Journal poétique / 2017 / L'intégration à la présence

A travers les étoiles, une lumière déjà présente...

Marcher, sourire, vivre. Aller dans le calme des heures où les tempêtes n'ont plus prise ni sur les jours ni sur le cœur. Où l'âme, vive, ne s'inquiète pas même du lendemain...

Oublier. Courir dans le silence à gorge déployée. Et écrire un peu. Dire cette lumière qui jamais n'encombre l'âme...

 

 

A travers les étoiles, une lumière déjà présente...

 

 

Marcher, sourire, vivre. Aller dans le calme des heures où les tempêtes n'ont plus prise ni sur les jours ni sur le cœur. Où l'âme, vive, ne s'inquiète pas même du lendemain...

 

 

Oublier. Courir dans le silence à gorge déployée. Et écrire un peu. Dire cette lumière qui jamais n'encombre l'âme...

 

 

Du simple au double, il y a multiplication. Et addition des surplus jusqu'au bord, peut-être, de l'infini... Mais du simple au rien, il n'y a qu'un pas. Un retrait. Une étoile jetée au gouffre. Un charme ancien – originel sans doute – oublié... Un ciel, immense, agonisant sur la mer. Un soleil rouge et triomphant. Une extase de l'absence. Un nouveau départ dans la marche continuelle et le monde ininterrompu...

 

 

Nous pourrions mourir de ne pas savoir si la neige, demain, tombera. De ne pas voir une fois encore les oiseaux – et entendre leur chant à l'aube. D'imaginer, un instant seulement, le soleil dénigrer les horizons – et s'effacer pour toujours. De rêver de visages et d'absence... Et nous pourrions aussi mourir de ne pas avoir vécu – ou de n'avoir vécu (tout cela) qu'en songes...

 

 

Un rêve, un amour, une vague promesse. Et l'éternité d'un jour qui dure encore...

 

 

Oublieux des saisons, des moissons et de l'or même qui s'écoule des poches percées. Libre sans doute pour le restant des jours...

 

 

Un visage, un songe, un chemin. Et l'ignorance de ce qui nous sépare davantage de nous-mêmes. Notre propre perte sûrement nous apprendra à en sourire... Demain peut-être serons-nous nous mêmes, un visage, un songe, un chemin... avant que la mort ne vienne tout bazarder... et le silence, plus tard, effacer toutes les traces de notre si bref passage...

 

 

Parmi les bouches – et les souffles – amers – désespérants –, un désir, un silence, un oubli. Le recommencement peut-être des jours. L'absence et les égarements du lendemain. Et l'infini révélé dans un murmure comme l'ultime présent du vent dans la compagnie, triste, des ombres et de la mort...

 

 

Un toit, un arbre et le présage, immérité peut-être, de la lumière. Et l'avenir qui se dessine à grands traits. Et les aubes chantantes où perce déjà le silence...

 

 

Et si le monde pouvait encore nous donner... à nous qui n'avons plus rien à offrir sinon une main tendue – et l'espoir de voir le ciel nous rassasier, emplir nos poches de lumière – boire un peu de vin et mourir sans effroi les yeux rivés à la terre...

 

 

Perdu encore dans les eaux grises du jour. Sous le soleil lointain qui s'offre aux horizons. Trop fatigué peut-être – trop lucide sans doute – pour accomplir un seul pas supplémentaire... Nous agoniserons ici, à l'ombre de toutes les espérances, sous le ciel bas et opaque. Avec cette lumière qui, seule, pourra éclairer la nuit, repousser les ombres et l'espoir. Et nous initier à la mort perpétuelle. Seule voie possible vers la liberté – vers la délivrance posée en un lieu affranchi du jour et de la nuit – de la désespérance et de l'oubli – de l'effacement et de la vie, éternellement recommencés...

 

 

Et parmi ces yeux qui nous regardent, combien sont-ils attachés à la souffrance et au silence de la cécité ? Pourraient-ils rêver de voir qu'ils ne verraient rien... sinon peut-être la douleur de vivre et le noir, partout, envahissant jusqu'au renoncement sans doute de la clarté... Des yeux fermés que le chagrin et la mort même ne sauraient entrouvrir...

 

 

On entre en vie peut-être comme l'on entre en scène avec ses costumes et ses répliques apprises dans un décor presque inconnu sous des yeux inattentifs, assoupis sans doute, et parmi des mains qui applaudissent mécaniquement (ou par politesse) et des bouches qui lancent leurs sifflets. Comme si la vie était un théâtre de monologues et de silence, ânonnés ou proclamés avec force (ou talent – qu'importe...) devant une foule toujours lasse et indifférente...

 

 

Un jour, un sommeil et des songes toujours plus noirs qui ouvrent sur des matins de suie. Avec au centre du cercle, une lueur revêche – rétive à la saisie – sous un couvercle de verre. Et nos mains brûlantes encore d'un soleil ancien, comme amputées, incapables d'arracher la lumière à son (triste) destin et à ses remparts de glace. Vouées peut-être encore pour quelques siècles à tous les malheurs...

 

 

Des hommes. Et un cri unique lancé depuis les falaises de la peur au ciel éternellement moqueur...

Dans un silence que nous ne savons pas lire... Dans un langage pur – défait peut-être de toute grossièreté – que nous ne savons toujours pas traduire... Comme des analphabètes en nos propres terres. Comme des exilés de notre origine – enfantés sauvagement dans l'ignorance et l’incompréhension...

 

 

Rien ne tient entre nos mains. Tout s'affaisse dans le jour. Et la nuit avale ce qui reste... Ne demeurent, comme toujours, que le vent et la poussière. Et nos rêves d'innocence. Et notre envie si folle de lumière. Comme un trésor à portée d'âme. Le seul peut-être – le seul sans doute – de ce monde que la mort ne pourra nous arracher... Et qui brillera encore dans toutes les nuits... Et qui brillera toujours après la fin des siècles... Après la longue agonie de ce monde malade et la disparition de tous les espoirs...

 

 

Cette présence si discrète parmi nous. Dans les yeux et sur ce qu'ils effleurent. Et au plus profond même de ce qu'ils caressent et de ce qu'ils ignorent. Partout rayonnante – et si invisible pourtant...

 

 

Que guettes-tu, toi qui n'attends rien ? Le jour qui arrive. Et la nuit qui s'en va. Les lumières, les larmes et les cris à l'horizon. Le jour qui repart. Et la nuit qui s'avance. Le noir qui enfonce les yeux, la joie et les rires de l'âme au fond de la gorge. Les chants, les querelles et les appels dans les belles – et hautes – frondaisons. La peur, l'amour et la colère – et l'incompréhension toujours – sur les visages. Le sourire, léger – et un peu triste – des enfants et le silence, gêné – si malhabile – des vieillards. La mort qui se cache – et qui couche les corps dans la terre. Et le jour et la nuit qui reviennent toujours...

 

 

Partout la nuit. Et déjà le jour pourtant... Là depuis tous les commencements. Et bien avant même sans doute... Dans les yeux – le cœur – et sous le front bas des hommes qui ont su apprivoiser, dans le noir, l'innocence – et les visages – tous les visages – l'absence et l'orgueil inutile des noms et des titres – et le souffle des vents sous les épaulettes et les médailles accrochées sur les torses. Et qui ont tout embrassé – et qui ont tout effacé pour que demeure le jour...

 

 

La nuit encore – la nuit toujours – parmi les siècles et les visages devenus lacustres à force de pluie – à force de larmes. Et le soleil déjà haut dans le ciel – et si bas dans les âmes – si insaisissable par les mains noires qui se lèvent et implorent encore...

 

 

Ne pas réduire, jamais, la peur au silence. L'accueillir toujours. La laisser se déployer et pousser ses cris au centre – au cœur même – de l'écoute. L'envelopper de cette présence qu'elle réclame. La rassurer de la permanente certitude de l'Amour. Et l'en entourer. Ainsi seulement s'effaceront les peurs et le cri des âmes infantiles...

 

 

Au bord du jour, de l'autre côté de la lumière, les âmes demandent – réclament encore – la certitude du silence...

 

 

Une flaque, un jour et la nuit qui s'avance. Et le reflet de la lune dans le regard. Aussi intacte que le soleil prisonnier dans la vaste étendue du dehors...

 

 

Partout des mains plus soucieuses de saisir et de salir que de caresser. Que d'offrir au monde – et aux âmes – cette liberté qu'ils réclament depuis toujours – bien avant même leur naissance sans doute...

Ne pas leur donner l'espoir. Jamais. Ne pas les délivrer. Impossible. Les aider peut-être à trouver l'accès – le recours possible au secourable...

 

 

Un gris sur l'absence. Une fadeur – une routine – empalée. Un cri muet – frelaté de souffrance sans doute. Des gestes machinaux. Une parole qui ne sait plus dire (mais l'a-t-elle déjà su...). Des lèvres blanches, absentes elles aussi. Silencieuses. Une existence minuscule – minimale – pas même anecdotique, cloîtrée dans l'attente, aux horizons noirs – fermés. Et la mort enfin qui viendra clore les quelques pas et la faiblesse du souffle. Une vie parmi tant d'autres – aussi risible et aussi belle...

 

 

L'existence ? Ni défi, ni enjeu, ni épreuve. Un jeu pour les âmes – et les lèvres – discrètes. Un récital de cris et de murmures. Une scène d'absents et d'absence. Un peu de lumière dans le néant peut-être... mais si pâle – si peu joyeuse. Trop puérile encore pour s'émanciper – affirmer sa vraie nature – assumer son véritable destin. Un rêve dont il faudrait extirper les mensonges... Une averse pour les rires qui viendront plus tard peut-être...

 

 

Une clé, un champ, un songe. Et les pas envoûtés qui accourent, franchissent les monts et les obstacles. Sautent par dessus les rivières, les visages et les océans. Piétinent, tassent et massacrent la terre pour quelques rêves passagers – quelques chimères – quelques fantômes – fuyant dans les paysages. Impossible, bien sûr, à rattraper. Foulées lasses – et presque moribondes bientôt – qui laisseront les corps inertes, un jour – dans quelque temps – mourir dans un fossé sous des étoiles qui brilleront encore...

 

 

Et toute la beauté du monde est là pourtant... Partout où l'âme passe, si légère... Partout où sautille le regard, vidé de sa prétention personnelle à exister – et à devenir... Partout où la lumière a remplacé les larmes et la pluie...

Partout il y a cette lumière – et ce silence – qui ne fascinent – et n'effrayent – que les paupières lourdes d'orgueil et de chagrin – et que ne voient jamais les hommes, trop affairés encore à courir dans leur nuit mensongère...

 

 

Une route, un rêve et un éclat de lumière dans le regard, songeur, qui parcourt le monde à petits pas – ou à grandes foulées parfois... Yeux bandés à la route, tête déjà à l'horizon – ailleurs – posée au lendemain, incapable de s'asseoir et d'attendre sur le bord du chemin pour voir arriver le plus simple du destin. Et à sa suite, le cortège improbable de l'innocence escortée par la joie et la lumière. Et surprendre l'âme, heureuse enfin, rassasiée de tous les trésors, délaisser les sentiers, les visages et l'horizon pour s'avancer, immobile, aux portes – si longtemps interdites – de l'éternité où l'infini l'attend depuis des siècles...

 

 

Le poète, comme le marcheur et le vagabond, creuse l'espace – et la lumière – de son sillon. Et en éclabousse ses pas et ses pages. Minuscules perles – infimes poussières – lumineuses parmi les espoirs et la désespérance, si noirs, des hommes...

 

 

Laissons le destin nous offrir ses chemins – chemins non de hasard et de promesses mais de vérité. Et laissons-les nous ouvrir à l'innocence, puis à la lumière – à ce pour quoi nous sommes nés : une vie immense d'ivresse au regard lucide et serein – affranchi des désirs, des songes et du lointain. Immobile sans doute. Soucieux toujours de toute rencontre – du pas et du visage de son Prochain...

 

 

Un passage peut-être entre les eaux. Un gué entre le ciel et la terre parmi les cris et les bourrasques sordides. Parmi les hommes et le vent tiraillés – et soumis à la colère du soir. Aux promesses désenchantées du lendemain où les oiseaux se moqueront encore de leurs essais – de leurs vaines tentatives d'envol... Refusant – refusant depuis toujours – le pas naturel de la terre et la sagesse des océans. De devenir leur jointure – et l'élan de leur union...

 

 

Et ce cri qui jamais ne percera la clameur des foules et des océans. Et qui restera muet. Tapi au fond de la gorge, encore rieuse malgré les épreuves. Comme s'il attendait l'âme pour le transformer en silence...

 

 

Le silence cernera toujours notre visage – et notre âme comprenant (progressivement) sa chance... Et pourtant, le vent – et l'océan – se fracasseront encore contre la vitre. La fenêtre fermée – fermée depuis toujours...

 

 

Mi-bête mi-homme. A cheval entre l'humanité et la sauvagerie. En selle – au galop dans les plaines où les instincts font office de lances, d'épées et de boucliers contre une armée semblable de fantômes alourdis de chair et de sang. Brûlant l'innocence au fond de l'âme – et dont les fumées noires enlaidiront encore la terre...

 

 

Le monde. Un spectacle pour les yeux, peut-être trop assoupis – trop étrangers à la beauté sans doute – pour y déceler l'innocence des âmes – et l'invisible – et rude – besogne de Dieu parmi les bras, les mains et les yeux si avides de jeux et de sang...

 

 

Nous sommes devenus immobiles – et sans voix – comme si un arbre – l'ombre d'un arbre peut-être – avait poussé dans notre tête. L'avait envahie de ses feuillages. Et avait pris racine bien en deçà des épaules pour que nous puissions pousser – pousser aussi haut que possible, les cheveux en pagaille – ébouriffés par la brise du soir... et voir arriver derrière les nuages, un soleil – une lumière – qui ne viendra peut-être jamais...

 

 

On se tient seul dans cette déesse aux mille bras, aux mille bouches, aux mille infortunes... Et il nous faut pourtant la compagnie des visages. Et plus encore celle du silence pour durer un peu parmi ces mains et ces faces grouillantes – presque sans cœur – qui agrippent à peine un peu de lumière parmi les horizons noirs – et les rideaux sombres qui recouvrent la terre... Un peu de ciel au coin des yeux et l'espérance de la bonne fortune pour seuls repères. Le chemin – et le voyage – âpres – âpres toujours – pour les âmes peu soucieuses de revanches et de défis, plus sensibles au soleil qu'aux ombres – et qu'à la pluie interminable dans cette longue traversée des jours – cette longue nuit peut-être infranchissable...

 

 

Une ombre, un désir, un espoir. Et le faible tressaillement des eaux sombres... Et une lumière devinée malgré la pluie et les pleurs... Demain peut-être un autre horizon... Et, plus tard encore, l'innocence à retrouver, enfouie sans doute sous trop de malheurs...

 

 

La pluie a notre visage peut-être... Un peu d'innocence au fond du cœur. Le goût des autres. Et leur bonheur aussi – allez savoir... Et ce reflet, si fragile, dans la tristesse qui espère tant de sa besogne : le renouveau des choses – et la grandeur du monde. L'infinie beauté de la terre...

 

 

La pluie, une prière et une promesse peut-être d'embellie... avant de regagner les heures calmes – défaites – et l'âme morose, désabusée par tous les climats. Et le renouvellement si routinier des saisons...

 

 

Un peu de tranquillité ? Non, des eaux stagnantes simplement après la pluie, le vent et les bourrasques. Après les tempêtes, les averses, l'inquiétude et les malheurs. Un peu de répit seulement pour l'âme passagère – et triste – si triste de tous les paysages. Espérant un ciel qui ne vient pas – une lumière qui n'a peut-être jamais existé...

 

 

Et il y a aussi une joie – et une lumière – dans le silence, rebelles à toute rétractation qui, en accueillant l'ombre, l'effacent...

 

 

Sempiternelles variations autour de l'ombre et de la lumière. Comme pris dans la danse éternelle de la trame – et ses permanentes secousses. Jouet perpétuel des vents dans le soleil encore si intermittent...

 

 

Debout, d'abord médusé, face au silence. Fragilisé par les vents, les gorges moqueuses et la solitude des territoires. Avant de s'y coucher à son aise. Et de le transformer en maison d'hôtes accueillante – en refuge parfois contre le monde – en jardin d'éternité – pour offrir à l'infini son envergure quotidienne...

 

 

Un sourire, un jeu, un silence. Et la lumière qui embrasse le bout des lèvres, timorées autrefois jusqu'à en perdre souffle...

 

 

Un mystère rétréci jusqu'à son centre. Jusqu'à l'effacement de toute énigme. Libérant le silence de ses terreurs. Et l'infini de ses frontières. Et le regard enfin apaisé, affranchi des pesanteurs...

 

 

Un pas, un chemin et la beauté enfin révélée aux yeux autrefois si circonspects – et si railleurs...

 

 

Pas à pas vers les confins de l'origine. La matrice de la grâce et des siècles qui a enfanté tant d'incompréhension. Et l'incertitude comme seul repère – le socle de tous nos élans...

 

 

Une fleur, un visage et la voûte aux étoiles illuminée d'un sourire. La face de Dieu, béate, devant la fragilité du monde. Terre et hommes aimés d'une égale façon...

 

 

Un soupir, un geste, un désir. Et la peur de voir s'effacer la lumière dans le regard. Et le doute encore plus rude de la réalité...

Et si la grâce et la beauté disparaissaient, l'âme serait-elle corrompue – exilée de l'innocence peut-être... Pourrions-nous vivre de plus grand drame...

 

 

Un lit, une fenêtre et l'espoir de revoir le jour le lendemain. La misère enfanter le goût de la lumière. Les pleurs se transformer en fleurs. Et partout le rire conquérir les âmes...

 

 

L'instant, seul dissident du temps. Reléguant les heures, les jours et les siècles aux catacombes. Millénaires, éboulis dans l'éternité. Néant dans l'infini. Ah ! Invisible révolutionnaire...

 

 

Une table au coin du jour. Et l'âme qui se repose à la fenêtre du temps. Attendant peut-être l'aurore – ou la nuit – allez savoir... – hier ou demain. Plus tard qui ne viendra jamais. Et le visage des morts qui ne reviendront plus...

 

 

Les yeux, fenêtre de l'âme, dit-on où l'on ne voit que les craintes se succéder et les songes tressaillir dans le doute – et l'incertitude charnelle d'exister... Et l'angoisse, plus forte encore, de devenir – et d'essayer de percer son mystère. Et l'espoir – la lueur – chavirés par des siècles de tempête et la platitude de la lumière, inchangée, sur l'horizon...

 

 

Sur le cœur, parfois une éraflure s'ajoute aux vieilles cicatrices, mal refermées bien sûr, qui dessinent sur la chair rouge – tendre – l'image du malheur et des saisons mal vécues – et l'évidence du peu de temps qu'il reste pour vivre et aimer. Et apprendre à être un peu... Pour s'affranchir des vaines blessures, des craintes et des espoirs de l'âme... Se simplifier jusqu'au plus pur – jusqu'à l'Amour – jusqu'au grand Amour qui efface et pardonne en secouant le passé et l'avenir au dessus du puits de l'oubli. Pour apercevoir enfin la lumière comme après un long tunnel franchi...

 

 

Peut-être parce que le silence jamais ne s'efface, les bruits courent encore – courent toujours – à jamais – à sa surface...

 

 

Déniche donc le voile qui assombrit – et donne à tes jours une allure de mort. Fouille parmi les fleurs arrachées – et asséchées depuis longtemps – les rêves d'une autre vie plus légère – et plus lumineuse sûrement... Et cueille ce noir qui t'entoure. Et embrasse-le à pleine bouche. Laisse-toi avaler – et disparaître. Deviens l'obscurité – ce néant qui t'épouvante – et t'éventre si souvent... Laisse-toi enfin recueillir dans les bras, si vifs, de l'abandon. Sois ce qui t'effraye. Sois sans recourir aux rêves. Approche-toi du simple – du plus simple. Et deviens lumière...

 

 

La marque, d'abord fragile, du temps sur les visages avant qu'il ne passe son soc – et repassant chaque jour, n’y creuse de larges (et profonds) sillons. Comme l'empreinte épaisse – et définitive – de son sceau...

Le vivant vieillissant voué, bien sûr, à la mort. A l'effacement. Poussière aux mille visages – et aux mille masques de pierre sur une terre chargée de chagrins et de regrets...

 

 

Cette aura noire qui partout nous accompagne, auréolée pourtant de lumière – et dont le centre brille d'un éclat plus pâle – aussi gris et terne peut-être que le quotidien humain...

 

 

Le corps, la nature et les énergies terrestres. L'esprit, la conscience et l'infini. L'espace, le silence et le ciel immense. Nul besoin de fréquenter le monde des hommes gouverné par le psychisme, qui n'est qu'une forme restreinte et crispée – qu'une forme corrompue – de l'esprit. Vivons plutôt au milieu de la nature et des grands espaces. Ne quittons jamais la terre, les fleurs, l'herbe, les arbres et les bêtes. Allons toujours à pas lents, au rythme des jours et des saisons, sous le soleil et le vent, sous la pluie et les étoiles. Accomplissons de manière naturelle les tâches et les actes quotidiens. Demeurons au plus simple des choses. Au plus simple de la vie. Dans la plus grande simplicité de l'âme. Et vivons dans le plus vaste – et le plus ample – silence et l’acquiescement libre et bienheureux du cœur. Vivons toujours au plus proche de la terre et dans la présence (ou la proximité) permanente du ciel. Vivons en hommes sages...

 

 

Oublier les pas qu'un songe peut-être aura défaits pour se tenir là, présent au plus simple des jours dans la belle lumière de l'apprivoisé sans certitude...

 

 

La faim plus cruciale que le désir d'assouvissement. L'insatiable appétit pour ce qui ne peut se dévorer...

 

 

Dans le voisinage de la couleur, quelques bruits. Et à côté du silence, et à sa verticale, la lumière sur les ombres – et leurs mille visages épars – disjoints.

 

 

Sensible jusqu'à l'atome. Lumineux jusqu'au plus pur. Et envoûté plus encore par le silence. Rompu déjà. Effacé bientôt. Au plus près sans doute du merveilleux...

 

 

Un puits, un désert, un sermon. Et une délivrance promise possible – ou encore, peut-être, un mensonge...

 

 

Les murmures du temps encore si las d'arriver – et dont on n'entend que le silence à la surface des jours lisses – sans aspérité. Morts. Eteints avant même que naissent les voix qui nous les ont chuchotés. Paroles muettes, interdites, trop tranchantes et sentencieuses pour être écoutées.

Et à leur extinction, un début de lumière peut-être qui s'annonce...

 

 

Il n'y a peut-être – il n'y a sans doute – ni après, ni ailleurs. Mais un présent éternel à vivre ici. Là où se pose le regard pour un instant. Là où l'on est tout simplement présent...

Autre part – plus tard – ne sont qu'un songe. Un mensonge. Une résistance. Un refus insensé de ce qui nous arrive maintenant, aujourd'hui, là où nous sommes...

 

 

Dans nos yeux, une poussière blanche, agglomérée peut-être, qui crée un voile sombre – lourd – opaque – derrière lequel on voit danser le monde – la silhouette incroyablement frivole et virevoltante du monde...

 

 

Par dessus la terre, le ciel si visible depuis le monde. Et par dessous, les étoiles anciennes – mortes – enterrées là depuis les origines. Et l'homme partout au milieu des paysages, fouillant la terre et explorant le ciel. Si surpris de son existence – et de cette présence miraculeuse. Et l'oubliant dès le premier regard – dès les premiers pas... Voué peut-être jusqu'à la fin des temps à son destin de créature des cavernes découvrant progressivement la pierre, le feu, le livre, la lampe, l'informatique, les réseaux... Et de découverte en découverte, remontant peu à peu, et malgré lui, le fil des origines – la lumière jamais née – immuable – éternelle...

 

 

Le vent, un oiseau, un destin. Et, au loin, la lumière si belle sur les collines. La silhouette d'un chat glissant dans le jardin. Le cri des enfants. Le murmure d'une voix lointaine. Les nuages en cortège dans le soir tombant. Et quelques larmes sur le visage grave – et si angoissé – du vieil homme à l'approche de la mort. Avec des regrets en pagaille. Et le soulagement – et l'espérance sans doute – de l'au-delà. L'âme peut-être enfin libérée de la pesanteur. Affranchie du corps, de l'effritement permanent de la matière, de la volatilité des désirs et des sentiments. Et le calme, autrefois tant désiré, accessible peut-être... Le beau temps – et les jours solaires – après des années – après des siècles – de pluie, d'ennui et d'épouvante...

 

 

La pluie, les saisons et la fenêtre de l'atelier ouverte – toujours ouverte – sur l'horizon. Et la possibilité, toujours plus évidente – et presque palpable aujourd'hui – de la lumière...

 

 

Les chants anciens des troubadours et des nones veillant Dieu assises en prière dans leur cloître. Et le regard, un peu perdu mais confiant, de l'enfant qui attend sa mère. Et l’œil, terrifié, des bêtes que l'on mène à la mort. Comme autant d'offrandes de la terre, si bruyante, au silence. Et le sacrifice permanent des étoiles pour que le soleil brille dans le jour – et que sa lumière soit visible jusqu'au soir...

 

 

Un nouveau jour peut-être plus loin – demain sans doute – viendra nous rassurer. Effacer cette peur si insensée de l'improbable – l'incertitude des heures à venir – et la venue certaine de siècles plus obscurs que les millénaires anciens...

 

 

Parfois la neige nous révèle le plus sombre. La nuit – la mort – inévitables. Le deuil impossible de l'espérance. Et une lucarne au loin, plus haut dans l'innocence, l'étincelle et la présence au cœur de l'oubli. Lovées au creux de l'absence... Et par la fenêtre, la course, toujours incessante, des nuages filant ici et là, au gré des vents qui les font naître et les effacent... formes provisoires d'une matière unique – et changeante – toujours renouvelées par ses cycles...

 

 

Et peut-être n'y a-t-il, au fond, rien de plus que le silence... Un silence absolu – infranchissable – inaccessible – qu'aucun bruit, qu'aucun cri, qu'aucune parole ne peut atteindre – ne peut toucher et avilir. Inabordable. Inentachable... Et dans ce silence, une présence – une lumière – invisible et infinie. Imperceptible elle aussi qu'aucune ombre – et qu'aucune larme – ne peut ternir et abîmer... Comme le sacré ultime présent au cœur du sacré ordinaire – quotidien – que les hommes ont désacralisés – et illusoirement détrônés au profit d’idoles au corps d'images et d'argile – au profit de monstres de papier au visage sans épaisseur et aux lèvres – et au langage – mensongers...

 

 

Des rires aussi bénins que les jours sur lesquels rien ne peut être bâti. Et moins encore arriver le silence...

 

 

L'exil n'est – et ne sera jamais – à la portée du premier venu. On ne peut d'ailleurs y consentir. On y est poussé malgré soi, à l'insu de son désir insensé d'appartenance. L'exil exige beaucoup de l'âme – et un peu des circonstances. La première, il la souhaite sensible, triste et amère. Inconsolable. Et suffisamment faible – et sage – pour se laisser porter par les secondes.

L'exil est la plus sûre porte d'entrée vers la solitude qui est l'anti-chambre de la rencontre avec soi, qui annonce les prémices de la réconciliation et l'émergence des premières trouées dans l'infini...

 

 

D'un autre monde peut-être jaillit la lumière. Et si un jour elle venait à s'enflammer, nous n'aurons été que l'étincelle et le petit bois accumulé dans l'âtre...

La persistance de la flamme, invisible mais brûlante encore malgré la pluie – malgré le froid et les orages – malgré les vents si vifs – restera, quant à elle, toujours un mystère. Une présence peut-être sans cause – et sans origine. Et la clé sans doute du monde et de nos vies qui perdure malgré tous les néants où nous cessons de les jeter...

 

 

Peut-être mourrons-nous avant de voir le jour... et avant de voir s'effacer la peur... et disparaître le rêve et le mensonge... Peut-être même sommes-nous déjà morts... Et peut-être n'avons-nous pas même vécu... Et peut-être ne sommes-nous pas même nés... Mais alors qui parle – et cherche à comprendre... à percer la mystérieuse nuit où nous sommes plongés – à s'extirper de cette énigmatique obscurité qui nous habite et nous entoure... à espérer encore la lumière qui ne vient – et qui s'espère seulement peut-être... Serait-ce donc la lumière, s'étant oubliée – ayant oublié jusqu'à sa présence – jusqu'à son origine – toujours inconnue, sûrement improbable, qui cherche à se rejoindre – à se retrouver au plus haut – au plus clair d'elle-même – yeux et âme grands ouverts...

 

 

Toute promesse n'est qu'un oubli du présent. Et un mensonge sur ce qui n'existera peut-être pas. Et même sur ce qui, au fond, ne pourra jamais exister...

 

 

La lumière – le silence – sont comme des incongruités dans notre vie. Des passagers clandestins que nous trimballons, malgré nous, dans la boue et la poussière des chemins. Des étoiles incrustées dans notre chair alors que nous déambulons, hagards, au cœur du vacarme et de la nuit.

 

 

Prophète du simple et des jours tranquilles où le humble et le naturel s'affichent jusque dans les détails. Où la lumière et le silence président au milieu de l'ordinaire. Où les mains sont aussi proches de l'herbe que des étoiles. Où le cœur est plus secourable que les bouches et les pas téméraires qui ne rêvent que d'or et de puissance. Où le rien est plus honoré que la gloire. Où hier et demain s'abandonnent aux bras de l'instant – à la présence – à notre présence – si simple parmi les arbres et les hommes. Si vivant parmi les vivants de la terre...

 

 

Les lèvres toujours pâles dans le silence. Et l'âme toujours plus blanche – presque transparente – indifférente – inavide des couleurs et des rumeurs qui repeignent le monde. Présente ici parmi tous les visages alors que partout l'ailleurs est préféré...

 

 

Derrière nos fronts mortels se cache l'impénétrable – le non-né que nous cherchons sur tous les horizons... Et qui n'est assoiffé ni de rêves ni d'illusions – ni de gloire ni de puissance. Et qui n'a pour nous d'autre ambition que l'innocence et l'Amour...

 

 

Et pourquoi ne pourrions-nous sourire à la mort qui s'avance – et qui compte les pas et les jours avant de nous voir plonger en elle – et de se voir, elle, plonger en nous... nous encore si pleins de doutes et de peurs et, elle, si sereine devant l'inéluctable... et si soucieuse de notre destin... N'est-ce pas elle qui a essayé de nous familiariser, à chaque instant du jour, à ses infimes passages – et de nous convier, au fil des circonstances, à ses mille paysages...

 

 

Et si le silence, seul, pouvait éveiller la foule silencieuse si gorgée de cet autre silence – si lourd – si chargé de mensonges et de paroles non-dites – empêtré de tant d'épaisseurs – de toute la pesanteur stupide et hébétée des presque vivants...

Il n'y a peut-être – il n'y a sans doute – d'autre espoir pour émerger de tant d'absence...

Les bruits, les discours et tout ce que nous avons bâti – tout ce que nous bâtissons et tout ce que nous bâtirons – ne sont – et ne seront toujours – que le prolongement du même désir...

 

 

Le feu parfois nous délivre des épreuves. Et en crée de nouvelles. Comme l'air, l'eau et la terre... Mais saurons-nous seulement un jour oublier les éléments – les ôter de nos désirs et de notre âme – pour nous satisfaire du plus pur – de ce qu'il reste lorsque tout s'est effacé – lorsque les particules et les assemblages ont été consumés, dispersés dans les vents et les océans et enfouis dans toutes les profondeurs. Serons-nous capables, un jour, de rester là, présents face à tous les désastres – face à tous les désordres – face aux émiettements et à toutes les dispersions, immobiles malgré les désirs, les peurs et les résistances – et toujours impavides, généreux et accueillants à l'égard des reconstructions, des recombinaisons et de l'incessante transformation des appétits...

 

 

Ce goût en nous pour le plus juste. Pour cette intelligence libre des rêves et des tentatives. Pour cette générosité sans exigence. Pour ce que nous n'avons jamais cessé d'être malgré les siècles – et ce que nous n'avons jamais cessé de chercher malgré notre ignorance. Cette présence – cette lumière – au cœur de tout – entourant partout le monde, les êtres et les choses. L'inespéré, le mystère et le sacré. Le sacre du plus infime et de l'infini. Cette joie peut-être d'être enfin nous-mêmes...

 

 

J'aimerais parfois être bercé par un autre ciel. Un autre soleil. Et une autre terre déblayée des songes et des frayeurs. Et de l'espérance d'un ailleurs – et de la possibilité même de l'existence d'un autre ciel, d'un autre soleil et d'une autre terre... Un monde présent à lui-même. Un esprit présent autant au monde qu'à lui-même. Un cœur défait de tout espoir. Une présence implacable et souveraine qu'aucun rêve ne pourrait détruire...

 

 

Les larmes du poète sont le signe de son effroi – et de son espérance – pour le monde. La preuve fragile – mais tangible – que la sensibilité sait se montrer lucide... L'affirmation incontestable qu'une chose en nous est infiniment présente. Et qu'elle cherche la clé de sa délivrance – et aspire à l'offrir lorsqu'elle l'a trouvée...

 

 

Pourrions-nous vivre indéfiniment dans la joie et le silence, une chose en nous résisterait à la mort et au temps qui passe – et ferait fi de leur inexistence...

Une chose en nous pleurera toujours l'émiettement et l'effacement – la disparition et la progressive et permanente absence... Une chose en nous se recroquevillera toujours face à la violence derrière les mains – derrière les mots – pour gommer, à chaque fois que nécessaire, notre désoubli de la souffrance et sa rage folle devant la persistance de l'ignorance, si visible, sur les visages...

 

 

Le poète inconnu des songes et de la sagesse. Anonyme partout sur la terre – dont le visage aujourd'hui borde le ciel et le silence – et que la lumière a empalé un soir de disgrâce... Et qui n'a plus cessé dès lors de crier au monde et aux figures ensevelies sous l'ignorance – et encore si gorgées de haine, de paresse et d'absence – la nécessité de l'essentiel – l'Amour (son amour peut-être...) et sa folle ambition pour les âmes, les vies minuscules et le destin, si fragile, des vivants...

 

 

Goûter le silence peut-être une dernière fois – et y déposer son âme à jamais – pour affronter les siècles infréquentables, les malheurs et la pluie interminable sur les visages ignares et suppliants...

 

 

Rien, bien sûr, n'est parfait ici-bas. Ni le monde, ni la vie, ni les êtres. Mais tout est au mieux de ce qu'il peut être – au vu des conditions dans lesquelles s'actualisent les potentiels...

 

 

Le murmure des anges comme une promesse de silence peut-être...

 

 

Nous cherchons réponse à nos malheurs. Aux cris que nous font pousser la vie et la mort... A ce mystère que nous tenons caché entre l'âme et la chair... Une voie – un passage (même étroit) – vers cette lumière au fond de la nuit promise par tous les sages et les prophètes... Une explication aux mille questionnements de l'homme... Une consolation peut-être pour toutes ces larmes versées...

 

 

Il y a des heures plus heureuses que les passants de cette terre. Et plus sereines, bien sûr, que leurs pas angoissés...

 

 

Le silence ne peut consoler du pire. Mais offrir un éclairage sur tant de malheurs... Dans la lumière se dessineront toujours les prémices de la cessation. Sans elle, l'ignorance ne pourrait abdiquer...

 

 

Ne nous laissons jamais emmailloter par la torpeur – le ronronnement tranquille (et si aisé) des jours. Nous serions à demi vivants – et presque morts déjà. Et nous mourrions avant même les premiers pas de la délivrance... Refusons la paresse et le confort assoupissant. Restons vifs, alertes et aux aguets. Attentifs toujours. Et sensibles plus encore à chaque instant – à chaque nouvelle circonstance – au moindre événement...

 

 

Il n'y a peut-être rien de plus urgent que d'aimer en ce monde où les hommes préfèrent se laisser aller à l'indifférence et à la haine. Ni rien de plus précieux et insensé en cette terre où la vie et la mort ne sont qu'une pelote de sang, de poings et de chairs déchirées...

 

 

Un homme, un silence, une vérité. Et les bouches encore muettes, et les oreilles sourdes et les yeux toujours aveugles à la lumière...

Jamais pourtant nous ne regretterons la parole... D'avoir au moins essayé... Ni pour soi ni pour les autres qui ne formons, bien sûr, qu'un seul espace – qu'un seul regard – à éclairer...

Une parole, un silence et, derrière peut-être, une vérité...

 

 

Et sans doute serons-nous partis avant la fin du jour – avant que les visages ne reçoivent la paix qu'ils réclament depuis des siècles... Et peut-être que tout cela – la vie, le monde, les autres et soi-même – n'auront été qu'un rêve – qu'une folie passagère dans l'éternité – dans la nuit sans fin… Et qu'un espoir fragile dans notre furieuse déraison et cet appétit, si vorace, de lumière...

 

 

Plus tard encore viendra une autre nuit. Aussi longue – et aussi belle – que fut la nôtre... Et dans le jour suivant, peut-être enfin la lumière...

Et nous assisterons alors, pleinement innocents, à toutes les naissances – et à la course, toujours impitoyable, de la mort... Une grâce enfin réconciliée offrant à l'espace – à l'infime espace – caché entre l'âme et la chair, un merveilleux silence – la fin des questions et des appétits – le début, sans doute, d'une ère nouvelle...

 

 

Viendra peut-être après l'impossible conversion du cœur, l'intégration à la présence de toutes nos impossibilités : rêves, résidus de désirs, rebuts d'individualité... Et ce qui restera aura des allures de lumière... Une présence inféodée à aucun souci ni à aucune volonté... L'être dénudé de tout artifice... La joie pure et l'Amour qui s'offre sans effort ni restriction à travers toutes les circonstances...