Poésie / 2009 / Hors catégorie

 

 

Bruits

 

Destins sans faiblesse

Qui défaillent

Déambulant

La démarche fière

 

Gloire éphémère

Au destin dérisoire

Qui peuplent la terre

 

Sans écho demeure

La voix du poète

 
 

 

 

Obscurs

 

Mine de plomb

Feuilles d’automne

Le poète s’ensommeille

Au crépuscule des jours

 

La mort survenue

Fauché au cœur

Du travail incessant

Ouvrage sans gloire

A la sente tragique

 

Fumerolles oubliées

Poussières sous les pas du monde

S’achève l’œuvre

Aux heures fameuses

Autrefois éclairée

A la lueur vacillante d’une chandelle

Côtoyant parfois l’éclat sans obscur

Gît à présent anonyme

Au cœur du tombeau

Pour l’éternité

 
 

 

 

Silence

 

Au bord du monde

Pleure le poète

Dont l’œuvre

Aux ailes maladroites

Ne touche aucun ciel

 

Une présence incertaine

Au cœur

Il décèle

 

S’élance la plume

Effleure l’écorce blanche

 

D’un geste

D’une attention

Ecoute

L’empreinte du souffle

Extrait la sève sans nuance

Le passage d’éternité

Retrouve enfin son socle

 

Sur la feuille

La parole muette

Le chemin tracé

Gisent inertes

Glissant

Sur l’âme du monde

 

Voix anodine

Traces dérisoires

Dans les mémoires indemnes

 

 

 

 

Murmure

 

Obscure étoile

Dans le ciel dévasté de lumière

 

Etincelle

Dans la nuit sombre

 

La veille du poète

S’éternise

 

Dans un murmure

Un éclair

Balbutie

Ecoute le verbe

La voix hésitante

 

Bruissements inaudibles

Paroles silencieuses

Au cri déchirant

 

Clameurs lointaines

Pour la foule impassible

Pour les âmes

A l’inquiétude oubliée

 

Bruits que l’on terre

Sous le ciel morose

 
 
 
  

Sanglot

 

Goutte de rosée

Dans l’écume des jours

Sous le ciel ombragé

Au creux des vagues

Se perd

Noyé de larmes

Dans l’abysse du monde

Le cri du poète

 

 

 

 

Parole

 

Le visage penché sur l’abat-jour

La main posée

Sur le seuil encombré

Le poète écoute

La voix sibylline

Guider la plume

Dicter la parole silencieuse

 
 

 

 

Barreaux

 

Au cœur de la sinistre geôle

Rangée parmi les clapiers

La petite cage solitaire

Du poète

Enfermé le jour

D’où s’élèvent la nuit

L’angoisse

Les pleurs, l’infortune

Les cris d’agonie

Et les larmes noires

Qui s’envolent dans le vent

 
 

 

 

Attente

 

Dans la modestie des jours

Le poète célèbre l’éphémère

Le ciel qui embrase la nuit

L’indicible douleur qui irradie

Les heures blafardes

Dans l’attente de l’étroit sentier

Déserté par la foule

Qui déambulent

Dans le faste des jours

 
 

 

 

Insigne

 

Sur la table bancale

Un écriteau gris

Accumule les signes

Echo des profondeurs

Appel du ciel

Clameurs lointaines

 

Hiéroglyphes invisibles

Sur la surface ombrée

 

Se pose chaque nuit

Une lourde pile de pièces d’or

En équilibre

Qui s’efface à l’aube

 

Vil labeur

A l’horizon inestimable

Gratifiante besogne mésestimée

Œuvre le poète

Chaque nuit

Edifie lentement

La tour sans fin

L’infime cathédrale

Aux allures misérables

Modeste masure

Devant l’éternité

Sous la lumière solitaire

Bâtit l’ascension

Au cœur de la nuit montante

Vers les sommets abrupts

 

 

 

 

Substance

 

Sur les lettres griffonnées

A la substance aride

Pleure le poète

Qui rêve de paroles fécondes

Qui nourriraient la terre

Abreuveraient les hommes

Eclaireraient les pas

Vers le territoire mystérieux

 

 

 

 

Brûlure

 

Poète des jours sombres

A la terre dévastée

Où brille le soleil

Qui glace les âmes frileuses

 
 

 

 

A l'ombre de l'albatros

 

Dans le noir hiver

Aux brises parcourues

L’hirondelle attend

L’agonie d’un ciel incertain

 

Sous l’aile de l’albatros

L’espoir d’une terre

A l’orée du monde

Où battissent les hommes

 

Un antre fermé

Aux fonds des entrailles

D’un ventre sans pudeur

 

Sous les nuages gris

Un tertre aux mille lunes

Où étincellerait la nuit

 

Une béance sans faille

Où se perdrait l’écho

Et le reflet des visages creusés

Par le sillon des horloges

 

Mille paysages

Aux vacarmes secrets

Tirés d’une œuvre

Sans tâche

 

Un abîme d’égarement

Aux interstices mystérieux

Enveloppé de l’invisible sphère

Où dorment les prophètes

Sous le ciel grimaçant

A l’ombre de l’albatros

A jamais demeure l’hirondelle