Journal / 2017 / L'intégration à la présence

Des mains qui amassent. Et des vies qui s'encombrent d'un surplus de monde. Et un cœur qui efface pour que le rien devienne trésor... Un regard étincelant sur le brin d'herbe et l'oiseau. Et la beauté si saisissante du monde et des visages...

Et si nous pouvions nous surprendre cherchant à tâtons, au cœur du jour, la lumière... naîtrait sans doute (aussitôt) un grand rire... Et nous regarderions notre visage défiguré par la peur s’émerveiller soudain du grand soleil déjà présent à nos côtés – illuminant le fond de l'abîme où nous avons cru être jetés...

 

 

Il faut avoir traversé la nuit pour en témoigner. Et avoir laissé le vent balayer l'épais rideau des songes qui nous cachait le jour – la lumière...

 

 

La vie pleine n'est accessible qu'au regard vide, à l'âme innocente et au cœur sensible. Le premier si lointain et si vaste et les deux autres si proches – si unis aux tremblements du monde...

 

 

Tant de questions animent l'homme (l'homme véritable). Et aucune réponse n'est capable de le satisfaire. Et de combler son désir d'infini et d'Absolu. Seule la lumière saura éclairer ses interrogations et dissiper sa soif de réponse en lui révélant l'accès à sa nature intensément lumineuse...

 

 

Et si un seul homme se levait pour nous dire la vérité, l'entendrait-on ? Je crains que nous ne restions sourds à sa parole. Plus sage peut-être serait de laisser aux fleurs le soin de nous y ouvrir...

 

 

Le monde. Une ombre – quelques ombres – sur la jetée que nous croyons plus réelles que l'espace – l'espace lumineux – qui les accueille et les éclaire...

 

 

L'eau et la sauterelle, l'herbe et la rivière, plus vives et nécessaires que la parole désenchantée du monde – bien trop affairé avec ses rêves de gloire et ses parures enfantines perlées d'une gaieté insouciante – presque mensongère – pour s'occuper de métaphysique – et répondre aux questions les plus fondamentales. Les fadaises toujours plus séduisantes que la vérité...

 

 

Un sursaut d'espérance dans la nuit. Et l'homme qui croit ainsi avancer – et se rapprocher de la lumière... Mais ses pas seront toujours sous les étoiles. Et l'horizon inaccessible... C'est au dedans que l'homme doit s'ouvrir pour que la clarté s'embrase – et rayonne sur les chemins. Le monde alors se révélera avec le jour naissant – et la nitescence toujours plus vive du cœur. Comment pourrions-nous accéder autrement à la lumière – et la fréquenter...

 

 

Le malheur ne tient qu'à l'espérance d'un ailleurs et d'un plus loind'un meilleur et d'un autrement... Et l'apaisement – et la réconciliation – toujours naissent de l'instant nu, dépouillé de tout rêve et de tout propos, qui ouvre la vie aux heures blanches où le vent s'infiltre pour balayer tous les songes.

 

 

Des mains qui amassent. Et des vies qui s'encombrent d'un surplus de monde. Et un cœur qui efface pour que le rien devienne trésor... Un regard étincelant sur le brin d'herbe et l'oiseau. Et la beauté si saisissante du monde et des visages...

 

 

Les eaux grises du monde et ses berges marécageuses. Et au cœur de l'étendue, l'îlot lumineux sur son infime tertre, à proximité des nuages. Clarté franche – et innocente – parmi la noirceur des visages et les mains fuyantes qui n'agrippent que le sable et le limon des rives mortes – si peu vivantes – où la vie s'étale exsangue – et asphyxiée. Comme une trouée d'air pur dans l'odeur de mazout et les fragrances (nauséabondes) du labeur et de l'appropriation. Comme une aire de liberté parmi les bras prisonniers des saisies et de l'espérance...

 

 

L'immense puzzle mouvant de l'Existant. Le cœur si penché – si proche – comme immergé au dedans. Et l’œil si libre de la trame...

 

 

La présence ouvre à la rencontre. Temps – instants – de présence où tout devient rencontre... Où tout est vu, éclairé et accueilli – le moindre frémissement – le moindre tressaillement de l'âme et du monde. Joie et beauté indicibles de l'accueil et de la réunification...

 

 

Pourquoi s'élancer sur les routes alors que veille au dedans le seul trésor...

 

 

Et si nos blessures aussi n'étaient que des songes... Crispations glacées devant l'incertain...

 

 

Jamais les peurs ne pourront nous conduire jusqu'à l'aire des confiances où règnent la quiétude et le cœur serein...

 

 

L'innocence est le lieu de tous les désirs. La clé et le passage vers l'autre rive où patientent la lumière, l'infini et l'éternité. Et le véhicule pour nous y mener...

 

 

Et si tous les visages en lambeaux – défigurés et privés de lumière – étaient les nôtres. Et si nous les aidions à traverser les eaux noires du monde – et à accéder à l'autre rive, serions-nous enfin tous reconnus comme les enfants de la lumière...

 

 

Et si nous trempions nos mains et nos lèvres dans la candeur et l'innocence, notre geste et notre parole seraient-ils enfin justes et beaux – à l'égal des ambitions de Dieu pour le peuple infime de la terre...

 

 

Rien ne résiste à l'effacement. Ni les peurs, ni les désirs. Ni, bien sûr, les songes et les ambitions. Après l’effacement, rien ne demeure. Ne subsiste que le regard innocent...

 

 

L'être infini. Et nos visages dérisoires sur leur infime parcelle de terre. Dieu, selon notre posture, doit parfois en rire – et d'autres fois, en pleurer. Mais comment pourrait-il ne pas toujours s'en émerveiller ? Je devine – et vois parfois – derrière ses lèvres hilares ou ses (chaudes) larmes, l'éternel sourire de ses yeux tendres...

 

 

Comment pourrions-nous craindre Dieu et la vie en voyant le miracle de leur Amour derrière – et en dépit de – la noirceur de nos gestes infirmes ? Comment pourrions-nous rester aveugles à tant de merveilles ? Et à ceux qui ne savent voir, apprenons leur à mieux regarder...

 

 

Seule la lumière fera fondre nos banquises imparfaites. Et les réduira en résidus naturels. Et seule l'innocence saura les initier à leur sort – et à leur voyage – pour les mener à bon port...

 

 

Qu'importe notre visage et notre âme – et leur nature solaire ou ombrageuse... – pourvu que l'on acquiesce à leurs élans spontanés, ils trouveront leur place – et joueront leur rôle – en ce monde. Et découvriront, au fil de leur mission, la promesse d'un autre ciel – cette lumière si inespérée...

 

 

Ressentir tous les frémissements du monde et tous les tressaillements de l'âme – jusqu'aux plus infimes, serait-ce donc cela avoir un cœur ? Et s'ouvrir à ce regard – à cette présence en nous – qui les exacerbe – et être capable de les fréquenter – serait-ce donc là l'unique voie pour nous rapprocher de notre lumière...

 

 

Les malheurs, souvent, aggravent la cécité. Pour mille malheureux aux yeux borgnes – toujours plus borgnes –, un seul regard clair qui aura vu, derrière les malheurs, le sourire tendre de la lumière...

 

 

Un homme, une ombre. Un tapis, une terrasse. Une fête, un lieu charmant. Et le monde que l'on plie à la hâte dans quelques cartons d'invitation et de belles brochures au parfum de réclame. Et l'âme que l'on froisse sans même se douter qu'elle existe – et qu'elle a plus de poids que l'homme, l'ombre, le tapis, la terrasse et le monde additionnés dans un geste grossier et machinal...

 

 

Et ce rouge sombre qui sèche sur l'écrin blanc de la neige... Sur cette terre de massacres et de flocons où l'âme est maudite. Où les haches et le glaive fissurent la lumière promise – et la promesse même de toute lumière...

 

 

Attendons le jour où les vents ne pourront plus porter notre carcasse – et auront asséché nos désirs, alors peut-être l'âme s'éveillera de sa nuit, éventrera le coton des oreillers maculés de sang et de rêves pour se glisser dans les plis du soleil où elle reprendra quelques forces avant de monter à l'assaut de la lumière... Il n'y a d'autre espoir pour voir la terre – et son peuple – lavés de leurs batailles et de leurs poussières...

Et nous attendrons tous, la joue posée contre le jour, la fin de notre (longue) nuit...

 

 

Et si les vents n'étaient que le souffle de Dieu chargé de nous débarrasser de nos maigres et encombrants bagages... Et si l'innocence naissait de cet abandon... Et si la joie, la grâce et la beauté s'invitaient dans la pureté de ce geste de confiance... Les hommes alors, sans doute, seraient bien surpris d'apercevoir dans leur regard, dans le monde et dans leur vie ce Dieu auquel ils n'ont jamais cru – et qu'ils ont piétiné et délaissé pour des idoles monstrueuses...

 

 

Et si la neige sur l'aurore était plus blanche que nos pas dans la nuit... Et si Dieu avait raison d'insister – et d'écraser notre joue sur la vitre sale de la fenêtre par laquelle nous regardons le monde – et espérons tant de lui... Et s'il avait raison de frapper l'âme du bâton prometteur de la tristesse pour que nos larmes coulent – et que le sang cesse d'abreuver la terre – et de tacher nos poches si indigentes – et si garnies... Et si nous avions la sagesse d'écouter sa parole – et ses consignes – et de nous abandonner à son silence – et aux volontés si naturelles de la chair, alors la nuit, peut-être, prendrait fin – et se lèverait l'aurore sur l'horizon – sur tous les horizons de cette terre saturée de songes, de neige et de sang...

 

 

Dans sa petite chambre d'écriture, le poète – le penseur – écrit comme le jardinier cultive son jardin. Quotidiennement. Et à l'abri des regards – sans que nul ne sache ce qu'il a planté ni ce qu'il fait pousser... On aperçoit parfois le poète – le penseur – sortir de son atelier avec quelques feuillets à la main comme l'on voit, de temps à autre, le jardinier sortir de son potager avec un panier ou une caisse chargé(e) de provisions. Le premier offre ses lignes, ses notes et ses livres comme le second offre ses salades et ses légumes pour la soupe du soir et, parfois (lorsque leur âme est joyeuse) quelques fleurs pour égayer le cœur d'une femme – ou éveiller à la grâce le cœur du monde. Ainsi le poète – le penseur – et le jardinier livrent, presque chaque jour, les fruits de leur patient labeur : de belles et savoureuses réjouissances pour le corps et l'esprit. Des pleines brassées de fraîcheurs, parfois un peu étranges et biscornues, que l'on ne trouve ni sur les étals des marchés ni dans les rayonnages des librairies, mais qui, assurément, sont saines et naturelles – et qui font toujours les délices de l'âme...

 

 

Toi, lecteur, qui ouvres ce livre – et en parcours les pages – sens-tu l'âme de leur auteur ? Et ses infimes tressaillements ? Aperçois-tu ton visage à travers ces lignes ? Je te le souhaite... C'est pour toi – et toi seul – qu'elles ont été écrites. Et il convient de t'en saisir pour que te soit révélé(e) ta propre lumière – et le chemin qu'il te faudra emprunter pour t'en approcher et la fréquenter afin qu'elle puisse rayonner à travers ton être*...

* Afin que ton cœur, tes lèvres, ton visage et tes mains puissent en devenir l'exact reflet...

 

 

La lumière encore. La lumière toujours. Partout. Au dedans comme au dehors. Devant et derrière. Au dessus et en dessous. Et jusque dans tous les recoins – et les replis – de l'ombre...

 

 

De petit mot en petit mot. De petite note en petite note. Ainsi s'écrivent nos livres. Et se dessine humblement notre œuvre...

 

 

Notre petite chambre d'écriture. Le modeste atelier du poète où viennent se réfugier le cœur et le monde incompris. Le cœur et le monde endoloris par tant de coups et de paresse...

 

 

De l'homme au monde, pris (piégé souvent, du moins, le croit-il...) dans la trame des événements et des existences, à la conscience-monde (à l'être-présence), ainsi, je crois, se dessine la métamorphose universelle... La promesse offerte à chacun de réaliser – et de vivre – sa véritable nature. Et sa plus profonde identité...

 

 

Dans la foulée fraîche des heures, les hommes s'enlisent. Et dans leur miroir se reflète l'ombre de leur visage. Mille ans pourraient passer. Et rien ne changerait. Du sable et des rêves tachés de sang...

Et ce vent sur notre visage qui creuse son sillon de lumière...

 

 

Quand donc, Ô Dieu, effaceras-tu leur visage – et libéreras-tu la grève de leurs poussières...

 

 

Les hommes, le corps solide, ventru, énorme. Et l'âme si décharnée. Comme écrasée par la graisse du cœur, dégoulinante (si souvent) d'abjections...

 

 

Ah ! Si les pierres du monde pouvaient parler, nous connaîtrions enfin l'histoire de la terre. Et l'on devinerait le sort de nos pas – et la mort (infâme) qui nous est promise...

 

 

Mais quel est donc ce sang qui sort de la bouche des hommes ? Naîtrait-il des entrailles de la terre ? Et qu'est-ce donc que cette montagne de corps ruisselants ? Et tous ces visages – et tous ces chemins – tachés de rouge...

 

 

Et si derrière le haut mur dressé devant la vie, il n'y avait ni tombe ni cyprès – que l'on ne plante (sans doute) que pour les vivants et les rassurer de l'incertain voyage... Et si tout continuait – et recommençait différemment – avec peut-être simplement un nouveau visage...

 

 

Et si l'affreux béton gris dont nous recouvrons la terre était l’œuvre du Diable. Son appel insistant – son invitation perpétuelle à la mort – et dont nous serions les anges noirs... Le bras funeste et grossier dérobant au monde la beauté des forêts...

 

 

L'homme, le corps repu. Et l'âme, abandonnée, qui crie sa faim...

 

 

Et si la nuit – notre nuit – n'était pas le voile le plus sombre... Et si un démon plus obscur – et plus ténébreux encore – avait investi la place – l'antre vacant et inoccupé du cœur – pour plonger le monde dans la noirceur – et l'obliger à crier sa faim de lumière...

 

 

Et si la mort, blanche comme le jour, n'avait davantage de lumière à nous offrir... Et si les heures n'ouvraient ni à la montée ni à l'envol... Et s'il n'y avait que l'instant pour nous délivrer – et le ciel pour nous accueillir...

 

 

Alors que poussent sur la terre les murs et les barrières qui cherchent en vain à protéger – et à mettre à l'abri – nos poussières, et si l'espoir, en définitive, reposait (tout entier) sur le vent – et ses souffles libérateurs...

 

 

Du sable et des rêves tachés de sang. Voilà à quoi nous reléguons nos vies. Et voilà ce que nous offrons au monde et à la terre. Et pas une main levée pour dissiper les songes – et briser les épées. Et pas une seule âme dressée pour crier son innocence...

 

 

Le poète n'écrit rien. Ne produit rien. Il est le terrain de la parole. Le réceptacle sensible des tressaillements du ciel. Et la main de l'âme qui les restitue... C'est au lecteur toujours que revient le plus âpre labeur. Suivre la parole – et lui redonner un visage pour y voir le ciel dansant. Et que se dessine la lumière sur les pages pour éclairer son âme et son propre visage...

 

 

Si nous savions écouter la terre, elle aurait tant à nous dire... Les arbres et les rochers nous parleraient des nuages. Les rivières nous parleraient de la pluie, des falaises et de la rosée. Et notre visage saurait ce qu'il est, ravi de sa demeure – et heureux parmi ses frères sous un ciel enfin réconcilié...

 

 

Hymnes sauvages et chants naturels à la fois exacerbés et corrompus par la voix – et l'ambition – humaines, si grasses des plus vils et des plus nobles instincts de la terre (la survie et la persévérance dans son être) et encore si éloignées de la lumière...

 

 

Encore un songe qui n'aura ébloui que les yeux. Et piétiné l'innocence. Encore un songe qui en nous éloignant de la lumière nous en rapprochera...

 

 

Une voix discrète, à peine audible, s'élève dans la nuit. Celle du poète – son cri – indifférent à l'indifférence des hommes. Inentendu sur terre mais dont les vibrations déchirent le ciel – seul témoin à reconnaître la nécessité – et la sagesse – de sa parole...

 

 

Une nuit en plein jour où les hommes ne distinguent plus même les étoiles. Où la noirceur est si acclamée qu'elle devient lumière. Où les silhouettes – toutes les silhouettes – sont grises et les âmes obscurcies – et égarées – par tant d'errances. Où dans tous les panthéons, la figure du fou a remplacé celle du sage. Où les marchands sont adulés et les poètes méprisés. Où les foules ne se lassent jamais de vénérer et d’idolâtrer les ombres...

 

 

Être seul et contemplatif. Voilà, évidemment, de quoi réjouir l'âme. Assis dans l'herbe parmi les insectes et les nuages. En compagnie des arbres et du ciel. Voilà de quoi sentir le cœur du monde palpiter. Voilà de quoi être au plus proche de la vie pleine – sentir vibrer les sentiments les plus bruts et les plus naturels de l'homme – et laisser la main courir sur son carnet – se livrer à quelques notes et épanchements...

 

 

Tout ce qui est naît, pousse, grandit, évolue et disparaît dans la plus parfaite impersonnalité. Plongé tout entier dans son destin. Et l'homme, doté par la nature (et par Dieu sans doute) de quelques velléités d'intelligence n'échappe pas à cette loi bien qu'il s'imagine libre et doué de libre arbitre (quelle idiotie...) – et qu'il pense, dans sa grande et belle ignorance, pouvoir se façonner un destin. Mais son existence et son histoire (tout entières) sont pourtant, elles aussi, pleinement plongées dans les charmes et les mystères de l'impersonnel. Fruit à la fois des instincts de la terre et de la volonté énigmatique du ciel. Conscience et énergie liées d'une inséparable façon...

 

 

Ah ! Le beau regard du premier homme ! Si plein d'émerveillement pour les beautés de la terre, si curieux de son mystère et doté de cet insatiable appétit de comprendre. Et bientôt corrompu (corrompu malgré lui) par la violence des instincts et la force des désirs du monde. Et bientôt envahi par la peur et les doutes – par l'impératif de survie et le recroquevillement*...

* Recroquevillements perceptif et existentiel...

 

 

La nuit, le monde endormi. Et pas davantage éveillé durant le jour... Emporté par ses tourbillons ravageurs. Rabâchant ses songes. Les améliorant à l'occasion – à chaque nouvelle opportunité. Se rapprochant (continuellement) de ses fantasmes. Poursuivant inlassablement son sommeil...

 

 

Hommes et monde, pantins de la conscience, unique marionnettiste dont le jeu et les fils pénètrent si profondément – et si intelligemment – chaque fibre (et chaque cellule) de ses marionnettes qu'il leur fait croire qu'elles sont maîtres de leur destin... Quel merveilleux et diabolique stratagème pour que les hommes et le monde s'éveillent à eux-mêmes – et finissent, un jour, à force d'expériences et de compréhension, par se reconnaître pleinement en la conscience...

 

 

Les mots faibles – vacillants – qui s'entrechoquent au fond du crâne – et sortent des lèvres en logorrhée. Qui jaillissent et s'élancent à l'assaut du monde – à l'assaut des visages – pour les convaincre, les rallier, les corrompre. Et, au loin, l'homme sage assis en silence. Mastiquant sa parole inentendue. Belle pourtant de tant de vérités...

 

 

S'asseoir en silence. Et regarder les désastres et les merveilles du monde. La grâce et le saccage des vies...

 

 

Que l'homme est beau – et que son visage est doux et lucide (un peu effrayé peut-être parfois) lorsqu'il se retrouve seul et nu – sans accessoire ni outil. On aimerait alors embrasser sa tristesse, sa solitude et ses interrogations. Lui ouvrir grande la porte des retrouvailles. Et offrir à son âme le silence – le beau silence – qu'elle réclame...

 

 

Le silence, bien sûr, aura toujours plus à offrir que le langage. Et la parole – la parole simple et profonde – qui émane du silence (qui sait y trouver appui et s'y coucher avec modestie) est – et sera toujours – plus riche que les discours complexes et argumentatifs orchestrés par la raison...

 

 

Et si le silence avait raison de caresser notre visage... Et si seulement notre âme savait parfaitement s'y coucher, le monde alors deviendrait plus séduisant que les songes...

 

 

Sur notre visage – et dans nos pages, s'exprime toute la couleur de notre âme...

 

 

Il n'y a, je crois, de plus beau tressaillement que celui de la liberté innocente... Son ombre même semble portée par la grâce...

 

 

Et si l'ambition et la convoitise n'étaient que le désir d'une reconnaissance – d'une égalité – d'une extinction... Mais qui donc a décrété que nous n'étions pas égaux face au silence – si humbles – si blêmes – si innocents...

 

 

Lorsque la nuit aura la candeur du jour, aurore et crépuscule se confondront. Et les âmes iront, légères, dans les heures blanches...

 

 

Aucun œil penché sur nos pages. Pas même une ombre. Ni même une silhouette. Et le ciel, hilare, qui applaudit... Sachant, sans doute, que la renommée – et le vain prestige – entachent presque toujours l'innocence – arrachent l'âme à son humilité et la redressent... Et sans innocence – et sans humilité – comment pourrait naître la parole – la parole poétique – si nécessaire à la terre malgré le mépris et l'indifférence des hommes...

 

 

Et si tous les hommes mêlaient leurs larmes... et si tous les poètes unissaient leur cri, les étoiles sur la terre seraient-elles plus vives ? Scintilleraient-elles davantage ? Et le ciel devant nos yeux serait-il plus bleu ? Et l'avenir du monde moins sombre – et les êtres assurés d'aller plus libres et plus joyeux vers leur destin ?

 

 

Et si le monde, soudain, devenait plus doux que les songes, échapperions-nous aux rêves ? Et ces larmes – toutes ces larmes – sur notre visage triste se transformeraient-elles en confettis de lumière ?

 

 

L'âme triste, souvent, est la muse du poète. Mais ses larmes jamais n'effacent le sourire – et la tendresse – de son visage. Et sa main toujours continuera de courir sur l'innocence de la page. Et les jours gris – les heures noires – et le monde si plein de chaos et de beauté – et la joie – et la grâce des années – et l'infini rempliront toujours son silence...

 

 

Tant d'heures – et d'instants – étranges et différents dans une journée. Comme une vie entière qui défilerait en un seul jour...

 

 

Une vie entière parfois brisée – brisée à jamais – par un instant – un seul instant de malheur. Et qui invite la noirceur jusqu'à la fin des jours...

Et une vie entière parfois arrachée – arrachée à jamais – aux malheurs par un instant – un seul instant – de grâce et de présence. Et qui invite le cœur à s'évider – et l'innocence et l'éternité jusqu'à la fin des temps...

 

 

Et si les hommes se tenaient la main – et si les sages et les poètes versaient sur les lèvres leurs paroles, les larmes couleraient-elles devant tant de beauté – devant cette chaîne ininterrompue de chair et d'émotions ? L'innocence et la joie seraient-elles enfin accessibles ? Dieu n'a sans doute pour les hommes d'autre rêve... Et voilà peut-être pourquoi, il encourage le labeur des sages et des poètes...

 

 

La mauvaise foi du monde. Mal inguérissable sans doute tant que l'individualité et les représentations seront à la manœuvre dans l'esprit des hommes...

 

 

Les hommes toujours (en apparence) sûrs de leur posture et de leurs bons droits. Et les affichant avec assurance, fierté et ostentation malgré la déficience évidente de leur savoir, la faiblesse de leur argumentation et leur confiance (en eux) étroite, bancale et mal assurée... Comme des coqs et des grenouilles postés devant l'humble et sereine quiétude d'un bœuf sage...

 

 

J'abhorre la morgue crasse et prétentieuse de l'humanité. Ah ! Faites donc que Dieu m'entende – et qu'il leur fasse fermer leur clapet – et ravaler leur maladif orgueil !

 

 

Aujourd'hui, qui en ce monde (numérique) malade de réclame, de conquête et d'égotisme, ne dispose de sa vitrine pour afficher – et exposer à la terre entière (et peut-être bientôt à l'ensemble de l'univers...) sa misérable existence, ses dérisoires richesses, ses pauvres exploits et ses découvertes sans envergure ? Partout le foisonnement de l'indigence, du spectaculaire (mensonger) et de la médiocrité... Partout le triste spectacle de la bêtise offert à la stupidité des hommes...

 

 

Au fil de sa fréquentation du monde et de l'humanité, l'innocence originelle s'est corrompue. La force des instincts s'y est substituée. Et est devenue loi... Et l'homme sage doit y faire face. Et y répondre parfois (lorsqu'il y est acculé) de la même façon – à la manière des bêtes...

 

 

Ce monde a insidieusement aboli la curiosité et le questionnement naturels, le goût de l'effort, le geste désintéressé, l'innocence et la sagesse. A présent, les hommes ne jurent plus que par leurs contraires – et ne se gavent – et ne s'occupent plus – désormais que d'opinions, de jugements, d'idées faciles, de prêt-à-penser, de confort, de facilité, de commerce, de réclame, d'astuces, de stratégies, de jeux et de distraction. Voilà à quoi ressemblent aujourd'hui le monde et la vie des hommes sacrifiant sur l'autel de la bêtise et de l'ignorance les plus belles caractéristiques – et les plus beaux atouts – de l'humanité...

 

 

Un bureau à ciel ouvert. Un carré d'herbe. Un coin de ciel. Et le cœur – et la main – qui s'offrent à leur vocation. En de telles conditions comment pourrait-on ne pas aimer sa besogne ? En de telles conditions comment le travail (mais en est-ce vraiment un ?) pourrait-il ne pas être épanouissant ? N'offre-t-il pas un poste naturel et sur-mesure adapté à notre entière idiosyncrasie ? A mille lieues des emplois rébarbatifs, alimentaires et sans intérêt de notre époque...

 

 

L'écriture parfois se fait présence. Compagnie nécessaire à la solitude. Comme un surplus d'être à nos déficiences... Offrant peut-être aussi la certitude de la réalité (d'une certaine réalité) de l'existence – que quelque chose en nous vit – et éprouve – des événements pas tout à fait fictifs – des faits et des circonstances qui induisent des ressentis et des impressions qui peuvent être couchés sur le papier – des notes qui attestent que nous sommes vivants – que quelque chose en nous est présent au monde...

 

 

Aujourd'hui, de quels métiers une société – une communauté d'hommes – ne pourrait-elle se passer ? De paysans pour offrir à manger (et répondre aux besoins alimentaires), d'éducateurs pour inculquer les savoirs, d'artisans pour fabriquer les objets d'usage courant, de médecins (herboristes et guérisseurs) pour soigner les corps, de chercheurs pour continuer à répondre aux plus belles aspirations de l'homme, et de poètes – et de sages – pour dire l'indicible et l'invisible. Métiers auxquels on pourrait peut-être (éventuellement) ajouter quelques postes de techniciens pour faire fonctionner les appareils et les machines...

Et n'allez pas croire que cette courte liste et l'usage de termes un peu désuets fassent de moi le chantre d'un quelconque passéisme. Ils soulignent simplement que l'homme (l'homme naturel) a besoin, en définitive, de peu de choses pour vivre. Et que le monde actuel (et futur sans doute) avec ses millions d'emplois de toutes sortes (dans tous les domaines) et ses millions d'objets et de choses produites et consommées ne répond qu'aux exigences capricieuses de nos esprits immatures et ne fait, en vérité, qu'alimenter l'absurdité de nos existences...

 

 

En définitive, je suis comme les bêtes. Je ne peux vivre qu'à l'écart des hommes – dans les forêts et les collines. Et je ne peux me résoudre à les fréquenter pour mille raisons (et toujours pour mille justes et bonnes raisons). Et comme les bêtes, seule la compagnie du ciel et des arbres m'enchante...

 

 

Le regard lointain. Et le cœur proche. Au plus près du monde – uni aux gestes, aux situations et aux circonstances. Ainsi vit l'homme sage...

 

 

A l'échelle géologique, que représente, pour la roche et la couche terrestre, une civilisation avec ses routes, ses cités, ses monuments et ses bâtiments ? Que représente une ville avec ses rues, ses édifices et ses trottoirs ? Et que représente une simple habitation (si importante à nos yeux) avec ses murs, ses terrasses et ses jardins ? A peu près rien. Une mince couche de vernis que les vents, un jour, balaieront et effaceront pour laisser réapparaître la roche et la couche terrestre aussi neuves qu'au premier jour...

 

 

Depuis la naissance du monde, la même histoire, indéfiniment, se répète. A peine soucieuse de changer d'habits et de décors et pourtant, contrainte malgré elle, d'en endosser toujours de nouveaux...

 

 

Un homme face au ciel. Seul et interrogatif. Le regard irrésistiblement attiré par l'infini et la lumière. Qu'y a-t-il de plus émouvant en cette humanité...

 

 

La besogne obscure du poète. Et ses lignes claires sur le blanc de la page. Tentant d'arracher à la noirceur du monde – et de l'âme – un peu de lumière...

 

 

On pourrait pourchasser les ombres. Mais à quoi bon ? dit la lumière. Laissons-les s'effacer... Et nous en serons à jamais débarrassés. Mais avant qu'elles ne disparaissent, sachons nous montrer patients...

 

 

Au milieu des bêtes, le jour clair. La fête. Et la danse du vent. Les révérences de l'herbe. L'acquiescement silencieux des arbres. Et l'approbation du ciel et des nuages. La musique de l'eau sur les roches et les galets des rivières. Le consentement entier de l'univers.

Et au milieu des hommes, la nuit qui avale. Le froid et la peur qui gagnent le fond des âmes. Et le cœur asphyxié qui s'atrophie...

 

 

Et si, un jour, l'aube s'ouvrait définitivement... Mais n'est-elle pas déjà ouverte ? dit la lumière. Les portes du silence ne te sont-elles donc pas accessibles ? Où as-tu donc posé les yeux – et ton cœur – pour qu'elles te demeurent invisibles ?

 

 

L'angoissante approche du monde à notre fenêtre. Traversant portes closes et volets fermés. Pénétrant tout jusqu'à la moelle. Et l'extra sensible jamais ne pourra se barricader. Il se laissera dévorer jusqu'au dernier os...

 

 

L'homme, ce passant pressé aux folles idées. A l'existence plus stupide que celle du brin d'herbe, moins belle que celle de la fleur, moins vive que celle de la bête et moins vaste que celle de l'étoile. A l'esprit – et au regard – si borgnes – si éteints qu'il ne devine pas même l'infini et la lumière qui l’accueillent et l'éclairent...

 

 

Qui es-tu vraiment – et où es-tu donc –, présence, parmi les nuées d'hommes et d'insectes – et les grandes étendues d'herbe verte ? Moi qui t'apercevais – et te fréquentais – dans l'infini clair du ciel, pourquoi ai-je tant de mal à te voir – et à t'approcher – sur la terre noire et surpeuplée ?

 

 

Ah !Cette si parfaite normalité qui cache tant de déficiences : intellectuelle, sensible, émotionnelle, métaphysique, relationnelle, spirituelle, compréhensive, perceptive... Et dire que parmi les hommes, une belle moitié n'en a pas même conscience – et que l'autre dissimule sa différence (et ses particularités) pour ne pas se singulariser et sortir du rang... Quel égarement lorsque l'on sait la longue et rude besogne qui nous attend...

 

 

Lorsque je vois un être – un homme – faire son possible – faire de son mieux – en offrant toute son âme pour aider et accompagner d'autres êtres – d'autres hommes – (et qu'importe ce qu'ils sont...) sans fanfare ni trompette, animé par sa seule foi en la vie – par sa seule foi en le monde –, mon cœur s'émeut. Et les larmes coulent sans que je puisse les retenir. Et me vient l'envie – presque irrépressible – de l'embrasser et de le serrer contre moi...

 

 

Au lieu de célébrer l'Amour et la gratuité, l'homme vénère la valeur et la ruse... Et qui plus est, donne à tous les (faux) airs de partage et de fraternité les couleurs du désintéressement et de la générosité... Ah ! Mon Dieu ! Quel pitoyable animal...

 

 

Il y a souvent (en nous) une foule de souvenirs qui nous blessent (encore) et quelques images qui savent nous réconforter avant que l'innocence – le regard innocent – ne panse nos blessures et n'offre pleinement sa joie. Effaçant presque totalement* la fatalité des souvenirs douloureux et la nécessité d'images réconfortantes...

* Hormis peut-être dans nos jours et nos périodes les plus sombres où nous sommes (presque) incapables d'habiter l'innocence – le regard innocent... 

 

 

Philosophie, existence, poésie et spiritualité. Notes d'un homme sur l'Absolu, la vérité, l'infini, la vie, l'éternité, le monde, la nature, les hommes, les bêtes, le chemin, la présence et l'impersonnalité...

 

 

[Eléments de portait(s) (im)personnel(s) ?]

Qui suis-je ? Un auteur parfaitement inconnu. Un passant. Un passager provisoire. Un funambule aux semelles plantées dans le roc. Un visage anonyme. Un instant dans l'éternité. Un souffle rauque et léger dans l'infini. A peu près rien. Personne. Une ombre fragile dans la lumière. Un cri sans écho peut-être... Un gravillon sur le chemin – et dans la sandale du marcheur. Une lueur sur l'horizon. Une lanterne dans la nuit. Une question sans réponse. Pas même un message. Une incongruité peut-être... Une secousse. Un léger tressaillement dans l'air. Un parfum oublié. Une silhouette que l'on oubliera. Un labyrinthe. Un puzzle vertigineux. Un désastre. Une modeste hécatombe. Un prophète ignare et ignoré. Un jeu sans rôle ni drôle. Un rêve. Un cauchemar peut-être... Un oubli. Une erreur. Une plaisanterie de mauvais goût. Dieu. Un pantin. L'infini. Et le silence enfin retrouvant son origine...

 

 

L'univers d'un être se réduit, le plus souvent, à quelques visages... Homme ou bête, jeune ou vieux, riche ou pauvre, célèbre ou anonyme qu'importe... Le monde se réduit simplement à quelques visages. Et les autres – le reste du monde – ne sont qu'un décor (presque) sans importance...

 

 

En nous se cherche cette présence incomparable que les jours – et les siècles – nous révèlent...

 

 

Une voix qui s'éteint dans l'aurore. Et le soleil resplendissant – plus resplendissant encore peut-être de cette absence...

 

 

Et si nous portions l'eau du puits à nos lèvres, la pluie serait-elle moins noire ? Et la gorgée plus fraîche que nos lampées avides à nos mares – et à nos flaques – croupies et asséchées...

 

 

Et si le lointain n'était que le songe du plus proche... Le rêve de Dieu de nous voir parcourir le monde pour retrouver la source de toutes les existences... Pour que nous puissions nous y rafraîchir – et nous y abreuver...

 

 

Les oiseaux de passage s'effacent dans la couleur des saisons. Et des collines ils s'envolent vers des terres plus claires – plus transparentes peut-être – plus proches sans doute de la main de Dieu. Comment les oiseaux pourraient-ils ignorer que le ciel est leur destin ?

 

 

Et si la bouche – et si nos lèvres – n'étaient faites pour parler. Ni même pour manger. Mais pour sourire et embrasser...

 

 

Et si l'âme n'était que le visage singulier des profondeurs impersonnelles... Une facette – l'une des innombrables facettes – de sa figure infinie...

 

 

Et si nous pouvions nous surprendre cherchant à tâtons, au cœur du jour, la lumière... naîtrait sans doute (aussitôt) un grand rire... Et nous regarderions notre visage défiguré par la peur s’émerveiller soudain du grand soleil déjà présent à nos côtés – illuminant le fond de l'abîme où nous avons cru être jetés...

 

 

On ne vit jamais qu'une fois la vie – l'instant – tout au long de l'éternité... Et cela serait mal connaître les dieux, la terre passante et le ciel vaillant et indéchiffrable que d'oser vivre – et affirmer – le contraire. On vivrait alors, sans doute, bien bête et déprimé – et presque sans âme – jusqu'à la fin des temps...

 

 

Une averse drue dans la campagne. Une pluie fine au coin des yeux – et la chevelure dégoulinante. Et dans le ciel gris, les nuages espiègles qui se jouent des couleurs, repeignant les âmes, les visages et les paysages de leurs doigts lestes – étalant à grands seaux leur palette née des océans. Et sous leurs pinceaux toujours chanteront les rivières et les oiseaux...

 

 

Et si le silence de l'herbe était plus juste que la parole poétique. Et si le monde était plus vrai que ces lignes... Et si, malgré tout, nous avions raison de continuer à dire le monde – à nous ouvrir au silence de l'herbe – et à lire les livres des poètes...

 

 

Le feu et le froid des jours. En égale proportion sur nos vies. Et, plus tard, les cendres et la glace recouvrant – et encerclant – le monde. Et les corps ensevelis. Et les têtes – et les mains – surnageant dans la poussière glacée et brûlante, jetant leur cri au silence...

 

 

La vie toujours sera moins sourde au silence qu'à la parole...

 

 

Et si, pour une fois, nous préférerions le silence et la beauté aux fracas du monde et des armes...

 

 

Et si les mots n'étaient que le tricycle de la pensée. Et qu'il nous faudrait apprendre à vivre – et à pédaler – sur des machines moins puériles – puis à nous défaire des engins – pour aller seul – et sans appui – dans les bras de la nuit... Le jour – et nos vies – alors peut-être deviendraient plus clairs...

 

 

Et si nous étions tous, en réalité, la main de Dieu, tantôt sombre, tantôt lumineuse... Frappant parfois les têtes, éviscérant les corps et déchirant les cœurs de son épée. Et d'autres fois, les caressant, les soutenant et les réconfortant de son eau – ou de son huile. Mais guidant – et accompagnant – toujours les âmes sur leur chemin vers leur fief éternel...

 

 

Poète du feu clair. Et des jours sombres. Aux paroles sans malice et à la vérité brute offertes à l'éphémère...