Extinction du temps – extinction des vents.

Quelque chose à réinventer…

 

 

Le mât – le glas – la prière – la rumeur de l’infini – rejetés par nos âmes trop paresseuses – trop bavardes – trop maladroites…

 

 

Chambre – repos – couloir – quelque chose d’insoutenable – comme une absence d’ardeur. L’air plus qu’irrespirable. Le sommeil étouffant. Et nos rêves d’évasion qui s’étendent jusqu’au délire…

 

 

Un seul désir – celui de la lumière. Comme une ombre projetée sur l’infini. Et la délicate attention de la main posée en visière pour atténuer l’aveuglement…

 

 

Laisser le silence creuser les mots – ouvrir la parole à sa propre suspension. Attendre que tout arrive – que rien n’arrive – que tout passe – en sifflotant un air frivole…

Devenir moins que le plus indigent des rêves…

 

 

S’asseoir à la table des jours pour retarder le retour (inévitable) de l’attente. Un œil à la fenêtre et l’autre jaugeant le seuil où l’enfer sera atteint…

 

 

Dans l’immédiateté du monde et l’impossibilité de l’âme…

 

 

Entouré – beaucoup trop entouré…

Encombré – beaucoup trop encombré…

Et, déjà, au bord de la rupture…

Et bientôt – très vite – en ruine, puis en poussière – retrouvant ainsi le reste du monde qui, lui aussi, a tenté de survivre et d’exister…

 

 

Trésor des uns – déchet des autres. Et le silence irréconciliable entre tous…

 

 

Silence insoupçonné au fond de la poitrine. Creuset du ciel et des enfers réunis dans le même souffle…

 

 

Arbres – roches – routes – autant de lieux aux allures de possible où se dissimulent, pourtant, tous les guets-apens…

 

 

Marcher encore – marcher toujours – sans prêter attention aux miracles – ni même imaginer ce que pourrait être l’homme…

 

 

Un jour de clarté – modeste et sans éclat – où les identités chavirent…

 

 

Jarre emplie de toutes les substances du monde dont les parois s’épaississent en vivant – et que la mort libère en rendant à la terre sa matière…

 

 

Echapper (non sans mal parfois) à cette folie croissante du nom – partout glorifié – et aux infimes éclats – aux minuscules aventures – exposés, partout, en ce monde de vitrines surchargées – débordantes – médiocrement singulières…

 

 

Souliers d’or et de boue qu’aucun voyage n’effraye – qu’aucun chemin ne rebute…

 

 

Orgie de temps dont nous ne savons que faire. Hotte immense que nous emplissons avec tout ce qui peut apaiser – anesthésier – la solitude, la douleur de vivre et l’idée de la mort. Sac au contenu hétéroclite que nous traînons sur tous les chemins – et que nous érigeons en totem contre la folie et le néant…

 

 

Saccages et marasme – le grand élan des foules. La petite tragédie du monde. Aire sur laquelle se bâtissent tous les empires – toutes les décadences – notre chute inéluctable…

 

 

Une liberté sans voix – où chaque geste est un soleil – où chaque pas enfante un possible…

Etoile moins lointaine que celles adulées par les foules…

 

 

A demi-mot – pour ne pas effrayer le silence et recouvrir partiellement les horribles bruits du monde…

 

 

Seul au-dedans de ce grand jour – aussi seul ici qu’ailleurs – isolé des visages qui s’amusent ou s’affairent pour échapper à la solitude et à l’ennui…

 

 

Folie de cette parole lancée par-dessus la tête des hommes. Acte – presque – de désespérance…

 

 

Solitude qu’entame la foule – et que dépeuple l’espérance du moindre visage…

Dans cet étau entre le manque et l’excès…

A s’imaginer toujours plus clairvoyant et inventif que l’illusion…

 

 

Nuit bancale – nuit secrète – nuit extatique – sur cette roche au parfum de sommeil – aux couleurs de fatigue. A la merci du hasard et des rencontres…

 

 

Fleurs du doute – pareilles au funambule menacé par l’abîme…

Lente inclinaison qui, peu à peu, redresse la foi et la confiance en l’âme…

 

 

Au jour premier du sommeil – à l’heure précise où l’esprit s’est résolu à obéir – à creuser sa sente avec docilité – à se soumettre au mimétisme de tous les gestes…

Ainsi commencent les ennuis – les premiers rêves d’exil – et l’attente d’un ailleurs de moins en moins accessible…

 

 

Parcelle de terre – appauvrie – surchargée de têtes et de ventres – et qui, parfois, se rêve désert – immensité – fragment de silence – modeste monticule offert au monde et aux Dieux…

 

 

Le parti pris des hommes englués dans la matière – défrichant leur chemin à grands coups de serpe…

 

 

Richesses secrètes du plus humble – invisibles – si loin de toute forme d’ostentation…

 

 

Chemin vertical comme celui des vents et des oiseaux dont les yeux ne perçoivent que l’aisance apparente…

 

 

Entouré(s) de visages comme autant de chimères imprévisibles…

Trompé(s) par la folie mensongère des traits qui s’animent sous l’émotion – par les lèvres qui parlent et embrassent – par les yeux qui cherchent et implorent – par les mains qui se tendent pour saisir ou caresser…

Simple armée d’ombres aux mouvements illusoires – sans consistance – guidées seulement par la coïncidence du silence et des vents…

 

 

Aux dernières heures des adieux – les cris, la tristesse et la colère. Comme au jour premier de notre vie…

 

 

Et le temps fébrile qui enjoint aux pas d’accélérer – de poursuivre avec acharnement la course – et à la tête d’oublier les raisons du voyage…

Avancer – continuer coûte que coûte – allonger la foulée – au détriment du suspens – du retrait – de la contemplation silencieuse et du besoin de solitude pour commencer à rire du tapage et de ce périple insensé…

 

 

Mesure d’un autre temps où le jour est la seule unité possible…

 

 

Vert à perte de vue – sous un ciel sans nuage. Terrain de jeu de la liberté – capable de marier la magie du geste et l’étendue du regard…

 

 

Vide impérieux – sol d’entrave – et entre-deux nuancé aux couleurs grises qui tend tantôt vers le noir, tantôt vers la transparence…

 

 

Jamais affranchi du dédale aléatoire que bâtissent les circonstances et les rencontres. Tantôt précipice – tantôt impasse – tantôt aire de liberté. Tantôt grilles – tantôt barbelés – tantôt chemins ouverts…

A marcher sans préférence là où la solitude enseigne…

 

 

Dans le retrait – l’effacement – malgré la joie exaltante – débordante – extériorisée…

 

 

Eléments atemporels de tous les âges – de toutes les époques – ceux de l’âme nue confrontée au monde – au vide – au silence…

L’Autre et son propre visage…

 

 

Herbes sauvages et volets clos dans le petit jardin de l’espoir…

Cloître apparent – millénaire – qui invite et ravive (pourtant) tous les dangers du monde…

 

 

Fenêtres des hommes – fenêtres des Dieux – et nos yeux tiraillés entre les uns et les autres. L’âme à cheval sur deux mondes – entre le dehors et le dedans – entre le prolongement du rêve et l’aride réalité…

Indécis et partagés…

 

 

Mots sans queue ni tête – contrairement à l’apparence du monde plongé dans la perpétuation des espèces et une raison (presque) absurde…

Mille actes instinctifs et insensés malgré la validation du bon sens…

 

 

Retrait – écart – exil – aux confins de toutes les marges. Presque hors cadre à présent…

 

 

De l’or dans la boue – joyau d’un autre temps. Comme une peau nouvelle – sans âge – qui donne à celui qui la revêt une dimension plus humaine – une fraternité éminemment plus tangible…

 

 

Rondeur du jour sur la pierre angulaire des saisons. Beauté – blancheur – et déclin de l’œil assassin. Mains jointes en flèche silencieuse…

 

 

Au faîte de l’inconsidéré – de l’exil – du banni. Au seuil du ciel – au-dessus des gesticulations humaines et de l’indigence (terrestre) des vivants. Sommet invisible et accessible depuis la plus haute misère vécue et consentie…

 

 

Marge brute qui renâcle au partage et à l’évidence – presque indifférente aux autres périphéries perçues, elles aussi, comme le centre…

 

 

Mains ouvertes – âme dispersée qui s’offre et se partage à chaque rencontre – que nul ne peut entamer – que rien ne peut avilir…

Innocentes jusqu’à la moelle – jusqu’au fond du silence…

 

 

Défaite aux yeux des hommes – proche donc d’un faîte invisible – insensé – qui défie le bon sens et la raison…

 

 

Joie sans circonstance – sans condition – que les yeux ignorent…

Manifeste, pourtant, dans l’élargissement de l’espace – dans l’effacement des frontières – dans la respiration et l’envergure retrouvées…

 

 

Seul – entre le réel et le silence – à jubiler sans raison malgré les larmes, irrépressibles, face à l’étrange beauté et l’effroyable cruauté du monde…

 

 

Vide et confiant en son assise fragile et provisoire…

 

 

Sensible et tremblant autant que déterminé à poursuivre ce voyage – ce fol élan vers le silence…

 

 

Rien – de plus en plus – rien. L’espace au-dedans qui, peu à peu, grandit – avance – s’étend – se propage – s’extériorise – englobe le monde – tous les au-delàs – en flirtant, parfois, avec l’infini…

Tête réduite à l’explosion et au fleurissement de toutes les joies – celles infimes du monde et celles invisibles de l’être – grandioses – inconditionnelles – souveraines…

 

 

Des miroirs – partout – qui renvoient nos éclats – la lumière insoupçonnée des âmes. La plénitude sous les désirs – la complétude derrière le manque. Toutes les figures du monde. L’ignorance et l’innocence, parfois assumées, parfois oubliées…

Toutes choses – en vérité – depuis l’origine jusqu’à la fin des temps. Toutes les impasses – tous les chemins – toutes les issues ; toutes les voies apodiptiques….

 

 

La grâce de n’être plus rien – et de sentir, en soi, la présence infinie du monde, des choses, du cosmos – de la globalité…

 

 

Heures de grande liberté où rien n’assaille sinon, peut-être de temps à autre, la pensée…

Quelques hiéroglyphes du cœur – indéchiffrables…

 

 

Matière à vivre – seulement – que le silence rend plus légère et plus vivable…

 

 

L’œil des Dieux fixé sur nous – prêts à bondir au moindre écart – et qui nous ont, pourtant, laissés errer pendant des siècles dans la proximité du même mystère…

 

 

Murs de pierres jusqu’à l’horizon. Et frontières d’arbres bienveillants prêtant leur feuillage pour vivre caché des hommes…

 

 

Regard fixe – perdu dans le lointain – et subitement ramené au plus proche – au cœur de l’être qui veille – infiniment contemplatif…

 

 

La terre – le ciel – le vent – les arbres – les pierres. Seul – avec Dieu – qui nous invite à demeurer dans la proximité de son silence…

 

 

Seuil dépassé du silence et de la solitude – sur cette autre terre dissimulée au-dedans de celle où nous avons l’air de vivre…

 

 

A déployer – partout – le silence et l’incertitude – cet étrange terreau de la joie…

 

 

Debout – à chanter joyeusement ce qui traverse notre tête – ce que les vents nous offrent. Avec Dieu et l’âme se jetant, par-dessus notre épaule, des sourires complices…

 

 

Quelque chose d’Icare dans notre élan – dans notre pas – si lourds – si grossiers – pourtant…

 

 

Errer encore – errer toujours – autour du même visage – présent où que nous soyons – présent jusque dans nos absences…

 

 

A l’écoute d’un Autre – en nous – qui réclame la certitude du monde – friand toujours de mirages et d’illusions – et que le silence n’a encore convaincu…

 

 

D’un monde à l’autre – à travers la fenêtre – le défilé des siècles – leur inertie – leur transformation – leurs tragédies – leurs révolutions…

Ce qui se cherche ; la sensibilité et la lumière. Et leur étrange itinéraire au cœur du noir et de l’ignorance…

D’un bout à l’autre – les mêmes – tantôt feignant d’être cachées – éteintes – absentes – tantôt feignant de marcher à leur recherche – tantôt rayonnant sans malice – sans intention – sans même aucun besoin mimétique ou de ralliement…

 

 

Monde d’une autre ampleur – à la perspective éclairée – loin des usages et des servitudes exploitantes – loin des échanges et de la primauté de l’homme…

Forme d’éden horizontal – qui, à la fois, nécessite quelques linéaments de verticalité et favorise tous les élans vers elle…

Fraternité non de principe mais d’actes où chaque geste mesure ses conséquences sur l’ensemble et limite des désavantages de chacun – sans hiérarchiser les visages…

Gage et résultante (en partie) de toutes les réconciliations…

 

 

Simples notes d’instincts et d’exil (sans la moindre volonté démonstrative)…

Témoignage élémentaire (éminemment basique) d’un homme – de l’homme peut-être – confronté au monde – à la solitude – à ce qu’il porte ; la joie – les malheurs – les limites – les excès – tiraillé par les contingences et la nécessité de l’Absolu – ne cherchant rien – sinon, peut-être, l’acquiescement et la réconciliation totale…

 

 

Une terre – un pas – une tentative. Des élans nourriciers sans (véritable) conséquence. Le besoin – et la tournure peut-être – d’un Autre – en soi – qui invite à la convergence – au resserrement – au recentrage sur l’essentiel et le plus terrestrement vivable

 

 

Fenêtre – infime lucarne – derrière laquelle le monde passe aussi vite que le temps. Interstice – intervalle peut-être – qui autorise le retrait et la contemplation…

Gestes de présence – éloignés des intentions humaines et de l’ostentation. Prières en acte peut-être autant que manière de vivre l’exil…

 

 

Jours de studieuse villégiature où le voyage et la solitude ne sont que prétextes à la rencontre avec ces parts – en nous – encore inconnues…

 

 

Défaits – l’histoire – le passé – le besoin de l’Autre – les tentatives de partage – l’illusion d’un compagnonnage – la croyance d’un salut commun possible – l’espérance d’échapper à la solitude ; les mille consolations de vivre, en somme…

 

 

Regard vide – sans regret ni remords – l’âme et la main ouvertes – simplement – à ce qui passe…

 

 

Communion au cœur de soi plutôt qu’avec un Autre qui n’est jamais venu – ou, s’il s’est présenté, n’a jamais osé demeurer nu en notre (exigeante) compagnie…

 

 

Des pas – des ponts. Les petits sentiers de la solitude où les seuls visages rencontrés ont du lichen qui pousse sur la poitrine et de tremblants feuillages sur la tête…

 

 

Eloigné – simplement – des jeux et des affaires humaines…

Bruits de chaînes de plus en plus lointains…

 

 

A jouir au cœur d’un cercle qui ne peut souffrir les déguisements et les manipulations. Brut – sans fard – où l’on ne pénètre qu’avec une âme nue et innocente – infiniment humble. Adoubé par nul autre que cet espace – en soi – qui jauge la justesse de l’ultime intention…

 

 

Ni délice, ni refuge, ni prière – le lieu des premiers pas où l’âme ne peut s’enorgueillir après tant de défaites nécessaires au passage – après sa capitulation totale – complète – sans résistance – unique issue au milieu des impasses…

 

 

Homme sans volonté – abandonné au destin – au bon vouloir de la providence – aux exigences (implacables) du monde et des Dieux…

 

 

Grotte et sérail d’un autre monde où la richesse – toute la richesse – se tient dans l’âme – dans l’être – et dans les gestes (justes et simples) que réclament les circonstances…

 

 

Tournant que ne pourront prendre tous les hommes. Ni signe d’élection, ni élite – pourtant – en ce processus éminemment démocratique – éminemment accessible – mais qui requiert quelques conditions préalables ; une transformation du regard et de la perspective d’être au monde – le passage de l’animalité à une forme de conscience élémentaire où une part (non négligeable) des masques et des croyances, de l’identification égotique, de la faim, des instincts d’appropriation et d’instrumentalisation des Autres doivent être abandonnés au profit d’une authenticité, d’un affranchissement des représentations (les plus grossières), d’un élargissement de la perception, d’une vision holistique du monde, d’une sobriété dans les usages et d’un respect naturel et profond pour toutes les formes de l’Existant…

 

 

Mesures d’inversion et de chamboulement pour atténuer, puis effacer toutes les références – toutes les possibilités de repère…

 

 

La voûte et le Graal – quelque part – partout – sous nos pas – au-dessus de nos têtes – au-dedans du regard…

Centre sans contour – épars – à l’unité fragmentée. Invisible – anonyme – insaisissable…

 

 

Faces, parures et gestes apprêtés – mimétiques – soucieux des artifices et des détails d’ornementation érigés en canons de l’époque – sans poids devant la beauté naturelle – éclatante – atemporelle – sans rivale…

 

 

Le plus vaste – en soi – règne sur l’infime – le provisoire – le dépecé…

 

 

Quelques miettes du monde dans la poche – et les voilà à s’enorgueillir de leurs richesses – et à parader comme s’ils étaient des Dieux…

 

 

Hors du temps – voilà la seule voie – celle qui ouvre une dimension où le monde n’est plus le monde – où nous sommes à la fois Dieu, la pierre, l’arbre, l’homme et l’insecte…

 

 

Nu-pieds – partout où la grâce, déguisée parfois en malheurs et en désespoir, nous convie…

 

 

Ni voyage, ni chemin. Un pas après l’autre – fragile – provisoire – incertain. Loin des foules et des querelles. Loin des éclairages et des histoires. Dieu, en nous, présent – comme le premier homme – le seul regard…

 

 

Frère de tout ce qui tremble – de tout ce qui est bafoué – de tout ce qui est malmené par la violence, le pouvoir et la cruauté…

 

 

A vivre là où le ciel est central – la pierre nécessaire – et le geste déterminant…

Là où l’on aimerait, parfois, que le silence soit définitif…

 

 

Petites figurines de glaise que les vents font tournoyer…

Poussière livrée à la poussière – avec, pourtant, au fond de l’âme, tout le ciel déjà et ce que la mort ne peut soustraire…

 

 

Chemin d’orage et d’habitude qui donne aux gestes cette lourdeur fébrile – et qui fait perdre à l’âme son innocence et sa fraîcheur…

 

 

Des lieux comme des visages qui enchantent ou rebutent – qui donnent envie de fuir ou de les connaître davantage…

 

 

A louvoyer entre les mirages – comme si le miracle était une fable – un mythe – une histoire racontée aux âmes naïves – aux âmes crédules – aux âmes sans esprit…

 

 

Arbres et nuages – roche et rosée – aux forces vitales complémentaires…

 

 

Stigmates d’un Autre qui n’a survécu…

 

 

Foulées droites sans le moindre écart de sagesse…

 

 

L’innocence comme assise – et la justesse comme loi…

 

 

Retraite au fond des forêts de l’âme – là où Dieu est le seul regard – la seule compagnie…

 

 

Sans posture – sans parure – magnifiquement authentique…

Imperturbable face à la puissance tragique du monde…

Quelque chose d’indéracinable face au pire – face à l’insoutenable…

 

 

Le funeste remis sur ses rails. Et la mort comme un chant – vouée à la radicalité du changement…

 

 

Sans tête – nulle pensée – les malheurs jetés aux oubliettes. La marche faste et la foulée précise – avalant les épreuves qui deviennent de simples dénivelés sur la pente choisie par les Dieux…

Etrange mélange de vents et de silence – emmagasiné dans tous les souffles du monde – et qui enfante les circonstances – les carrefours – les rencontres – et tous les déserts nécessaires à l’ultime traversée – linéaments de toutes les naissances à venir et de la poursuite du voyage dans l’autre perspective

 

 

Monstres ni cachés – ni fantastiques – qui apprennent à manger dans la main de leur maître – de leur créateur. Comme nous autres – créatures d’un ailleurs enfin retrouvé…

 

 

Dans la confidence des fleurs qui nous enseignent l’infini…

 

 

La joie au cœur même de la précarité pour apprendre à vivre le continuum et la discontinuité – l’éternité indéracinable de l’instant malgré la mort et l’apparente course du temps…

 

 

Laisser la vie et le monde déterminer ce que nous sommes*

Expérimenter notre vrai visage à chaque circonstance…

S’abandonner à ce qui surgit (sans chercher à le manipuler) – et acquiescer…

Seule manière, sans doute, d’être libre…

* Ce que chacun se résout d’ailleurs à faire – sciemment ou non – en étant, malgré lui, le jouet de ses aptitudes, des nécessités, des rencontres et des souffles qui le traversent…

 

 

Sourire – sourire encore – sourire toujours…

Ne se fier ni à la roche, ni aux visages, ni au monde qui s’effritent en des temps différents…

Être à l’exacte place où nos souliers se trouvent…

Demeurer en silence – et l’âme attentive – comme plongé(s) en nous-même(s) – et alerte(s) à toutes les vibrations – à tous les frémissements – de la surface. Au-dedans et alentour – comme le gage (le seul possible, sans doute) d’une vie présente…