 

Mais lorsque la contrée natale n’était plus en mesure d’assurer la survie et/ou de répondre à leur rêve de paix et de prospérité, les Hommes se sont (toujours) vus contraints (souvent la mort dans l’âme) de reprendre leur bâton et leur balluchon pour aller chercher en d'autres terres « une vie meilleure » et trouver un « eldorado » en imaginant « qu’ailleurs » ferait toujours mieux l’affaire qu’ici…

 

Au cours de l’histoire, les Hommes ont donc toujours plus ou moins voyagé (de façon individuelle ou collective)… au gré des guerres, des conquêtes, des invasions et des famines... Notons néanmoins qu’avant le développement et la (plus ou moins grande) généralisation des modes de déplacement mécaniques, l’organisation du territoire et de l’espace terrestre était sans doute relativement stable. Les différentes zones habitées se peuplaient et se dépeuplaient au fil des guerres, des naissances et des décès (et des rares départs et arrivées). Et l’identité communautaire devait être, très certainement, chevillée au corps… « l’Etranger » habitait alors à la « porte d’à-côté » (à ce propos, il est frappant de constater que les revendications identitaires et territoriales ont à ce jour à peine évolué…).

 

Aussi, pendant des millénaires (et jusqu’à une époque pas si lointaine), la surface de la Terre se divisait entre les terras incognitas et les zones peuplées et connues. Ainsi, au cours de l’histoire, plusieurs grandes civilisations à travers le monde ont (sans doute) ignoré l’existence des autres sociétés hormis éventuellement à travers leurs conquêtes et les guerres qu’ont livrées certaines sans oublier (dans une moindre mesure) les récits plus ou moins crédibles et entachés d’imaginaire de quelques voyageurs téméraires (et plus ou moins solitaires...)…

 

Avec l’avènement des transports maritimes (au long cours) puis, plus tard, du chemin de fer, la donne changea. Et le monde put progressivement être exploré et découvert... Et l’on assista, outre au développement des grandes routes commerciales maritimes et terrestres, à quelques grandes vagues migratoires à travers le monde, populations d’aventuriers et/ou d’individus décidés à « tenter leur chance » ailleurs qui s’implantèrent un peu partout, livrant très souvent bataille aux autochtones (en les exterminant, en les réduisant à « quantité négligeable et asservie » et en s’accaparant « leurs » terres, « leurs » richesses, le pouvoir, l’administration et l’organisation du territoire)… les exemples font florès sur tous les coins du globe…

 

On assista également à plusieurs vagues de migration sur les territoires nationaux, les villes grossirent et se multiplièrent car les activités (et donc la promesse d’une vie meilleure) y étaient concentrées. Les grands exodes ruraux offrirent ainsi aux villes des milliers et des millions de bras. L’industrie en bénéficia avec largesse… Les capitales nationales virent exploser le nombre de leurs habitants, les quartiers urbains s’organisèrent (regroupements des individus en fonction de leur rang social et/ou de leur origine géographique), les lieux au ban des villes (les banlieues) se développèrent… etc etc. Et dans les pays dit « développés » (économiquement parlant), les campagnes progressivement se désertifièrent…

 

Avec le développement des transports internationaux (routes, bateaux, trains, avions), les mouvements migratoires et commerciaux se sont mondialisés. Les habitants des colonies ont été « invités » à participer aux guerres (qui n’étaient pas les « leur »…) et (après avoir vu pillées leurs richesses) à venir chez leurs « bienfaiteurs » pour servir de bras et de main d’œuvre malléable (avec la promesse très souvent mensongère et rarement tenue) d’une vie meilleure… posant, selon les époques et l’origine géographique et ethnique des migrants, quantité de problèmes d’intégration*, d’ostracisme, de racisme et d’exclusion…

* Notons, en aparté, qu’il existe plusieurs « modèles d’intégration » : essentiellement « l’assimilation » (avec « obligation » d’accepter inconditionnellement les us et coutumes et les « valeurs » et normes du pays d’accueil et le « reniement », plus ou moins contraint, du pays d’origine) et « le communautarisme » qui ressemble davantage à une forme de cohabitation, plus ou moins tolérée et tolérante, entre différentes populations migratoires sur un même territoire (en général d’envergure nationale).

 

Nous ne pouvons manquer, dans cette rubrique, d'évoquer les innombrables mouvements migratoires au cours des dernières décennies et les vagues actuelles de migrants, « contraints » de fuir la misère, la guerre ou la dictature et de quitter leur « terre natale » pour essayer de trouver asile en des contrées plus hospitalières et/ou plus prospères qui tendent d’ailleurs à l’être de moins en moins (hospitalières et prospères) au regard de la récurrence des crises économiques, financières, sociales et sociétales qu’elles connaissent… et qui les poussent à réguler les migrations(1) et à repousser des « hordes de malheureux(2) » qui tentent de passer leurs frontières pour y vivre et y travailler, s’y installer provisoirement ou définitivement afin d’envoyer quelques deniers indispensables à la survie des membres de la famille et/ou de la communauté restés sur place… éléments dramatiques et problématiques auxquels sont (et seront) confrontées toutes les sociétés (à l’échelle planétaire) tant que persistera, outre la prédominance de l’intérêt personnel chez les individus et les nations, le modèle économique et sociétal dominant en vigueur aux quatre coins du globe, source d’inévitables inégalités…

(1) Seuls les migrants « intéressants » pour la société d’accueil sont accueillis…

(2) Jugés sans intérêt et sources potentielles ou effectives de problèmes et de « nuisances », terres des « droits de l’Homme » comprises…

 

Aujourd’hui, les frontières résistent et se fortifient (tant bien que mal) en dépit de la poussée désespérée et toujours plus puissante et massive des peuples affamés et assoiffés de paix et de liberté… mais cette stratégie se révélera sans doute (de plus en plus) impuissante à « endiguer » les vagues migratoires tant qu’elle ne sera pas accompagnée d’une réorganisation mondiale en matière d’échanges et de coopération entre les sociétés et les peuples…

 

Notons également que dans bon nombre de zones économiquement développées (les « pays riches »), on assiste aujourd’hui à une réorganisation progressive des territoires nationaux avec le repeuplement (relatif) des campagnes (grâce au développement — relatif lui aussi — des néo-ruraux), la généralisation des zones périurbaines (souvent des « zones dortoirs » avec la construction frénétique de lotissements plus ou moins de standing, plus ou moins low cost...) et le développement des zones rurbaines (des villes la campagne*).

* En suivant presque « à la lettre » le « bon mot » d’Alphonse Allais…

 

Notons enfin qu’au vu des problématiques actuelles (disparités économiques, inégalités en matière de niveau et de qualité de vie entre les individus et les sociétés, surpopulation urbaine et ses conséquences sur la criminalité), il ne fait aucun doute que l’organisation territoriale humaine, au niveau local comme au niveau mondial, sera appelée à l’avenir à des transformations substantielles et radicales…

 

 

Eléments pour une analyse évolutive*

* Voir les éléments pour une analyse évolutive de la rubrique « alimentation ».

 

Objectifs généraux

Assurer la libre circulation et la liberté d’implantation (provisoire et/ou « définitive ») de tous les individus (autant que possible…).

 

Les paramètres pris en considération de nos jours (début du 21ème siècle)

- le développement d’un terrorisme « identitaire » religieux (pseudo religieux)

- la mondialisation des économies et des échanges économiques et financiers

- la multipolarité du monde

- les poches de conflits armés disséminées ici et là

- les revendications d’indépendance de certaines minorités à travers le monde

- le double mouvement de régionalisation du monde et de création de grandes zones territoriales

- les flux migratoires massifs des populations vers les territoires « développés »

- le repli communautaire et (pseudo) « civilisationnel »

- le développement des « lieux de vie » et des lotissement sécurisés

- l’autonomisation de plus en plus forte des collectivités locales

 

Evolutions actuelles

- développement et tendance à la généralisation des communautés soucieuses d’assurer un « vivre entre soi » (entre individus partageant un socle commun de valeurs ou partageant des « fondamentaux idéologiques »)

- repli identito-communautaire avec l’érection de « murs de protection » autour des grands ensembles territoriaux (par exemple, aux Etats-Unis contre les migrants mexicains, en Europe contre les migrants d’Afrique et du Moyen Orient, en Israël contre les palestiniens et les pays limitrophes etc etc)

 

Evolutions possibles et directions probables

- le remaniement des frontières avec la progressive disparition des entités nationales au profit des « grands pôles territoriaux », favorisant la libre circulation des personnes et des biens en leur sein et, peut-être, un blocus et un barrage (selon la configuration que prendra le monde) destinés à refouler toutes les migrations extraterritoriales jugées importunes au niveau local comme au niveau des « grands ensembles territoriaux ».

- l’autonomisation des collectivités locales et territoriales amenées à devenir de plus en plus libres en matière de décision, d’organisation et de fonctionnement (dans le cadre fixé par le pouvoir central, lui aussi, amené à s’élargir et à devenir supranational) où les individus pourraient s’implanter selon « leurs valeurs » et/ou « leur idéologie ».

 

Evolutions à très long terme

- la généralisation de la coopération, de l’entraide et de la solidarité entre les individus, les collectivités locales et les grands groupes territoriaux dans tous les domaines de l’existence

- l’harmonisation mondiale en matière de conditions d’existence et de qualité de vie (satisfaction des besoins, droits et liberté…)

- la disparition progressive des frontières, des nations et des grands ensembles territoriaux

- un espace terrestre (voire même spatial) totalement pacifié et dégagé de toute entrave à la libre circulation des personnes et des biens avec implantation libre

 

Objectif idéal (implicite)

Eradication de toute entrave à la libre circulation des individus

 

 

Perspectives*

* Voir les perspectives de la rubrique « alimentation ».

 

Sociétés de demain

- poursuite des flux migratoires internationaux massifs malgré le « repli territorial » des « pays riches »

- accession progressive des pays dit « en voie de développement » à de meilleures conditions matérielles d’existence et à un niveau de vie « décent » qui pourraient inciter les individus à rester sur « leurs terres »

- réorganisation progressive des territoires nationaux : forte croissance urbaine, développement des zones péri urbaines et rurbaines, repeuplement des zones rurales et création d’espaces et de « lieux de vie » communautaires organisés

- trois mouvements : hyperurbanisation et mégalopoles, régénérescence et modernisation des villages et développement de nouveaux « lieux de vie » (regroupements d’habitats sécurisés et alternatifs)

 

Sociétés d’après demain

- relative stabilisation des flux migratoires internationaux (qui pourront néanmoins demeurer très massifs)

- fort développement des collectivités et communautés locales organisées et de plus en plus autonomes

- les individus s’implanteraient de plus en plus selon « leurs affinités » dans des collectivités et/ou communautés « adaptées » à leur « idéologie » (sécuritaire, solidaire, écologique, religieuse et/ou spirituelle)

- trois mouvements : hyperurbanisation et mégalopoles, régénérescence et modernisation des villages et développement de nouveaux « lieux de vie » (regroupements d’habitats sécurisés et alternatifs)

 

Sociétés à moyen terme

- la disparition progressive des frontières et l'harmonisation des conditions d’existence et de la qualité de vie à l’échelle planétaire pourraient permettre une forte diminution des flux migratoires « forcés »

- les individus pourraient être de plus en plus libres d’aller et « de vivre » où bon leur semble avec qui bon leur semble selon « leurs affinités naturelles »

- un processus progressif de désurbanisation de l’habitat. Développement, généralisation et modernisation des zones périurbaines, des villages et des nouveaux « lieux de vie » communautaires et multiplication des communautés à taille humaine sur l’ensemble du territoire terrestre

- l’éradication progressive de l’habitat urbain stricto sensu. Et généralisation des « lieux de vie » à taille humaine

- totale généralisation des « lieux de vie » à taille humaine. Et émergence d’un déclin progressif des zones d’habitat strictement sédentaire

 

Sociétés à long terme

- la planète et le territoire spatial pourraient devenir progressivement un gigantesque espace commun de paix, d’entraide et d’harmonie où chaque individu serait libre de circuler et de demeurer (le temps « qu’il souhaite ») sur le territoire et l’espace de « son choix »…

- les « lieux de vie » pourraient se transformer en simples lieux de rencontre et d’échanges plus ou moins provisoires ou ponctuels. Et généralisation du processus de disparition des habitats « sédentaires »

- éradication totale de l’habitat (sédentaire), les individus pourraient simplement se retrouver provisoirement ou ponctuellement pour « partager » et « être ensemble »…

 

 

Au terme de ce long (très très long) chapitre consacré aux créations et aux réalisations humaines et avant d’entreprendre leur « synthèse chronologique » à travers les grandes périodes de l’histoire, amusons-nous (un peu idiotement(1)) à faire l’analogie suivante. Si l’on comparait la « pleine Conscience(2) » à un doctorat de 3ème cycle universitaire (Bac+7), on pourrait dire que l’Homme en matière de réalisation (créations et fabrications) serait en classe de CE1 (Bac-10), qu’il serait en matière d’organisation (organisations sociétale et collective) en classe de CE2-CM1 (Bac-8 ou 9), qu’il serait en matière de savoirs et de perception à l’école maternelle (Bac-12) et en matière de compréhension et de sensibilité à la crèche ou au jardin d’enfants (et pour certains, il ne serait pas outrageux ni exagéré de penser que leur place se trouverait davantage dans une pouponnière ou une couveuse et que d'autres en seraient encore « réduits » à l’état de spermatozoïde caché dans un repli testiculaire…). Et dans notre comparaison (totalement stupide, il faut bien le reconnaître…) l’ensemble de la scolarité — de la classe de maternelle élémentaire jusqu’au doctorat — et le passage en classe supérieure ne se comptabiliseraient pas, bien sûr, en années mais en siècles et en millénaires… Fin de la blague idiote…

(1) Après toutes ces pages, nous avons tout de même bien le droit de nous « amuser un peu »… même avec des blagues idiotes (nous avons toujours adoré les blagues idiotes…)…

(2) Voir les paragraphes consacrés au cheminement spirituel.