Essai / 2015 / L'exploration de l'être

La Vie et l’Existant ne semblent, en réalité, qu’un gigantesque jeu — violent et merveilleux — et une permanente célébration… A hauteur d’Homme, peut-être pourrions-nous penser que nous nous apprenons les uns les autres (et, bien souvent, à notre insu) à mieux les regarder et à mieux les vivre. A mieux les comprendre et à mieux les aimer… mais sur le plan de la Conscience, tout ce « cirque » — aimable ou corrosif — semble (presque) sans importance… Est-ce qui est… et ce qui est n’altère jamais Le Regard…

_

Nous avons été contraints (pour des raisons d'ordre technique) de diviser la version numérique de cet ouvrage en dix parties.

Sommaire

Chapitre introductif : Pensées intuitives

 

 

Cette réflexion s’est déroulée pendant environ trois mois(1) à raison de six à sept heures de travail quotidien. Hormis quelques détails (que nous avons cru bon vérifier), elle s’est entièrement appuyée sur les savoirs et la connaissance(2) de l’auteur. La durée consacrée à cette étude pourrait paraître extravagante, irréaliste, présomptueuse et incroyablement courte (au regard de l’ampleur de la tâche : appréhender la Conscience et l’ensemble de l’Existant) et il est possible (voire probable), à ce titre, que nous ayons omis des éléments fondamentaux et/ou soyons « passés à côté » de thématiques essentielles, mais elle est plutôt révélatrice, à nos yeux, de la dimension éminemment restreinte et laborieuse du psychisme et de l’intellect humains, incapables de cerner en un clin d’œil et dans son ensemble une thématique et contraints de dérouler, de développer et d’enrichir péniblement leur réflexion parcellaire jour après jour, semaine après semaine… perspective fort éloignée de l’accès direct et fulgurant à la Connaissance spontanée — à laquelle nous avons parfois goûté —  et qui souligne (avec force) le caractère profondément rudimentaire et archaïque de l’esprit humain(3).

(1) D’avril à juin 2015.

(2) Savoirs et connaissance insignifiants et dérisoires dont les « faiblesses », les approximations et les inexactitudes pourraient (sans doute) faire sourire ou bondir les « spécialistes » des disciplines et domaines que nous avons effleurés pour dérouler cette réflexion… Au regard de l’absence de théories, de notes et de citations empruntées à d’autres auteurs, il est donc naturel que cette étude ne fasse mention d’aucune référence bibliographique (ceci n’est ni un essai ni un travail universitaire au sens strict)… Notons également que nous nous sommes octroyés une liberté de ton peu orthodoxe et avons eu recours à des formulations stylistiques peu usitées dans la communauté intellectuelle et le monde de la recherche sans compter un usage assez peu conventionnel des règles typographiques…

(3) Cantonné depuis la nuit des temps — des premiers hominidés jusqu’à aujourd’hui — à un rôle d’instrument indirect et très incomplet (à défaut de mieux…) mais sans lequel (rappelons-le) rien n’aurait pu et ne pourrait être appréhendé…  

 

Aussi, vous trouverez, dans cette analyse, une maladroite et modeste tentative de percer et de mettre à jour certaines caractéristiques de la Conscience et de l’Existant. Sur quantité de sujets et de thématiques, nous nous sommes, sans doute, fourvoyés et/ou résignés à rester « à la surface des choses »… Vous prendrez donc soin de corriger et de compléter nos erreurs et nos approximations et d’approfondir « nos légèretés » à la lumière de vos savoirs et de votre connaissance. Vous n’oublierez non plus pas de parcourir cette étude avec indulgence et d’excuser son caractère partiel, lacunaire et inévitablement tendancieux malgré notre souci de justesse et d’exhaustivité et notre volonté d’abolir (tant bien que mal) tout dogmatisme et toute idéologie…

  

*

  

Avant d’aborder cette réflexion, il est conseillé de « jeter un œil » aux pensées intuitives de la première partie de cet ouvrage. Leur lecture permettra de donner un aperçu des principales thématiques qui seront développées ici et de mettre en évidence la perspective dans laquelle elles s’inscriront…

  

*

  

Comme vous le constaterez (assez vite*), vous rencontrerez, au cours de votre lecture, une kyrielle d’astérisques, de parenthèses et de guillemets, pléthore d’ajouts, de tirets et de points de suspension et une surabondance de répétitions, d’apartés impromptus et de notes diverses (et variées) tantôt explicatives, tantôt drôles, tantôt tendancieuses (et personnelles) et parfois même des commentaires inopinés — voire même des commentaires de commentaires…

* Et peut-être même dès maintenant…voire même avant la lecture de ce « petit » paragraphe…

 

Vous pouvez, bien sûr, ne pas y prêter attention et les dédaigner avec mépris en particulier si ces procédés « stylistiques » vous ennuient, vous paraissent superfétatoires ou semblent alourdir cette réflexion en gâchant quelque peu votre plaisir (si tant est que l’on puisse prendre plaisir à ce genre de lecture…). Faites donc, bien sûr, à votre guise (et selon votre sensibilité)...

 

Sachez simplement qu’ils sont, à nos yeux, comme une respiration (entre deux apnées(1)) et révèlent notre goût (très prononcé) pour l’expolition(2) et l’épithétisme(3) voire l’épanadiplose(4) et notre attachement (sans faille) à la périssologie(5), à la parembole(6) et autres synchises(7)… Et en adepte patenté de l’amphigouri(8) et en inconditionnel consciencieux du galimatias, nous aimons parsemer nos pages de ces figures stylistiques (indigestes et ampoulées), signes tangibles (et éloquents) de notre souci (quasi pathologique) d’exhaustivité (réflexive(9)) et de notre aspiration maladive et monomaniaque (et quasi incontrôlable) à essayer de ne pas en oublier une miette (idéative)… même minuscule (ce qui ne nous empêche nullement, bien évidemment, dans cet aberrant souci du détail (et cette quête imbécile de la parfaite complétude(10)), de laisser passer des cargaisons de « grosses miches » nettement plus intéressantes — et fort nourrissantes —)… Mais de grâce, ne soyez pas (trop) effrayé(e) à la lecture de ce petit paragraphe liminaire où « on en fait des caisses » avec cette « petite » particularité rédactionnelle… pour essayer (peut-être) de vous y familiariser…

(1) « Respire » aurait-on envie de lui dire, « respire »…

(2) Consiste à répéter plusieurs fois la même chose ou le même argument dans des termes équivalents.

(3) Accumulation de précisions descriptives ou explicatives autour d'une idée centrale.

(4) Consiste à reprendre à la fin d'une proposition un mot situé en début d'une proposition précédente.

(5) Redondance qui consiste en l’ajout d’un ou de plusieurs détails inutiles qui n’apportent rien à la compréhension d’une idée ni à l’expression de cette idée, sinon pour l’alourdir.

(6) Consiste en une proposition insérée dans un discours pour exprimer le point de vue personnel de l'auteur. Proche de l’aparté.

(7) Consiste à modifier l’ordre des propositions d’une phrase, la rendant ainsi difficile à comprendre, voir incompréhensible…

(8) Texte volontairement obscur ou inintelligible à visée burlesque*…

* Mais dans cette réflexion, pas forcément… on est même parfois assez « loin » de l’envie de rire… (comprenne qui pourra…)

(9) Notre pensée fonctionne, en général, en arborescence et par intuitions et associations libres avec une certaine forme de distanciation à l’égard des idées qui nous traversent…

(10) Toujours perfectible ?

 

Profitons de cette prévenante « mise en garde » pour vous prier (également) d'excuser les inévitables coquilles, fautes(1) orthographiques, « vocabulistiques » et de ponctuation et autres erreurs(1) syntaxiques, grammaticales et stylistiques qui doivent (malheureusement) parsemer ces pages, en dépit de plusieurs lectures correctives attentives... En espérant simplement qu'elles n'outrageront pas votre exigence langagière (et/ou linguistique) et ne restreindront pas, de façon trop vive, votre aspiration à parcourir cet ouvrage(2).En vous souhaitant une bonne lecture…

(1) Parfois difficilement repérables (au vu de la longueur et de la densité du texte...) et/ou commises par ignorance...

(2) Ou pire, qu'elles vous y fassent renoncer...

 

 

Chapitre 1 LA CONSCIENCE(1) (2)

(1) Pour esprits peu « rationnalo-rigides » de ce début de 3ème millénaire du calendrier grégorien…

(2) Que les autres débutent leur lecture par le chapitre 2 « L’UNIVERS ET LA MATIERE »…

 

Au commencement est la Conscience. Avec ce petit clin d’œil pourrait débuter notre réflexion... mais empressons nous d’ajouter que cette assertion est erronée dans la mesure où la Conscience semble sans commencement ni fin. Du moins telle qu’elle nous apparaît*… A moins que nous puissions dire : au commencement sont la Conscience et l’énergie (qui lui est consubstantielle) ou la Conscience (seule) comme créatrice de l’énergie pure. En l’état actuel des connaissances, aucune des deux propositions ne peut être validée… et l’une ne semble pas plus valide ou sensée que l’autre…

* Nous y reviendrons amplement…

 

Notons également la possibilité que la Conscience (perçue comme « originelle » par les Hommes qui n’ont cessé, tout au long de l’histoire, de lui attribuer divers qualificatifs – le Divin, le Soi, la nature de l’Esprit, la Conscience, La Présence…) ne soit pas l’espace perceptif « originel » mais un espace issu d’une origine et d’un plan antérieurs. Proposition absolument invérifiable aujourd’hui…

 

 

Chapitre 2 L'UNIVERS ET LA MATIERE

 

PETIT COURS ACCELERE (et hyper simplifié*) D’ASTROPHYSIQUE, de PHYSIQUE et de BIOLOGIE

* A l’adresse des béotiens que nous sommes à peu près tous au fond…

Que les puristes et les spécialistes pardonnent cette longue enjambée en « gros sabots » (sans doute) truffée d’approximations et d’erreurs… L’énergie obéit à des cycles… et un jour, une forme ou un mouvement énergétique(1) est apparu(e) et badaboum « Big Bang », l’univers (ou des univers) a (ont) été « créé(s)(2) ». Dans l’univers que les êtres humains « appréhendent » aujourd’hui, les atomes et les molécules (entre autres éléments physiques(3)) se sont progressivement combinés et ont permis l’émergence de la matière, créant les galaxies, les étoiles, les systèmes planétaires et les planètes… Progressivement, sur l’une d’elles — la planète Terre — les combinaisons d’atomes et de molécules (toujours entre autres éléments physiques(3)) ont créé les conditions favorables à l’émergence de la Vie (carbone, hydrogène, oxygène, azote…). Et un nombre restreint des combinaisons atomiques et moléculaires est devenu vivant (procaryotes, eucaryotes, bactéries…). Progressivement, ces combinaisons se sont complexifiées et ont créé les conditions favorables à l’émergence de formes vivantes complexes (les végétaux et les animaux élémentaires). Progressivement ces combinaisons se sont complexifiées et ont permis l’émergence d’éléments vivants perceptifs. Et un nombre restreint des combinaisons vivantes a accédé à la perception (les animaux). Progressivement ces combinaisons se sont complexifiées et ont permis l’émergence d’éléments vivants perceptifs « préconscients ». Et un nombre restreint des combinaisons vivantes perceptives a accédé à la perception « préconsciente » (les Hommes). Voilà posée, en quelques lignes éminemment simplistes, l’évolution des formes énergétiques terrestres jusqu’à l’émergence de l’Homme (l’Homo sapiens).

(1) La théorie du Big Bounce (le Grand Rebond) semble rencontrer aujourd’hui quelques faveurs au sein de la communauté scientifique. De façon schématique, nous pourrions dire qu’elle définit le Big Bang comme une sorte de point de passage ou un goulet d’étranglement entre l’actuelle phase d’expansion de l’Univers et une phase de contraction qui l’aurait précédée. Elle semble « s’appuyer » sur la "gravitation quantique à boucles" (pour « réconcilier » la mécanique quantique — qui décrit très bien l’infiniment petit — et la relativité générale — qui décrit très bien l’infiniment grand) en stipulant (grosso modo) que l'univers alternerait entre des phases d'expansion et de contraction, avec des Big Crunch et des Big Bang entre ces phases…

(2) Il est également possible qu’une (ou d’autres) forme(s) ou un (ou d'autres) mouvement(s) énergétique(s) ai(en)t créé* un (ou d'autres) univers et/ou une (ou des) entité(s) énergétique(s) « ailleurs »…

* Ai(en)t créé autrefois, crée (ou créent) aujourd’hui ou créera (ou créeront) à l’avenir… 

(3) Energie sombre, matière noire etc etc.

 

Voir ANNEXE 1 (panorama général de la Conscience et de l'Existant – partie 1)

Voir ANNEXE 2 (panorama général de la Conscience et de l'Existant – partie 2)

 

 

QUELQUES ELEMENTS D’ASTRONOMIE – ASTROPHYSIQUE (pour les nuls*)

* Auxquels nous appartenons (bien évidemment)…

Après le Big Bang (et peut-être même avant(1)), l’univers ou les univers a (ont) été « créé(s) ». Au sein de celui que l’on appelle l’Univers(2) (avec une majuscule), différents objets « célestes », tels que les galaxies, les systèmes stellaires, les étoiles, les systèmes planétaires et les planètes etc etc, ont « vu le jour ». Ces différents « agrégats cosmologiques » n’ont cessé (et ne cessent) d’évoluer et entretiennent différents types de relations dont certaines ont été mises à jour par l’astronomie et l’astrophysique. Qui aujourd’hui (en ce début de 3ème millénaire) n’a pas, en effet, déjà entendu parler de quarks, de supernova, de naine blanche, de trou noir, d’énergie sombre, de matière noire, d’antimatière, de gravitation et d’électromagnétisme ? Qui n’a pas ne serait-ce qu’une vague idée des théories de Copernic, de Galilée, de Newton ou de la relativité générale d’Einstein, voire même de la théorie des cordes et de quelques autres réjouissances du même acabit ?

(1) Avec le Big Bounce qui laisse envisager la possibilité que l'Univers ait existé « de toute éternité »…

(2) Et au cours de son évolution…

 

Il n’est pas de notre ressort d’aborder ces notions astronomiques (et encore moins de les expliquer – nous en serions d’ailleurs bien incapables…), nous nous contenterons de noter que ces différents objets célestes sont organisés en systèmes évolutifs et interactifs et que la planète Terre se situe dans le système solaire, un des systèmes planétaires de la Voie lactée qui est l’une des innombrables galaxies de l’Univers (dont on ne sait toujours pas aujourd’hui s’il est fini ou infini ni même s’il ne représente qu’une infime partie d’un espace beaucoup plus vaste…)

 

 

Chapitre 3 LA MATIERE TERRESTRE

 

QUELQUES ELEMENTS DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE (pour les nuls*)

* Voir la rubrique QUELQUES ELEMENTS D’ASTRONOMIE – ASTROPHYSIQUE.

De façon éminemment simpliste, on pourrait dire que les atomes et les molécules peuvent se combiner de multiples façons sous formes gazeuses, liquides et solides. Ces différents « agrégats physico-chimiques » n’ont cessé (et ne cessent) d’évoluer et entretiennent différents types de relations (de nature électronique, atomique, chimique, électrique…) dont certaines ont été mises à jour par la physique et la chimie. Pour de plus amples informations, nous renvoyons au tableau périodique des éléments (table de Mendeleïev) qui représente tous les éléments chimiques, ordonnés par numéro atomique et organisés en fonction de leur configuration électronique et à la célèbre maxime de Lavoisier* qui reformule, semble-t-il, une phrase du philosophe grec Anaxagore : « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau ».

* « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

 

 

VAGUE APERCU DU MONDE TERRESTRE AVANT L’EMERGENCE DU VIVANT

Avant l’apparition de la Vie terrestre, le monde a connu de nombreuses transformations et plusieurs bouleversements majeurs. Il ne s’agira pas, ici, de donner un aperçu exhaustif de cette évolution (loin s’en faut) mais de livrer quelques éléments qui ont permis de créer les conditions nécessaires pour qu’émerge le Vivant. Disons simplement que les combinaisons atomiques et moléculaires de carbone, d’hydrogène, d’oxygène et d’azote, la composition de l’air, l’abaissement significatif de la température, la constitution d’une couche terrestre et la formation de zones hydriques ont sans doute été à l’origine de la naissance de la Vie (les molécules organiques, les protocellules, les premiers êtres cellulaires et les premières bactéries).

 

 

Chapitre 4 LE VIVANT TERRESTRE

 

QUELQUES ELEMENTS DE BIOLOGIE & DE SCIENCES HUMAINES (pour les nuls*)

* Voir la rubrique QUELQUES ELEMENTS D’ASTRONOMIE – ASTROPHYSIQUE.

Le Vivant (essentiellement composé de molécules de carbone, d’hydrogène, d’oxygène et d’azote) n’a cessé de se complexifier depuis l’émergence de la Vie sur Terre donnant naissance à de très nombreux et très divers organismes. Aujourd’hui, ces différents organismes vivants peuvent se catégoriser, de façon éminemment simpliste, en organismes vivants élémentaires (cellules et bactéries…), en végétaux, en animaux et en êtres humains dont le fonctionnement, les relations et l’évolution sont étudiés par la biologie (et ses différentes branches) et les sciences humaines. Ces différents « agrégats organiques » n’ont cessé (et ne cessent) d’évoluer. Ils se sont organisés en systèmes (écosystème et sociétés humaines) et entretiennent différents types de relations (en particulier la chaîne alimentaire). 

 

De façon ultra simplifiée, nous pourrions dire que le Vivant terrestre peut se diviser en quatre grandes catégories* :

 

Les organismes vivants élémentaires (cellules, bactéries, virus…) qui sont des structures organiques élémentaires dotées d’un code génétique, d’un métabolisme et d’un système de reproduction. Ils sont composés d’atomes et de combinaisons moléculaires et organisés en systèmes organiques élémentaires (alimentaire, circulatoire, reproductif et de protection). Et sont constitués en systèmes plus ou moins complexes hors et au sein de toutes les formes vivantes (milieux terrestre, aquatique, aérien et dans la matière organique).

 

Les végétaux qui sont des structures organiques complexes dotées d’un code génétique, d’un métabolisme et d’un système de reproduction. Ils sont composés d’atomes et de combinaisons moléculaires et organisés en systèmes organiques complexes (alimentaire, circulatoire, reproductif, et de protection). Et sont constitués en systèmes plus ou moins complexes sur une grande partie de la surface terrestre (milieux terrestre et aquatique).

 

Les animaux qui sont des structures psycho-organiques perceptives (plus ou moins) complexes dotées d’un code génétique, d’un métabolisme et d’un système de reproduction. Ils sont composés d’atomes et de combinaisons moléculaires et d’éléments vivants élémentaires (essentiellement les cellules et les bactéries) et organisés en systèmes organiques complexes (sensoriel, circulatoire, nerveux, endocrinien, alimentaire, respiratoire, reproductif, de locomotion et de protections immunitaire et organique) et pour les animaux les plus sophistiqués en systèmes psycho-organiques plus ou moins complexes (cognitif, affectif et imaginatif élémentaires, expressif et communicatif). Et sont constitués en systèmes plus ou moins complexes sur une grande partie de la surface terrestre (milieux terrestre, aquatique et aérien).

 

Les êtres humains qui sont des structures psycho-organiques perceptives complexes dotées d’un code génétique, d’un métabolisme et d’un système de reproduction. Ils sont composés d’atomes et de combinaisons moléculaires et d’éléments vivants élémentaires (essentiellement les cellules et les bactéries) et organisés en systèmes organiques complexes (sensoriel, circulatoire, nerveux, endocrinien, alimentaire, respiratoire, reproductif, de locomotion et de protections immunitaire et organique), en systèmes psycho-organiques complexes (émotionnel, sexuel, affectif, de protection psychique et communicatif) et en systèmes psychiques complexes (cognitif, sentiments, réflexif, représentatif, organisationnel, distractif, imaginatif, expressif et de compréhension). Et sont constitués en systèmes complexes sur une grande partie de la surface terrestre.

* Pour des informations beaucoup moins basiques, nous renvoyons à l'arbre phylogénétique (ou arbre de vie) qui expose les relations de parenté entre les différents groupes d'êtres vivants... Notons que cette classification fait l'objet de nombreux débats entre les systématiciens et est susceptible d'être largement modifiée par les recherches (actuelles et à venir) et les « incessantes » nouvelles découvertes...

 

 

VAGUE APERCU DU MONDE TERRESTRE AVANT L’EMERGENCE DE L’HOMME

Depuis la naissance du Vivant jusqu’à l’émergence de l’Homme, le monde terrestre a connu de nombreuses transformations (entre autres, des variations thermiques et d’incessants mouvements liés à la tectonique des plaques qui ont fait émerger la configuration continentale actuelle avec les surfaces océaniques et terrestres, les montagnes etc etc). De nombreuses espèces vivantes (végétales et animales) sont apparues sur terre et dans les océans (qui constituent toujours environ 70% de la surface de la Terre). Un grand nombre d’espèces a disparu, d’autres ont évolué.

 

Jusqu’à l’apparition de l’espèce humaine, il semblerait que toutes les formes végétales et animales s’organisaient de façon naturelle et instinctive, formant un immense écosystème (avec des mécanismes naturels de régulation et de rééquilibrage en cas de survenance d’un déséquilibre) au sein duquel chaque forme vivante constituait le maillon d’une gigantesque chaîne alimentaire de type pyramidal (consommateurs primaires, secondaires et tertiaires) au sommet de laquelle régnaient, sans partage, les « grands prédateurs ».

 

Les formes végétales et animales étaient soumises à des luttes et à des stratégies de collusion intra-spécifiques et interspécifiques pour assurer leur survie (alimentaire et territoriale). L’écosystème les a donc naturellement invitées à occuper des territoires adéquats, peu ou pas occupés par des prédateurs* (niches territoriales) et fort pourvus en ressources alimentaires, voire parfois à orienter leur alimentation (niches alimentaires).

* Ou en compensant les risques de prédation par un taux de natalité élevé.

 

Les espèces animales étaient soit de « nature solitaire » soit de « nature grégaire » et formaient des groupes ou des communautés plus ou moins peuplés, plus ou moins organisés et hiérarchisés, plus ou moins nomades ou sédentaires selon leurs spécificités « naturelles » et l’abondance des ressources alimentaires. Avant l’apparition de l’Homme, la surface terrestre constituait un immense quadrillage relativement équilibré, peuplé d’espèces végétales et animales relativement diversifiées. 

  

 

Chapitre 5 L’HOMME ET LE PSYCHISME HUMAIN

Il est difficile de dater avec exactitude l’apparition du premier Homme. Néanmoins, l’émergence de l’espèce humaine constitue un élément absolument majeur dans l’évolution des formes terrestres et de la Vie sur Terre. Son développement (qualitatif et quantitatif) n’aura de cesse, au cours de son évolution, de transformer l’Existant et l’existence terrestres, la vie végétale et animale et « l’équilibre naturel » du monde. Afin de comprendre les ressorts de cette transformation, il nous faut nous intéresser aux éléments constitutifs majeurs de l’être humain dont le cerveau et le psychisme semblent être les clés de voûte… 

 

Il ne nous appartient pas (et nous en sommes parfaitement incapables) de connaître avec exactitude la façon dont le cerveau humain a pu émerger et « donner naissance » au psychisme. Le cerveau ne serait-il que la simple, incroyable et merveilleuse résultante d’une longue série de combinaisons moléculaires (éléments cellulaires, électriques, chimiques, hormonaux…) qui lui a permis d’accéder à la perception (et très vite à la cognition)? Une question fondamentale, ici, se pose : le cerveau a-t-il créé la perception ou a-t-il accédé à la perception (qui existait donc antérieurement) ? Débat fondamental qui ne semble pouvoir aujourd’hui être tranché (en l’état actuel des connaissances)… Cette incapacité est extrêmement frustrante d’autant qu’elle pourrait grandement conditionner l’évolution future des sociétés humaines et post-humaines en matière d’intelligence artificielle (nous y reviendrons dans les paragraphes consacrés à l’IA)… pour l’heure, nous qui avions souhaité une analyse factuelle neutre (totalement non idéologique), nous sommes confrontés à un choix (inévitable) et donc à une orientation biaisée en optant pour la première(1) ou la seconde(2) hypothèse.

(1) Première hypothèse : le cerveau a créé la perception...

(2) Seconde hypothèse : le cerveau a (simplement) accédé à la perception...

 

Bien que nous essaierons de considérer les deux hypothèses, le second axiome nous semble plus juste et plus probable(1). Nous argumenterons ce choix ultérieurement… Disons (pour l’heure) que nous avons « l’intime conviction(2) » que le cerveau n’a pas créé la perception mais que le Vivant a créé les conditions pour que le cerveau y accède. Cette hypothèse qui présuppose l’antériorité de la perception nous oblige à la définir et à donner quelques éléments sur son origine. Qu’est-ce que la perception ? Et qu’est-ce qui perçoit ? Vastes questions…

(1) Au regard de notre intuition, de notre compréhension et de notre expérience…

(2) Une « intime conviction » est par nature indémontrable et invérifiable... Nous nous efforcerons néanmoins, au cours de cette réflexion, de livrer les arguments nécessaires à son étaiement…

 

Bien que la perspective que nous déroulons ici s’inscrive dans un grand souci d’objectivité, nous présupposerons donc que la Conscience (perçue comme « originelle » par les Hommes) est à l’origine de toutes les manifestations de l’Existant (de toutes les formes énergétiques). Cette présupposition n’aura, en vérité, aucune incidence significative sur le déroulement factuel de l’évolution des formes terrestres et pourrait même être occultée... A ce propos, notons néanmoins qu’il est (pour le moins) étrange – et nous y reviendrons longuement – que le psychisme humain soit habité par une aspiration constante, puissante et « mystérieuse » qu’il l’enjoint de tenter de « retrouver » la totalité des caractéristiques de la Conscience*et de les faire advenir sur le plan phénoménal — sur le plan terrestre. Cette présupposition conditionne néanmoins un élément majeur : la perception.

* Se référer aux pensées intuitives exposées dans le livre 1.

 

A nos yeux, Ce qui perçoit est la Conscience (« originelle ») et toutes formes(1) de perception, pourvu que cette dernière soit sensible (c’est-à-dire capable d’éprouver) et dotée d’une capacité de distanciation, est la Conscience même si elle se trouve limitée (et conditionnée) par son support. Ainsi, prenons l'exemple d'une caméra de surveillance : son rôle est de filmer une zone circonscrite et restreinte, elle enregistre des faits, qui ne sont, en réalité, que des données et des informations sur des interactions entre des formes de l’Existant (un vol ou un braquage par exemple). Qui perçoit les images ? Celui qui les regarde. Qui regarde (et éprouve) celui qui regarde la caméra de surveillance qui, elle-même, « regarde » la zone circonscrite ? Il semblerait bien que cela soit la Conscience (ou l’attention impersonnelle) accessible à l’Homme enclin à la sensibilité et à la distanciation perceptive… Imaginons à présent un robot sophistiqué paramétré pour percevoir et regarder. Sa perception est limitée par ses capteurs. Serait-il capable de se regarder en train de regarder ? Serait-il capable d’éprouver ? Si nous répondons par l’affirmative, alors le robot serait en mesure d’accéder à « la Conscience sensible d’arrière-plan(2) »… si nous répondons par la négative, alors le robot n’est qu’un instrument de perception sans sensibilité ni capacité de distanciation… Nous tenterons de développer ces thématiques dans les paragraphes que nous consacrerons au cheminement spirituel et à l’intelligence artificielle. Revenons à présent au psychisme humain.

(1) Quel que soit leur support, le cerveau « organique » chez les humains ou le « cerveau » synthétique chez les systèmes d’intelligence artificielle (caméras, robots…)...

(2) Autre nom parfois donné à la Conscience « originelle »…

 

 

Bref aperçu évolutif du psychisme

A l’origine (dès l’émergence d’un cerveau élémentaire suffisamment élaboré), le psychisme perçoit des manifestations de l’Existant et des sensations (des ressentis corporels) internes (à l’intérieur du corps) et externes lorsque le corps est en interaction avec l’Existant (soulignons que le corps est toujours en interaction avec l’Existant…). Cette perception(1) (préconsciente) de l’Existant et des sensations lui font éprouver une sensation de confort ou d’inconfort(2) (puis plus tard, avec la complexification de la cognition, un sentiment de confort ou d’inconfort). Les ressentis corporels internes inconfortables invitent le psychisme à réaliser qu’il existe des besoins qui nécessitent d’être satisfaits(3) (afin de faire disparaître le sentiment d’inconfort). Il va donc mettre en œuvre des réponses(4) pour satisfaire ces besoins. En premier lieu, il va agir (réagir) pour combler les besoins ressentis. Et au fil de la répétition des actions mises en œuvre, la cognition va se développer et lui donner accès à la réflexion qui lui permettra de réitérer ces actions et/ou de les améliorer. Le psychisme comprend ainsi très vite que les besoins réapparaissent et qu’il n’est pas assuré de pouvoir y répondre. Il va donc s’attacher à trouver des réponses de plus en plus sûres et pérennes. L’amélioration des réponses et la complexification de la cognition permettent alors au psychisme de réaliser qu’il est capable d’améliorer ce sentiment de confort. Cette compréhension va sans doute, en partie, donner naissance au désir (et au sentiment de satisfaction — satisfaction de la réalisation des désirs qui progressivement prendra le pas sur la sensation de confort).

(1) Perception assez superficielle en mesure d’appréhender « le visible », « le proche » et « l’apparent » (pas ou peu « l’invisible », « le lointain » et « le profond »).

(2) Les sensations peuvent également être à l’origine d’émotions et de sentiments ressentis (par le psychisme) comme plaisants (agréables et donc confortables) ou comme déplaisants (gênants ou pénibles donc inconfortables).

(3) Pour la première fois dans l’évolution de la matière vivante, une forme est contrainte de satisfaire une partie de ses besoins sans prise en charge directe et naturelle par le système (comme dans le cas des végétaux). Les animaux et les hominidés furent, bien sûr, également concernés par cet aspect —  mais dans une moindre mesure — au vue de leur « instinct naturel » de survie… Instinct de survie dont l’Homme aussi (évidemment) est doté… Bref… une partie des besoins doit donc être prise en charge, les autres besoins, essentiellement les besoins et les fonctions métaboliques et physiologiques (la respiration ou la circulation sanguine par exemple) sont assurés par la Vie (la biologie, le système qui régit les lois du Vivant – des formes vivantes) sans l’intervention nécessaire du psychisme (plus tard, lorsqu’il en sera capable, le psychisme jettera à tous ces domaines un œil très attentif et très interventionniste…).

(4) Réponses de deux ordres : par l’action qui donnera naissance à ce que nous avons appelé le plan réalisationnel actif et par la réflexion qui donnera naissance à ce que nous avons appelé le plan représentatif intellectuel.

 

Contraint par sa crainte de l’inconfort et son besoin (puis, plus tard, son désir) de confort, le psychisme va développer des capacités cognitives et cartographier l’Existant. Cette « cartographie » de l’Existant va donner naissance aux représentations mentales qui vont permettre au psychisme de comprendre sa dangerosité, d’éviter ses dangers, de s’y orienter avec plus de facilité, d’en tirer toujours plus avantageusement parti (et, plus tard, de créer ce qu’il lui manque ou semble lui manquer…) pour trouver des réponses de plus en plus efficaces et satisfaisantes (de plus en plus sûres et de plus en plus durables). Ces représentations de l’Existant se divisent très vite en représentations de soi – conscience de soi(1)(2)(3) (le psychisme s’identifie au corps) et représentations « du reste du monde ». Ainsi, le psychisme s’empare de la sphère organique (le corps). Et, au fil des expériences et de l’évolution, « habité » par un farouche besoin de sentiment de confort, il ne cessera d’essayer d’améliorer les réponses aux besoins ressentis (et donc la qualité de sa satisfaction).

(1) Cette identification donne naissance à la notion de conscience de soi (représentation de soi, identifiée à la forme organique), puis aux notions d’égocentrisme, de sentiment narcissique et d’image de soi.

(2) La conscience de soi (identifiée à la forme) a donné naissance à l’égocentrisme, centre à partir duquel s’est développée une longue série : la préférence familiale, la préférence communautaire (communautarisme), la préférence locale ou régionale (régionalisme), la préférence nationale (nationalisme), l’anthropocentrisme, le géocentrisme et l’héliocentrisme (qui aujourd’hui, grâce à « l’amélioration des savoirs », a été abandonné…).

NOTE : l’intégration de « la sphère extérieure » (ce qui apparaît différent, étranger et extérieur à la forme – à l’individu) à « la sphère personnelle » et le sentiment de proximité (notamment affective) se réalisent par proximité (physique), par la compréhension (connaissance de « l’Autre » et connaissance de notre nature profonde) et son respect. Mais « la véritable intégration » (intégration à soi) ne se réalise qu’avec la pleine réalisation de notre réalité (accès à la Conscience par la spiritualité) : il n’y a dès lors plus d’autres. Tout est en soi… (nous aborderons très largement cette thématique dans les paragraphes consacrés au plan spirituel…).

(3) Cette conscience de soi est essentiellement liée aux caractéristiques physiques et psychiques et au mode de vie (alimentation, logement, vêtements, possessions matérielles, appartenance à certaines catégories, fonction au sein du système sociétal etc).

 

La complexification du psychisme (essentiellement liée à son identification au corps) va également créer d’autres besoins (essentiellement d’ordre psychique) et l’enjoindre d'y répondre. Ainsi, le psychisme va être amené à développer (plus encore) ses capacités cognitives et abstractives qui lui permettront d’améliorer ses capacités discriminantes, conceptuelles et organisationnelles, d’élaborer des contenus psychiques (les représentations mentales) de plus en plus élaborés et de transformer l’Existant en créant et fabriquant des outils de plus en plus sophistiqués. 

 

Le psychisme (qui est un plan perceptif « préconscient ») s’est donc inscrit, dès ses origines, dans une perspective égotique de type utilitariste conditionnée essentiellement par la satisfaction des besoins ressentis. L’ « émergence » de la « pré-conscience » dans le psychisme l’imprègne néanmoins, au fil de l’évolution (et à des degrés plus ou moins forts), de certaines caractéristiques de la Conscience(1) — d’une part, des tendances ou des prédispositions au respect (de nature révérencielle), à l’altruisme, à la générosité, à la bienveillance, à la solidarité, à l’entre-aide désintéressée, à la fraternité etc., pâles (et fragiles) reflets de l’Amour et d’autre part, un besoin de compréhension, lointain reflet de l’Intelligence(2).

(1) Se référer aux pensées intuitives exposées dans le livre 1.

(2) Chez de rares individus « préconscients » (plus « proches » de la Conscience que de la pré-conscience) mais qui ne disposent pas toujours de la possibilité (ou des capacités à) d’ « habiter » l’espace de Conscience de façon stable et/ou de façon plus large, il peut exister une perception plus profonde, plus large et plus fine qui leur permet, par exemple, de voir et/ou de sentir (grâce à une hypersensibilité – une hyper-sensorialité) les mouvements énergétiques entre les formes apparentes, de percevoir d’autres mondes et d’autres plans, d’y entrer et/ou d’entrer en communication avec les formes qui y « habitent ». Chez eux, peuvent aussi se manifester des besoins d’Infini (d’Absolu), d’omniscience (voire de « Connaissance incarnée »), d’Amour inconditionnel et de Paix absolue. Notons (entre parenthèses) que plus ces besoins sont manifestes et ressentis comme essentiels, plus les autres besoins organiques et psychiques deviennent secondaires (voire accessoires) — nous aborderons très largement ces thématiques dans les paragraphes consacrés au plan spirituel...).

 

 

LES CONTENUS PSYCHIQUES PRINCIPAUX

Le psychisme (qui est « en contact » permanent avec l’Existant à travers la perception visuelle et les sensations) est un espace traversé, de façon quasi continue, par de très nombreux mouvements énergétiques provisoires qui constituent ce que l’on peut appeler les contenus psychiques. Outre les perceptions visuelles de l’Existant (manifestations de l’Existant perçues par le psychisme), ces contenus sont essentiellement :

 

- des sensations (ressentis corporels, gênes, douleurs…) ;

 

- des représentations mentales (les pensées) qui se manifestent soit par des images (les représentations mentales imagées) soit par des idées (les représentations mentales conceptuelles) soit de façon mixte (images et idées entremêlées) et qui peuvent concerner plusieurs « sphères : soi (idées et images de soi), les autres (idées et images des autres), le monde (images et idées du monde), le temps (représentation du temps et de la temporalité) ;

 

- et des émotions (au sens large – émotions et sentiments).

 

En général, ces mouvements énergétiques provisoires (ou contenus psychiques) sont saisis par le psychisme et se transforment (se transmutent) aussitôt en besoins ou en désirs (ou en besoins-désirs). Besoins et/ou désirs qui créent immédiatement un sentiment d’inconfort et d’insatisfaction qui amène le psychisme à y répondre par des mouvements (l’action et/ou la réflexion) afin de les satisfaire pour retrouver sa zone de confort (et/ou éventuellement d’en améliorer l’accès, la qualité, la durée et la sécurité).

 

 

Les perceptions visuelles de l’Existant (manifestations de l’Existant perçues par le psychisme)

Les perceptions visuelles de l’Existant sont déterminées par les capacités du système sensoriel corporel — le système optique (sur le plan organique) – et les « capacités perceptives » du cerveau (sur les plans cérébral et psychique). Il semblerait que la perception humaine soit relativement restreinte. Elle ne semble, en effet, avoir accès qu’aux manifestations proches, apparentes et superficielles. Et se montre (en général) incapable d'appréhender les manifestations lointaines (l’étendue de l’Univers par exemple), les manifestations invisibles — non perceptibles à l’œil humain (les ultraviolets, les infrarouges, les mouvements énergétiques entre les formes, l’existence d’autres mondes, plans et univers par exemple) et les manifestations profondes (leur origine et leur nature réelle par exemple). Mais en dépit de ces « faibles » capacités, les manifestations de l’Existant perceptibles par le psychisme humain sont déjà (néanmoins) fort nombreuses. 

 

Les manifestations de l’Existant peuvent être schématiquement divisées en trois catégories :

 

- les manifestations sans effet sur le sentiment de confort et d’inconfort (neutres) qui n’impliquent pas nécessairement d’action (ou de réaction) ;

 

- les manifestations inconfortables (douloureuses, gênantes, pénibles) qui impliquent une (ou des) action(s) pour retrouver la zone de confort ;

 

- et les manifestations confortables (plaisantes) qui peuvent être à l’origine de plusieurs mouvements : la peur de les voir disparaître, le désir de les rendre plus durables* et/ou permanentes et le désir d’en améliorer la qualité et/ou l’intensité. Mouvements qui peuvent, à leur tour, créer une (ou des) actions afin d’améliorer la zone de confort.

* Ou d’en rendre l’accès et la venue plus aisés et plus certains et/ou la disparition plus difficile (voire impossible)…

 

 

Les sensations

Les sensations sont liées, bien sûr, aux capacités sensorielles corporelles : les cinq sens (excepté la vue(1) et l’ouïe(1) qui permettent la perception visuelle et la perception auditive — et non des « sensations visuelles et auditives »). Il s’agit, bien sûr, des sensations tactiles(2) (grâce au toucher), des sensations olfactives(2) (grâce à l’odorat) et des sensations gustatives(2) (grâce au goût).

(1) Notons que la Conscience « originelle » est également parfois appelée « Regard » ou « Ecoute » impersonnel(le) soulignant ainsi sa nature essentiellement perceptive…

(2) Comme si l’on désignait communément la vue et l’ouïe du point de vue de la perception et du « contenant » et le toucher, le goût et  l’odorat du point de vue de la sensation et du « contenu ». Soulignons également que la pratique spirituelle invite les individus à appréhender l’Existant à travers le « Regard », « l’Ecoute » et le « Ressenti » se plaçant ainsi délibérément « du côté » de la perception en matière de sensorialité…

 

Les sensations (et les ressentis corporels) peuvent également être divisées, de façon schématique, en trois catégories :

 

- les sensations sans effet sur le sentiment de confort et d’inconfort (neutres) qui n’impliquent pas nécessairement d’action (ou de réaction) ;

 

- les sensations inconfortables (douloureuses, gênantes, pénibles) qui impliquent une (ou des) action(s) pour retrouver la zone de confort ;

 

- et les sensations confortables (plaisantes) qui peuvent être à l’origine de plusieurs mouvements : la peur de les voir disparaître, le désir de les rendre plus durables et/ou permanentes et le désir d’en améliorer la qualité et/ou l’intensité. Mouvements qui peuvent, à leur tour, créer une (ou des) actions afin d’améliorer la zone de confort.

 

 

Les représentations mentales

Les représentations mentales ont émergé et se sont développées essentiellement grâce à la cognition (avec les capacités de conceptualisation et d’abstraction). Elles se composent essentiellement des représentations de soi, des représentations des autres, des représentations du monde, des représentations temporelles et des représentations conceptuelles – idées du « bien » et du « mal », du « vrai » et du « faux », du « beau » et du « laid », du « normal » et de « l’anormal », du « juste » et de « l’injuste », de « l’acceptable » et de « l’inacceptable » etc etc*.

* Le psychisme a « des idées » sur (à peu près) tout… oui, sur (à peu près) toutes les manifestations de l’Existant…

 

Les représentations mentales évoluent (ou du moins peuvent évoluer*) au fil des expériences (et tout au long de l’existence) et sont sous l’influence des représentations et des normes collectives en vigueur (dans la société). Elles occupent une place centrale dans la vie psychique comme si elles représentaient (pour le psychisme) l’essentiel de la « réalité » et constituaient (avec les perceptions visuelles et auditives et les sensations) l’une de ses seules possibilités d’accès à l’Existant (et à sa connaissance) au point de les voir (assez souvent) prendre le pas sur le « réel ».

* Les représentations mentales sont soumises à une très forte inertie… elles semblent « indéboulonnables » et fort peu évolutives…

 

Leur complexification a permis au psychisme d’élaborer une représentation de plus en plus complexe, de plus en plus abstraite, de plus en plus large et de plus en plus fine et détaillée de l’Existant (la cartographie mentale du « réel ») que nous avons décidé d’appeler le plan représentatif intellectuel (et qui fera l’objet d’une rubrique dans cette analyse).

 

Cette complexification et cette sophistication ont permis au psychisme de développer des capacités d’entendement et de s’interroger sur l’Existant, sur l’insatisfaction liée à la condition organique et aux conditions psychiques et intellectuelles limitées auxquelles la forme (le corps) est soumise, mais également de prendre conscience de certaines de ses potentialités (encore peu explorées et encore moins actualisées) et (accessoirement) du chemin qui « lui reste à parcourir » pour « retrouver » les caractéristiques de la Conscience (dont il a plus ou moins l’intuition — nous y reviendrons) et les faire advenir sur le plan phénoménal.

 

La complexification des représentations mentales a également permis au psychisme de voir émerger des réponses de plus en plus performantes aux besoins ressentis, de transformer l’Existant et de créer et de fabriquer quantités d’inventions pour satisfaire ses besoins et désirs que nous avons décidé d’appeler le plan réalisationnel actif (qui fera également l’objet d’une rubrique dans cette analyse). Comme elle lui a permis également de se donner « toujours plus de moyens » et de possibilités dans sa quête incessante et inlassable de confort, de sécurité et de permanence…

 

Les représentations mentales sont devenues si prépondérantes dans la vie psychique humaine qu’elles y ont très vite occupé une place (absolument) centrale. Au point de constituer des repères rassurants et un socle à partir duquel la très grande majorité des individus « édifie » et « construit » son existence…

 

… au point où elles orientent ou colorent, de façon substantielle, la perception visuelle de l’Existant comme si elles « habillaient » le perçu*.

* Allant parfois même jusqu’à s’y substituer de façon quasi complète, donnant ainsi au psychisme le sentiment de voir « la réalité » alors qu’il ne perçoit que la projection de ses propres représentations…

 

… au point où la très grande majorité des individus accorde une importance cruciale aux repères (et privilégie les habitudes).

 

… au point où la très grande majorité des individus évite (avec soin) de les remettre en cause et ne peut souffrir (le moins du monde) de les voir mises « à mal », « bousculées » ou ébranlées afin de préserver un sentiment de sécurité psychique (fallacieux, bien entendu…).

 

… au point où la très grande majorité des individus est toujours encline à émettre, de façon incessante (et souvent inconsciemment), de nombreux et divers jugements et opinions sur toutes les manifestations de l’Existant*.

* Jugements sur soi, sur les autres, sur le monde, sur ce qui est et ce qui devrait être alors que le psychisme ne perçoit que ce qui a l’air d’être et crée artificiellement une « référence idéale » en croyant que « le réel » devrait s’y conformer…

 

… au point où la très grande majorité des individus a systématiquement recours aux projections anticipatives (création de représentations mentales temporelles). Processus qui consiste à se projeter dans le temps et à prévoir à l’avance les situations futures possibles et à déterminer, parmi toutes celles qui sont envisagées, celle qui sera (selon toutes vraisemblances) la plus porteuse de satisfaction et/ou de confort et de sécurité*, faisant naître ainsi le désir de voir cette situation se concrétiser « de façon réelle » (autrement dit qu’elle se matérialise sur le plan de l’Existant).

* Certains individus vont être prédisposés à prendre des risques et à privilégier une situation potentiellement plus porteuse de satisfaction que leur situation présente. D’autres, au contraire, vont privilégier la sécurité et renoncer à des situations potentiellement plus porteuses de satisfaction mais dont la survenue n’est pas garantie.

 

Notons que ce processus crée des attentes très fortes (parfois nombreuses et très puissantes dans l’espace psychique) à l’égard des manifestations de l’Existant (les évènements, les circonstances, les situations et les interactions) qui peuvent envahir complètement l’espace psychique et avoir de fortes répercussions sur l’encombrement psychique (soucis et préoccupations concernant la réalisation effective du (ou des) scénario(s) retenu(s)). Soulignons également que ce processus a une très grande influence sur les comportements stratégiques adoptés par les individus, prêts à utiliser tous les moyens à leur disposition pour que leur attentes se réalisent (et deviennent « réalité ») et à éliminer les obstacles (tous les obstacles réels, ressentis, potentiels ou imaginés) qui pourraient entraver (ou retarder) leur réalisation.

 

Bref, comme nous le constatons, à travers ces quelques éléments, les représentations mentales sont innombrables, à peu près « partout »... (dans tous les « recoins » du psychisme) et totalement omnipotentes…

 

Les représentations mentales, véritable noyau du psychisme, ont ainsi une influence prépondérante et centrale sur les désirs, les attentes, la perception des manifestations de l’Existant, le sentiment subjectif de sécurité psychique et le sentiment subjectif de satisfaction psychique.

 

A l’instar des manifestations de l’Existant et des sensations, les représentations mentales peuvent être divisées, de façon schématique, en trois catégories :

 

- les représentations mentales sans effet sur le sentiment de confort et d’inconfort (neutres) qui n’impliquent pas nécessairement d’action ;

 

- les représentations mentales inconfortables (pénibles) qui impliquent une (ou des) action(s) pour retrouver la zone de confort ;

 

- et les représentations mentales confortables (plaisantes) qui peuvent être à l’origine de plusieurs mouvements : la peur de les voir disparaître, le désir de les rendre plus durables et/ou permanentes et le désir d’en améliorer la qualité et/ou l’intensité. Mouvements qui peuvent, à leur tour, créer une (ou des) actions afin d’améliorer la zone de confort.

 

 

Les émotions (au sens large – émotions et sentiments)

Bien qu’elles puissent se manifester sans raison apparente* ni lien avec les manifestations de l’Existant, les émotions semblent, en grande partie, liées au degré de coïncidence (de correspondance ou de décalage) — plus ou moins fort — entre d’une part, les besoins, les désirs et les attentes ressentis et leur satisfaction effective et d’autre part, entre les représentations mentales et « la réalité ».

* Du moins non perceptible par le psychisme (dont la perception, rappelons-le, est restreinte et limitée…).

 

Les émotions et les sentiments* occupent également un rôle central dans la vie psychique. Ils colorent très fortement le psychisme et influencent grandement les liens avec l’Existant et les rapports avec les formes.

* Il serait sans doute judicieux, ici, de distinguer les émotions des sentiments. De façon très simpliste, disons que les émotions semblent appartenir à la sphère psycho-organique alors que les sentiments semblent relever davantage de la sphère psychique (même si ces derniers ont également des répercussions sur le corps)... En effet, les premiers surviennent de façon relativement « brute » et « spontanée » alors que les seconds apparaissent davantage comme des constructions mentales (même si le « processus » d'élaboration n'est pas conscient ou perçu et qu'il reste – en général – assez flou)...

 

Les émotions — émotions et sentiments — peuvent être également divisées, de façon schématique, en trois catégories :

 

- les émotions sans effet sur le sentiment de confort et d’inconfort (neutres) qui n’impliquent pas nécessairement d’action ;

 

- les émotions inconfortables (douloureuses, gênantes, pénibles) qui impliquent une (ou des) action(s) pour retrouver la zone de confort ;

 

- et les émotions confortables (plaisantes) qui peuvent être à l’origine de plusieurs mouvements : la peur de les voir disparaître, le désir de les rendre plus durables et/ou permanentes et le désir d’en améliorer la qualité et/ou l’intensité. Mouvements qui peuvent, à leur tour, créer une (ou des) actions afin d’améliorer la zone de confort.

 

 

DEUX MECANISMES CENTRAUX DU PSYCHISME

 

Le désir

Le désir constitue sans doute l’un des plus puissants moteurs du psychisme. Il s’est probablement manifesté (de façon plus vive) dès que le psychisme a réalisé qu’il était en mesure d’accroître sa satisfaction (son sentiment de satisfaction) en améliorant les réponses aux besoins ressentis.

 

Les désirs sont extrêmement liés au sentiment d’insatisfaction et/ou de manque (lorsque les besoins et les désirs ne sont pas satisfaits) et au sentiment d’incomplétude* (lorsque l’ensemble des besoins et des désirs est satisfait mais que subsiste un résiduel et inaltérable sentiment d’insatisfaction…).

* Le sentiment d’incomplétude n’est pas toujours ressenti (ou perçu) par les individus…

 

Les désirs sont (en général) soumis à l’impératif d’immédiateté (ou tout au moins à la rapidité de leur satisfaction). Ils paraissent infinis (et infiniment renouvelables) alors que les possibilités « de les satisfaire » sur le plan de la Vie terrestre semblent limitées (en dépit des efforts et de l’énergie déployés par les Hommes pour y répondre…). En effet, à mesure de leur satisfaction (grâce aux réponses trouvées par le psychisme pour les « combler »), d’autres désirs apparaissent, appelant à améliorer les réponses et/ou à en trouver de nouvelles qui, à leur tour, créent d’autres désirs… indéfiniment...

 

Les désirs sont incroyablement puissants. Ils sont porteurs d’une très forte énergie qui donne naissance à des actions et des réflexions d’une grande vitalité qui ne peuvent s’éteindre (le plus souvent) qu’avec la satisfaction des désirs (ou éventuellement avec leur abandon « contraint*» — désirs inaccessibles ou irréalisables par exemple).

* Avec (en général) une « non acceptation » (avec un enfouissement, un refoulement…) qui engendre des effets et des répercussions plus ou moins forts et durables sur le plan psychique et/ou organique et/ou sur l’entourage…

 

 

BREF APARTE : avec l’émergence de la monnaie (créée, à l’origine, pour faciliter les échanges entre les individus), l’argent va très vite occuper une place essentielle dans la vie des Hommes. La raison en est simple : le psychisme va lui attribuer un rôle déterminant : satisfaire les besoins et les désirs. L’argent ne cessera dès lors d’être (avec la sexualité, autre domaine essentiel où se manifeste le désir…) l’une des préoccupations majeures du psychisme et des Hommes (nous aurons maintes fois l’occasion d’y revenir…). 

 

 

La zone de confort (ou de satisfaction)

Le psychisme est (au regard de son identification à la forme) soumis à la nécessité de rester dans sa zone de confort, contraint de la retrouver (s’il la quitte) et d’en améliorer les caractéristiques (car il est soumis au désir) en matière de qualité, de durée (de durabilité) et de sécurité afin d’accroître (ou d'améliorer) son sentiment de satisfaction.

 

Voici les éléments principaux qui influent sur le sentiment de satisfaction (et plus exactement sur le degré de sentiment de satisfaction) ou d’insatisfaction ressenti par le psychisme :

 

- la satisfaction(1) ou la non satisfaction des besoins ressentis (que nous aborderons dans les paragraphes suivants) ;

 

- la satisfaction(1) ou la non satisfaction des désirs ressentis (désirs conscients ou inconscients – perçus ou non perçus – que nous aborderons également dans les paragraphes suivants) ;

 

- la satisfaction(1) ou la non satisfaction des attentes (le degré de coïncidence entre les attentes – les projections temporelles des désirs et/ou les projections des représentations mentales et les manifestations perçues de l’Existant(2)) ;

(1) Et plus exactement sur le degré de satisfaction.

(2) Les manifestations perçues de l’Existant sont, pour l’essentiel, les situations, les évènements, les circonstances et les interactions avec les autres formes.

 

- le temps nécessaire entre l’apparition des besoins, des désirs et des attentes et leur satisfaction ;

 

- la nature satisfaisante (plaisante et/ou confortable) ou insatisfaisante (déplaisante, pénible et/ou inconfortable) des manifestations perçues de l’Existant ;

 

- le degré de coïncidence entre les manifestations perçues de l’Existant et les représentations mentales (non temporelles et non projectives) ;

 

- la nature plaisante (confortable) ou déplaisante (inconfortable) des sensations et des représentations mentales ;

 

- le degré d’encombrement psychique*(taux de saturation psychique mesuré par la place — voire même l’envahissement – des contenus psychiques dans l’espace psychique) ;

* L’encombrement psychique est délimité par une fourchette haute et une fourchette basse. Ainsi, un excès de contenus psychiques peut provoquer une saturation psychique, source d’inconfort qui peut aller jusqu’à un effondrement psychique. Et, a contrario, l’absence de contenus psychiques ou « le vide » est une très grande source d’inconfort psychique (en général, perçu comme « insupportable »…).

 

- le degré d’activité psychique*;

* L’activité psychique est circonscrite par une fourchette haute et une fourchette basse. Ainsi, un excès d’activité psychique peut provoquer une saturation psychique, source d’inconfort qui peut aller jusqu’à un effondrement psychique. Et, a contrario, l’absence d’activité psychique peut engendrer l’ennui, source d’inconfort psychique (en général, perçu comme « insupportable »…).

 

- le degré de pression et de contraintes* (internes et externes) exercées sur le psychisme (et éventuellement leur origine et leur nature) ;

* Les pressions et les contraintes auxquelles le psychisme est soumis (pressions internes ou externes) sont délimitées par un seuil. En effet, un excès de pression et de contraintes provoque, en général, un stress, source d’inconfort psychique (qui peut aller jusqu’à un effondrement psychique) mais peut aussi créer de l’anxiété (et/ou de l’angoisse), autre(s) source(s) d’inconfort psychique.

 

- la nature satisfaisante (plaisante et/ou confortable) ou insatisfaisante (déplaisante, pénible et/ou inconfortable) des émotions et des sentiments (en partie liée aux interactions avec l’Existant – à leur nature plaisante ou déplaisante, à leur degré de coïncidence avec les représentations mentales, à la satisfaction ou la non satisfaction des besoins, des désirs, des attentes, au degré d’activité psychique et au degré de pression et de contraintes…) ;

 

- le sentiment subjectif de satisfaction* et d’insatisfaction (sentiment subjectif de joie ou de contentement avec capacité de distanciation) essentiellement à l’égard de la vie et du monde – les manifestations de l’Existant – en matière de satisfaction des besoins, des désirs et des attentes et à l'égard de ses capacités (réelles ou imaginées) à les satisfaire, sa capacité de distanciation et ses capacités à endurer l’insatisfaction ;

* Le sentiment subjectif de satisfaction ou d’insatisfaction dépend essentiellement du sentiment subjectif de confort et du sentiment subjectif de sécurité. Outre qu’il varie selon les paramètres liés à ces deux sentiments subjectifs, notons qu’il peut être altéré par un dysfonctionnement structurel (pathologies psychiques).

 

- le sentiment subjectif de confort et d’inconfort (sentiment subjectif de bien-être et de mal-être avec capacité de distanciation) essentiellement à l’égard de la vie et du monde – les manifestations de l’Existant – en matière de satisfaction des besoins, des désirs et des attentes et à l'égard de ses capacités (réelles ou imaginées) à les satisfaire, sa capacité de distanciation et à endurer l’inconfort ;

 

- le sentiment subjectif de sécurité* et d’insécurité (sentiment de confiance avec capacité de distanciation) essentiellement à l’égard de la vie et du monde – les manifestations de l’Existant – en matière de satisfaction des besoins, des désirs et des attentes et à l'égard de ses capacités (réelles ou imaginées) à les satisfaire, sa capacité de distanciation et ses capacités à endurer l’insécurité.

* Le sentiment de sécurité (psychique) est lié à l’absence de dangers et/ou de douleur (réel(le)s, ressenti(e)s, potentiel(le)s ou imaginé(e)s) pour le corps(1) et à l’absence de dangers et/ou de souffrance (réel(le)s, ressenti(e)s, potentiel(le)s ou imaginé(e)s) pour le psychisme(2) qui peut être ou se sentir (dans ces deux cas) agressé (donc potentiellement ou réellement « entrer » dans la zone d’inconfort) lorsque, par exemple, les situations, les évènements ou les interactions sont perçus comme éprouvants, difficiles ou insupportables et/ou qu’ils altèrent, déstabilisent ou sont susceptibles de dégrader (voire de détruire) les représentations mentales. 

(1) Par exemple, une douleur ou un excès d’inconfort corporel peut engendrer un inconfort psychique qui peut aller (s’il est puissant) jusqu’à l’évanouissement (sorte de coupure du circuit perceptif).

(2) Les situations, les évènements et les interactions qui sont perçus comme psychiquement difficiles ou éprouvants peuvent créer des traumas — traumatismes psychiques — avec la possibilité d’évanouissement en cas de perception totalement « insupportable » comme ils peuvent altérer les représentations mentales et causer un inconfort psychique profond et/ou un mal-être (parfois persistant)...

 

 

LES BESOINS PSYCHIQUES (besoins, besoins-désirs, désirs et désirs-fantasmes)

Le psychisme est soumis* au corps (et la matière), eux-mêmes, soumis à la fragilité, à la douleur, à l’usure, à la finitude, à la pesanteur-lenteur, aux conditions environnementales et climatiques et aux interactions avec les autres formes (individus, animaux, bactéries etc) sans oublier le besoin de respiration et de repos pour le corps, il éprouve donc :

* Au regard de son identification à la forme…

 

 

Des besoins organiques et matériels

- un besoin respiratoire ;

 

- un besoin de repos corporel (soumis à la fatigue — épuisement énergétique du corps – au sens littéral) ;

 

- des besoins alimentaires (nourriture et eau) ;

 

- des besoins vestimentaires (pour protéger le corps) ;

 

- des besoins de santé, d’hygiène et de propreté (hygiène, absence de douleurs et de gênes, accès à l’eau (potable) et évacuation et traitement des eaux usées) ;

 

- des besoins de logement (refuge pour le corps, l’individu et les objets dont il a besoin) ;

 

- des besoins domestiques (la réalisation des tâches domestiques, essentiellement, préparation des repas, lavage du linge et nettoyage du foyer intérieur(1) et extérieur(2) ») ;

(1) Habitat.

(2) Jardin.

 

- des besoins énergétiques (confort du foyer et « carburant » pour les modes de déplacement et de communication) ;

 

- des besoins de défense et de protection (sécurité du corps et des biens matériels – armes et systèmes de protection des personnes et des biens) ;

 

- des besoins de mobilité et de déplacement ;

 

- des besoins reproductifs.

 

 

Le psychisme est également soumis à une zone de confort, il éprouve donc :

 

 

Des besoins psychiques élémentaires

- des besoins relationnels et affectifs (contacts et liens avec ses congénères pour des raisons organiques – sexualité et éventuellement reproduction – pour des raisons de protection psychique – le besoin d’aide, de soutien et d’appui par incapacité à subvenir seul à tous ses besoins organiques – par besoin de sentiment d’appartenance et de sentiment d’utilité – peur de la solitude et de l’isolement – par besoin de vivre avec des « références et des repères » humains – peur de la folie – pour des raisons psychiques liées au désir-plaisir – essentiellement émotions et sentiments « de proximité » amoureux et amicaux. Ces différents besoins engendrent un besoin grégaire – besoins de liens familiaux, amicaux et sociaux et des besoins de communication et de partage) ;

 

- des besoins de rencontres (par affinités et centres d’intérêt, avec ses pairs : rencontres familiales, amicales, affectives et amoureuses, sexuelles et avec les autres formes de l’Existant : animaux, végétaux, environnement…) ;

 

- des besoins de communication et d’information (modes de communication pour les échanges et pour savoir « ce qui se passe » chez les autres individus, connaître les évènements que vit la communauté humaine — ou une partie de la communauté humaine – et/ou s’informer des évènements « du monde »…) ;

 

- des besoins de protection et de défense psychiques (besoin d’un sentiment de satisfaction, de confort et de sécurité psychique minimal (variable selon les individus) dans tous les domaines. Ces domaines sont essentiellement liés au corps et à la matière (corps qui peut être blessé, endommagé et biens matériels – possessions – qui peuvent être altérés ou détruits par les évènements et les circonstances et/ou altérés, volés ou détruits par les interactions avec les autres formes (individus, groupes, animaux, bactéries) et liés au psychique qui peut se sentir et/ou être agressé par les évènements, les circonstances et les interactions avec les autres formes (individus, groupes, animaux, bactéries).

 

Ces besoins de protection et de défense psychiques se composent essentiellement :

 

- du besoin de repos psychique (le sommeil) — sorte de mise en veille relative du psychisme soumis à la fatigue (épuisement énergétique du psychisme – au sens littéral) qui peut, en outre, être utilisé comme moyen de s’extraire de l’ennui (perçu comme une source d’inconfort psychique) ;

- du besoin de sécurité physique minimale de l’individu (comme « corps-mental ») – absence de dangers réels, ressentis, potentiels ou imaginés pour le corps — besoin de sécurité physique et matérielle (voir les besoins de défense et de protection des personnes et des biens) ;

- du besoin de sécurité psychique minimale de l’individu par rapport à son identité, à l’image de soi (représentation mentale de soi) – et l’absence de dangers réels, ressentis, potentiels ou imaginés pour le psychisme et l’identité (personnelle) ;

- et du besoin de confort et de satisfaction psychique minimal(e) (absence de souffrance et de mal-être).

 

- des besoins distractifs (besoin de s’extraire de l’ennui – sentiment de vide – quand le psychisme est « inoccupé » (induisant un sentiment d’inconfort psychique) mais également besoin de s’extraire de la souffrance(1) et besoin de s’extraire des sphères que l’Homme est contraint d’investir (essentiellement les sphères liées à la satisfaction des besoins organiques et psychiques et/ou les activités imposées par la société humaine qui nécessitent beaucoup « de temps et d’énergie ») pour avoir le loisir (si j’ose dire !) de se consacrer à (et de s’absorber dans) une sphère récréative plaisante sans contrainte (ou avec contraintes choisies) et selon les préférences et les moments de nature plutôt « solitaire » ou plutôt « collective » et qui nécessite plus ou moins la mobilité du corps et le besoin de dépenses énergétiques (accessoirement en lien avec la curiosité, le besoin d’exploration et l’inclination naturelle du psychisme à aimer les fictions et les histoires comme signe révélateur — peut-être — d’un besoin inconscient de contrôler les évènements et de leur attribuer des caractéristiques plaisantes(2) — une « happy end » par exemple). Ces besoins distractifs concernent essentiellement les jeux, les « passe-temps » divers, les sports, les loisirs, les voyages d’agrément ;

(1) Il n’est pas rare que les Hommes utilisent des substances qui modifient le fonctionnement cérébral (et la « perception psychique »), telles que l’alcool et les drogues comme « moyen distractif », une façon de s’extraire de la dureté et de la pénibilité de l’existence (ressenties par le psychisme).

(2) Comme une façon, peut-être, de « compenser » l’absence de maîtrise du « réel » et des événements « réels » et leur caractère foncièrement inévitable, inéluctable, pénible et assez fortement porteurs de « souffrance » (pour le psychisme)…

 

- des besoins expressifs qui se composent essentiellement :

 

- du besoin d’expression émotionnelle (sorte de canal de libération émotionnelle comme si les émotions avaient besoin de « sortir du psychisme »* et de s’extérioriser…) ;

- du besoin de créer des représentations de l’Existant (par les images – représentations imagées – et par le langage – représentations abstraites) ;

- du besoin d’inscrire les savoirs sur un support et les stocker (par incapacité à les appréhender globalement de façon spontanée et par faibles capacités analytiques et  mnésiques) ;

- du besoin de « laisser une trace » (et/ou de témoigner) de ses expériences ;

- du besoin de raconter et/ou d’inventer des histoires (goût naturel du psychisme pour la fiction et la narration, lié au besoin d’évasion (façon de fuir la pénibilité « du réel » et ses cycles « routiniers » ressentis par le psychisme) ;

- et du besoin de convaincre (et de rallier « les autres » à son idéologie – à ses « représentations du monde »).

 * Le même mécanisme semble à l’œuvre lorsque les émotions se manifestent sur le plan physique (pleurs, cris, etc)…

 

- des besoins de compréhension. Ils se composent essentiellement :

 

- du besoin de savoir(s) pour trouver et améliorer les réponses aux besoins (et aux désirs) ressentis par le psychisme, l’invitant à la connaissance de l’Existant (la cartographie de l’Existant) – connaissance de tous les plans et systèmes et leur fonctionnement — lié aussi, en partie, à la curiosité ;

- du besoin d’organiser les savoirs (étant donné la complexification progressive des représentations et des réponses) en systèmes de plus en plus conceptuels et abstraits (et améliorer leur développement et fonctionnement) ;

- du besoin de donner du sens à l’existence (signification et direction) et/ou de diminuer (ou de résoudre) l’insatisfaction ressentie / au vécu (et plus généralement / l’existence), induit essentiellement par la souffrance et la disparition du corps (la mort) qui invitent à s’interroger sur « son existence » (et/ou, plus généralement, sur l’existence), sa nature et son identité et/ou à s’engager dans « une recherche existentielle » (voire directement dans un cheminement spirituel).

 

Le psychisme met tout en œuvre pour satisfaire ces besoins organiques, matériels et psychiques élémentaires. Mais la façon dont il y répond est très fortement marquée par d’autres besoins et désirs : les besoins-désirs narcissiques, les besoins-désirs, les désirs d’ordre général et les désirs-fantasmes.

 

Le psychisme (identifié à la forme) est également soumis à l’image de soi et au sentiment narcissique, il éprouve donc :

 

 

Des besoins-désirs narcissiques

- des besoins-désirs de singularisation dans tous les domaines investis (ou ceux qui semblent les plus à même d’offrir une valorisation narcissique (être/se sentir unique, singulier, important, le meilleur…) ;

 

- des besoins-désirs de reconnaissance et d’amour (être reconnu, être respecté, être apprécié, être aimé…).

 

Le psychisme est également soumis au désir, il éprouve donc :

 

 

Des besoins-désirs

- des besoins-désirs de plaisir (dans tous les domaines) ;

 

- des besoins-désirs de confort, de satisfaction et de bien-être (dans tous les domaines) ;

 

- des besoins-désirs d’amélioration du confort, de la sécurité et de la durabilité dans la satisfaction des besoins organiques et psychiques élémentaires et dans la satisfaction des besoins-désirs narcissiques et des besoins-désirs (et accessoirement en matière de rapidité, de simplicité et de permanence, d’accès, de plaisir, de joie, de bonheur et de beauté qu’ils peuvent procurer…) ;

 

- des besoins-désirs de satisfaction de tous les désirs (et de leur amélioration permanente) dans tous les domaines.

 

 

Des désirs d’ordre général

- désir de « vivre des situations* », des évènements, des circonstances et des interactions satisfaisants, plaisants, confortables, sécurisants (en adéquation avec les attentes et les représentations mentales), porteurs de bonheur, de joie, de beauté et d’intensité.

* Autrement dit, des sensations, des manifestations de l’Existant (des interactions avec l’Existant), des émotions, des sentiments et des représentations mentales.

 

Le psychisme met tout en œuvre pour satisfaire ces besoins et ces désirs (les besoins organiques et matériels, les besoins psychiques élémentaires, les besoins-désirs, les besoins-désirs narcissiques et les désirs d’ordre général). Mais il est également soumis à des enjeux et impératifs liés aux caractéristiques générales des plans matériels et organiques et aux caractéristiques générales et spécifiques du plan psychique qui induisent l’existence de désirs plus profonds (conscients ou inconscients – perçus ou non perçus) : les désirs-fantasmes qui vont avoir une influence prépondérante sur la façon de satisfaire les besoins et désirs précités.

 

 

Des désirs-fantasmes

Ainsi, le psychisme est soumis à la récurrence des besoins et des obligations. Il est également soumis à des activités permanentes de toutes sortes (en particulier pour satisfaire les besoins), à la récurrence des cycles jour/nuit, à la récurrence des saisons, à l’ennui et à la routine (induits par la superficialité de ses capacités perceptives…), à la crainte de l’ennui et du vide et la « fixité » de ses représentations mentales (qui figent l’Existant sans percevoir ses riches, divers et innombrables mouvements…), il éprouve donc :

 

- le désir-fantasme (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) de liberté totale*(1);

* Liberté totale qui pourrait être définie ainsi : pouvoir, à tout instant, créer, faire, exprimer (et y compris ne rien créer, ne rien faire, ne rien exprimer) ce qu’il veut quand il veut comme il veut où il veut avec qui il veut sans aucune limitation, restriction et obligation et (accessoirement) en toute sécurité.

(1) Caractéristique de la Conscience et/ou dimension ressentie en habitant (plus largement) l’espace de Conscience.

 

- le désir-fantasme d’intensité(2) (ou d’exaltation) ;

 

- le désir-fantasme de diversité.

(2) Ressentir un sentiment de grande intensité à la vue de la diversité de l’Existant est très proche du sentiment  d’émerveillement, caractéristique ressentie en habitant (plus largement) l’espace de la Conscience.

 

Le psychisme est également soumis à la douleur, à la lenteur-pesanteur et à la finitude du corps, à la souffrance (psychique) et aux dangers pour le corps et pour le psychisme, il éprouve donc :

 

- le désir-fantasme de protection et de sécurité maximales avec risque zéro qui cache le désir-fantasme (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) d’invulnérabilité absolue(1) ;

 

- le désir-fantasme de durabilité maximale qui cache le désir-fantasme (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) de permanence « permanente » (immortalité(1)) ;

 

- le désir-fantasme d’expansion (infinie(2)) et le désir-fantasme (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) d’Infini(1) ;

 

- le désir-fantasme d’immédiateté(2) (de simultanéité entre l’apparition des besoins et des désirs et leur satisfaction).

(1) Caractéristiques de la Conscience, inaltérable, permanente, infinie et/ou dimension ressentie en habitant (plus largement) l’espace de Conscience.

(2) Les désirs s’inscrivent dans une temporalité alors que la Conscience semble s’inscrire dans une perspective atemporelle…

 

Le psychisme est également soumis à la dureté et à la violence (organique et psychique) des interactions, au foisonnement du Vivant et au chaos apparent de l’Existant et à son ignorance (ou sa non compréhension) à son égard (qui l’amène, parfois, à croire à l’absurdité du monde et de l’existence…), il éprouve donc :

 

- le désir-fantasme de bonheur (correspond à une sorte de plénitude-complétude d’ordre individuel*) ;

 

- le désir-fantasme de réalisation personnelle (correspond à une sorte de plénitude-complétude d’ordre individuel*) ;

 

- le désir-fantasme de joie(1) — vivre et voir partout la joie ;

 

- le désir-fantasme d’amour(1) — vivre et voir partout l’amour ;

 

- le désir-fantasme de paix (tranquillité absolue) (1) — vivre et voir partout la paix ;

 

- le désir-fantasme d’harmonie(1) — vivre et voir partout l’harmonie ;

 

- le désir-fantasme de beauté(A) (1) — vivre et voir partout la beauté ;

 

- le désir-fantasme (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) de perfection(B) (1) ;

 

- le désir-fantasme (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) de contemplation(1) (inactivité – être sans agir ni participer à l’Existant) ;

 

- le désir-fantasme (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) d’Intelligence (absolue) (1) – tout savoir, tout connaître, tout comprendre…

* Se sentir utile, épanoui(e), bien « dans sa peau » etc etc.

(1) Caractéristiques de la Conscience et/ou dimension ressentie en habitant (plus largement) l’espace de Conscience.

(A) La beauté a toujours (et de tout temps) irrésistiblement attiré (voire fasciné) le psychisme humain sans doute parce qu’elle procure une joie indicible. Joie qui pourrait être intimement liée au fait que la beauté perçue à la vue d’un « être beau », d’un « paysage beau » ou d’une « expression belle » permet aux individus de voir (ou même de « toucher du doigt ») la matérialisation (concrète et « réelle ») de leur idée et/ou de leur représentation de la beauté (de leur idée de la perfection…)... ce qui (entre parenthèses) les incite, très souvent, à vouloir posséder « l'objet », porteur de cette beauté...  

(B) Il existe une différence majeure entre l’idée de la perfection fabriquée par le psychisme (qui correspond, en général, à une représentation mentale relativement floue et étroite où l’idée du « personnage* » (auquel s’identifie l’individu) vit pleinement l’ensemble de ses désirs et fantasmes (au sens large)) et le sentiment de perfection ressenti en « habitant » (plus largement) l’espace de Conscience où tout est ressenti comme parfait (y compris les aspects réellement ou potentiellement âpres et douloureux pour le psychisme et le « personnage* »…).

* Caractéristiques individuelles ou personnalité...

 

Le psychisme est également soumis au sentiment d’incomplétude et à la relativité de son existence (et de tous les autres plans), il éprouve donc :

 

- le désir-fantasme (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) de plénitude-complétude(1) ;

 

- le désir-fantasme (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) d’Absolu(1).

(1) Caractéristiques de la Conscience et/ou dimension ressentie en habitant (plus largement) l’espace de Conscience.

 

Le psychisme est également soumis à la temporalité, il éprouve donc :

 

- le désirs-fantasme (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) d’achèvement complet et définitif(1) ;

 

- le désir-fantasme (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) de permanence (éternité) (1).

(1) Caractéristiques de la Conscience et/ou dimension ressentie en habitant (plus largement) l’espace de Conscience.

 

Le psychisme (identifié à la forme) est également soumis à l’image de soi et au sentiment narcissique, il éprouve donc :

 

- des besoins-désirs de singularisation (être/se sentir unique, singulier, important, le meilleur…) qui cachent le désir-fantasme (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) d’Unicité(1)  (être l’Unique…) ;

 

- des besoins-désirs de reconnaissance et d’amour (être reconnu, être respecté, être apprécié, être aimé…) qui cachent le désir-fantasme (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) d’Unité(1) (être l’Unique s’aimant Lui-même à travers toutes les manifestations de Lui-même…).

(1) Caractéristiques de la Conscience et/ou dimension ressentie en habitant (plus largement) l’espace de Conscience. Tout est ressenti comme « Un ». La « multitude » est Un. Et Tout se manifeste dans le « regard » impersonnel qui ne fait qu’Un avec tous les « phénomènes » (indissociabilité de la Conscience et de l’Existant).

 

Comme nous l’avons déjà évoqué, tous ces désirs (besoins-désirs, besoins-désirs narcissiques, désirs d’ordre général et désirs-fantasmes) vont très substantiellement orienter les réponses et la satisfaction des besoins organiques et matériels et des besoins psychiques élémentaires. Mais ils orienteront également très fortement et très largement les rapports entre les individus et leur organisation (le modèle sociétal).

 

 

Le fonctionnement général du psychisme

 

Liens entre psychisme et cerveau

Le psychisme et le cerveau entretiennent des liens très étroits : ce dernier semble à la fois le support et le créateur du psychisme. Nous pourrions essayer d’étoffer cette rubrique (plus qu’indigente… totalement inexistante…) mais, en réalité (au vu de notre connaissance), nous n’en serions guère capables(1)… aussi nous préférons « renvoyer » aux travaux(2) de ceux qui (si j’ose dire !) y « réfléchissent »... 

(1) Hormis quelques affligeantes banalités*, nous empilerions probablement les bêtises et les âneries (toutes plus « grosses » les unes que les autres…)… il semble donc plus raisonnable de laisser ce domaine aux spécialistes des neurosciences…

(2) Avec le développement de l’imagerie médicale, les scientifiques essayent aujourd’hui (entre autres exemples) de repérer les zones cérébrales « actives » (ou « activées ») au cours des différentes activités psychiques (la pensée, les émotions etc etc)… et de comprendre les relations entre les différents processus psychiques et le cerveau…

* Voici un bref aperçu de ces éléments « truistiques » : l’encéphale semblerait constituer le « second cerveau » (le premier serait une sorte de « cerveau du ventre », appelé aussi « cerveau intestinal » — une « annexe » du système nerveux central plus ou moins autonome — permettant à l’organisme de transformer les aliments en nutriments (signe que la biologie et la physiologie ont eu la primauté « chronologique » sur la psychologie et le psychisme… et que l’ingestion « d’autres formes » et leur « intégration » au corps (via les nutriments) constituent une activité éminemment complexe qui nécessite un « système neuronal » qui leur soit dédié… ), le néocortex semble jouer un rôle prédominant dans les fonctions cognitives, les lobes pariétaux seraient impliqués dans la perception de l'espace et dans l'attention, le lobe frontal interviendrait dans la planification et le langage, la plasticité cérébrale se réaliserait tout au long de la vie (avec la création de réseaux synaptiques), la glande pinéale aurait un rôle central dans la pensée (Descartes la désignait même comme le « siège » de l'âme), quant au cerveau « reptilien », il serait « responsable » des comportements primitifs nécessaires pour assurer les besoins fondamentaux, les neuromédiateurs (et, en particulier, la sérotonine et la dopamine) seraient des éléments essentiels dans « le sentiment de bien-être » (ou de mal-être) et interviendraient (entre autres fonctions) dans les « circuits de la récompense » et de la satisfaction (avec également — entre autres — les endorphines)… nous pourrions ajouter quelques autres banalités du même acabit… mais voilà, grosso modo, l’essentiel de nos savoirs (totalement dérisoires) en la matière… une suite de banalités sans intérêt… et qui s’avèrent (qui plus est…) totalement inutiles dans notre perspective…

 

 

Un espace perceptif circonscrit et limité doté d’une très forte propension à la saisie

Le psychisme semble être un espace perceptif circonscrit et limité (à bien des égards). Il pourrait être également considéré comme un univers « très mobile* », mais il semble plutôt qu’il soit traversé par d’innombrables mouvements (les contenus psychiques que nous avons déjà abordés) qu’il s’empresse (et ne peut s’empêcher) de saisir (expliquant ainsi son caractère apparemment mobile*). Il nous faut souligner, ici, la forte (voire très forte) propension du psychisme à la saisie. Il ne serait pas exagéré de dire qu’il « s’accroche » à tout ce qui le traverse (ou, du moins, à tous les éléments et manifestations qu’il juge « importants » et/ou qu’il estime bénéfiques et porteurs d’agréments ou néfastes et porteurs de désagréments — réels ou potentiels)… Ces mouvements sont essentiellement :

 

- des perceptions visuelles de l’Existant (les manifestations de l’Existant) ;

- des sensations (les ressentis corporels, les gênes, les douleurs…) ;

- des besoins ;

- des pensées – représentations mentales (les idées, les images, diverses représentations…) ;

- des désirs ;

- et des émotions (les émotions et les sentiments).

* Cette caractéristique apparente serait-elle liée à l’identification du psychisme au corps(1) ?

(1) Corps qui — rappelons-le — est une forme énergétique relativement mobile (relativement compte tenu de son caractère physique  — la matière semble, en effet, constituer une sorte de « frein »… comme si elle agissait comme une force d’inertie en mesure « d’alourdir » ou de « ralentir » l’énergie…).  

 

Les sensations, les représentations mentales (pensées, images, idées), les émotions, les besoins et les désirs sont si puissants qu’ils peuvent d’une part, occuper tout l’espace psychique (contenus psychiques « invasifs ») et peuvent d’autre part, colorer*, de façon substantielle, les perceptions visuelles de l’Existant (comme s’ils les habillaient d’un filtre en imposant leur coloration – leur orientation ou leur angle de vue – « au perçu » — à tout ce qui est perçu). Et ils orientent également les comportements (actions pour les satisfaire et les matérialiser) en faisant en sorte de faire advenir ou de créer les conditions de leur matérialisation (ou de leur satisfaction) et d’éliminer ou de contourner tous les obstacles (réels, potentiels ou imaginés) qui entraveraient leur matérialisation (ou leur satisfaction).

* Et ils les colorent d’ailleurs très souvent…

 

 

Un univers complexe sujet à la projection

Le psychisme est un univers complexe sujet à la projection (voire, peut-être même, de nature essentiellement « projective » au regard de l’omnipotence des représentations mentales). En effet, en raison de la prégnance et de « l’emprise » des représentations mentales (qui constituent l’essentiel de ses connaissances), celles-ci orientent grandement la perception du psychisme (perception de soi, des autres, du monde) comme si elles aussi « habillaient » le perçu…

 

 

Zone de confort, satisfaction, peurs et désirs

En dépit d’une capacité d’adaptation aux situations (les évènements, les circonstances et les interactions), variable selon les individus mais généralement relativement faible (avec néanmoins une capacité d’habituation), le psychisme est soumis à un sentiment de confort(1) psychique qui est circonscrit de façon étroite et contraignante avec peu d’amplitude(2) (avec fourchettes hautes et basses au-delà desquelles le psychisme ne peut se maintenir durablement). Lorsque l’inconfort psychique se manifeste, le psychisme n’a de cesse de vouloir retrouver sa zone de confort.

(1) Contrairement à certains paragraphes précédents, nous utiliserons, ici, indifféremment les termes « zone de confort » et « zone de satisfaction »…

(2) Amplitude qu’il ne semble guère possible de modifier (ou d’élargir) en se maintenant dans l’espace psychique… Seul un élargissement (une façon « d’habiter » plus largement l’espace de Conscience) semble en mesure de développer cette amplitude…

 

Comme nous l’avons évoqué, sa nature le contraint à rester dans sa zone de confort. Et le soumet donc, de façon quasi permanente, à la peur (la peur de quitter sa zone de confort, la peur de rester dans sa zone d’inconfort et la peur de ne pas « améliorer » sa zone de confort…) et au désir (le désir de rester dans sa zone de confort, le désir d’en améliorer la qualité et la durée et le désir de la retrouver s’il la quitte…) :

 

- la peur (réelle, ressentie, potentielle ou imaginée) de quitter sa zone de satisfaction (zones de confort et de sécurité) ;

 

- la peur* de la non satisfaction des besoins organiques et matériels vitaux ;

- la peur* de la non satisfaction des autres besoins organiques et matériels (non vitaux) et des besoins psychiques.

 

… auxquelles il convient d’ajouter les peurs (certaines sont redondantes) liées au fait que le psychisme se soit identifié à la forme (au corps — forme fragile et vulnérable) qui est réellement et potentiellement soumise aux dangers, à « la puissance » de l’Existant (le monde et la Vie), à la pénibilité et à la misère de l’existence, à la douleur, à l’usure et à la finitude :

 

- la peur* de la douleur ;

- la peur* de la souffrance ;

- la peur* des dangers pour le corps et le psychisme (peurs que les situations, les évènements, les circonstances et les interactions le blessent et/ou mettent « à mal » ses représentations mentales) ;

- la peur de la mort.

 * Réelle, ressentie, potentielle ou imaginée.

 

- La peur (réelle, ressentie, potentielle ou imaginée) de rester dans sa zone d’insatisfaction (zones d’inconfort et d’insécurité) ;

 

- la peur* de la persistance de la non satisfaction des besoins organiques et matériels vitaux ;

- la peur* de la persistance de la non satisfaction des autres besoins organiques et matériels (non vitaux) et des besoins psychiques.

 

… auxquelles il convient d’ajouter les peurs (certaines sont redondantes) liées au fait que le psychisme se soit identifié à la forme (au corps — forme fragile et vulnérable) qui est réellement et potentiellement soumise aux dangers, à « la puissance » de l’Existant  (le monde et la Vie), à la pénibilité et à la misère de l’existence, à la douleur, à l’usure et à la finitude :

 

- la peur* de la persistance de la douleur ;

- la peur* de la persistance de la souffrance ;

- la peur* de la persistance des dangers pour le corps et le psychisme (peurs que les situations, les évènements, les circonstances et les interactions le blessent et/ou mettent « à mal » ses représentations mentales) ;

- la peur que la mort soit une fin « définitive ».

* Réelle, ressentie, potentielle ou imaginée.

 

- la peur de ne pas améliorer sa zone de satisfaction (zones de confort et de sécurité) ;

 

Essentiellement la peur de ne pas améliorer la qualité, la durée et la sécurité de la satisfaction de l’ensemble des besoins organiques et matériels vitaux et non vitaux, des besoins psychiques et des désirs.

 

 

- le désir de rester dans sa zone de satisfaction (zones de confort et de sécurité) ;

 

- le désir de la satisfaction des besoins organiques et matériels vitaux ;

- le désir de la satisfaction des autres besoins organiques et matériels (non vitaux) et des besoins psychiques.

 

… auxquels il convient d’ajouter les désirs (certains sont redondants) liés au fait que le psychisme se soit identifié à la forme (au corps — forme fragile et vulnérable) qui est réellement et potentiellement soumise aux dangers, à la puissance et à la misère du monde et de la Vie, à la douleur, à l’usure, à la pesanteur, à la lenteur et à la finitude :

 

- le désir d’absence de douleur* ;

- le désir d’absence de souffrance* ;

- le désir d’absence de dangers* pour le corps et le psychisme (désir que les situations, les évènements, les circonstances et les interactions ne le blessent pas et/ou ne mettent pas « à mal » ses représentations mentales) ;

- le désir (souvent inconscient) que la mort ne soit pas une fin « définitive ».

* Réelle (réels), ressentie (ressentis), potentielle (potentiels) ou imaginée (imaginés).

 

- Le besoin-désir de retrouver sa zone de satisfaction (zones de confort et de sécurité) s’il l’a quittée

 

Idem que « le désir de rester dans sa zone de confort ».

 

- le désir d’améliorer sa zone de satisfaction (zones de confort et de sécurité) ;

 

- essentiellement le désir d’améliorer la qualité, la durée et la sécurité de la satisfaction de l’ensemble des besoins organiques et matériels vitaux et non vitaux et des besoins psychiques.

 

… auxquels il convient d’ajouter les désirs (certains sont redondants) liés au fait que le psychisme se soit identifié à la forme (au corps — forme fragile et vulnérable) qui est réellement et potentiellement soumise aux dangers, à la puissance et à la misère du monde et de la Vie, à la douleur, à l’usure, à la pesanteur, à la lenteur et à la finitude, à la dureté et à la violence (organique et psychique) des interactions, au foisonnement du Vivant et au chaos apparent de l’Existant et à son ignorance (ou sa non compréhension) à son égard (qui l’amène parfois à croire à l’absurdité du monde et de l’existence) :

 

- le désir de vivre des situations et des évènements plaisants, confortables, sécurisants (en adéquation avec ses attentes et ses représentations mentales), porteurs de bonheur, de joie, de beauté et d’intensité ;

- le désir de vivre des contenus psychiques (émotions, représentations mentales...) plaisants, confortables, sécurisants et porteurs de bonheur, de joie, de beauté et d’intensité ;

- le désir de protection et de sécurité maximales avec risque zéro ;

- le désir de durabilité maximale et de permanence ;

- le désir d’expansion ;

- le désir d’immédiateté (de simultanéité entre l’apparition des besoins et des désirs et leur satisfaction) ;

- le désir de bonheur ;

- le désir de joie ;

- le désir d’amour ;

- le désir de paix ;

- le désir d’harmonie ;

- le désir de tranquillité ;

- le désir de beauté ;

- le désir de réalisation personnelle ;

- le désir (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) de perfection ;

- le désir (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) de contemplation (inactivité – être sans agir ni participer à l’Existant) ;

- le désir (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) d’Intelligence (absolue).

 

… auxquels il convient d’ajouter les désirs liés au fait que le psychisme (qui s’est identifié à la forme) soit soumis à l’image de soi et au sentiment narcissique :

 

- des désirs de singularisation (être/se sentir unique, singulier, important, le meilleur…) ;

- des désirs de reconnaissance et d’amour (être reconnu, être respecté, être apprécié/aimé…).

 

… auxquels il convient d’ajouter les désirs liés au fait que le psychisme ait des capacités perceptives superficielles et des représentations mentales qui figent l’Existant (sans percevoir ses riches, divers et innombrables mouvements) qui le soumettent donc à l’ennui et à la routine :

 

- le désir d’intensité (ou d’exaltation) ;

- le désir de diversité.

 

… auxquels il convient d’ajouter les désirs liés au fait que le psychisme soit soumis au sentiment d’incomplétude et à la relativité de son existence (et de tous les autres plans) :

 

- le désir (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) de plénitude-complétude.

 

… auxquels il convient d’ajouter les désirs liés au fait que le psychisme soit soumis à des obligations permanentes de toutes sortes :

 

- le désir (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) de liberté totale.

 

… auxquels il convient d’ajouter les désirs liés au fait que le psychisme soit soumis à la dimension temporelle :

 

- le désir (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) d’achèvement complet et définitif ;

- le désir (inconscient — non perçu sans impératif ressenti d’actualisation) de permanence.

 

 

Notons ici que le psychisme est très attaché au sentiment de confort « acquis » et à tous les éléments qui le permettent et/ou lui en donnent l’accès... L’accroissement du sentiment de confort s’appuie sur ce sentiment de confort « acquis ». Et la perte (ou la suppression) de l’un de ces éléments engendre un inconfort psychique (pas, peu ou mal accepté…).   

 

Lorsque l’inconfort cesse, le psychisme ressent un sentiment « de soulagement ». Et lorsque le confort s’accroît, il ressent provisoirement « davantage de satisfaction » (sentiment de satisfaction accru). Satisfaction dont il finit par « se lasser » (car il intègre ces éléments à la « normalité des choses » en les considérant comme « acquis »)…

 

 

Frustration, dépendance et attachement

Bien que le psychisme dispose d’une capacité de contentement relative (lorsque l’essentiel des besoins et des désirs est satisfait), celle-ci est de nature provisoire. Et (comme nous l’avons vu) d’autres désirs apparaissent spontanément et naturellement, suscitant l’inconfort psychique et appelant à être satisfaits. Ainsi est la nature complexe du psychisme…

 

Enfin, même lorsque tous les désirs « possibles et imaginables » sont comblés, subsiste un sentiment d’incomplétude et de manque (un résidu d’inconfort psychique inaltérable qui ne peut jamais être comblé*…), rendant impossible un sentiment de confort et de satisfaction psychique complet (parfait) et durable, ravivant sans cesse le cycle incessant et infernal des désirs et de leur satisfaction et invitant (accessoirement) à s’interroger sur soi (sur l’existence, sur sa nature véritable et son identité profonde) et à essayer de comprendre (et de « résoudre ») ce sentiment d’insatisfaction…

* Que les individus (comme nous l’avons déjà évoqué) ne sont pas toujours en mesure de ressentir…

 

Le sentiment de satisfaction psychique (sentiments de confort et de sécurité psychiques) est si prépondérant et essentiel que le psychisme est sujet :

 

- à la frustration (si ses désirs ne sont pas satisfaits). Frustration qui engendre un inconfort psychique « dévastateur » à l’origine de nombreux mécanismes, réactions et manifestations sur les plans psychique (mécanismes de défense divers*), émotionnel (tristesse, désespoir, énervement, colère etc) et organique (psycho-somatisation).

* Lorsque « le réel » est trop éloigné des désirs et/ou des représentations mentales, le psychisme peut même aller jusqu’à « décrocher » du « réel » pour ne vivre que « dans ses représentations » (dissociation, clivage…).

 

- à la dépendance. En effet, tout ce qui semble offrir (ou « procurer ») un sentiment de satisfaction au psychisme — situations, activités, domaines, objets, êtres, idées, représentations — peut engendrer (et engendre souvent) une dépendance psychique et conduire — tout comme le plaisir d’ailleurs — à des comportements addictifs (voire compulsionnels ou obsessionnels). Et au contraire, tout ce qui semble donner un sentiment d’insatisfaction peut entraîner une aversion (qui peut conduire les individus à vouloir éliminer – ou à supprimer – tout ce qui, à leurs yeux, en est à l’origine)...

 

- à l’attachement. En effet, tout ce qui « rassure » le psychisme (et favorise le sentiment de sécurité psychique) — situations, activités, domaines, objets, êtres, idées, représentations — peut engendrer (et engendre souvent) un attachement (en particulier un attachement « affectif » sur le plan relationnel…). Qui peut provoquer, lorsqu’il se trouve rompu (pour une raison ou une autre…) de profonds inconforts psychiques (sentiment de déstabilisation, de perte – avec crise de panique, d’angoisse – voire un sentiment d’amputation ou d’arrachement…).

 

 

Les comportements délétères

L'identification au corps et le sentiment de satisfaction psychique (sentiments de confort et de sécurité psychiques) sont également si prépondérants que le psychisme exacerbe, dans tous les domaines, des comportements :

 

- de saisie et d’accaparement (possession) ;

 

- de favorisation de l’intérêt personnel*;

* On pourrait considérer ce que l’on appelle « l’égoïsme » comme une façon pour l’espace de perception (l’espace psychique ici en l’occurrence) de prendre soin (d’une manière extrêmement limitée) des formes – d’un nombre très limité de formes : celle à laquelle le psychisme s’identifie et celles qu’il « juge » nécessaires à la satisfaction de « ses besoins et désirs »…

 

- d’estime de soi et de valorisation narcissique ;

 

- de pouvoir (puissance) ;

 

- d’instrumentalisation et d’élaboration de stratégies très variées (force, agression, élimination, entente, séduction, ruse, mensonge etc – la gamme est très large…), qui ont de fortes répercussions sur les rapports et les échanges entre individus*, leur attitude à l’égard des autres formes (animaux, environnement) et le fonctionnement du système (la société humaine) malgré l’avènement progressif des notions d’altérité, d’équité et de respect (relatif) et leur lente (et assez superficielle) intégration dans le psychisme humain et le système (la société humaine) ;

* De façon très schématique, les autres représentent pour le psychisme (essentiellement) :

- un moyen d’accéder à la satisfaction des besoins et désirs (instrumentalisation plus ou moins consciente) ;

- un obstacle à la satisfaction des besoins et désirs (lié à la concurrence et à la compétition entre les formes) ;

- un moteur (besoin de reconnaissance narcissique) et/ou un frein pour réussir à accéder à la satisfaction des besoins et désirs — selon les circonstances et les caractéristiques psychiques des individus (à la fois entrave à la satisfaction de certains besoins et désirs et inhibiteur des besoins et désirs dont la satisfaction met en jeu le respect de l’altérité (en vigueur dans la société).

 

- de maîtrise et de contrôle auxquels la cognition lui donne en partie accès en lui permettant (autant que possible) d’anticiper et de planifier dans tous les domaines « possibles et imaginables » afin que le « réel » s’ajuste et se conforme à ses besoins, désirs et représentations, l’obligeant à imaginer (sans cesse) tous les scénarios possibles des évènements (et leur déroulement) ;

 

- de modification et de transformation du « réel » et de l’Existant (avec ses capacités cognitives et ses capacités créatives) pour que ces derniers soient en mesure de répondre au mieux — et toujours mieux — à ses besoins, à ses désirs, à ses attentes (aux scénarios et au déroulement des évènements qui lui semblent plus favorables en terme de satisfaction) et à ses représentations mentales (concepts de bonheur, de réalisation de soi, de perfection etc etc).

 

 

La puissance créatrice du psychisme

Le psychisme est doté enfin d’une grande puissance créatrice. Grâce à la cognition qui lui offre l’accès aux représentations, à la conceptualisation, à l’abstraction, à l’analyse (au traitement des données), à la discrimination, au jugement, aux capacités mnésiques et aux capacités d’organisation et d’ordonnancement, il est à l’origine de la création de plusieurs plans.

 

Parmi ces plans, on trouve (principalement) :

 

- le plan émotionnel ;

 

- les plans imaginaire et imaginatif (les représentations mentales imagées) ;

 

- le plan représentatif intellectuel* (représentations mentales conceptuelles liées aux images et aux langages) ;

* Aujourd’hui, cette capacité est encore balbutiante mais recèle un très fort potentiel. Potentiel analytique et de puissance calculatoire (traitement et rapidité de traitement des données), potentiel mnésique, potentiel de savoirs, de connaissance et de compréhension, potentiel d’approfondissement et d’élargissement de la perception… 

 

- le plan artistique ;

 

- le plan réalisationnel actif* (qui constitue l’ensemble des réponses du psychisme aux besoins et à l’insatisfaction ressentis) ;

* Malgré les très nombreuses inventions humaines, cette capacité (créative et de transformation) est également encore aujourd’hui balbutiante bien qu’elle possède, elle aussi, un très fort potentiel...

 

- sans oublier (évidemment) le plan spirituel (qui semble être un plan perceptif sensible de distanciation qui permet « d’habiter » plus amplement l’espace de Conscience) ;

 

- et la société humaine (système fort complexe comme nous le verrons…) qui permet aux individus perceptifs « préconscients » de vivre ensemble et qui révèle (à bien des égards) sa grande puissance de création et de transformation de l’Existant sur le plan collectif ainsi que son immense « pouvoir » sur l’ensemble des plans (qu'il – le psychisme – tente inlassablement de transformer, d’améliorer et de contrôler (pour matérialiser ses désirs-fantasmes…).

 

Le psychisme entretient avec eux comme avec d’autres plans (en particulier le plan organique) de très nombreux (et très complexes) liens et a sur eux de très puissantes et très nombreuses implications… Bref, (et terminons-là par un poncif…), le psychisme est un plan absolument décisif et déterminant… 

 

Voir ANNEXE 3 (l'Homme et le psychisme, créateurs de différents plans)

 

 

LES GRANDS TYPES PSYCHIQUES

Il existe de très nombreuses (et parfois très complexes) classifications des types psychiques et comportementaux qui définissent, selon divers critères, plusieurs types de personnalité… Dans bon nombre d'entre elles, on trouve ainsi des personnalités (de type, de tendance ou dotées de caractéristiques) narcissique(s), anxieuse(s), histrionique(s), obsessionnelle(s), dépressive(s), borderline, dépendante(s), paranoïaque(s), schizoïde(s), sociopathe(s)… mais ces catégorisations ne nous sont, ici, d’aucune utilité… essayons plutôt de construire une classification adaptée à notre perspective.

 

A cette fin, nous allons créer une typologie en dégageant sept grands paramètres en fonction desquelles le psychisme adopte des postures différentes : posture du psychisme 1. /soi, 2. /aux autres, 3. /aux centres d’intérêt, 4. /aux manifestations de l’Existant (situations, circonstances, évènements), 5. /au temps et aux contenus psychiques, 6. /au monde et à la Vie, 7. /aux comportements collectifs et à l’évolution de la société.

 

Ainsi, selon sa posture à l’égard de ces paramètres, le psychisme peut être :

 

1. /soi

Très égotique/égotique/égotico-altruiste (plus égotique qu’altruiste)/altruisto-égotique (plus altruiste qu’égotique) ;

 

2. /aux autres

Libre/libro-dépendant/dépando-libre/dépendant ;

 

3. /aux centres d’intérêt

Utilitariste-pragmatique/pragmatico-intellectuel/intellectuel ;

 

4. /aux manifestations de l’Existant (situations, circonstances, évènements)

Satisfait/satisfo-insatisfait/insatisfo-satisfait/insatisfait ;

 

5. /au temps et aux contenus psychiques

Soucieux/anxio-relax/relaxo-soucieux/relax* ;

* Relax « réel » sans manifestation émotionnelle, comportementale ou psychosomatique…

 

6. / au monde et à la Vie

Prudent/prudo-intrépide/intrépido-prudent/intrépide ;

 

7. /aux comportements groupaux et à l’évolution de la société

Conservateur/moutonnier/progressiste.

 

 

Chez les Hommes, le psychisme le plus répandu (le plus commun) semble être de type égotique ou (parfois) égotico-altruiste, dépendo-libre, utilitariste-pragmatique ou pragmatico-intellectuel, insatisfo-satisfait, soucieux ou anxio-relax, prudo-intrépide, moutonnier.

 

NOTE : ces types donnent, bien sûr, une orientation générale. En réalité, chaque individu peut, tour à tour et selon les domaines, favoriser l’une ou l’autre de ces postures mais pour l’ensemble des domaines (et de façon générale) l’une d’elles est plus marquée que les autres (c’est celle-ci que nous retiendrons dans notre classification et dans notre perspective).

 

 

FOCUS : tentons à présent de développer, de façon plus détaillée, le paramètre n°7 lié aux comportements groupaux et à l’évolution de la société qui aura une grande incidence (et une grande importance) dans l’évolution des modèles sociétaux (que nous aborderons plus loin). Selon cette classification, il y a trois grands types de posture psychique :

 

- les conservateurs (type minoritaire) frileux et réfractaires, plus ou moins satisfaits des représentations de l’Existant, des représentations de l’existence et des réponses aux besoins ressentis, soucieux de laisser « l’ordre des choses » tel qu’il est, rétifs aux changements, au progrès, à l’évolution et à « la nouveauté » ;

 

- les intégrés passifs moutonniers (type éminemment majoritaire) globalement plus ou moins satisfaits qui suivent « le mouvement en marche », s’y « fondent » avec parfois quelques velléités inoffensives de démarcation (différenciations narcissiques) ou de revendications (pour préserver ou améliorer — en général — « leurs acquis ») et qui ont une inclination forte à « la facilité », à « la tranquillité » et au « confort », pas totalement repliés sur eux-mêmes et sur « leur acquis » ni totalement ouverts aux autres et à « la nouveauté » (excepté lorsqu’elle n’est pas – ou est peu – porteuse de risques et si elle est en mesure d’améliorer leur « tranquillité » et leur « confort »…) ;

 

- les progressistes globalement « insatisfaits » qui aspirent (à) et désirent « changer (et transformer) les choses » et le monde, dépasser et repousser les limites, adeptes du changement et de la nouveauté avec un fort besoin de comprendre et/ou d’améliorer... Au sein de ce type psychique, il existe un sous type composé d’individus qui aspirent davantage à la « compréhension de l’existence » qu’à l’amélioration forcenée de l’Existant que l’on retrouve (en général) dans la « sphère spirituelle ».

 

Ces trois grands types psychiques se retrouveront évidemment dans les mouvements comportementaux de masse et les grandes orientations sociétales (que nous aborderons ultérieurement).

 

 

RESUME DU PSYCHISME

En dépit de sa complexité, nous pourrions résumer le psychisme ainsi :

 

Le psychisme est un espace perceptif « restreint » (au regard de ses caractéristiques et de son fonctionnement) soumis :

 

- à l’identification au corps (à l’origine des sentiments égotiques et narcissiques, de la forte propension à la saisie des « contenus psychiques » et des comportements délétères) ;

- à l’omnipotence des représentations mentales (à l’origine des encombrements psychiques, des projections mentales, des anticipations, de la coloration de l’Existant et des comportements délétères) ;

- à de nombreux désirs et peurs (à l’origine de l’insatisfaction chronique, de la frustration et des comportements délétères) ;

- à une zone de confort — de faible amplitude — (à l’origine de l’inertie, de la dépendance, de l’attachement et des comportements délétères).

 

 

SYNTHESE DU PSYCHISME et DES BESOINS PSYCHIQUES

 

Deux grandes catégories de besoins

Les besoins et les désirs ressentis par le psychisme se manifestent dans les domaines principaux suivants :

1. l’alimentation

2. l’eau (potable) – l’évacuation et le traitement des eaux usées

3. la santé

4. les vêtements

5. le logement et les tâches domestiques

6. l’énergie (confort domestique et son utilisation dans les modes de transport et de communication)

7. les armes

8. les systèmes de protection des personnes et des biens – (protection du logement, de l’image, du sentiment narcissique, des rencontres...)

9. la mobilité (les modes de déplacement)

10. la reproduction

11. les relations et les rencontres (de tous ordres)

12. les modes de communication et d’information

13. les possibilités expressives et de savoirs

14. Les possibilités de distraction (divertissement)

15. les savoirs et la connaissance (leur stockage, leur accès, leur transmission)

16. le sentiment de confort et de bien-être psychiques (sentiments de satisfaction et de sécurité) dans tous les domaines

17. et (éventuellement) tous les nouveaux besoins et nouveaux domaines qui pourraient apparaître…

 

On pourrait regrouper ces domaines en deux grandes catégories :

 

- les besoins liés aux caractéristiques de « l’organique » et de la matière (fragilité, douleur, usure, finitude, pesanteur, lenteur) : domaines n°1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10 ;

 

- et les besoins liés aux caractéristiques du psychisme (fragilité, besoin de sentiment de confort, de sentiment de satisfaction, de sentiment de sécurité, de diversité, de nouveauté, de sensation, besoin d’être « occupé » (absorbé) — peur de l’ennui) : domaines n°5, 8, 11, 12, 13, 14, 15, 16 et 17.

 

Au vu des caractéristiques et des modes de fonctionnement du psychisme, notons que les Hommes sont enjoints d'assurer la satisfaction des besoins et des désirs dans tous les domaines de façon sécurisée et permanente et de façon aussi rapide, simple, confortable et intelligente que possible (selon les capacités et possibilités offertes par les savoirs et la technique) et à assurer également l’amélioration des réponses (leur fabrication, leur accès et leur utilisation) en matière de rapidité, de simplicité, de durabilité, de sécurité, de confort et de possibilités nouvelles ainsi qu’en matière de satisfaction, de plaisir, de bonheur, de joie et de beauté qu’elles sont susceptibles d’offrir (avec un processus d’amélioration continue de l’amélioration – dans une sorte de cycle infini…)

 

 

Les grands besoins sous-jacents

De façon synthétique (et au regard des désirs-fantasmes que nous avons évoqués), on pourrait également dire que le psychisme est à la recherche de :

 

- la sécurité absolue ;

- la permanence absolue ;

- la liberté totale (absolue) ;

- l’intelligence absolue.

 

Que l’on pourrait synthétiser par :

 

- l’autonomie absolue*.

* Notons qu’en dépit de cette autonomie totale (s’il y parvient un jour…), le psychisme ressentirait, outre un ennui (une lassitude à jouir, à chaque instant, de cette liberté totale), un sentiment d’incomplétude et de manque qui engendrera un sentiment d’inconfort psychique qui l’amènera (tôt ou tard) à s’interroger et à chercher « du sens »… Ce besoin de compréhension invitera l’individu à se questionner sur « son existence », sa nature et son identité et à s’engager dans une recherche existentielle qui débouchera immanquablement sur une recherche spirituelle, seule clé véritable, semble-t-il, à la cessation de la quête métaphysique (et éperdue) de l’Homme et à « son » insatisfaction ontologique…

 

Mais également de :

 

- l’Unité-unicité – l’Amour absolu ;

- la Plénitude-Complétude totale (absolue) – satisfaction et confort absolus (bonheur, paix, joie, amour, beauté…).

 

Bref, en un mot, vivre, ressentir et « acquérir » (ou plus exactement « retrouver ») les caractéristiques de la Conscience…

 

Soulignons que cet élément constitue, sans doute, l’un des arguments majeurs en matière d’antériorité de la Conscience et qu’il invite naturellement à privilégier l’hypothèse que nous avions rapidement abordée dans l’un des paragraphes introductifs de cette analyse(1) : le cerveau est un outil qui donne accès à la perception (il ne l’a donc, a priori, pas créée). En effet, pour quelles étranges et mystérieuses raisons le psychisme aspirerait-il à voir émerger(2) ces caractéristiques si elles ne lui étaient pas déjà « familières » ?   

(1) La perception est antérieure à la matière et au Vivant (et donc au cerveau)...

(2) Ou (plus exactement) pourquoi chercherait-il à les « retrouver »… ?

 

Notons évidemment (comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises) que ces besoins sous-jacents orientent, de façon très marquée, l’évolution des réponses mises en œuvre pour satisfaire les besoins organiques et matériels, les besoins psychiques élémentaires, les besoins-désirs narcissiques et les désirs.

 

 

Deux grands types de réponses

Le psychisme (qui s’est identifié à la forme organique – une structure énergétique physique vivante) est « contraint » à satisfaire les besoins liés aux caractéristiques organiques et matérielles mais également à satisfaire son désir d’être de moins en moins tributaire et affecté par ses besoins organiques et matériels.

 

Comme il est également « contraint » à satisfaire les besoins spécifiquement liés aux caractéristiques psychiques mais aussi à satisfaire son désir d’être de moins en moins tributaire et affecté par ses besoins psychiques.

 

Aussi, au fil de la sophistication des réponses et de la complexification de la cognition, deux voies (somme toute assez complémentaires) s’offrent à lui :

 

- assurer la permanence de la satisfaction de tous ces besoins (matériels, organiques et psychiques), les garantir en toutes circonstances et à tout instant, en veillant à assurer une amélioration permanente des réponses ;

 

- éradiquer ces besoins (excepté peut-être les dimensions de plaisir, de bonheur, de beauté et de joie* qu’ils sont en mesure d’offrir…)

* Et leur intensité…

 

 

NOTE (un peu prématurée peut-être…) SUR LE PSYCHISME ET LA DIMENSION SPIRITUELLE

En dépit (et au-delà) de tous ses désirs, il semble que le psychisme aspire (en réalité) à se libérer de tout désir (y compris celui de se libérer…).

 

Il est d’ailleurs fort probable qu’au fil de « ses recherches* » (et de son évolution*), le psychisme soit amené à comprendre que son identification à la forme est « erronée », qu’il n’est (en réalité) qu’un espace perceptif (sans identification) et que les formes (toutes les manifestations énergétiques) sont indissociables de Ce qui perçoit – la Conscience (indissociabilité et Unité entre Ce qui perçoit et ce qui est perçu). Les comportements égotiques, de saisie, d’accaparement, de favorisation personnelle, de volonté de puissance et d’instrumentalisation (dont il est à l’origine) seraient alors naturellement amenés à s’estomper (puis à disparaître), permettant aux formes de suivre leur « cours naturel » (selon leurs spécificités, leur potentiel et leurs prédispositions). Notons que ce processus semble absolument nécessaire à l’émergence de conditions phénoménales propices à la survenue de formes aux caractéristiques de plus en plus proches de celles de la Conscience*… Fin de la parenthèse (prématurée).

* Nous aborderons cette thématique dans les paragraphes consacrés au cheminement spirituel et dans les paragraphes consacrés aux sociétés à moyen et long termes.

 

 

Trois grandes orientations possibles

Face à ces besoins (et plus généralement face à l’insatisfaction), il semblerait que le psychisme puisse s’orienter de trois façons possibles* :

* Trois orientations qui peuvent être suivies simultanément et de façon complémentaire.

 

L’amélioration de la perception et de la compréhension

Cette orientation correspond à « l’élargissement » de l’espace psychique. Elle est induite par l’insatisfaction des réponses (et de leur amélioration) et un (fort) besoin de compréhension. Le psychisme est ainsi amené à voir diminuer (progressivement et de façon naturelle) les besoins et les désirs… Cette orientation (ultra minoritaire jusqu’à aujourd’hui) correspond globalement au cheminement sur les voies spirituelles directes(1) (2).

(1) Notons que les voies spirituelles directes ne sont pas exemptes d’écueils et de difficultés. Elles ne semblent pas non plus « convenir » à (ou coïncider avec) la sensibilité d’un grand nombre d’individus… En matière d’écueils et de difficultés, citons simplement, ici, l’existence de résidus égotiques (liés à la persistance partielle de l’identification au corps), l’existence de résidus psychiques, l’existence d’entraves dans le mystérieux processus d’intégration à l’Être ou des affirmations péremptoires (et prématurées) de certains « adeptes » ou individus engagés dans cette voie, un peu (trop) « pressés » de déclarer à qui veut l’entendre qu’ils sont « le Soi impersonnel » alors qu’il est évident qu’ils vivent toujours, de façon tangible et substantielle, une forte identification égotique à la forme(2)

(2) Nous aborderons ces thématiques dans les paragraphes consacrés au cheminement spirituel.

 

 

La transformation du psychisme

Cette orientation consiste (en général) à restreindre (et/ou à « inhiber ») à coups « de forceps » les besoins et les désirs afin que le psychisme se « familiarise avec le contentement(1) »… Cette orientation (ultra-minoritaire, essentiellement de type religieux fondamentaliste ou ultra-rigoriste) s’inscrit globalement dans une perspective religieuse(2) et/ou (parfois) dans une perspective spirituelle progressive(2) qui s’échine (et parfois même « s’acharne ») à essayer de transformer le psychisme à coups d’idéologie (démarche presque toujours « infructueuse » car le processus naturel d’intégration à l’Être n’est pas respecté…) et se cantonne (le plus souvent) à une forme de « mimétisme simiesque et superficiel » des attitudes et des comportement (« réellement » spirituels). Cette orientation est également confrontée à de nombreux écueils et difficultés(3) et parvient (de façon rarissime) à transformer « le religieux » en voie spirituelle authentique (directe ou progressive) ;

(1) Pour que le psychisme apprenne à « se satisfaire » de ce qui est

(2) Les notions de voie religieuse, de voie spirituelle directe et de voie spirituelle progressive seront définies dans les paragraphes consacrés au cheminement spirituel.

(3) Thématiques que nous aborderons dans les paragraphes consacrés au cheminement spirituel.

 

 

La transformation de l’Existant

Cette orientation consiste à améliorer la qualité des réponses aux besoins et aux désirs (en « corrigeant » leurs caractéristiques en matière de durabilité, de sécurité, de simplicité, d’immédiateté etc etc). Il existe, ici, plusieurs possibilités qui peuvent être conjointement (et complémentairement) suivies :

 

La transformation du corps (la transformation de l’individu)

 

Le corps peut être transformé (essentiellement) de deux façons :

 

Soit par « l’effort » pour qu’il soit, par exemple (entre mille autres exemples…), en meilleure santé et vive plus longtemps(1). « Voie » qui nécessite patience et persévérance, qui s’avère très incertaine(2) et qui n’offre (au bout du compte) que de « maigres » possibilités et avancées(3)

(1) Aspirations très communes et très répandues chez les Hommes… Voilà pourquoi nous mettons en évidence ces exemples dans cette rubrique…

(2) Au vu du nombre de paramètres qui influent sur l’état de santé et l’espérance de vie…

(3) Les individus peuvent bien prendre soin de leur corps et/ou le « façonner », les « lois » de la  biologie et de la physiologie ne sont pas extensibles à l’infini…

 

Soit par « le progrès » (sans effort) pour que le corps (toujours entre mille autres exemples…) soit en meilleure santé et vive plus longtemps... Cette « voie » semble porteuse d’un potentiel de transformation beaucoup plus élevé mais est et sera (plus encore à l’avenir) confrontée à des obstacles et/ou à des « freins » importants (comme les progrès technologiques et les questions éthiques par exemple). Jusqu’où, en effet, peut-on transformer l’Homme sans « porter atteinte » à son humanité ? Questions éthiques qui jalonneront la transformation des êtres humains mais qui pourraient s’estomper devant les agréments offerts par le progrès (avec l’éventuelle émergence de la trans-humanité corporelle synthétique et immatérielle et l’évolution des post-humains). Jusqu’où pourront et seront prêts à aller, d’un point de vue technique, les humains et les post-humains ? Grandes questions que nous aborderons ultérieurement…

 

La transformation du psychisme (transformation de l’individu)

 

Le psychisme peut être transformé également (et essentiellement) de deux façons :

 

Soit par « l’effort » pour qu’il « apprenne le contentement » (thématique que nous avons déjà évoqué dans l’une des rubriques précédentes). Outre les voies religieuses et les voies spirituelles progressives, notons qu’il existe également d’autres « outils » : le « développement personnel* » et l’augmentation des savoirs (la connaissance de l’Existant) par exemple, qui tentent d’assouplir et/ou d’élargir le psychisme… et, bien sûr, toujours quasiment en vain… Les raisons principales tiennent aux faibles capacités d’élasticité du psychisme et au fait que les idéologies et les savoirs « n’affectent » que la sphère intellectuelle des individus et ne permettent donc que de « micro-imprégnations » superficielles (et non une profonde intégration à l’Être)...

* Le développement personnel vise essentiellement à la transformation de soi : soit pour se défaire de certains aspects « pathologiques » ou invalidants (phobie, anxiété, déprime, timidité), soit pour améliorer « ses performances » (mieux communiquer, gérer son temps, s'affirmer).

 

Soit par « le progrès » (sans effort) pour que le psychisme soit plus « satisfait » et moins (voire plus du tout) réceptif à la souffrance*. Cette « voie » semble plus prometteuse mais sera amenée également à prendre en considération quelques obstacles et/ou « freins » majeurs (essentiellement le progrès technique et les questions éthiques). Jusqu’où, en effet, peut-on transformer le psychisme et le cerveau humain sans remettre en cause l’humanité ? Questions qui jalonneront, là aussi, la transformation de l’humanité mais qui pourraient peut-être, elles aussi, passer « à la trappe » au regard des agréments offerts par le progrès (avec la trans-humanité cérébrale chimique, synthétique et génétique, voire immatérielle et l’évolution des post-humains). Jusqu’où pourront et seront prêts à aller, d’un point de vue technique, les humains et les post-humains ? Grandes questions, là aussi…

* Sans oublier, bien sûr, la transformation (entre autres par la chimie et/ou la génétique) de certaines caractéristiques psychiques qui « affectent » grandement les relations interindividuelles et mettent « à mal » et/ou en péril « le vivre ensemble » et la vie en collectivité…

 

La transformation de l’Existant (hors corps et hors psychisme)

 

L’Existant peut être transformé (essentiellement) pour deux raisons principales :

 

Soit pour « améliorer » les caractéristiques de la matière et en particulier de « l’organique » (afin qu’ils deviennent moins fragiles, plus durables, plus satisfaisants et plus plaisants…) avec, là également, des obstacles et des « freins ». Et avec les mêmes questions éthiques : jusqu’où peut-on transformer le Vivant ? Et en la matière (si j’ose dire !), il faudra sans doute compter avec « ce que représente » la Vie pour les Hommes*, leur attachement profondà sonégard et « leur goût » pour le Vivant qui orienteront (en tout cas dans un futur proche) l’évolution des transformations génétiques et les ajouts et autres modifications chimiques (plus ou moins structurels) sur les animaux, les végétaux et la matière. Jusqu’où pourront et seront prêts à aller, d’un point de vue technique, les humains et les post-humains ? Seront-ils « prêts » à créer de la matière et du Vivant totalement synthétiques ? Grandes questions également…

* La Vie a toujours été, à leurs yeux, (plus ou moins) précieuse...

 

Soit pour « améliorer » les rapports et les interactions entre les individus et les formes (afin que les relations deviennent moins conflictuelles et moins violentes…) avec des manipulations génétiques, des apports chimiques et des « appuis » synthétiques (et avec les mêmes questions éthiques). Jusqu’où pourront et seront prêts à aller, d’un point de vue éthique et technique, les humains et les post-humains ? Toujours les mêmes grandes questions…

 

 

Après cet aperçu (assez large et détaillé*) du psychisme humain, nous allons pouvoir aborder les créations et les plans principaux dont le psychisme et l’Homme sont à l’origine. Dans le chapitre suivant, nous étudierons donc l’ensemble des actions, des fabrications, des représentations et des créations humaines. Nous analyserons ainsi :

 

- le plan réalisationnel actif qui regroupe les actions et les fabrications humaines pour répondre aux besoins organiques, matériels et psychiques élémentaires ;

 

- le plan représentatif intellectuel qui regroupe les créations et les représentations humaines de l’Existant et de l’existence ;

 

- le plan spirituel (qui concerne la compréhension sensible et le degré de « Conscience » des individus — la connaissance de soi) ;

 

- la société humaine et L’ORGANISATION SOCIETALE qui concernent essentiellement l’organisation politique et judiciaire, l’organisation économique (organisation de la production, des échanges économiques, de la monnaie, du travail et de la consommation), l’organisation des relations extérieures et l’organisation territoriale instaurées par la collectivité pour assurer « le vivre ensemble ».

* Et espérons-le, ni trop brouillon ni trop embrouillé… Notons que ce chapitre, au regard de la complexité du psychisme (et de ses innombrables caractéristiques « enchevêtrées »), nous a parfois donné un peu « de fil à retordre »… Et cette présentation que l’on espère (à peu près) structurée et claire ne s’est pas révélée l’un des exercices les plus aisés de cette réflexion… Et (soit dit en passant) bien d’autres complications nous attendent… Hum ! Hum !